Saccharine
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Edgar B
Edgar B

87 abonnés 109 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 août 2026
Avec son départ prometteur, Saccharine de Natalie Erika James évoque immédiatement le cinéma de Julia Ducournau (Grave). Dans la même veine, sans jeux de mots...
Le récit suit une jeune fille en proie à une forme de boulimie terrifiante, tissant des ponts fascinants entre hallucinations, possession corporelle et quête maladive du poids idéal. L'addiction aux gélules floute habilement la frontière entre réel et fantasme.
Malheureusement, la seconde moitié s'effondre. Le film s'emmêle les pinceaux dans un gloubi-boulga d'idées confuses qui se court-circuitent au lieu de se répondre. À force de vouloir trop en faire, la réalisatrice perd totalement son chemin et enlise l'intrigue dans des longueurs évitables. C'est bien dommage : ce projet plein de potentiel finit par se perdre en route et tourner en rond.
Sawn
Sawn

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juillet 2026
Grande amatrice de body horror mais peu sensible aux histoires impliquant des entités surnaturelles, j'étais curieuse de découvrir ce que pouvait donner cet ambitieux mélange des genres. Et le pari est relevé haut la main.

D'abord, le scénario est cohérent et plutôt réaliste. On croit à cet univers, et on croit aux tourments de notre héroïne qui n'a de cesse de chercher à comprendre ce qu'elle subit pour reprendre le contrôle de la situation. C'est agréable, des personnages futés dans un film d'horreur ! Dans ce cadre, l'entité trouve toute sa place, autant comme véritable menace étouffante, que comme symbole d'une malédiction à plusieurs têtes : maladie mentale et physique, désir refoulé, conflits intra-familiaux irrésolus...

Là où je trouvais The Substance simpliste dans son traitement de la "course à la beauté", Saccharine va plus loin et décrit assez subtilement les discours contraires qui l'encadrent. Il montre combien, une fois le doigt coincé dans l'engrenage, il est difficile de refaire surface, malgré toute la bonne volonté du monde, parce que la problématique n'est ni unique, ni purement interne.

Enfin, la mise en scène est impeccable. Un travail formidable a été fourni sur les couleurs, l'éclairage et surtout la gestion de l'obscurité, complice des apparitions du monstre qui sont toujours aussi inquiétantes qu'élégantes.

Bref, une très bonne surprise. Si vous aimez le travail de Julia Ducournau ou de Coralie Fargeat, n'hésitez plus, c'est le film que vous attendiez.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 904 abonnés 8 263 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 juillet 2026
Une étudiante mal dans son corps se met à consommer une étrange gélule pour perdre du poids, libérant par la même occasion, une force surnaturelle…

Le diktat de la beauté et le culte du corps avaient été évoqués récemment à travers l’excellent The Substance (2024) de Coralie Fargeat. Après la française, c’est l’australienne Natalie Erika James (Relic - 2020) qui s’empare du sujet en mettant en scène une étudiante en médecine prête à tout pour perdre quelques kilos, quitte à franchir la ligne rouge.

Saccharine (2026) avait tout pour plaire, mais il s’avère très mal amené dans son ensemble. Traiter des TCA (troubles du comportement alimentaire) était une bonne idée (impossible de ne pas repenser à Swallow (2019) de Carlo Mirabella-Davis), mais y évoquer le surpoids (le film peut être taxé de grossophobe) n’en était pas vraiment une. De plus, aborder la dysmorphie corporelle en guise de métaphore était très intéressant, mais c’est très mal développé, tout comme le sous-texte queer qui s’avère sous-exploité.

C’est d’autant plus frustrant qu’il y a de très bonnes idées au niveau de la mise en scène spoiler: (la réalisatrice n’est pas avare en scène graphique, que ce soit des scènes de dissections ou des scènes de gavage, l’un et l’autre vous retournent l’estomac, sans parler des apparitions de la "grosse Bertha"),
la photo est soignée et Midori Francis, qui porte littéralement le film sur ses épaules, s’avère très convaincante. Mais avec près de 120min au compteur, le film aurait grandement gagné à être resserré, c’est bien trop long et assommant, dommage.

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Fiers R.
Fiers R.

