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"Saccharine" est un film d'horreur sur les troubles alimentaires et du rapport au corps. Une étudiante en médecine commence à consommer d’étranges gélules composées de cendres pour perdre du poids rapidement. Mais derrière cette solution miracle se cache une force surnaturelle qui prend peu à peu possession de son quotidien, de son esprit et de son corps. Le film fonctionne particulièrement bien parce qu’il repose sur une idée presque crédible. Cette obsession contemporaine pour les pilules amaigrissantes, les transformations physiques rapides et les solutions miracles donne au récit une base réaliste très inquiétante. L’horreur surnaturelle paraît alors constamment proche du réel. Midori Francis fait évoluer son personnage entre soulagement, dépendance et destruction physique avec intensité. Les séquences où la nourriture est engloutie en accéléré ou au ralenti deviennent presque hypnotiques et profondément inconfortables. On sent l’influence du body horror classique, sans que cela tombe dans la simple démonstration. Un film intelligent, visuellement marquant et particulièrement oppressant.
Bonjour, je suis Bernard de Comme J'aime, voulez-vous essayer les nouvelles pilules miracles pour maigrir ? Elles sont super efficaces, la matière première est 100% naturelle, et contre une petite malédiction, vous aurez une taille de guêpe ! Comment ça, "Qu'est-ce que je viens de dire, avant la taille de guêpe ?", rien, rien, signez, la première dose est gratuite... Vous l'aurez compris, ce Saccharine nous a tapé dans l’œil (celui qui se barre de l'affiche, à gauche), à part sa fin (on y reviendra), il n'a pas peur de jouer avec l'immoralité (on a quand même affaire à de la
spoiler:
nécrophagie déguisée, et du cannibalisme
...) et surtout avec les cadavres sur la table d'opération. Le cadavre en question étant celui d'une personne obèse, il y a du gras sur tous les organes, alors ça luit, ça suinte, ça fait des bruits de succions absolument dégueulasses (on avait une glace, elle a fondu), et cette idée toute simple pour écœurer est un des atouts de ce Saccharine. Midori Francis est la révélation du film, arrivant à s'extirper d'un trop facile raccourci avec le film The Substance, et s'impose parfaitement dans son personnage d'emblée assez immoral et très superficiel : ici, pas d'héroïne ingénue, elle choisit son malheur. Il y a une vision pertinente des vidéos des réseaux sociaux qui vantent tantôt la maigreur et l'acceptation de sa propre grosseur (ça rend fou, ce tourniquet d'avis contraires). Il y a aussi un monstre qui fait peur sans besoin de jumpscares débiles (comme 99% des films d'épouvante actuels) puisqu'il ne saute jamais sur l'héroïne, et est invisible la plupart du temps, c'est simplement un bon gros coup de pression mental (qui fonctionne, donc). La mise en scène est très inspirée, la moitié des plans s'offre une photographie impeccable, les rôles secondaires font tous sens dans la mentalité de l'héroïne (on comprend son trouble, sans pour autant cautionner ses actes), et la bande-son (entre deux bruits gutturaux et "ploch-ploch" dégueux) fait transpirer. On regrette surtout la fin, qui nous a laissé un goût amer en bouche (non, non, remballez vos pastilles à la menthe, on ne sait jamais avec les malédictions qui traînent...) : pourquoi spoiler: l'héroïne, sauvée de la malédiction (après moult efforts qui l'ont fait grandir et s'accepter), enfin bien dans ses baskets, se met-elle à bouffer sa compagne à la dernière image ? C'est absurde, rien ne le justifie : oui, d'accord "la faim est insatiable", mais à part pour le jeu de mots et l'effet de style du dernier plan assez classe, avouez que ça gâche tous ses efforts, la happy-end agréable (après un film suffisamment sombre)
et par conséquent on n'a rien compris au fonctionnement de la malédiction. Dommage, ça ressemble à un dernier twist à la "petit malin" qui n'a aucun sens, juste pour dire que ce n'est pas fini, bof. Le film valait mieux que ça jusque-là. On notera quand même une prothèse "corpulente" pour l'actrice principale (très fine) en début de film qui est assez soignée (en grande fan de trucages, on l'a grillée au premier coup d’œil sans que cela ne nous gêne, car elle est vraiment quali, et les raccords sont très propres, c'est rare aujourd'hui). Bref, si vous voulez impressionner à la plage cet été avec votre summer-body, allez courir, mangez sain, buvez de l'eau. Et ne vous approchez pas de ces pilules, sinon vous pouvez acheter un deuxième maillot de bain pour le monstre, taille XXXXL évidemment.
