"Qu'est-ce que tu veux vraiment : être avec elle, ou être elle ?"
Petite déception face à ce film horrifico-viscéral australien que j'attendais avec une certaine curiosité, pourtant signé par la réalisatrice du réussi «Relic».
Pouvant rejoindre le récent «The Substance» sur le terrain de l'obsession de l'apparence physique et de l'image que l'on veut renvoyer de soi aux autres, et malgré une ambiance plutôt bien travaillée et une Midori Francis convaincante dans le rôle principal, l'ensemble manque trop souvent de corps (surtout dans sa première heure et sa mise en place trop laborieuse) et d'une véritable incarnation en terme horrifique (les apparitions fantomatiques, dans leur mise en scène, m'ont paru déjà-vues et trop timides pour me terrifier comme il faudrait).
Un body-horror riche en sucres, s'éparpillant un peu trop et se perdant finalement un peu dans ce qu'il veut vraiment nous raconter.
Une histoire d'addiction, de possession et de "grannibalisme" plutôt originale dans son approche, mais dont l'exécution aurait gagné à être resserrée, manquant de rythme et d'inattendu pour vraiment rester dans les mémoires.
Un film à la recette bien imaginée, mais dont le résultat manque de digestion pour que je ressorte pleinement satisfait de la séance.
Un horreur body plutôt réussi mais qui abuse clairement des images tape à l'œil, on sent que le film veut choquer, voir dégoûter le spectateur. Aussi, il s'avère répétitif. Bien mais un poil décevant.
Une étudiante un peu « boulotte » suit les conseils d’une ex-copine de lycée qui lui vante les miracles d’un traitement pour perdre du poids. Evidemment ça marche, très bien même. Mais le prix à payer est très lourd. Le body horror réalisé par des femmes sur des injonctions qui leur sont faites est à la mode. Mais celui-ci arrive un peu après la bataille. Et il est un peu trop long.
Film "d’horreur" agréable à suivre avec une thématique intéressante et très actuelle , le culte du corps et les troubles alimentaires , malheureusement il manque cruellement de moyens et ça se voit même s'il y a des métaphores intelligente mais du coup manque de substance face à "The Substance" de Coralie Fargeat dont il suit la lignée !
Avec son départ prometteur, Saccharine de Natalie Erika James évoque immédiatement le cinéma de Julia Ducournau (Grave). Dans la même veine, sans jeux de mots... Le récit suit une jeune fille en proie à une forme de boulimie terrifiante, tissant des ponts fascinants entre hallucinations, possession corporelle et quête maladive du poids idéal. L'addiction aux gélules floute habilement la frontière entre réel et fantasme. Malheureusement, la seconde moitié s'effondre. Le film s'emmêle les pinceaux dans un gloubi-boulga d'idées confuses qui se court-circuitent au lieu de se répondre. À force de vouloir trop en faire, la réalisatrice perd totalement son chemin et enlise l'intrigue dans des longueurs évitables. C'est bien dommage : ce projet plein de potentiel finit par se perdre en route et tourner en rond.
Film plutôt accrocheur par ses couleurs et ses bruits. L'histoire en elle-même commence bien puis devient assez ennuyeuse. Des cadavres découpés mais pas vraiment de scènes d'horreur. A voir pour le twist final
Natalie Erika James est de ces réalisatrices qu'on ne connaît pas encore assez, et dont les deux premiers films méritent pourtant qu'on s'y attarde. Relic (2020) avait impressionné par sa façon de fondre le drame familial dans l'horreur atmosphérique. Apartment 7A (2023) confirmait son goût pour une horreur qui naît d'une pression psychique devenue insoutenable. Avec Saccharine, elle revient à ce territoire, en y ajoutant cette fois une dimension explicitement politique : le film veut regarder en face l'obsession contemporaine pour le corps : la culture du régime et la violence qu'exercent les réseaux sociaux sur celles et ceux qui ne correspondent pas aux standards de beauté dominants.
