Saccharine
Note moyenne
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Cinéphiles 44

1 690 abonnés 4 674 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2026
"Saccharine" est un film d'horreur sur les troubles alimentaires et du rapport au corps. Une étudiante en médecine commence à consommer d’étranges gélules composées de cendres pour perdre du poids rapidement. Mais derrière cette solution miracle se cache une force surnaturelle qui prend peu à peu possession de son quotidien, de son esprit et de son corps. Le film fonctionne particulièrement bien parce qu’il repose sur une idée presque crédible. Cette obsession contemporaine pour les pilules amaigrissantes, les transformations physiques rapides et les solutions miracles donne au récit une base réaliste très inquiétante. L’horreur surnaturelle paraît alors constamment proche du réel. Midori Francis fait évoluer son personnage entre soulagement, dépendance et destruction physique avec intensité. Les séquences où la nourriture est engloutie en accéléré ou au ralenti deviennent presque hypnotiques et profondément inconfortables. On sent l’influence du body horror classique, sans que cela tombe dans la simple démonstration. Un film intelligent, visuellement marquant et particulièrement oppressant.
Audrey L

828 abonnés 2 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juin 2026
Bonjour, je suis Bernard de Comme J'aime, voulez-vous essayer les nouvelles pilules miracles pour maigrir ? Elles sont super efficaces, la matière première est 100% naturelle, et contre une petite malédiction, vous aurez une taille de guêpe ! Comment ça, "Qu'est-ce que je viens de dire, avant la taille de guêpe ?", rien, rien, signez, la première dose est gratuite... Vous l'aurez compris, ce Saccharine nous a tapé dans l’œil (celui qui se barre de l'affiche, à gauche), à part sa fin (on y reviendra), il n'a pas peur de jouer avec l'immoralité (on a quand même affaire à de la spoiler: nécrophagie déguisée, et du cannibalisme
...) et surtout avec les cadavres sur la table d'opération. Le cadavre en question étant celui d'une personne obèse, il y a du gras sur tous les organes, alors ça luit, ça suinte, ça fait des bruits de succions absolument dégueulasses (on avait une glace, elle a fondu), et cette idée toute simple pour écœurer est un des atouts de ce Saccharine. Midori Francis est la révélation du film, arrivant à s'extirper d'un trop facile raccourci avec le film The Substance, et s'impose parfaitement dans son personnage d'emblée assez immoral et très superficiel : ici, pas d'héroïne ingénue, elle choisit son malheur. Il y a une vision pertinente des vidéos des réseaux sociaux qui vantent tantôt la maigreur et l'acceptation de sa propre grosseur (ça rend fou, ce tourniquet d'avis contraires). Il y a aussi un monstre qui fait peur sans besoin de jumpscares débiles (comme 99% des films d'épouvante actuels) puisqu'il ne saute jamais sur l'héroïne, et est invisible la plupart du temps, c'est simplement un bon gros coup de pression mental (qui fonctionne, donc). La mise en scène est très inspirée, la moitié des plans s'offre une photographie impeccable, les rôles secondaires font tous sens dans la mentalité de l'héroïne (on comprend son trouble, sans pour autant cautionner ses actes), et la bande-son (entre deux bruits gutturaux et "ploch-ploch" dégueux) fait transpirer. On regrette surtout la fin, qui nous a laissé un goût amer en bouche (non, non, remballez vos pastilles à la menthe, on ne sait jamais avec les malédictions qui traînent...) : pourquoi spoiler: l'héroïne, sauvée de la malédiction (après moult efforts qui l'ont fait grandir et s'accepter), enfin bien dans ses baskets, se met-elle à bouffer sa compagne à la dernière image ? C'est absurde, rien ne le justifie : oui, d'accord "la faim est insatiable", mais à part pour le jeu de mots et l'effet de style du dernier plan assez classe, avouez que ça gâche tous ses efforts, la happy-end agréable (après un film suffisamment sombre)
et par conséquent on n'a rien compris au fonctionnement de la malédiction. Dommage, ça ressemble à un dernier twist à la "petit malin" qui n'a aucun sens, juste pour dire que ce n'est pas fini, bof. Le film valait mieux que ça jusque-là. On notera quand même une prothèse "corpulente" pour l'actrice principale (très fine) en début de film qui est assez soignée (en grande fan de trucages, on l'a grillée au premier coup d’œil sans que cela ne nous gêne, car elle est vraiment quali, et les raccords sont très propres, c'est rare aujourd'hui). Bref, si vous voulez impressionner à la plage cet été avec votre summer-body, allez courir, mangez sain, buvez de l'eau. Et ne vous approchez pas de ces pilules, sinon vous pouvez acheter un deuxième maillot de bain pour le monstre, taille XXXXL évidemment.
Fabien D
Fabien D

