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Être soi-même et fier de son corps. Voilà le message que je veux faire passer ce film.
Dénoncer le culte du corps parfait et cette poursuite infernale pour y parvenir.
Une jeune fille qui se sent "grosse" veut à tout prix maigrir pour ressembler à la coach de sport de sa salle. Coach qui lui propose un entrainement spécifique long. Alors quand une ancienne amie vous propose des pilules qui font exactement la même chose mais en quelques jours seulement. Le choix est vite fait. Mais en quoi sont fait ces pilules ?
Voilà le topo du long métrage qui je pense résonne et s'accorde parfaitement dans notre société actuelle. Société de surconsommation de publicité TV, Internet... qui nous vantent les mérites de produits "miracles". Il dépeint avec exactitude l'addiction qui en découle et jusqu'où notre cerveau est prêt à aller pour arriver à un but imaginaire.
Le jeu de l'actrice principale et sa transformation physique sont impressionnants de justesse. La tension qui se met en place tout au long du long métrage est parfaitement maitrisée puisqu'elle montre crescendo mais jamais dans l'excès, le gore, le ridicule.
Ça fait plaisir de voir un film capable de mettre en tension par son aspect psychologique, faire frissonner par son côté horreur, dégouter par son côté body-horror.
Les Australiens savent faire des films d'horreur en racontant une histoire profonde, bien ficelée.
Dénoncer le culte du corps parfait et cette poursuite infernale pour y parvenir.
Une jeune fille qui se sent "grosse" veut à tout prix maigrir pour ressembler à la coach de sport de sa salle. Coach qui lui propose un entrainement spécifique long. Alors quand une ancienne amie vous propose des pilules qui font exactement la même chose mais en quelques jours seulement. Le choix est vite fait. Mais en quoi sont fait ces pilules ?
Voilà le topo du long métrage qui je pense résonne et s'accorde parfaitement dans notre société actuelle. Société de surconsommation de publicité TV, Internet... qui nous vantent les mérites de produits "miracles". Il dépeint avec exactitude l'addiction qui en découle et jusqu'où notre cerveau est prêt à aller pour arriver à un but imaginaire.
Le jeu de l'actrice principale et sa transformation physique sont impressionnants de justesse. La tension qui se met en place tout au long du long métrage est parfaitement maitrisée puisqu'elle montre crescendo mais jamais dans l'excès, le gore, le ridicule.
Ça fait plaisir de voir un film capable de mettre en tension par son aspect psychologique, faire frissonner par son côté horreur, dégouter par son côté body-horror.
Les Australiens savent faire des films d'horreur en racontant une histoire profonde, bien ficelée.
Grosses attentes pour le troisième film de Natalie Erika James.
Relic m'avait marqué, oppressé et touché. Une plongée sombre, presque poétique, dans la vieillesse, la décrépitude, la perte... Une horreur organique et intime, matérialisée par les liens familiaux qui s'effacent face au temps.
Puis Apartment 7A, prolongement malin de Rosemary’s Baby, qui s’attaquait à un autre vertige : celui de la maternité face à l’ambition personnelle.
Autant dire que Saccharine, avec son titre de drogue dure, cochait toutes les cases d’un nouveau traumatisme maîtrisé. Malheureusement, j'ai eu au final, l'impression de me retrouver devant son film le moins maitrisé.
Pourtant sur le fond, Saccharine est pertinent.
On y découvre et suit Hana, étudiante en médecine, désireuse de perdre du poids. Une idée banale, universelle, et pour tout ceux qui ont déjà prononcé la phrase "faut que je maigrisse", pas si anodine.
Dans une époque où l'on nous vend de l’apparence à outrance - salle de sport, perfection physique, réseaux sociaux, “remèdes miracles”, challenges absurdes - Natalie Erika James balaie large. On pourrait frôler l’indigestion mais le film ne tombe jamais dans le cliché car au centre de ce cauchemar, il y a Hana.