...) et surtout avec les cadavres sur la table d'opération. Le cadavre en question étant celui d'une personne obèse, il y a du gras sur tous les organes, alors ça luit, ça suinte, ça fait des bruits de succions absolument dégueulasses (on avait une glace, elle a fondu), et cette idée toute simple pour écœurer est un des atouts de ce Saccharine. Midori Francis est la révélation du film, arrivant à s'extirper d'un trop facile raccourci avec le film The Substance, et s'impose parfaitement dans son personnage d'emblée assez immoral et très superficiel : ici, pas d'héroïne ingénue, elle choisit son malheur. Il y a une vision pertinente des vidéos des réseaux sociaux qui vantent tantôt la maigreur et l'acceptation de sa propre grosseur (ça rend fou, ce tourniquet d'avis contraires). Il y a aussi un monstre qui fait peur sans besoin de jumpscares débiles (comme 99% des films d'épouvante actuels) puisqu'il ne saute jamais sur l'héroïne, et est invisible la plupart du temps, c'est simplement un bon gros coup de pression mental (qui fonctionne, donc). La mise en scène est très inspirée, la moitié des plans s'offre une photographie impeccable, les rôles secondaires font tous sens dans la mentalité de l'héroïne (on comprend son trouble, sans pour autant cautionner ses actes), et la bande-son (entre deux bruits gutturaux et "ploch-ploch" dégueux) fait transpirer. On regrette surtout la fin, qui nous a laissé un goût amer en bouche (non, non, remballez vos pastilles à la menthe, on ne sait jamais avec les malédictions qui traînent...) : pourquoi spoiler: l'héroïne, sauvée de la malédiction (après moult efforts qui l'ont fait grandir et s'accepter), enfin bien dans ses baskets, se met-elle à bouffer sa compagne à la dernière image ? C'est absurde, rien ne le justifie : oui, d'accord "la faim est insatiable", mais à part pour le jeu de mots et l'effet de style du dernier plan assez classe, avouez que ça gâche tous ses efforts, la happy-end agréable (après un film suffisamment sombre)
et par conséquent on n'a rien compris au fonctionnement de la malédiction. Dommage, ça ressemble à un dernier twist à la "petit malin" qui n'a aucun sens, juste pour dire que ce n'est pas fini, bof. Le film valait mieux que ça jusque-là. On notera quand même une prothèse "corpulente" pour l'actrice principale (très fine) en début de film qui est assez soignée (en grande fan de trucages, on l'a grillée au premier coup d’œil sans que cela ne nous gêne, car elle est vraiment quali, et les raccords sont très propres, c'est rare aujourd'hui). Bref, si vous voulez impressionner à la plage cet été avec votre summer-body, allez courir, mangez sain, buvez de l'eau. Et ne vous approchez pas de ces pilules, sinon vous pouvez acheter un deuxième maillot de bain pour le monstre, taille XXXXL évidemment.
Avec un principe pas si éloigné de The substance (2024), Saccharine hésite toutefois sur ce qu'il veut dénoncer : troubles du comportement alimentaire, surpoids, grossophobie? Finalement, le déroulement en devient nébuleux, un fantôme en guise de tentation, un climat étrange et des effets surnaturels autour de l'héroïne. Mais l'affaire abstraite et confuse ne prend pas, provoquant mêmedu dégoût.