219 abonnés 1 288 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 mai 2026
Vu en avant-première, Saccharine, le nouveau film de la réalisatrice de Relic, était l'une de mes attentes de l'année. Ma déception est d'autant plus forte que le sujet autour des troubles alimentaires paraissait , dans le cadre d'un film d'horreur, assez novateur. Mais le film abuse d'une esthétique tapageuse qui, si elle laisse entrevoir quelques très beaux plans notamment sur les matières et l'intérieur des corps, rappelle the substance. Le défaut principal du film est d'être un mix entre le film de Coralie Fargeat et Grave pour le côtè charnel autour de la nourriture. Le film aurait pu être davantage réussi délesté d'une bonne demi heure, il est ici assez répétitif et parfois un peu ennuyeux. Le sujet autour de la famille de l'héroîne, très intéressant, aurait mérité un plus ample dé'ensemble a des qualités, essentiellement formelles, mais plie sous le poids des références. Dommage
Julien Loeki
Julien Loeki

157 abonnés 55 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mai 2026
Direction le Pathé Alésia pour la séance de 22h : « Les Vendredis de l'Horreur » avec une avant-première de « Saccharine ». Un point de départ plutôt original, bien que sur les traces du body-horror féminin qui semble avoir le vent en poupe ces temps-ci, hélas suivi d'un scénario bien peu crédible. Rien à dire en revanche sur la forme, parfaitement maîtrisée.
Zoumir
Zoumir

81 abonnés 1 067 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juin 2026
Grosses attentes pour le troisième film de Natalie Erika James.
Relic m'avait marqué, oppressé et touché. Une plongée sombre, presque poétique, dans la vieillesse, la décrépitude, la perte... Une horreur organique et intime, matérialisée par les liens familiaux qui s'effacent face au temps.
Puis Apartment 7A, prolongement malin de Rosemary’s Baby, qui s’attaquait à un autre vertige : celui de la maternité face à l’ambition personnelle.
Autant dire que Saccharine, avec son titre de drogue dure, cochait toutes les cases d’un nouveau traumatisme maîtrisé. Malheureusement, j'ai eu au final, l'impression de me retrouver devant son film le moins maitrisé.

Pourtant sur le fond, Saccharine est pertinent.
On y découvre et suit Hana, étudiante en médecine, désireuse de perdre du poids. Une idée banale, universelle, et pour tout ceux qui ont déjà prononcé la phrase "faut que je maigrisse", pas si anodine.
Dans une époque où l'on nous vend de l’apparence à outrance - salle de sport, perfection physique, réseaux sociaux, “remèdes miracles”, challenges absurdes - Natalie Erika James balaie large. On pourrait frôler l’indigestion mais le film ne tombe jamais dans le cliché car au centre de ce cauchemar, il y a Hana.
L'actrice Midori Francis incarne un personnage complexe qui va se dévoiler progressivement. Une jeune femme tiraillée entre pulsion et rejet, entre le plaisir express d'ingurgiter pour faire taire ses démons et la culpabilité lente et écrasante de devoir les digérer. Un cycle destructeur parfaitement retranscrit, où s'amalgament un violent besoin d'estime de soi et la punition que l'on s'inflige de ne pas s'aimer.
Le surnaturel, comme souvent chez la réalisatrice n'est qu’une extension, une matérialisation du sujet qu'elle décortique.
Bien plus que ce qu’on est prêt à faire pour atteindre un idéal, elle autopsie les conséquences des choix que l'on fait, de nos aveux de faiblesses, des raccourcis qu'on emprunte et du prix à payer sur le corps. Et encore une fois, elle n'hésite pas à le malmener, comme dans Relic (l'âge), comme dans Appartement 7A (la danse classique).
Visuellement, symboliquement, ce besoin va prendre une forme peu ragoûtante, dérangeante, presque viscérale au travers de cette présence pesante.