L'actrice Midori Francis incarne un personnage complexe qui va se dévoiler progressivement. Une jeune femme tiraillée entre pulsion et rejet, entre le plaisir express d'ingurgiter pour faire taire ses démons et la culpabilité lente et écrasante de devoir les digérer. Un cycle destructeur parfaitement retranscrit, où s'amalgament un violent besoin d'estime de soi et la punition que l'on s'inflige de ne pas s'aimer.
Le surnaturel, comme souvent chez la réalisatrice n'est qu’une extension, une matérialisation du sujet qu'elle décortique.
Bien plus que ce qu’on est prêt à faire pour atteindre un idéal, elle autopsie les conséquences des choix que l'on fait, de nos aveux de faiblesses, des raccourcis qu'on emprunte et du prix à payer sur le corps. Et encore une fois, elle n'hésite pas à le malmener, comme dans Relic (l'âge), comme dans Appartement 7A (la danse classique).
Visuellement, symboliquement, ce besoin va prendre une forme peu ragoûtante, dérangeante, presque viscérale au travers de cette présence pesante.
Mais voilà. Si l'horreur est bien là, dans le message, dans la psychologie et la détresse du personnage, elle ne réussira pas à remplir l'espace. Elle reste presque reléguée au second plan, comme un reflet timide du quotidien. Elle fait moins réagir que les moqueries, que le malaise intérieur, que ce rapport destructeur à soi-même.
Un problème ou un choix ? Peut-être les deux. Peut-être que c’est volontaire.
Car après Obsession ou Hokum, difficile de ne pas remarquer ces personnages souvent moins effrayés par le surnaturel que par ce qu’il symbolise, comme si le réel était déjà si déstabilisant qu'un fantôme ou toute autre entité irrationnelle avait finalement perdu de son pouvoir horrifique. Et ici, ça se ressent fortement avec Hana. Son calme face aux premiers signes de basculement est troublant, trop raisonné. Et c'est en ça que Saccharine m'a laissé un peu frustré. Il ne m'a pas fait trembler malgré ses bonnes idées visuelles et ses images fortes.
Dommage car le film décortique et personnifie une thématique actuelle grâce à une héroïne bien écrite et une esthétique soignée. Mais il manque vraiment cette montée en pression, ce malaise oppressant du danger invisible, au delà des risques plus terre à terre sur la santé d'Hana.
Pour la première fois, j’ai eu le sentiment que Natalie Erika James n’allait pas au bout de son œuvre, qu'elle s'égarait même un peu si l'on prend les quelques dernières minutes.
Le fond est là, la direction aussi, mais la forme reste en surface.
Un film intelligent, cohérent, mais qui n’a pas réussi à me happer.
Relic m'avait marqué, oppressé et touché. Une plongée sombre, presque poétique, dans la vieillesse, la décrépitude, la perte... Une horreur organique et intime, matérialisée par les liens familiaux qui s'effacent face au temps.
Puis Apartment 7A, prolongement malin de Rosemary’s Baby, qui s’attaquait à un autre vertige : celui de la maternité face à l’ambition personnelle.
Autant dire que Saccharine, avec son titre de drogue dure, cochait toutes les cases d’un nouveau traumatisme maîtrisé. Malheureusement, j'ai eu au final, l'impression de me retrouver devant son film le moins maitrisé.
Pourtant sur le fond, Saccharine est pertinent.
On y découvre et suit Hana, étudiante en médecine, désireuse de perdre du poids. Une idée banale, universelle, et pour tout ceux qui ont déjà prononcé la phrase "faut que je maigrisse", pas si anodine.
Dans une époque où l'on nous vend de l’apparence à outrance - salle de sport, perfection physique, réseaux sociaux, “remèdes miracles”, challenges absurdes - Natalie Erika James balaie large. On pourrait frôler l’indigestion mais le film ne tombe jamais dans le cliché car au centre de ce cauchemar, il y a Hana.