208 abonnés 916 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juillet 2026
Décidément, la claque de 2024 « The Substance » et, à moindre mesure, la Palme d’or 2023 « Titane », deux films tricolores, n’ont de cesse de faire des émules. Et c’est peu dire que les copies et plagiats (ou films inspirés de, si on reste poli) ne se sont guère distingués. Le seul body-horror à message qui nous a marqué est peut-être celui qui ressemble le moins aux films de Coralie Fargeat et Julia Ducornau : « Together » avec ses corps qui fusionnent à l’extrême. Sinon, de « Shell » à « Slanted » en passant par « Grafted », toutes ces œuvres n’arrivent même pas à la cheville de leur illustre modèle. Elles sont, au mieux, distrayantes, au pire, totalement dispensables. De voir l’australienne, Natalie Erika James que l’on avait découverte avec le prometteur « Relic » s’attaquer à la thématique du physique, du poids et du paraître par le biais du fantastique et du body-horror était prometteur. Et, en effet, « Saccharine » est peut-être le moins mauvais de ces ersatz.

Il déploie quand même pas mal de défauts qui l’empêchent d’être aussi bien qu’espéré mais il dépasse tout de même largement la concurrence actuelle de cette mouvance ressuscitée. D’abord, et c’est quand même bien frustrant, le discours sur le diktats de beauté, notamment la minceur, est quand même évacué à une vitesse assez ahurissante. Le sujet de « Saccharine » apparaît donc plus comme un prétexte qu’une véritable analyse ou un commentaire sur le sujet. Comme si James avait été effrayée par l’impact qu’un tel sujet pouvait avoir sur le public et qu’elle était devenue frileuse en cours de tournage (ou de montage). Ensuite, le long-métrage regorge d’idées et pioche dans beaucoup de domaines du fantastique et de l’horreur mais tout cela manque d’homogénéité et frôle le pot-pourri tendance fourre-tout. Entre les pilules amincissantes, le fantôme du corps disséqué à la morgue, les pulsions boulimiques du personnage principal ou encore l’histoire des reflets convexes, le script est un peu chargé et enquille les idées un peu n’importe comment, aussi bonnes soient-elles. Et puis il faut avouer que cette œuvre est un peu trop longue pour ce qu’elle a à raconter.

Néanmoins, James muscle encore une fois sa mise en scène. À l’instar du film de Fargeat, en moins choc tout de même, les images proposées par « Saccharine » sont de toute beauté. Tourné majoritairement dans la pénombre, optimisant les coins sombres et jouant avec de nombreux effets de style plutôt bienvenus, la réalisation a de la gueule et colle au propos. L’ambiance malsaine, accentuée par une bande sonore oppressante et des effets du meilleur goût, finit de donner une forme appréciable au film. Ensuite, il y a pas mal de moments qui font peur et parfois sursauter et on suit l’histoire avec plaisir, on veut savoir comment va se terminer cette histoire. À ce titre, le plan final est sublime, proche du giallo. Alors si on y perd sur le fond, laissé un peu en jachère et partant dans tous les sens, l’univers et l’atmosphère ainsi que des idées en pagaille font de « Saccharine » une œuvre de body-horror plus que respectable à défaut d’être inoubliable ou incontournable.

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Margo Rite
Margo Rite

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 juillet 2026
Saccharine est un psy / body horror aussi dérangeant que fascinant, qui utilise l’horreur pour parler de sujets très actuels : la quête de la perfection à tout prix, les troubles alimentaires, la boulimie et cette pression constante de devoir renvoyer une image parfaite alors qu’on souffre intérieurement.

J’ai beaucoup aimé la métaphore du « démon intérieur » que l’on nourrit sans cesse, jusqu’à ce qu’il finisse par nous consumer. Le film montre avec justesse comment cette obsession de l’apparence peut dévorer l’identité d’une personne.

Le rythme est particulièrement réussi. Il oscille entre de longues séquences contemplatives qui traduisent parfaitement l’enfermement psychologique de l’héroïne et des passages beaucoup plus frénétiques, presque psychédéliques, lorsque le démon s’empare d’elle. La mise en scène épouse son état mental et nous entraîne avec elle dans sa descente.

Même le générique de fin est hallucinant. Le mélange entre le corps humain et la nourriture résume à lui seul les thèmes du film.

Impossible également de ne pas penser à The Substance, tant les deux films utilisent le body horror comme métaphore de notre rapport au corps et de l’obsession de la perfection. Mais là où The Substance s’attaque davantage aux diktats de la jeunesse et de la beauté, Saccharine propose une approche plus intime et psychologique.