Mais voilà. Si l'horreur est bien là, dans le message, dans la psychologie et la détresse du personnage, elle ne réussira pas à remplir l'espace. Elle reste presque reléguée au second plan, comme un reflet timide du quotidien. Elle fait moins réagir que les moqueries, que le malaise intérieur, que ce rapport destructeur à soi-même.
Un problème ou un choix ? Peut-être les deux. Peut-être que c’est volontaire.
Car après Obsession ou Hokum, difficile de ne pas remarquer ces personnages souvent moins effrayés par le surnaturel que par ce qu’il symbolise, comme si le réel était déjà si déstabilisant qu'un fantôme ou toute autre entité irrationnelle avait finalement perdu de son pouvoir horrifique. Et ici, ça se ressent fortement avec Hana. Son calme face aux premiers signes de basculement est troublant, trop raisonné. Et c'est en ça que Saccharine m'a laissé un peu frustré. Il ne m'a pas fait trembler malgré ses bonnes idées visuelles et ses images fortes.
Dommage car le film décortique et personnifie une thématique actuelle grâce à une héroïne bien écrite et une esthétique soignée. Mais il manque vraiment cette montée en pression, ce malaise oppressant du danger invisible, au delà des risques plus terre à terre sur la santé d'Hana.

Pour la première fois, j’ai eu le sentiment que Natalie Erika James n’allait pas au bout de son œuvre, qu'elle s'égarait même un peu si l'on prend les quelques dernières minutes.
Le fond est là, la direction aussi, mais la forme reste en surface.
Un film intelligent, cohérent, mais qui n’a pas réussi à me happer.
Paul O.
Paul O.

31 abonnés 41 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 juin 2026
Derrière sa promesse à la plastique léchée spoiler: (merci Coralie Fargeat et Ryan Murphy)
Saccharine n'offre rien de croustillant consistant à se mettre sous la dent.

Si le scenario convoque la pillule miracle pour perdre du poids spoiler: ... et chopper une part de son hôte, comme dans "Antiviral" de Cronenberg Jr
, le cinéaste ferait bien de trouver la formule du rythme réussi, de la surprise et de l'enjeu dramatique, ingrédients indispensables pour concocter une réelle satiété intellectuelle.

Service lent et cuisine sans saveur : c'est NON
Fiers R.
Fiers R.

208 abonnés 916 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juillet 2026
Décidément, la claque de 2024 « The Substance » et, à moindre mesure, la Palme d’or 2023 « Titane », deux films tricolores, n’ont de cesse de faire des émules. Et c’est peu dire que les copies et plagiats (ou films inspirés de, si on reste poli) ne se sont guère distingués. Le seul body-horror à message qui nous a marqué est peut-être celui qui ressemble le moins aux films de Coralie Fargeat et Julia Ducornau : « Together » avec ses corps qui fusionnent à l’extrême. Sinon, de « Shell » à « Slanted » en passant par « Grafted », toutes ces œuvres n’arrivent même pas à la cheville de leur illustre modèle. Elles sont, au mieux, distrayantes, au pire, totalement dispensables. De voir l’australienne, Natalie Erika James que l’on avait découverte avec le prometteur « Relic » s’attaquer à la thématique du physique, du poids et du paraître par le biais du fantastique et du body-horror était prometteur. Et, en effet, « Saccharine » est peut-être le moins mauvais de ces ersatz.

Il déploie quand même pas mal de défauts qui l’empêchent d’être aussi bien qu’espéré mais il dépasse tout de même largement la concurrence actuelle de cette mouvance ressuscitée. D’abord, et c’est quand même bien frustrant, le discours sur le diktats de beauté, notamment la minceur, est quand même évacué à une vitesse assez ahurissante. Le sujet de « Saccharine » apparaît donc plus comme un prétexte qu’une véritable analyse ou un commentaire sur le sujet. Comme si James avait été effrayée par l’impact qu’un tel sujet pouvait avoir sur le public et qu’elle était devenue frileuse en cours de tournage (ou de montage). Ensuite, le long-métrage regorge d’idées et pioche dans beaucoup de domaines du fantastique et de l’horreur mais tout cela manque d’homogénéité et frôle le pot-pourri tendance fourre-tout. Entre les pilules amincissantes, le fantôme du corps disséqué à la morgue, les pulsions boulimiques du personnage principal ou encore l’histoire des reflets convexes, le script est un peu chargé et enquille les idées un peu n’importe comment, aussi bonnes soient-elles. Et puis il faut avouer que cette œuvre est un peu trop longue pour ce qu’elle a à raconter.