L'actrice Midori Francis incarne un personnage complexe qui va se dévoiler progressivement. Une jeune femme tiraillée entre pulsion et rejet, entre le plaisir express d'ingurgiter pour faire taire ses démons et la culpabilité lente et écrasante de devoir les digérer. Un cycle destructeur parfaitement retranscrit, où s'amalgament un violent besoin d'estime de soi et la punition que l'on s'inflige de ne pas s'aimer.
Le surnaturel, comme souvent chez la réalisatrice n'est qu’une extension, une matérialisation du sujet qu'elle décortique.
Bien plus que ce qu’on est prêt à faire pour atteindre un idéal, elle autopsie les conséquences des choix que l'on fait, de nos aveux de faiblesses, des raccourcis qu'on emprunte et du prix à payer sur le corps. Et encore une fois, elle n'hésite pas à le malmener, comme dans Relic (l'âge), comme dans Appartement 7A (la danse classique).
Visuellement, symboliquement, ce besoin va prendre une forme peu ragoûtante, dérangeante, presque viscérale au travers de cette présence pesante.
Mais voilà. Si l'horreur est bien là, dans le message, dans la psychologie et la détresse du personnage, elle ne réussira pas à remplir l'espace. Elle reste presque reléguée au second plan, comme un reflet timide du quotidien. Elle fait moins réagir que les moqueries, que le malaise intérieur, que ce rapport destructeur à soi-même.
Un problème ou un choix ? Peut-être les deux. Peut-être que c’est volontaire.
Car après Obsession ou Hokum, difficile de ne pas remarquer ces personnages souvent moins effrayés par le surnaturel que par ce qu’il symbolise, comme si le réel était déjà si déstabilisant qu'un fantôme ou toute autre entité irrationnelle avait finalement perdu de son pouvoir horrifique. Et ici, ça se ressent fortement avec Hana. Son calme face aux premiers signes de basculement est troublant, trop raisonné. Et c'est en ça que Saccharine m'a laissé un peu frustré. Il ne m'a pas fait trembler malgré ses bonnes idées visuelles et ses images fortes.
Dommage car le film décortique et personnifie une thématique actuelle grâce à une héroïne bien écrite et une esthétique soignée. Mais il manque vraiment cette montée en pression, ce malaise oppressant du danger invisible, au delà des risques plus terre à terre sur la santé d'Hana.
Pour la première fois, j’ai eu le sentiment que Natalie Erika James n’allait pas au bout de son œuvre, qu'elle s'égarait même un peu si l'on prend les quelques dernières minutes.
Le fond est là, la direction aussi, mais la forme reste en surface.
Un film intelligent, cohérent, mais qui n’a pas réussi à me happer.
Un horreur body plutôt réussi mais qui abuse clairement des images tape à l'œil, on sent que le film veut choquer, voir dégoûter le spectateur. Aussi, il s'avère répétitif. Bien mais un poil décevant.
Natalie Erika James est de ces réalisatrices qu'on ne connaît pas encore assez, et dont les deux premiers films méritent pourtant qu'on s'y attarde. Relic (2020) avait impressionné par sa façon de fondre le drame familial dans l'horreur atmosphérique. Apartment 7A (2023) confirmait son goût pour une horreur qui naît d'une pression psychique devenue insoutenable. Avec Saccharine, elle revient à ce territoire, en y ajoutant cette fois une dimension explicitement politique : le film veut regarder en face l'obsession contemporaine pour le corps : la culture du régime et la violence qu'exercent les réseaux sociaux sur celles et ceux qui ne correspondent pas aux standards de beauté dominants.