Vu en avant-première, Saccharine, le nouveau film de la réalisatrice de Relic, était l'une de mes attentes de l'année. Ma déception est d'autant plus forte que le sujet autour des troubles alimentaires paraissait , dans le cadre d'un film d'horreur, assez novateur. Mais le film abuse d'une esthétique tapageuse qui, si elle laisse entrevoir quelques très beaux plans notamment sur les matières et l'intérieur des corps, rappelle the substance. Le défaut principal du film est d'être un mix entre le film de Coralie Fargeat et Grave pour le côtè charnel autour de la nourriture. Le film aurait pu être davantage réussi délesté d'une bonne demi heure, il est ici assez répétitif et parfois un peu ennuyeux. Le sujet autour de la famille de l'héroîne, très intéressant, aurait mérité un plus ample dé'ensemble a des qualités, essentiellement formelles, mais plie sous le poids des références. Dommage
Direction le Pathé Alésia pour la séance de 22h : « Les Vendredis de l'Horreur » avec une avant-première de « Saccharine ». Un point de départ plutôt original, bien que sur les traces du body-horror féminin qui semble avoir le vent en poupe ces temps-ci, hélas suivi d'un scénario bien peu crédible. Rien à dire en revanche sur la forme, parfaitement maîtrisée.
Grosses attentes pour le troisième film de Natalie Erika James.
Relic m'avait marqué, oppressé et touché. Une plongée sombre, presque poétique, dans la vieillesse, la décrépitude, la perte... Une horreur organique et intime, matérialisée par les liens familiaux qui s'effacent face au temps.
Puis Apartment 7A, prolongement malin de Rosemary’s Baby, qui s’attaquait à un autre vertige : celui de la maternité face à l’ambition personnelle.
Autant dire que Saccharine, avec son titre de drogue dure, cochait toutes les cases d’un nouveau traumatisme maîtrisé. Malheureusement, j'ai eu au final, l'impression de me retrouver devant son film le moins maitrisé.
Pourtant sur le fond, Saccharine est pertinent.
On y découvre et suit Hana, étudiante en médecine, désireuse de perdre du poids. Une idée banale, universelle, et pour tout ceux qui ont déjà prononcé la phrase "faut que je maigrisse", pas si anodine.
Dans une époque où l'on nous vend de l’apparence à outrance - salle de sport, perfection physique, réseaux sociaux, “remèdes miracles”, challenges absurdes - Natalie Erika James balaie large. On pourrait frôler l’indigestion mais le film ne tombe jamais dans le cliché car au centre de ce cauchemar, il y a Hana.
L'actrice Midori Francis incarne un personnage complexe qui va se dévoiler progressivement. Une jeune femme tiraillée entre pulsion et rejet, entre le plaisir express d'ingurgiter pour faire taire ses démons et la culpabilité lente et écrasante de devoir les digérer. Un cycle destructeur parfaitement retranscrit, où s'amalgament un violent besoin d'estime de soi et la punition que l'on s'inflige de ne pas s'aimer.
Le surnaturel, comme souvent chez la réalisatrice n'est qu’une extension, une matérialisation du sujet qu'elle décortique.
Bien plus que ce qu’on est prêt à faire pour atteindre un idéal, elle autopsie les conséquences des choix que l'on fait, de nos aveux de faiblesses, des raccourcis qu'on emprunte et du prix à payer sur le corps. Et encore une fois, elle n'hésite pas à le malmener, comme dans Relic (l'âge), comme dans Appartement 7A (la danse classique).
Visuellement, symboliquement, ce besoin va prendre une forme peu ragoûtante, dérangeante, presque viscérale au travers de cette présence pesante.
Mais voilà. Si l'horreur est bien là, dans le message, dans la psychologie et la détresse du personnage, elle ne réussira pas à remplir l'espace. Elle reste presque reléguée au second plan, comme un reflet timide du quotidien. Elle fait moins réagir que les moqueries, que le malaise intérieur, que ce rapport destructeur à soi-même.
Un problème ou un choix ? Peut-être les deux. Peut-être que c’est volontaire.