Néanmoins, James muscle encore une fois sa mise en scène. À l’instar du film de Fargeat, en moins choc tout de même, les images proposées par « Saccharine » sont de toute beauté. Tourné majoritairement dans la pénombre, optimisant les coins sombres et jouant avec de nombreux effets de style plutôt bienvenus, la réalisation a de la gueule et colle au propos. L’ambiance malsaine, accentuée par une bande sonore oppressante et des effets du meilleur goût, finit de donner une forme appréciable au film. Ensuite, il y a pas mal de moments qui font peur et parfois sursauter et on suit l’histoire avec plaisir, on veut savoir comment va se terminer cette histoire. À ce titre, le plan final est sublime, proche du giallo. Alors si on y perd sur le fond, laissé un peu en jachère et partant dans tous les sens, l’univers et l’atmosphère ainsi que des idées en pagaille font de « Saccharine » une œuvre de body-horror plus que respectable à défaut d’être inoubliable ou incontournable.

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Lil Sprite
Lil Sprite

67 abonnés 780 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juillet 2026
Que ce soit dans sa mise en scène ou dans ses thématiques, Saccharine est un condensé d’influences, de Requiem for a Dream à The Whale, en passant par Grave, The Substance et les films de possession. Un film qui a su digérer ses aînés pour proposer un divertissement efficace, ponctué de plusieurs scènes marquantes et d’une fin particulièrement choc.
On regrettera toutefois quelques longueurs ainsi que certains passages trop métaphoriques.
jujube
jujube

15 abonnés 116 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2026
J’ai bien aimé le message et l’idée de départ, étant pas mal concerné par cela. Mais j’ai beaucoup moins aimé la conclusion, en dirait que le film voulait trop tirer sur la corde du « je suis trop darkkkk »
Alain D.
Alain D.

7 abonnés 18 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 juin 2026
La vie c'est comme une boîte de chocolat, ça dure moins longtemps chez les gros. Il est flagrant que ce film manque de finesse.
Ilana Bouneau
Ilana Bouneau

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juin 2026
Avec Saccharine, Natalie Erika James signe un film d'horreur qui frappe fort : corps, nourriture, injonctions sociales. Tout y passe, et ça fait mal là où ça doit faire mal. À voir absolument
FaRem

10 610 abonnés 11 719 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 juin 2026
La solution miracle pour maigrir n'existe pas, mais elle fait fantasmer beaucoup de personnes. Hana pense l'avoir trouvée, mais son astuce s'accompagne d'effets secondaires de plus en plus néfastes pour sa santé physique comme mentale. Un cas extrême pour évoquer ces méthodes farfelues et dangereuses qui représentent un vrai danger pour certaines personnes fragiles et désespérées. Hana représente ces gens qui sont prêts à tout pour perdre du poids et rentrer dans le moule de la société. Bien sûr, c'est beaucoup plus complexe dans la réalité tandis que Natalie Erika James se concentre surtout sur l'aspect horrifique de l'histoire avec cette descente aux enfers. Cependant, on ne peut pas passer à côté du sous-texte sur les normes de beauté et les troubles du comportement alimentaire qui est intéressant, même si je trouve que l'aspect familial n'est pas assez creusé. En tant que film d'horreur, "Saccharine" s'appuie sur de solides effets pratiques, mais il ne passe jamais un cap au niveau de l'histoire. Le récit est assez répétitif tandis que la menace n'est pas assez oppressante. S'il n'est jamais dérangeant ou dégueulasse , « Saccharine » est quand même pas mal.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 904 abonnés 8 263 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 juillet 2026
Une étudiante mal dans son corps se met à consommer une étrange gélule pour perdre du poids, libérant par la même occasion, une force surnaturelle…

Le diktat de la beauté et le culte du corps avaient été évoqués récemment à travers l’excellent The Substance (2024) de Coralie Fargeat. Après la française, c’est l’australienne Natalie Erika James (Relic - 2020) qui s’empare du sujet en mettant en scène une étudiante en médecine prête à tout pour perdre quelques kilos, quitte à franchir la ligne rouge.

Saccharine (2026) avait tout pour plaire, mais il s’avère très mal amené dans son ensemble. Traiter des TCA (troubles du comportement alimentaire) était une bonne idée (impossible de ne pas repenser à Swallow (2019) de Carlo Mirabella-Davis), mais y évoquer le surpoids (le film peut être taxé de grossophobe) n’en était pas vraiment une. De plus, aborder la dysmorphie corporelle en guise de métaphore était très intéressant, mais c’est très mal développé, tout comme le sous-texte queer qui s’avère sous-exploité.