Hana est étudiante en médecine à Melbourne. Elle mange en cachette, se pèse et se regarde avec méfiance. Un soir, elle croise une ancienne camarade de lycée (méconnaissable, transformée, rayonnante selon les canons) qui lui glisse de petites pilules grises dans la main. Ces pilules, lui dit-on, font fondre le poids sans effort, sans restriction, sans la moindre discipline à s'imposer. Hana en prend. Puis, avec les outils que lui offre sa formation, elle en analyse la composition et découvre qu'elles ne contiennent rien d'autre que des cendres humaines. Depuis son cours d'anatomie, elle a accès à un cadavre - une femme obèse que les étudiants ont surnommée, avec une cruauté banale, "Big Bertha". On reconnaît la lignée : Raw de Julia Ducournau ou encore The Substance de Coralie Fargeat. Des films qui ont compris que le body horror est le genre idéal pour parler de la féminité sous pression parce qu'il rend visible ce qui d'ordinaire se tait, se cache, se gère en privé.
Dans le film, Hana ne voit le fantôme de Bertha que dans des surfaces convexes : des cuillères, des bouilloires, des objets du quotidien qui déforment ce qu'ils reflètent. C'est une idée visuellement forte, et on en comprend immédiatement l'intention : le trouble dysmorphique distord la perception, jamais l'image n'est juste, jamais le miroir ne dit la vérité. Mais James ne creuse pas cette logique jusqu'au bout. La règle des surfaces convexes est introduite, puis oubliée, puis rappelée de façon intermittente, sans que le film construise autour d'elle un véritable système de sens. Elle reste une belle trouvaille plutôt qu'un dispositif structurant - ce qui est exactement le problème de Saccharine en miniature.
Ce problème se manifeste aussi dans la façon dont le film filme la nourriture. Les séquences de binge-eating sont construites dans un style qui évoque délibérément les mukbangs (vidéos où quelqu'un mange face caméra, en gros plan). James retourne l'esthétique : la même proximité, la même fétichisation des textures mais débarrassée du plaisir. C'est une idée de mise en scène qui dit quelque chose de réel sur la façon dont nos plateformes transforment les corps et les comportements en spectacles à consommer. Sauf que ces séquences se répètent, plusieurs fois, avec la même structure, le même rythme, sans variation ni progression.
Il y a dans Saccharine une tension non résolue entre deux films qui veulent cohabiter. D'un côté, une réflexion centrée sur Hana et sur la façon dont la honte corporelle organise toute sa vie - ses relations, son travail, son désir (elle est attirée par les femmes, mais son rapport à elle-même lui interdit l'approche). De l'autre, un film de genre à part entière, avec effets pratiques, jump scares, possession. James réussit la transition du premier vers le second, il mime formellement la progression d'une pathologie qui d'abord se cache puis déborde. Mais une fois dans le territory du body horror assumé, le film perd la finesse psychologique qui le distinguait. Les scènes gore sont impressionnantes techniquement ; elles sont moins impressionnantes dramatiquement, parce qu'on ne sait plus très bien ce qu'elles signifient au-delà de leur propre spectacularité.
Aussi, James refuse de faire de Bertha un monstre : Bertha ne punit pas Hana, ne la menace pas clairement. Elle semble juste vouloir qu'elle mange : une façon de dire que le fantôme incarne la légitimité perdue de simplement se nourrir. Mais le film ne s'autorise pas à aller franchement là. Bertha reste floue dans ses intentions, convoquée surtout pour des effets de frayeur. D'autres caractérisations pâtissent de d'autres problèmes d'écritures comme sa relation amoureuse (Alanya, la coach de fitness) et son amie. Heureusement que Midori Francis sauve des séquences que l'écriture abandonne à mi-chemin.
En somme, Saccharine accumule les bonnes intentions sans les incarner pleinement - ce qui est une façon assez cruelle de rater son sujet.