La fin ne vous laissera pas sur votre faim…
Lil Sprite
Lil Sprite

67 abonnés 780 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juillet 2026
Que ce soit dans sa mise en scène ou dans ses thématiques, Saccharine est un condensé d’influences, de Requiem for a Dream à The Whale, en passant par Grave, The Substance et les films de possession. Un film qui a su digérer ses aînés pour proposer un divertissement efficace, ponctué de plusieurs scènes marquantes et d’une fin particulièrement choc.
On regrettera toutefois quelques longueurs ainsi que certains passages trop métaphoriques.
FaRem

10 610 abonnés 11 719 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 juin 2026
La solution miracle pour maigrir n'existe pas, mais elle fait fantasmer beaucoup de personnes. Hana pense l'avoir trouvée, mais son astuce s'accompagne d'effets secondaires de plus en plus néfastes pour sa santé physique comme mentale. Un cas extrême pour évoquer ces méthodes farfelues et dangereuses qui représentent un vrai danger pour certaines personnes fragiles et désespérées. Hana représente ces gens qui sont prêts à tout pour perdre du poids et rentrer dans le moule de la société. Bien sûr, c'est beaucoup plus complexe dans la réalité tandis que Natalie Erika James se concentre surtout sur l'aspect horrifique de l'histoire avec cette descente aux enfers. Cependant, on ne peut pas passer à côté du sous-texte sur les normes de beauté et les troubles du comportement alimentaire qui est intéressant, même si je trouve que l'aspect familial n'est pas assez creusé. En tant que film d'horreur, "Saccharine" s'appuie sur de solides effets pratiques, mais il ne passe jamais un cap au niveau de l'histoire. Le récit est assez répétitif tandis que la menace n'est pas assez oppressante. S'il n'est jamais dérangeant ou dégueulasse , « Saccharine » est quand même pas mal.
Julien Delrieu
Julien Delrieu

8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juin 2026
Être soi-même et fier de son corps. Voilà le message que je veux faire passer ce film.
Dénoncer le culte du corps parfait et cette poursuite infernale pour y parvenir.
Une jeune fille qui se sent "grosse" veut à tout prix maigrir pour ressembler à la coach de sport de sa salle. Coach qui lui propose un entrainement spécifique long. Alors quand une ancienne amie vous propose des pilules qui font exactement la même chose mais en quelques jours seulement. Le choix est vite fait. Mais en quoi sont fait ces pilules ?
Voilà le topo du long métrage qui je pense résonne et s'accorde parfaitement dans notre société actuelle. Société de surconsommation de publicité TV, Internet... qui nous vantent les mérites de produits "miracles". Il dépeint avec exactitude l'addiction qui en découle et jusqu'où notre cerveau est prêt à aller pour arriver à un but imaginaire.
Le jeu de l'actrice principale et sa transformation physique sont impressionnants de justesse. La tension qui se met en place tout au long du long métrage est parfaitement maitrisée puisqu'elle montre crescendo mais jamais dans l'excès, le gore, le ridicule.
Ça fait plaisir de voir un film capable de mettre en tension par son aspect psychologique, faire frissonner par son côté horreur, dégouter par son côté body-horror.
Les Australiens savent faire des films d'horreur en racontant une histoire profonde, bien ficelée.
Zoumir
Zoumir

81 abonnés 1 067 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juin 2026
Grosses attentes pour le troisième film de Natalie Erika James.
Relic m'avait marqué, oppressé et touché. Une plongée sombre, presque poétique, dans la vieillesse, la décrépitude, la perte... Une horreur organique et intime, matérialisée par les liens familiaux qui s'effacent face au temps.
Puis Apartment 7A, prolongement malin de Rosemary’s Baby, qui s’attaquait à un autre vertige : celui de la maternité face à l’ambition personnelle.
Autant dire que Saccharine, avec son titre de drogue dure, cochait toutes les cases d’un nouveau traumatisme maîtrisé. Malheureusement, j'ai eu au final, l'impression de me retrouver devant son film le moins maitrisé.

