Pour Quelques mots d'amour, Rudi Rosenberg s'est directement inspiré d'un épisode de l'émission culte Striptease intitulé « Papa va venir ». Il y découvrait une mère élevant seule ses filles et attendant en vain la visite du père. Le côté décalé de cette femme lui a inspiré le personnage d'Erika. Clin d'œil appuyé : la véritable protagoniste de ce documentaire tient même le rôle de la concierge de Sarcelles dans le film !
Pour incarner les habitants de Sarcelles, la directrice de casting Julie Navarro a organisé un vaste casting ouvert sans expérience requise. La plupart des rôles secondaires ont ainsi été attribués à des comédiens non professionnels dénichés sur place ou dans la rue, à l'image de Mateo Danila (Yoni adolescent) repéré lors d'un casting sauvage. « Je cherchais des personnalités susceptibles d'apporter de la légèreté à cette histoire et une authenticité dans la manière de s'exprimer », explique le réalisateur.
Pour la conception des lieux de tournage, Rudi Rosenberg et sa cheffe décoratrice Pascaline Feutry ont apporté une attention particulière à l'appartement familial. Le cinéaste tenait absolument à ce qu'il soit situé en hauteur. L'objectif était d'offrir un véritable horizon visuel aux personnages malgré le cadre d'un quartier défavorisé, afin de symboliser l'idée qu'un avenir restait possible.
Le tournage impliquant de jeunes enfants, la production a dû composer avec des horaires de travail très strictement limités. Cette contrainte a directement influencé le style visuel pris par le chef opérateur Éric Dumont : un découpage très important et une approche quasi documentaire. La caméra capte ainsi les comédiens de profil ou en "profils perdus", donnant la sensation d'observer les scènes à leur insu.
Situé autour des années 2000 à Sarcelles, le film prend le parti pris de teintes particulièrement chaudes pour retranscrire une esthétique nostalgique et réconfortante. L'équipe s'est appuyée sur les papiers peints, le carrelage de la cuisine ainsi que le rose de la chambre pour marquer cette identité. Même lors des séquences en extérieur, la mise en scène privilégie systématiquement des ciels à la fois orageux et très solaires.
Afin d'illustrer la cohabitation des cultures à Sarcelles, la musique associe des sonorités klezmer et orientales, notamment avec des compositions d'Elias Rahbani. La bande originale suit également le passage à l'âge adulte des personnages : Chapelier Fou signe les morceaux plus insouciants de l'enfance avec des notes de clarinette et de violon, avant de céder la place aux morceaux klezmer de Yom pour marquer l'adolescence.