Car après Obsession ou Hokum, difficile de ne pas remarquer ces personnages souvent moins effrayés par le surnaturel que par ce qu’il symbolise, comme si le réel était déjà si déstabilisant qu'un fantôme ou toute autre entité irrationnelle avait finalement perdu de son pouvoir horrifique. Et ici, ça se ressent fortement avec Hana. Son calme face aux premiers signes de basculement est troublant, trop raisonné. Et c'est en ça que Saccharine m'a laissé un peu frustré. Il ne m'a pas fait trembler malgré ses bonnes idées visuelles et ses images fortes.
Dommage car le film décortique et personnifie une thématique actuelle grâce à une héroïne bien écrite et une esthétique soignée. Mais il manque vraiment cette montée en pression, ce malaise oppressant du danger invisible, au delà des risques plus terre à terre sur la santé d'Hana.
Pour la première fois, j’ai eu le sentiment que Natalie Erika James n’allait pas au bout de son œuvre, qu'elle s'égarait même un peu si l'on prend les quelques dernières minutes.
Le fond est là, la direction aussi, mais la forme reste en surface.
Un film intelligent, cohérent, mais qui n’a pas réussi à me happer.
Relic m'avait marqué, oppressé et touché. Une plongée sombre, presque poétique, dans la vieillesse, la décrépitude, la perte... Une horreur organique et intime, matérialisée par les liens familiaux qui s'effacent face au temps.
Puis Apartment 7A, prolongement malin de Rosemary’s Baby, qui s’attaquait à un autre vertige : celui de la maternité face à l’ambition personnelle.
Autant dire que Saccharine, avec son titre de drogue dure, cochait toutes les cases d’un nouveau traumatisme maîtrisé. Malheureusement, j'ai eu au final, l'impression de me retrouver devant son film le moins maitrisé.
Pourtant sur le fond, Saccharine est pertinent.
On y découvre et suit Hana, étudiante en médecine, désireuse de perdre du poids. Une idée banale, universelle, et pour tout ceux qui ont déjà prononcé la phrase "faut que je maigrisse", pas si anodine.
Dans une époque où l'on nous vend de l’apparence à outrance - salle de sport, perfection physique, réseaux sociaux, “remèdes miracles”, challenges absurdes - Natalie Erika James balaie large. On pourrait frôler l’indigestion mais le film ne tombe jamais dans le cliché car au centre de ce cauchemar, il y a Hana.
L'actrice Midori Francis incarne un personnage complexe qui va se dévoiler progressivement. Une jeune femme tiraillée entre pulsion et rejet, entre le plaisir express d'ingurgiter pour faire taire ses démons et la culpabilité lente et écrasante de devoir les digérer. Un cycle destructeur parfaitement retranscrit, où s'amalgament un violent besoin d'estime de soi et la punition que l'on s'inflige de ne pas s'aimer.
Le surnaturel, comme souvent chez la réalisatrice n'est qu’une extension, une matérialisation du sujet qu'elle décortique.
Bien plus que ce qu’on est prêt à faire pour atteindre un idéal, elle autopsie les conséquences des choix que l'on fait, de nos aveux de faiblesses, des raccourcis qu'on emprunte et du prix à payer sur le corps. Et encore une fois, elle n'hésite pas à le malmener, comme dans Relic (l'âge), comme dans Appartement 7A (la danse classique).
Visuellement, symboliquement, ce besoin va prendre une forme peu ragoûtante, dérangeante, presque viscérale au travers de cette présence pesante.
Mais voilà. Si l'horreur est bien là, dans le message, dans la psychologie et la détresse du personnage, elle ne réussira pas à remplir l'espace. Elle reste presque reléguée au second plan, comme un reflet timide du quotidien. Elle fait moins réagir que les moqueries, que le malaise intérieur, que ce rapport destructeur à soi-même.
Un problème ou un choix ? Peut-être les deux. Peut-être que c’est volontaire.