Pourtant sur le fond, Saccharine est pertinent.
On y découvre et suit Hana, étudiante en médecine, désireuse de perdre du poids. Une idée banale, universelle, et pour tout ceux qui ont déjà prononcé la phrase "faut que je maigrisse", pas si anodine.
Dans une époque où l'on nous vend de l’apparence à outrance - salle de sport, perfection physique, réseaux sociaux, “remèdes miracles”, challenges absurdes - Natalie Erika James balaie large. On pourrait frôler l’indigestion mais le film ne tombe jamais dans le cliché car au centre de ce cauchemar, il y a Hana.
L'actrice Midori Francis incarne un personnage complexe qui va se dévoiler progressivement. Une jeune femme tiraillée entre pulsion et rejet, entre le plaisir express d'ingurgiter pour faire taire ses démons et la culpabilité lente et écrasante de devoir les digérer. Un cycle destructeur parfaitement retranscrit, où s'amalgament un violent besoin d'estime de soi et la punition que l'on s'inflige de ne pas s'aimer.
Le surnaturel, comme souvent chez la réalisatrice n'est qu’une extension, une matérialisation du sujet qu'elle décortique.
Bien plus que ce qu’on est prêt à faire pour atteindre un idéal, elle autopsie les conséquences des choix que l'on fait, de nos aveux de faiblesses, des raccourcis qu'on emprunte et du prix à payer sur le corps. Et encore une fois, elle n'hésite pas à le malmener, comme dans Relic (l'âge), comme dans Appartement 7A (la danse classique).
Visuellement, symboliquement, ce besoin va prendre une forme peu ragoûtante, dérangeante, presque viscérale au travers de cette présence pesante.

Mais voilà. Si l'horreur est bien là, dans le message, dans la psychologie et la détresse du personnage, elle ne réussira pas à remplir l'espace. Elle reste presque reléguée au second plan, comme un reflet timide du quotidien. Elle fait moins réagir que les moqueries, que le malaise intérieur, que ce rapport destructeur à soi-même.
Un problème ou un choix ? Peut-être les deux. Peut-être que c’est volontaire.
Car après Obsession ou Hokum, difficile de ne pas remarquer ces personnages souvent moins effrayés par le surnaturel que par ce qu’il symbolise, comme si le réel était déjà si déstabilisant qu'un fantôme ou toute autre entité irrationnelle avait finalement perdu de son pouvoir horrifique. Et ici, ça se ressent fortement avec Hana. Son calme face aux premiers signes de basculement est troublant, trop raisonné. Et c'est en ça que Saccharine m'a laissé un peu frustré. Il ne m'a pas fait trembler malgré ses bonnes idées visuelles et ses images fortes.
Dommage car le film décortique et personnifie une thématique actuelle grâce à une héroïne bien écrite et une esthétique soignée. Mais il manque vraiment cette montée en pression, ce malaise oppressant du danger invisible, au delà des risques plus terre à terre sur la santé d'Hana.

Pour la première fois, j’ai eu le sentiment que Natalie Erika James n’allait pas au bout de son œuvre, qu'elle s'égarait même un peu si l'on prend les quelques dernières minutes.
Le fond est là, la direction aussi, mais la forme reste en surface.
Un film intelligent, cohérent, mais qui n’a pas réussi à me happer.
Cool_92

373 abonnés 716 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 juin 2026
Un horreur body plutôt réussi mais qui abuse clairement des images tape à l'œil, on sent que le film veut choquer, voir dégoûter le spectateur. Aussi, il s'avère répétitif. Bien mais un poil décevant.
Cadreum
Cadreum

74 abonnés 824 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2026
Natalie Erika James est de ces réalisatrices qu'on ne connaît pas encore assez, et dont les deux premiers films méritent pourtant qu'on s'y attarde. Relic (2020) avait impressionné par sa façon de fondre le drame familial dans l'horreur atmosphérique. Apartment 7A (2023) confirmait son goût pour une horreur qui naît d'une pression psychique devenue insoutenable. Avec Saccharine, elle revient à ce territoire, en y ajoutant cette fois une dimension explicitement politique : le film veut regarder en face l'obsession contemporaine pour le corps : la culture du régime et la violence qu'exercent les réseaux sociaux sur celles et ceux qui ne correspondent pas aux standards de beauté dominants.

Hana est étudiante en médecine à Melbourne. Elle mange en cachette, se pèse et se regarde avec méfiance. Un soir, elle croise une ancienne camarade de lycée (méconnaissable, transformée, rayonnante selon les canons) qui lui glisse de petites pilules grises dans la main. Ces pilules, lui dit-on, font fondre le poids sans effort, sans restriction, sans la moindre discipline à s'imposer. Hana en prend. Puis, avec les outils que lui offre sa formation, elle en analyse la composition et découvre qu'elles ne contiennent rien d'autre que des cendres humaines. Depuis son cours d'anatomie, elle a accès à un cadavre - une femme obèse que les étudiants ont surnommée, avec une cruauté banale, "Big Bertha". On reconnaît la lignée : Raw de Julia Ducournau ou encore The Substance de Coralie Fargeat. Des films qui ont compris que le body horror est le genre idéal pour parler de la féminité sous pression parce qu'il rend visible ce qui d'ordinaire se tait, se cache, se gère en privé.

