L'Oeuvre invisible
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371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mars 2026
L’Œuvre invisible, réalisé par Avril Tembouret et Vladimir Rodionov, propose une approche singulière du cinéma en s’intéressant à une figure paradoxale, celle d’Alexandre Trannoy, cinéaste dont la carrière s’est construite sans films achevés. À travers une enquête nourrie de témoignages, notamment ceux de Jean Rochefort, Anouk Aimée ou Jacques Perrin, le film ne cherche pas à combler les absences, il les assume pleinement, jusqu’à en faire son langage.

Le récit se déploie comme un puzzle incomplet, fait d’archives rares, de souvenirs parfois contradictoires et de fragments de vie. Ce dispositif crée une tension constante entre ce qui est montré et ce qui échappe, donnant au spectateur un rôle actif. Il ne s’agit pas de comprendre, mais de ressentir, de se confronter à ce vide qui devient peu à peu une forme de présence.

En creux, le film questionne la notion même d’œuvre. Peut-on exister en tant que cinéaste sans avoir laissé d’images ? Peut-on marquer les esprits sans jamais achever un projet ? À travers Trannoy, c’est toute une vision du cinéma qui se dessine, un art du possible, du désir, parfois de l’échec.

Ce geste, profondément mélancolique, renvoie aussi à un cinéma disparu, celui des années 60, où les projets pouvaient naître d’une intuition, d’une rencontre, d’une foi presque naïve. L’Œuvre invisible ne cherche pas à résoudre son mystère, il l’expose, avec une forme de pudeur. Et dans cette retenue, il touche à quelque chose d’essentiel, une vérité fragile sur ce qui fait, ou non, une œuvre.
groil-groil
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105 abonnés 186 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 avril 2026
Documentaire édifiant sur un cinéaste inconnu et pour cause : il n'a jamais réussi à finir un film et n'a laissé aucune trace dans l'histoire du cinéma. Le film est passionnant, et fait intervenir nombre de ses amis ou de ceux qui l'ont connu alors, de Jean Rochefort à Anouk Aimé, de Claude Lelouch à Jean-Claude Carrière, de Michel Boujut à Edouard Baer. Le film oscille entre témoignages et enquête sur la vie de cet homme (passages vraiment passionnants), tout en laissant place à l'introspection du cinéaste Avril Tembouret, qui a mis lui-même 15 ans à venir à bout de ce film et dont les incertitudes et les problématiques liées au bouclage de son film le mettent en parallèle avec le destin de son modèle. Une pure merveille donc, à voir absolument.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2026
Deux documentaristes, Avril Tembouret et Vladimir Rodionov, recueillant les souvenirs de Jean Rochefort au crépuscule de sa vie, apprirent de sa bouche l’existence d’un drôle de zigue : un réalisateur, Alexandre Trannoy, au bagout irrésistible, qui pendant vingt ans convainquit le gotha du cinéma français de tourner sous sa direction, dont l’un des films fut même sélectionné à Cannes, mais qui n’en projeta jamais un seul. Ils partent à la recherche de ceux qui l’ont croisé et des traces de sa vie.

"L’Œuvre invisible" est un documentaire envoûtant. Il peut se lire à deux ou peut-être même à trois niveaux.

Au premier c’est un essai autobiographique sur un réalisateur original qui a croisé les plus grandes stars du cinéma français, qui a lancé de multiples projets, mais qui n’a jamais réussi à projeter un seul de ses films – les bobines de celui qui avait été sélectionné au festival de Cannes brûlent dans la voiture qui conduisait Alexandre Trannoy accompagné du jeune Claude Lelouch de Paris à Cannes. Il a impressionné tous ceux qu’il a croisés : Jean Rochefort, qui fut son ami le plus proche et auquel il avait promis de tenir le rôle principal de chacun de ses films, Anouk Aimée, Jean-Claude Carrière qui raconte avec ironie comment il fut invité à Marseille au milieu d’un tournage pour aider à réparer l’un de ses scénarios boiteux, Jacques Perrin… Il n’est pas anodin que ces grands noms, interviewés par les deux réalisateurs au milieu des années 2010 soient tous morts aujourd’hui, jetant sur le film un voile d’outre-tombe.
Ils nous parlent d’une autre époque du cinéma, où un film se faisait sur une poignée de main, sans plan de financement, sans parfois même de scénario. Génie ou imposteur, Trannoy réussissait à convaincre les producteurs grâce à sa volubilité communicative. Il empochait les premiers acomptes, rassemblait une équipe technique et quelques acteurs, tournait parfois quelques premiers tours de bobine, avant de disparaître sans laisser de traces. Ses frasques l’ont même mené en prison après le fiasco du Napoléon de Kubrick tourné sans autorisation dans le château de Fontainebleau.