Hana est étudiante en médecine à Melbourne. Elle mange en cachette, se pèse et se regarde avec méfiance. Un soir, elle croise une ancienne camarade de lycée (méconnaissable, transformée, rayonnante selon les canons) qui lui glisse de petites pilules grises dans la main. Ces pilules, lui dit-on, font fondre le poids sans effort, sans restriction, sans la moindre discipline à s'imposer. Hana en prend. Puis, avec les outils que lui offre sa formation, elle en analyse la composition et découvre qu'elles ne contiennent rien d'autre que des cendres humaines. Depuis son cours d'anatomie, elle a accès à un cadavre - une femme obèse que les étudiants ont surnommée, avec une cruauté banale, "Big Bertha". On reconnaît la lignée : Raw de Julia Ducournau ou encore The Substance de Coralie Fargeat. Des films qui ont compris que le body horror est le genre idéal pour parler de la féminité sous pression parce qu'il rend visible ce qui d'ordinaire se tait, se cache, se gère en privé.
Dans le film, Hana ne voit le fantôme de Bertha que dans des surfaces convexes : des cuillères, des bouilloires, des objets du quotidien qui déforment ce qu'ils reflètent. C'est une idée visuellement forte, et on en comprend immédiatement l'intention : le trouble dysmorphique distord la perception, jamais l'image n'est juste, jamais le miroir ne dit la vérité. Mais James ne creuse pas cette logique jusqu'au bout. La règle des surfaces convexes est introduite, puis oubliée, puis rappelée de façon intermittente, sans que le film construise autour d'elle un véritable système de sens. Elle reste une belle trouvaille plutôt qu'un dispositif structurant - ce qui est exactement le problème de Saccharine en miniature.
Ce problème se manifeste aussi dans la façon dont le film filme la nourriture. Les séquences de binge-eating sont construites dans un style qui évoque délibérément les mukbangs (vidéos où quelqu'un mange face caméra, en gros plan). James retourne l'esthétique : la même proximité, la même fétichisation des textures mais débarrassée du plaisir. C'est une idée de mise en scène qui dit quelque chose de réel sur la façon dont nos plateformes transforment les corps et les comportements en spectacles à consommer. Sauf que ces séquences se répètent, plusieurs fois, avec la même structure, le même rythme, sans variation ni progression.
Il y a dans Saccharine une tension non résolue entre deux films qui veulent cohabiter. D'un côté, une réflexion centrée sur Hana et sur la façon dont la honte corporelle organise toute sa vie - ses relations, son travail, son désir (elle est attirée par les femmes, mais son rapport à elle-même lui interdit l'approche). De l'autre, un film de genre à part entière, avec effets pratiques, jump scares, possession. James réussit la transition du premier vers le second, il mime formellement la progression d'une pathologie qui d'abord se cache puis déborde. Mais une fois dans le territory du body horror assumé, le film perd la finesse psychologique qui le distinguait. Les scènes gore sont impressionnantes techniquement ; elles sont moins impressionnantes dramatiquement, parce qu'on ne sait plus très bien ce qu'elles signifient au-delà de leur propre spectacularité.
Aussi, James refuse de faire de Bertha un monstre : Bertha ne punit pas Hana, ne la menace pas clairement. Elle semble juste vouloir qu'elle mange : une façon de dire que le fantôme incarne la légitimité perdue de simplement se nourrir. Mais le film ne s'autorise pas à aller franchement là. Bertha reste floue dans ses intentions, convoquée surtout pour des effets de frayeur. D'autres caractérisations pâtissent de d'autres problèmes d'écritures comme sa relation amoureuse (Alanya, la coach de fitness) et son amie. Heureusement que Midori Francis sauve des séquences que l'écriture abandonne à mi-chemin.
En somme, Saccharine accumule les bonnes intentions sans les incarner pleinement - ce qui est une façon assez cruelle de rater son sujet.
Une étudiante un peu « boulotte » suit les conseils d’une ex-copine de lycée qui lui vante les miracles d’un traitement pour perdre du poids.
Evidemment ça marche, très bien même. Mais le prix à payer est très lourd.
Le body horror réalisé par des femmes sur des injonctions qui leur sont faites est à la mode. Mais celui-ci arrive un peu après la bataille. Et il est un peu trop long.
Evidemment ça marche, très bien même. Mais le prix à payer est très lourd.
Le body horror réalisé par des femmes sur des injonctions qui leur sont faites est à la mode. Mais celui-ci arrive un peu après la bataille. Et il est un peu trop long.