Car après Obsession ou Hokum, difficile de ne pas remarquer ces personnages souvent moins effrayés par le surnaturel que par ce qu’il symbolise, comme si le réel était déjà si déstabilisant qu'un fantôme ou toute autre entité irrationnelle avait finalement perdu de son pouvoir horrifique. Et ici, ça se ressent fortement avec Hana. Son calme face aux premiers signes de basculement est troublant, trop raisonné. Et c'est en ça que Saccharine m'a laissé un peu frustré. Il ne m'a pas fait trembler malgré ses bonnes idées visuelles et ses images fortes.
Dommage car le film décortique et personnifie une thématique actuelle grâce à une héroïne bien écrite et une esthétique soignée. Mais il manque vraiment cette montée en pression, ce malaise oppressant du danger invisible, au delà des risques plus terre à terre sur la santé d'Hana.
Pour la première fois, j’ai eu le sentiment que Natalie Erika James n’allait pas au bout de son œuvre, qu'elle s'égarait même un peu si l'on prend les quelques dernières minutes.
Le fond est là, la direction aussi, mais la forme reste en surface.
Un film intelligent, cohérent, mais qui n’a pas réussi à me happer.
Derrière sa promesse à la plastique léchée
spoiler:
(merci Coralie Fargeat et Ryan Murphy)
Saccharine n'offre rien de croustillant consistant à se mettre sous la dent.
Si le scenario convoque la pillule miracle pour perdre du poids spoiler: ... et chopper une part de son hôte, comme dans "Antiviral" de Cronenberg Jr
, le cinéaste ferait bien de trouver la formule du rythme réussi, de la surprise et de l'enjeu dramatique, ingrédients indispensables pour concocter une réelle satiété intellectuelle.
Service lent et cuisine sans saveur : c'est NON
Saccharine n'offre rien de croustillant consistant à se mettre sous la dent.
Si le scenario convoque la pillule miracle pour perdre du poids spoiler: ... et chopper une part de son hôte, comme dans "Antiviral" de Cronenberg Jr
, le cinéaste ferait bien de trouver la formule du rythme réussi, de la surprise et de l'enjeu dramatique, ingrédients indispensables pour concocter une réelle satiété intellectuelle.
Service lent et cuisine sans saveur : c'est NON
Une expérience assez étrange et envoûtante. J’ai été happé par cette ambiance mystérieuse et presque cauchemardesque, avec cette étrange gélule et tous les événements qui l’entourent. On cherche constamment à comprendre ce qui se passe et où le film veut nous emmener, ce qui m’a vraiment tenu en haleine.
Malheureusement, le film finit par donner l’impression de tourner en rond. Les mêmes situations se répètent, certaines choses sont assez improbables et, à force, la durée se fait sentir. J’avais parfois l’impression d’être plongé dans un cauchemar qui n’en finissait plus, sans que l’histoire progresse suffisamment.
Et surtout, la fin m’a laissé sur ma faim (sans rire !). Après avoir passé tout le film à chercher une explication, je m’attendais à une conclusion plus forte et plus satisfaisante.
Une curiosité qui m’a intrigué et captivé par son atmosphère, mais qui aurait gagné à être plus courte, moins répétitive et à proposer une conclusion plus convaincante.
3/5
Malheureusement, le film finit par donner l’impression de tourner en rond. Les mêmes situations se répètent, certaines choses sont assez improbables et, à force, la durée se fait sentir. J’avais parfois l’impression d’être plongé dans un cauchemar qui n’en finissait plus, sans que l’histoire progresse suffisamment.
Et surtout, la fin m’a laissé sur ma faim (sans rire !). Après avoir passé tout le film à chercher une explication, je m’attendais à une conclusion plus forte et plus satisfaisante.
Une curiosité qui m’a intrigué et captivé par son atmosphère, mais qui aurait gagné à être plus courte, moins répétitive et à proposer une conclusion plus convaincante.