Hana est étudiante en médecine à Melbourne. Elle mange en cachette, se pèse et se regarde avec méfiance. Un soir, elle croise une ancienne camarade de lycée (méconnaissable, transformée, rayonnante selon les canons) qui lui glisse de petites pilules grises dans la main. Ces pilules, lui dit-on, font fondre le poids sans effort, sans restriction, sans la moindre discipline à s'imposer. Hana en prend. Puis, avec les outils que lui offre sa formation, elle en analyse la composition et découvre qu'elles ne contiennent rien d'autre que des cendres humaines. Depuis son cours d'anatomie, elle a accès à un cadavre - une femme obèse que les étudiants ont surnommée, avec une cruauté banale, "Big Bertha". On reconnaît la lignée : Raw de Julia Ducournau ou encore The Substance de Coralie Fargeat. Des films qui ont compris que le body horror est le genre idéal pour parler de la féminité sous pression parce qu'il rend visible ce qui d'ordinaire se tait, se cache, se gère en privé.
Dans le film, Hana ne voit le fantôme de Bertha que dans des surfaces convexes : des cuillères, des bouilloires, des objets du quotidien qui déforment ce qu'ils reflètent. C'est une idée visuellement forte, et on en comprend immédiatement l'intention : le trouble dysmorphique distord la perception, jamais l'image n'est juste, jamais le miroir ne dit la vérité. Mais James ne creuse pas cette logique jusqu'au bout. La règle des surfaces convexes est introduite, puis oubliée, puis rappelée de façon intermittente, sans que le film construise autour d'elle un véritable système de sens. Elle reste une belle trouvaille plutôt qu'un dispositif structurant - ce qui est exactement le problème de Saccharine en miniature.
Ce problème se manifeste aussi dans la façon dont le film filme la nourriture. Les séquences de binge-eating sont construites dans un style qui évoque délibérément les mukbangs (vidéos où quelqu'un mange face caméra, en gros plan). James retourne l'esthétique : la même proximité, la même fétichisation des textures mais débarrassée du plaisir. C'est une idée de mise en scène qui dit quelque chose de réel sur la façon dont nos plateformes transforment les corps et les comportements en spectacles à consommer. Sauf que ces séquences se répètent, plusieurs fois, avec la même structure, le même rythme, sans variation ni progression.
Il y a dans Saccharine une tension non résolue entre deux films qui veulent cohabiter. D'un côté, une réflexion centrée sur Hana et sur la façon dont la honte corporelle organise toute sa vie - ses relations, son travail, son désir (elle est attirée par les femmes, mais son rapport à elle-même lui interdit l'approche). De l'autre, un film de genre à part entière, avec effets pratiques, jump scares, possession. James réussit la transition du premier vers le second, il mime formellement la progression d'une pathologie qui d'abord se cache puis déborde. Mais une fois dans le territory du body horror assumé, le film perd la finesse psychologique qui le distinguait. Les scènes gore sont impressionnantes techniquement ; elles sont moins impressionnantes dramatiquement, parce qu'on ne sait plus très bien ce qu'elles signifient au-delà de leur propre spectacularité.
Aussi, James refuse de faire de Bertha un monstre : Bertha ne punit pas Hana, ne la menace pas clairement. Elle semble juste vouloir qu'elle mange : une façon de dire que le fantôme incarne la légitimité perdue de simplement se nourrir. Mais le film ne s'autorise pas à aller franchement là. Bertha reste floue dans ses intentions, convoquée surtout pour des effets de frayeur. D'autres caractérisations pâtissent de d'autres problèmes d'écritures comme sa relation amoureuse (Alanya, la coach de fitness) et son amie. Heureusement que Midori Francis sauve des séquences que l'écriture abandonne à mi-chemin.
En somme, Saccharine accumule les bonnes intentions sans les incarner pleinement - ce qui est une façon assez cruelle de rater son sujet.
Excellent film, un sujet sérieux, traité avec brio. Le jeu de l’actrice est incroyable, elle tient le film, et nous fait vivre ces démons intérieurs avec une intensité remarquable.