"Saccharine" qui a suscité par ma curiosité cette semaine est un film d'horreur psychologique pertinent. Dans la lignée de l'excellent "The Substance", Natalie Erika James réalise un film contemporain qui raconte la descente aux enfers d'une étudiante en médecine, interprétée avec talent par Midori Francis, obsédée par son apparence. La cinéaste dénonce sans détour le culte de la minceur, de la beauté et de la jeunesse, mais aussi les effets dévastateurs de certains régimes médicamenteux et l'incidence pertinente des traumatismes sur les individus, le tout avec des scènes parfois inconfortables.
Film plutôt accrocheur par ses couleurs et ses bruits. L'histoire en elle-même commence bien puis devient assez ennuyeuse. Des cadavres découpés mais pas vraiment de scènes d'horreur. A voir pour le twist final
Une proposition sympathique et dérangeante. Plus gore que horrifique, mais qui parvient à nous surprendre quelque fois. Niveau qualité cinématographique, c'est très intéressant !
Derrière sa promesse à la plastique léchée
spoiler:
(merci Coralie Fargeat et Ryan Murphy)
Saccharine n'offre rien de croustillant consistant à se mettre sous la dent.
Si le scenario convoque la pillule miracle pour perdre du poids spoiler: ... et chopper une part de son hôte, comme dans "Antiviral" de Cronenberg Jr
, le cinéaste ferait bien de trouver la formule du rythme réussi, de la surprise et de l'enjeu dramatique, ingrédients indispensables pour concocter une réelle satiété intellectuelle.
Service lent et cuisine sans saveur : c'est NON
Saccharine n'offre rien de croustillant consistant à se mettre sous la dent.
Si le scenario convoque la pillule miracle pour perdre du poids spoiler: ... et chopper une part de son hôte, comme dans "Antiviral" de Cronenberg Jr
, le cinéaste ferait bien de trouver la formule du rythme réussi, de la surprise et de l'enjeu dramatique, ingrédients indispensables pour concocter une réelle satiété intellectuelle.
Service lent et cuisine sans saveur : c'est NON
Bonjour, je suis Bernard de Comme J'aime, voulez-vous essayer les nouvelles pilules miracles pour maigrir ? Elles sont super efficaces, la matière première est 100% naturelle, et contre une petite malédiction, vous aurez une taille de guêpe ! Comment ça, "Qu'est-ce que je viens de dire, avant la taille de guêpe ?", rien, rien, signez, la première dose est gratuite... Vous l'aurez compris, ce Saccharine nous a tapé dans l’œil (celui qui se barre de l'affiche, à gauche), à part sa fin (on y reviendra), il n'a pas peur de jouer avec l'immoralité (on a quand même affaire à de la
spoiler:
nécrophagie déguisée, et du cannibalisme
...) et surtout avec les cadavres sur la table d'opération. Le cadavre en question étant celui d'une personne obèse, il y a du gras sur tous les organes, alors ça luit, ça suinte, ça fait des bruits de succions absolument dégueulasses (on avait une glace, elle a fondu), et cette idée toute simple pour écœurer est un des atouts de ce Saccharine. Midori Francis est la révélation du film, arrivant à s'extirper d'un trop facile raccourci avec le film The Substance, et s'impose parfaitement dans son personnage d'emblée assez immoral et très superficiel : ici, pas d'héroïne ingénue, elle choisit son malheur. Il y a une vision pertinente des vidéos des réseaux sociaux qui vantent tantôt la maigreur et l'acceptation de sa propre grosseur (ça rend fou, ce tourniquet d'avis contraires). Il y a aussi un monstre qui fait peur sans besoin de jumpscares débiles (comme 99% des films d'épouvante actuels) puisqu'il ne saute jamais sur l'héroïne, et est invisible la plupart du temps, c'est simplement un bon gros coup de pression mental (qui fonctionne, donc). La mise en scène est très inspirée, la moitié des plans s'offre une photographie impeccable, les rôles secondaires font tous sens dans la mentalité de l'héroïne (on comprend son trouble, sans pour autant cautionner ses actes), et la bande-son (entre deux bruits gutturaux et "ploch-ploch" dégueux) fait transpirer. On regrette surtout la fin, qui nous a laissé un goût amer en bouche (non, non, remballez vos pastilles à la menthe, on ne sait jamais avec les malédictions qui traînent...) : pourquoi spoiler: l'héroïne, sauvée de la malédiction (après moult efforts qui l'ont fait grandir et s'accepter), enfin bien dans ses baskets, se met-elle à bouffer sa compagne à la dernière image ? C'est absurde, rien ne le justifie : oui, d'accord "la faim est insatiable", mais à part pour le jeu de mots et l'effet de style du dernier plan assez classe, avouez que ça gâche tous ses efforts, la happy-end agréable (après un film suffisamment sombre)