3/5
"Saccharine" est un film d'horreur sur les troubles alimentaires et du rapport au corps. Une étudiante en médecine commence à consommer d’étranges gélules composées de cendres pour perdre du poids rapidement. Mais derrière cette solution miracle se cache une force surnaturelle qui prend peu à peu possession de son quotidien, de son esprit et de son corps. Le film fonctionne particulièrement bien parce qu’il repose sur une idée presque crédible. Cette obsession contemporaine pour les pilules amaigrissantes, les transformations physiques rapides et les solutions miracles donne au récit une base réaliste très inquiétante. L’horreur surnaturelle paraît alors constamment proche du réel. Midori Francis fait évoluer son personnage entre soulagement, dépendance et destruction physique avec intensité. Les séquences où la nourriture est engloutie en accéléré ou au ralenti deviennent presque hypnotiques et profondément inconfortables. On sent l’influence du body horror classique, sans que cela tombe dans la simple démonstration. Un film intelligent, visuellement marquant et particulièrement oppressant.
Décidément, la claque de 2024 « The Substance » et, à moindre mesure, la Palme d’or 2023 « Titane », deux films tricolores, n’ont de cesse de faire des émules. Et c’est peu dire que les copies et plagiats (ou films inspirés de, si on reste poli) ne se sont guère distingués. Le seul body-horror à message qui nous a marqué est peut-être celui qui ressemble le moins aux films de Coralie Fargeat et Julia Ducornau : « Together » avec ses corps qui fusionnent à l’extrême. Sinon, de « Shell » à « Slanted » en passant par « Grafted », toutes ces œuvres n’arrivent même pas à la cheville de leur illustre modèle. Elles sont, au mieux, distrayantes, au pire, totalement dispensables. De voir l’australienne, Natalie Erika James que l’on avait découverte avec le prometteur « Relic » s’attaquer à la thématique du physique, du poids et du paraître par le biais du fantastique et du body-horror était prometteur. Et, en effet, « Saccharine » est peut-être le moins mauvais de ces ersatz.
Il déploie quand même pas mal de défauts qui l’empêchent d’être aussi bien qu’espéré mais il dépasse tout de même largement la concurrence actuelle de cette mouvance ressuscitée. D’abord, et c’est quand même bien frustrant, le discours sur le diktats de beauté, notamment la minceur, est quand même évacué à une vitesse assez ahurissante. Le sujet de « Saccharine » apparaît donc plus comme un prétexte qu’une véritable analyse ou un commentaire sur le sujet. Comme si James avait été effrayée par l’impact qu’un tel sujet pouvait avoir sur le public et qu’elle était devenue frileuse en cours de tournage (ou de montage). Ensuite, le long-métrage regorge d’idées et pioche dans beaucoup de domaines du fantastique et de l’horreur mais tout cela manque d’homogénéité et frôle le pot-pourri tendance fourre-tout. Entre les pilules amincissantes, le fantôme du corps disséqué à la morgue, les pulsions boulimiques du personnage principal ou encore l’histoire des reflets convexes, le script est un peu chargé et enquille les idées un peu n’importe comment, aussi bonnes soient-elles. Et puis il faut avouer que cette œuvre est un peu trop longue pour ce qu’elle a à raconter.
Néanmoins, James muscle encore une fois sa mise en scène. À l’instar du film de Fargeat, en moins choc tout de même, les images proposées par « Saccharine » sont de toute beauté. Tourné majoritairement dans la pénombre, optimisant les coins sombres et jouant avec de nombreux effets de style plutôt bienvenus, la réalisation a de la gueule et colle au propos. L’ambiance malsaine, accentuée par une bande sonore oppressante et des effets du meilleur goût, finit de donner une forme appréciable au film. Ensuite, il y a pas mal de moments qui font peur et parfois sursauter et on suit l’histoire avec plaisir, on veut savoir comment va se terminer cette histoire. À ce titre, le plan final est sublime, proche du giallo. Alors si on y perd sur le fond, laissé un peu en jachère et partant dans tous les sens, l’univers et l’atmosphère ainsi que des idées en pagaille font de « Saccharine » une œuvre de body-horror plus que respectable à défaut d’être inoubliable ou incontournable.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Il déploie quand même pas mal de défauts qui l’empêchent d’être aussi bien qu’espéré mais il dépasse tout de même largement la concurrence actuelle de cette mouvance ressuscitée. D’abord, et c’est quand même bien frustrant, le discours sur le diktats de beauté, notamment la minceur, est quand même évacué à une vitesse assez ahurissante. Le sujet de « Saccharine » apparaît donc plus comme un prétexte qu’une véritable analyse ou un commentaire sur le sujet. Comme si James avait été effrayée par l’impact qu’un tel sujet pouvait avoir sur le public et qu’elle était devenue frileuse en cours de tournage (ou de montage). Ensuite, le long-métrage regorge d’idées et pioche dans beaucoup de domaines du fantastique et de l’horreur mais tout cela manque d’homogénéité et frôle le pot-pourri tendance fourre-tout. Entre les pilules amincissantes, le fantôme du corps disséqué à la morgue, les pulsions boulimiques du personnage principal ou encore l’histoire des reflets convexes, le script est un peu chargé et enquille les idées un peu n’importe comment, aussi bonnes soient-elles. Et puis il faut avouer que cette œuvre est un peu trop longue pour ce qu’elle a à raconter.