C’est d’autant plus frustrant qu’il y a de très bonnes idées au niveau de la mise en scène spoiler: (la réalisatrice n’est pas avare en scène graphique, que ce soit des scènes de dissections ou des scènes de gavage, l’un et l’autre vous retournent l’estomac, sans parler des apparitions de la "grosse Bertha"),
la photo est soignée et Midori Francis, qui porte littéralement le film sur ses épaules, s’avère très convaincante. Mais avec près de 120min au compteur, le film aurait grandement gagné à être resserré, c’est bien trop long et assommant, dommage.

⦿ http://bit[POINT]ly/CinephileNostalGeek ⦿ http://twitter[POINT]com/B_Renger ⦿
Ufuk K

626 abonnés 1 751 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2026
"Saccharine" qui a suscité par ma curiosité cette semaine est un film d'horreur psychologique pertinent. Dans la lignée de l'excellent "The Substance", Natalie Erika James réalise un film contemporain qui raconte la descente aux enfers d'une étudiante en médecine, interprétée avec talent par Midori Francis, obsédée par son apparence. La cinéaste dénonce sans détour le culte de la minceur, de la beauté et de la jeunesse, mais aussi les effets dévastateurs de certains régimes médicamenteux et l'incidence pertinente des traumatismes sur les individus, le tout avec des scènes parfois inconfortables.
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 juin 2026
Entre le body horror et le film de fantôme, Saccharine, le troisième long-métrage de Natalie Erika James accuse d’une indigestion thématique avec notamment le culte de la minceur, les troubles alimentaires, le désir féminin… Le goût sucré y est, les intentions aussi, mais ça n’accroche pas au palais.

"Du culte de la minceur aux injonctions corporelles contemporaines, en passant par la manière dont les réseaux sociaux transforment l’image de soi en quête identitaire, il y avait un terrain fertile proche des enjeux de The Ugly Stepsister. Sur le papier, c’est exactement le genre de sujet qu’on lui espérait. À l’écran, c’est une autre histoire. La première partie de Saccharine est pourtant d’assez bonne facture. On y suit Hana, étudiante en médecine qui ne décroche pas de son téléphone, hantée par sa silhouette qu’elle ne trouve pas attirante et par le regard des autres qu’elle place systématiquement au-dessus du sien. Les jeux de miroir s’accumulent avec une certaine intelligence par la suite, l’anxiété sociale d’Hana s’installe avec un ton parfois absurde et un mystère prend forme dans les allers-retours entre les cours d’anatomie et son appartement. Mais lorsqu’elle succombe à une pilule amincissante aussi farfelue que logique dans cet esprit de cinéma bis, des cendres humaines ingérées comme un régime miracle, la greffe entre body horror et film de fantôme s’annonce comme la vraie bonne idée du film.

"Le problème de Saccharine n’est pas son manque d’ambition ou de générosité, c’est plutôt dans son excès. Natalie Erika James veut parler de tout en même temps : du désir féminin confondu avec l’obsession corporelle, de la boulimie à la dysmorphophobie, du rapport d’Hana aux corps stéréotypés de ses parents, avec une mère mince et un père obèse, introduit comme une présence inquiétante. La question queer affleure également dans la relation trouble avec Alanya, une influenceuse fitness, sans que le film tranche sur le point de vue d’Hana : savoir si elle désire cette femme ou simplement le corps qu’elle incarne, une vision si clichée qu’un des personnages l’exprime au mot près pour nous le faire comprendre."

"Saccharine veut s’attaquer au culte de la minceur et à la manière dont la société dévore ceux qui n’y correspondent pas, mais choisit de matérialiser la menace surnaturelle par un fantôme obèse, filmé avec un aspect délibérément répulsif, dont l’appétit sans limite est constamment associé au dégoût. La nourriture elle-même y est traitée comme quelque chose d’écœurant, et le corps en surpoids comme une punition incarnée. Les signes d’une grossophobie involontaire se manifestent alors sans modération, et le film ne rectifie jamais cette vision, ce qui entre en conflit avec son propre propos. [...] Au final, un peu comme Sanguine (à découvrir à l’automne 2026) qui descend sensiblement de The Substance, Saccharine ressemble moins à un repas qu’à une liste d’ingrédients. Tout y est écrit. Rien n’a été cuisiné."

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