Au deuxième niveau, "L’Œuvre invisible" raconte l’entreprise de longue haleine de ses deux courageux réalisateurs pendant plus de quinze ans pour mener à bien leur projet. Quand ils apprennent de Jean Rochefort l’existence de Trannoy, ils croient avoir mis la main sur un sujet inédit et fascinant. Mais, même si Rochefort les aide à ouvrir des portes et à rencontrer ses connaissances, la recherche de documents audios et vidéos sur Trannoy s’avère bien décevante. Tembouret et Rodionov ne trouvent rien, ou bien peu. Leurs producteurs s’impatientent et renâclent à financer un film sur un réalisateur fantôme qui n’a rien tourné et rien laissé. C’est la raison pour laquelle entre sa conception et sa sortie en salles, tant de temps s’est écoulé.
Leur film prend alors une autre dimension. Au lieu d’être la réhabilitation d’un réalisateur oublié, il devient une mise en abyme sur l’impossibilité d’une œuvre : à l’instar de Trannoy, incapable de terminer un film, Tambouret et Rodionov sont incapables de terminer le leur tant qu’ils n’auront pas mis la main sur une bobine prouvant son existence.

C’est ici que se rajoute peut-être un troisième niveau, vertigineux. Trannoy a-t-il vraiment existé ? Ou est-ce une légende forgée par Jean Rochefort, dont l’œil est encore tout frémissant d’ironie à l’idée de la bonne blague qu’il est en train de faire à ses deux admirateurs ? On se souvient que Peter Jackson a fait un « mocumentaire » sur le même sujet, "Forgotten Silver" en 1995. On connaît aussi la vraie-fausse biographie de William Boyd, "Nat Tate".
Que Trannoy ait ou non existé, que "L’Œuvre invisible" soit ou non un canular importe finalement peu. Reste dans tous les cas le plaisir vertigineux de se confronter à un destin, réel ou imaginaire, qui a réussi à disparaître pour devenir ce qu’il avait toujours rêvé d’être : un personnage de fiction.
Benedicte B
Benedicte B

15 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2026
Documentaire surprenant et reveur qui permet de rencontrer un cinéaste inconnu, Alexandre Trannoy, qui n’a jamais terminé un film (en tout cas, jamais projeté). On y rencontre des personnages hauts en couleur qui raconte ce cinéaste
Ne serait-ce que pour le témoignage de Jean Rochefort, son charisme, son regard inimitable, il faut voir ce documentaire
Gérard Bourgeois
Gérard Bourgeois

3 abonnés 66 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2026
L’HOMME QUI A VU L’HOMME QUI A VU LE FILM
Alexandre Trannoy ne serait-il qu’un mystificateur ? En 30 ans de carrière, ce cinéaste n’aurait terminé qu’un seul film : « L’Homme de l’Aube », vu par une seule personne, Claude Lelouch, alors assistant de Trannoy. Car ce film ainsi que tous ses rushes de tournage auraient été détruits dans le coffre de la voiture avec laquelle il se rendait au Festival de Cannes.
Autre mystification, ce film, selon Trannoy, aurait été nominé cette année-là, ce dont les co-réalisateurs de ce docu-fiction disent n'avoir trouvé aucune trace dans les archives festivalières.
Lelouch, interviewé par Avril Tembouret et Vladimir Rodionov, doute d’ailleurs des qualités de cette œuvre dont seulement quelques séquences révéleraient son génie méconnu.
Tandis que Jean Rochefort entiché par la fantaisie créative de Trannoy en dresse plutôt un portrait romantique souligné par une photo du cinéaste digne d’un jeune premier. Rochefort qui a tourné avec lui, sans suite, ne lui en veut pas, mais lui voue une amitié éternelle, sans doute teintée de pitié.
Avril Tembouret et Vladimir Rodionov mènent ici une quête sans fin, comme une énigme à déchiffrer à travers les interviews mises en abîme, rythmées par des images d’homme fantôme à la manière d’un tableau pointilliste.
A chaque spectateur intrigué de se poser des questions et d’y apporter des réponses improbables. L'histoire de Trannoy l’imposteur offre ici la trame d’un conte philosophique sur le cinéma, comme un clin d’œil au chef d’œuvre de Truffaut : "La Nuit américaine".
Steph G
Steph G