et par conséquent on n'a rien compris au fonctionnement de la malédiction. Dommage, ça ressemble à un dernier twist à la "petit malin" qui n'a aucun sens, juste pour dire que ce n'est pas fini, bof. Le film valait mieux que ça jusque-là. On notera quand même une prothèse "corpulente" pour l'actrice principale (très fine) en début de film qui est assez soignée (en grande fan de trucages, on l'a grillée au premier coup d’œil sans que cela ne nous gêne, car elle est vraiment quali, et les raccords sont très propres, c'est rare aujourd'hui). Bref, si vous voulez impressionner à la plage cet été avec votre summer-body, allez courir, mangez sain, buvez de l'eau. Et ne vous approchez pas de ces pilules, sinon vous pouvez acheter un deuxième maillot de bain pour le monstre, taille XXXXL évidemment.
...) et surtout avec les cadavres sur la table d'opération. Le cadavre en question étant celui d'une personne obèse, il y a du gras sur tous les organes, alors ça luit, ça suinte, ça fait des bruits de succions absolument dégueulasses (on avait une glace, elle a fondu), et cette idée toute simple pour écœurer est un des atouts de ce Saccharine. Midori Francis est la révélation du film, arrivant à s'extirper d'un trop facile raccourci avec le film The Substance, et s'impose parfaitement dans son personnage d'emblée assez immoral et très superficiel : ici, pas d'héroïne ingénue, elle choisit son malheur. Il y a une vision pertinente des vidéos des réseaux sociaux qui vantent tantôt la maigreur et l'acceptation de sa propre grosseur (ça rend fou, ce tourniquet d'avis contraires). Il y a aussi un monstre qui fait peur sans besoin de jumpscares débiles (comme 99% des films d'épouvante actuels) puisqu'il ne saute jamais sur l'héroïne, et est invisible la plupart du temps, c'est simplement un bon gros coup de pression mental (qui fonctionne, donc). La mise en scène est très inspirée, la moitié des plans s'offre une photographie impeccable, les rôles secondaires font tous sens dans la mentalité de l'héroïne (on comprend son trouble, sans pour autant cautionner ses actes), et la bande-son (entre deux bruits gutturaux et "ploch-ploch" dégueux) fait transpirer. On regrette surtout la fin, qui nous a laissé un goût amer en bouche (non, non, remballez vos pastilles à la menthe, on ne sait jamais avec les malédictions qui traînent...) : pourquoi spoiler: l'héroïne, sauvée de la malédiction (après moult efforts qui l'ont fait grandir et s'accepter), enfin bien dans ses baskets, se met-elle à bouffer sa compagne à la dernière image ? C'est absurde, rien ne le justifie : oui, d'accord "la faim est insatiable", mais à part pour le jeu de mots et l'effet de style du dernier plan assez classe, avouez que ça gâche tous ses efforts, la happy-end agréable (après un film suffisamment sombre)
et par conséquent on n'a rien compris au fonctionnement de la malédiction. Dommage, ça ressemble à un dernier twist à la "petit malin" qui n'a aucun sens, juste pour dire que ce n'est pas fini, bof. Le film valait mieux que ça jusque-là. On notera quand même une prothèse "corpulente" pour l'actrice principale (très fine) en début de film qui est assez soignée (en grande fan de trucages, on l'a grillée au premier coup d’œil sans que cela ne nous gêne, car elle est vraiment quali, et les raccords sont très propres, c'est rare aujourd'hui). Bref, si vous voulez impressionner à la plage cet été avec votre summer-body, allez courir, mangez sain, buvez de l'eau. Et ne vous approchez pas de ces pilules, sinon vous pouvez acheter un deuxième maillot de bain pour le monstre, taille XXXXL évidemment.