Saccharine est un psy / body horror aussi dérangeant que fascinant, qui utilise l’horreur pour parler de sujets très actuels : la quête de la perfection à tout prix, les troubles alimentaires, la boulimie et cette pression constante de devoir renvoyer une image parfaite alors qu’on souffre intérieurement.
J’ai beaucoup aimé la métaphore du « démon intérieur » que l’on nourrit sans cesse, jusqu’à ce qu’il finisse par nous consumer. Le film montre avec justesse comment cette obsession de l’apparence peut dévorer l’identité d’une personne.
Le rythme est particulièrement réussi. Il oscille entre de longues séquences contemplatives qui traduisent parfaitement l’enfermement psychologique de l’héroïne et des passages beaucoup plus frénétiques, presque psychédéliques, lorsque le démon s’empare d’elle. La mise en scène épouse son état mental et nous entraîne avec elle dans sa descente.
Même le générique de fin est hallucinant. Le mélange entre le corps humain et la nourriture résume à lui seul les thèmes du film.
Impossible également de ne pas penser à The Substance, tant les deux films utilisent le body horror comme métaphore de notre rapport au corps et de l’obsession de la perfection. Mais là où The Substance s’attaque davantage aux diktats de la jeunesse et de la beauté, Saccharine propose une approche plus intime et psychologique.
Saccharine est un film qui m'a vraiment marqué. J'ai aimé la façon dont il aborde les troubles alimentaires et la grossophobie sans jamais juger ses personnages.
Une proposition sympathique et dérangeante. Plus gore que horrifique, mais qui parvient à nous surprendre quelque fois. Niveau qualité cinématographique, c'est très intéressant !
Grande amatrice de body horror mais peu sensible aux histoires impliquant des entités surnaturelles, j'étais curieuse de découvrir ce que pouvait donner cet ambitieux mélange des genres. Et le pari est relevé haut la main.
D'abord, le scénario est cohérent et plutôt réaliste. On croit à cet univers, et on croit aux tourments de notre héroïne qui n'a de cesse de chercher à comprendre ce qu'elle subit pour reprendre le contrôle de la situation. C'est agréable, des personnages futés dans un film d'horreur ! Dans ce cadre, l'entité trouve toute sa place, autant comme véritable menace étouffante, que comme symbole d'une malédiction à plusieurs têtes : maladie mentale et physique, désir refoulé, conflits intra-familiaux irrésolus...
Là où je trouvais The Substance simpliste dans son traitement de la "course à la beauté", Saccharine va plus loin et décrit assez subtilement les discours contraires qui l'encadrent. Il montre combien, une fois le doigt coincé dans l'engrenage, il est difficile de refaire surface, malgré toute la bonne volonté du monde, parce que la problématique n'est ni unique, ni purement interne.
Enfin, la mise en scène est impeccable. Un travail formidable a été fourni sur les couleurs, l'éclairage et surtout la gestion de l'obscurité, complice des apparitions du monstre qui sont toujours aussi inquiétantes qu'élégantes.
Bref, une très bonne surprise. Si vous aimez le travail de Julia Ducournau ou de Coralie Fargeat, n'hésitez plus, c'est le film que vous attendiez.
Saccharine est une excellente surprise. Il mêle avec intelligence suspense, émotion et réflexion sur l’image de soi. La réalisation de Natalie Erika James est magnifique, avec une ambiance visuelle captivante. L’interprétation de Midori Francis est particulièrement touchante et donne beaucoup de profondeur au personnage principal. Un film original, dérangeant par moments mais toujours pertinent, qui reste en tête longtemps après la séance. Une réussite du cinéma de genre à ne pas manquer.
Avec ce thème dans l'air du temps, un cocktail savoureux d’horreur, de satire et d’humour noir, où la culture du corps parfait est passée au mixeur puis servie avec une généreuse couche de malaise. C’est dégoûtant, intelligent, souvent drôle et visuellement superbe. On ressort à la fois diverti, légèrement traumatisé et curieusement reconnaissant de ne jamais avoir suivi les conseils d’une influenceuse bien-être!