1 abonné 1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 février 2026
Voila un curieux documentaire réalisé par Avril Tembouret et Vladimir Rodionov attendu en salle le 8 avril 2026.

Le film retrace la carrière d’Alexandre Trannoy, un cinéaste français passionné qui, malgré trente ans de projets et même de tournages, n’est jamais parvenu à achever un seul film. Des réalisateurs ( Claude Lelouch, Jean Claude Carrière) critiques ( Michel Boujut) acteurs( Jean Rochefort , Edouard Baer, Anouk Aimée témoignent à son sujet, et le spectateur suit avec fascination le portrait de cet éternel rêveur maudit.

Ce film minutieusement construit est un jeu vertigineux sur la frontière entre réalité et imaginaire, entre archive et invention. En ce sens, il se situe dans la filation à des maîtres du film essai comme Orson Welles (F for Fake),et Chris Marker ( Souvenir d’un avenir) il devient lui-même une réflexion sur la valeur des rêves inachevés et sur ce que signifie cré

ean Rochefort, qui occupe une place centrale dans le film, -car c’est lui qui a lancé Avril Tembouret sur la piste de Trannoy- y livre ce qui s’avère être sa dernière apparition à l’écran — faisant de L’Œuvre invisible une œuvre testament émouvante ( écho à son rôle de DonQuichotte non abouti dans le film maudit de Terry Gillian).

Le film a nécessité quinze ans de fabrication, et les réalisateurs eux-mêmes ont vécu des aléas qui faisaient écho aux échecs de leur personnage fictif et son impossibilité à finir des films ..Une déclaration d’amour au cinéma et à ses rêveurs, autant qu’un tour de passe-passe fascinant à découvrir
Dagdaka
Dagdaka

14 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 avril 2026
Court film qui enquête sur un personnage trouble, un réalisateur qui n'aurait jamais terminé aucun de ses films, et si insaisissable qu'on doute qu'il ait réellement existé. Le film se déroule comme une enquête biogaphique, une recherche pleine de questions, et à travers ces questionnements, c'est un conte, une ode au cinéma, et une mise en abîme fascinante de cet art. C'est aussi une fresque sur une époque révolue, dans laquelle Hollywood et l'âge d'or du festival de Cannes ont leur part. Bref, c'est un documentaire sur le septième art, dont le personnage d'Alexandre Trannoy sert d'allégorie, et qui plaira certainement aux amoureux de cinéma. La qualité de la narration est indéniable, mais le rythme est lent, le ton nostalgique, voire dramatique, pour ne pas dire que je me suis positivement ennuyé, et les critiques dithyrambiques parlant d'un film drôle, voire faisant rire aux éclats, sont d'aimables fadaises... et on peut soupconner du fan-service en gros sabots. Une note moyenne méritée, pas plus. A la fin on sort du film en se demandant si on ne nous a pas fait une plaisanterie sous forme de testament désabusé et vaguement malicieux.
Sébastien THILL
Sébastien THILL

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 avril 2026
Connaissez-vous Alexandre Trannoy ? Cinéaste secret, mystérieux, qui malgré ses 30 ans de carrière, des tournages avec Jean Rochefort, Marlene Dietrich ou Marcello Mastroianni, n’a jamais achevé un seul de ses films.