J’ai bien aimé le message et l’idée de départ, étant pas mal concerné par cela. Mais j’ai beaucoup moins aimé la conclusion, en dirait que le film voulait trop tirer sur la corde du « je suis trop darkkkk »
La vie c'est comme une boîte de chocolat, ça dure moins longtemps chez les gros. Il est flagrant que ce film manque de finesse.
"Qu'est-ce que tu veux vraiment : être avec elle, ou être elle ?"
Petite déception face à ce film horrifico-viscéral australien que j'attendais avec une certaine curiosité, pourtant signé par la réalisatrice du réussi «Relic».
Pouvant rejoindre le récent «The Substance» sur le terrain de l'obsession de l'apparence physique et de l'image que l'on veut renvoyer de soi aux autres, et malgré une ambiance plutôt bien travaillée et une Midori Francis convaincante dans le rôle principal, l'ensemble manque trop souvent de corps (surtout dans sa première heure et sa mise en place trop laborieuse) et d'une véritable incarnation en terme horrifique (les apparitions fantomatiques, dans leur mise en scène, m'ont paru déjà-vues et trop timides pour me terrifier comme il faudrait).
Un body-horror riche en sucres, s'éparpillant un peu trop et se perdant finalement un peu dans ce qu'il veut vraiment nous raconter.
Une histoire d'addiction, de possession et de "grannibalisme" plutôt originale dans son approche, mais dont l'exécution aurait gagné à être resserrée, manquant de rythme et d'inattendu pour vraiment rester dans les mémoires.
Un film à la recette bien imaginée, mais dont le résultat manque de digestion pour que je ressorte pleinement satisfait de la séance.
Petite déception face à ce film horrifico-viscéral australien que j'attendais avec une certaine curiosité, pourtant signé par la réalisatrice du réussi «Relic».
Pouvant rejoindre le récent «The Substance» sur le terrain de l'obsession de l'apparence physique et de l'image que l'on veut renvoyer de soi aux autres, et malgré une ambiance plutôt bien travaillée et une Midori Francis convaincante dans le rôle principal, l'ensemble manque trop souvent de corps (surtout dans sa première heure et sa mise en place trop laborieuse) et d'une véritable incarnation en terme horrifique (les apparitions fantomatiques, dans leur mise en scène, m'ont paru déjà-vues et trop timides pour me terrifier comme il faudrait).
Un body-horror riche en sucres, s'éparpillant un peu trop et se perdant finalement un peu dans ce qu'il veut vraiment nous raconter.
Une histoire d'addiction, de possession et de "grannibalisme" plutôt originale dans son approche, mais dont l'exécution aurait gagné à être resserrée, manquant de rythme et d'inattendu pour vraiment rester dans les mémoires.
Un film à la recette bien imaginée, mais dont le résultat manque de digestion pour que je ressorte pleinement satisfait de la séance.
Oui, le film est dérangeant. C'est exactement le but. Saccharine ne cherche pas à plaire, il cherche à marquer et il y parvient !
Avec Saccharine, Natalie Erika James signe un film d'horreur qui frappe fort : corps, nourriture, injonctions sociales. Tout y passe, et ça fait mal là où ça doit faire mal. À voir absolument
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