Néanmoins, James muscle encore une fois sa mise en scène. À l’instar du film de Fargeat, en moins choc tout de même, les images proposées par « Saccharine » sont de toute beauté. Tourné majoritairement dans la pénombre, optimisant les coins sombres et jouant avec de nombreux effets de style plutôt bienvenus, la réalisation a de la gueule et colle au propos. L’ambiance malsaine, accentuée par une bande sonore oppressante et des effets du meilleur goût, finit de donner une forme appréciable au film. Ensuite, il y a pas mal de moments qui font peur et parfois sursauter et on suit l’histoire avec plaisir, on veut savoir comment va se terminer cette histoire. À ce titre, le plan final est sublime, proche du giallo. Alors si on y perd sur le fond, laissé un peu en jachère et partant dans tous les sens, l’univers et l’atmosphère ainsi que des idées en pagaille font de « Saccharine » une œuvre de body-horror plus que respectable à défaut d’être inoubliable ou incontournable.
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Mettre en scène la schizophrénie à cause de troubles alimentaires est tout de même très limite. Transcender les borborygmes mâtinés d’hallucinations et de cauchemars crée un malaise persistant qui s’enlise.
La grosse BERTHA (à ne pas confondre avec l’artillerie lourde de 1914) n’aime pas ce que notre héroïne fait de son corps et elle le montre jusqu’à la hanter…
Ne ratez pas le générique final complètement surréaliste avec une musique psychédélique à l’image de cet OVNI cinématographique !
La grosse BERTHA (à ne pas confondre avec l’artillerie lourde de 1914) n’aime pas ce que notre héroïne fait de son corps et elle le montre jusqu’à la hanter…
Ne ratez pas le générique final complètement surréaliste avec une musique psychédélique à l’image de cet OVNI cinématographique !
Que ce soit dans sa mise en scène ou dans ses thématiques, Saccharine est un condensé d’influences, de Requiem for a Dream à The Whale, en passant par Grave, The Substance et les films de possession. Un film qui a su digérer ses aînés pour proposer un divertissement efficace, ponctué de plusieurs scènes marquantes et d’une fin particulièrement choc.
On regrettera toutefois quelques longueurs ainsi que certains passages trop métaphoriques.
On regrettera toutefois quelques longueurs ainsi que certains passages trop métaphoriques.
J’ai bien aimé le message et l’idée de départ, étant pas mal concerné par cela. Mais j’ai beaucoup moins aimé la conclusion, en dirait que le film voulait trop tirer sur la corde du « je suis trop darkkkk »
Généralement pas fan du body horror mais ayant aimé le film Relic de la mème réalisatrice, je me suis quand même lancé à regarder Saccharine. j'ai été agréablement surpris par ce film traitant des troubles de l'alimentation et son rapport au corps humain. La cinématographie soignée et le jeu de l'actrice principale sont un atout majeur.
La vie c'est comme une boîte de chocolat, ça dure moins longtemps chez les gros. Il est flagrant que ce film manque de finesse.
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