Dans le film, Hana ne voit le fantôme de Bertha que dans des surfaces convexes : des cuillères, des bouilloires, des objets du quotidien qui déforment ce qu'ils reflètent. C'est une idée visuellement forte, et on en comprend immédiatement l'intention : le trouble dysmorphique distord la perception, jamais l'image n'est juste, jamais le miroir ne dit la vérité. Mais James ne creuse pas cette logique jusqu'au bout. La règle des surfaces convexes est introduite, puis oubliée, puis rappelée de façon intermittente, sans que le film construise autour d'elle un véritable système de sens. Elle reste une belle trouvaille plutôt qu'un dispositif structurant - ce qui est exactement le problème de Saccharine en miniature.

Ce problème se manifeste aussi dans la façon dont le film filme la nourriture. Les séquences de binge-eating sont construites dans un style qui évoque délibérément les mukbangs (vidéos où quelqu'un mange face caméra, en gros plan). James retourne l'esthétique : la même proximité, la même fétichisation des textures mais débarrassée du plaisir. C'est une idée de mise en scène qui dit quelque chose de réel sur la façon dont nos plateformes transforment les corps et les comportements en spectacles à consommer. Sauf que ces séquences se répètent, plusieurs fois, avec la même structure, le même rythme, sans variation ni progression.

Il y a dans Saccharine une tension non résolue entre deux films qui veulent cohabiter. D'un côté, une réflexion centrée sur Hana et sur la façon dont la honte corporelle organise toute sa vie - ses relations, son travail, son désir (elle est attirée par les femmes, mais son rapport à elle-même lui interdit l'approche). De l'autre, un film de genre à part entière, avec effets pratiques, jump scares, possession. James réussit la transition du premier vers le second, il mime formellement la progression d'une pathologie qui d'abord se cache puis déborde. Mais une fois dans le territory du body horror assumé, le film perd la finesse psychologique qui le distinguait. Les scènes gore sont impressionnantes techniquement ; elles sont moins impressionnantes dramatiquement, parce qu'on ne sait plus très bien ce qu'elles signifient au-delà de leur propre spectacularité.

Aussi, James refuse de faire de Bertha un monstre : Bertha ne punit pas Hana, ne la menace pas clairement. Elle semble juste vouloir qu'elle mange : une façon de dire que le fantôme incarne la légitimité perdue de simplement se nourrir. Mais le film ne s'autorise pas à aller franchement là. Bertha reste floue dans ses intentions, convoquée surtout pour des effets de frayeur. D'autres caractérisations pâtissent de d'autres problèmes d'écritures comme sa relation amoureuse (Alanya, la coach de fitness) et son amie. Heureusement que Midori Francis sauve des séquences que l'écriture abandonne à mi-chemin.

En somme, Saccharine accumule les bonnes intentions sans les incarner pleinement - ce qui est une façon assez cruelle de rater son sujet.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

234 abonnés 1 524 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juin 2026
Une étudiante un peu « boulotte » suit les conseils d’une ex-copine de lycée qui lui vante les miracles d’un traitement pour perdre du poids.
Evidemment ça marche, très bien même. Mais le prix à payer est très lourd.
Le body horror réalisé par des femmes sur des injonctions qui leur sont faites est à la mode. Mais celui-ci arrive un peu après la bataille. Et il est un peu trop long.
Ufuk K

626 abonnés 1 751 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2026
"Saccharine" qui a suscité par ma curiosité cette semaine est un film d'horreur psychologique pertinent. Dans la lignée de l'excellent "The Substance", Natalie Erika James réalise un film contemporain qui raconte la descente aux enfers d'une étudiante en médecine, interprétée avec talent par Midori Francis, obsédée par son apparence. La cinéaste dénonce sans détour le culte de la minceur, de la beauté et de la jeunesse, mais aussi les effets dévastateurs de certains régimes médicamenteux et l'incidence pertinente des traumatismes sur les individus, le tout avec des scènes parfois inconfortables.
Corinne76100
Corinne76100

89 abonnés 661 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juin 2026
Film plutôt accrocheur par ses couleurs et ses bruits. L'histoire en elle-même commence bien puis devient assez ennuyeuse. Des cadavres découpés mais pas vraiment de scènes d'horreur. A voir pour le twist final
Tom V
Tom V

1 abonné 57 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juin 2026
Une proposition sympathique et dérangeante. Plus gore que horrifique, mais qui parvient à nous surprendre quelque fois. Niveau qualité cinématographique, c'est très intéressant !
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