Véritable ovni du cinéma français, partir sur les traces d'Alexandre Trannoy, c'est plonger dans ce film, dans les méandres d'un fascinant labyrinthe, dont on ne sort pas indemnes, et qui devient un troublant miroir de celui qui l'a inspiré, à la manière d'une œuvre d'Escher.
J'ai été absolument bouleversé par cette histoire , digne de Don Quichotte, ému par la voix de Rochefort (sa dernière apparition à l'écran, lui qui tenait tant à la sortie de ce film, l'ayant un peu initié).
Par la malice, l'espièglerie qui émane de ce personnage énigmatique ainsi que son abyssale mélancolie.
Je ne veux rien spoiler, mais ce film est bien plus qu’un portrait, L’Œuvre invisible est une déclaration d’amour au septième art et à ses rêveurs.
Si vous avez l'occasion, la chance de voir ce film, ne ratez pas cette occasion : c'est magnifique.
L'histoire d'un rêve impossible et pourtant éveillé.
Sabine Euverte
Sabine Euverte

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 avril 2026
Du début à la fin, je n'ai cessé de me répéter :
"Merveilleux !". Sauf quand j'ai ri, parce c'était vraiment drôle, et même quand j'ai senti une larme couler sur ma joue.
Je n'arrive tout simplement pas à me rappeler la dernière fois que le cinéma m'a procuré une telle émotion.
Et Dieu sait si j'en vois, des films.
Il y a tout, et bien plus, dans et derrière ce documentaire.
" L'existence n'est pas ce qui s'est passé, l'existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut accomplir, tout ce dont il est capable" ( Kundera).
L'existence au-delà de la réalité.
En deux mots :
un charme.
Ce qui peut-être nous fait le plus défaut par les temps qui courent.
Ne le ratez pas

Message du matin
Encore sous le charme, je reviens sur ce film qui mérite le César du meilleur documentaire et m'évoque tout à la fois Ed Wood, Searching for Sugarman, Jodorowsky's Dune et l'Axolotl de Cortazar... Courez-y !
Bruno K
Bruno K

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 avril 2026
J’ai eu la chance de voir ce film en avant première , c’est une pépite , on arrive à ressentir l’œuvre d’Alexandre Tranoy sans avoir vu le moindre de ses films , uniquement par la fascination qu’il exerce sur les stars qui l’ont approché …… et c’est un vrai polar
Julien Josselin
Julien Josselin

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 avril 2026
Magnifique. Une histoire fascinante et pourtant inconnue du grand public racontée avec beaucoup d'humour et de poésie.
Vu en avant première au forum des images.
E David
E David

7 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2026
Les difficultés et l'attente ont du être éprouvantes mais quel beau résultat ! J'ai envie aussi de faire une lettre à "Pierre" : J'espère que vous avez financé et soutenu finalement car nous avons besoin de ce genre de film, porté, maîtrisé, passionnant dans son fond comme dans sa forme, pour qu'avril (le mois) voie sortir le film d'Avril, le réalisateur !
isabelle NOAT
isabelle NOAT

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mars 2026
Les témoignages des acteurs qui ont tourné avec Alexandre Trannoy sont touchants , drôles . Tous ont été séduits par cet homme mystérieux, fantasque . Un film d’une grande sensibilité, hommage au 7 ème Art !
ALPINO
ALPINO

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 avril 2026
Quel parti pris ! Chercher à partager l'invisible : l'oeuvre mais aussi ce mystérieux réalisateur Alexandre Trannoy ! et c'est absoluement réussi par un vrai hommage au Cinéma avec un grand C. Quel plaisir de voir ces acteurs comme Jean Rochefort et Anouk Aimé. Un moment suspendu en ces temps troublés. Allez-y ... non pas les yeux fermés car il faut le voir mais à coeur ouvert pour vous laissez toucher.
Alexandra P.
Alexandra P.

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5,0
Publiée le 9 avril 2026
J’ai été totalement embarquée du début à la fin, super casting, super narrateur, et on ressent le souci de détail dans le travail des réalisateurs.
A voir et revoir !
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