"Saccharine" est un film d'horreur sur les troubles alimentaires et du rapport au corps. Une étudiante en médecine commence à consommer d’étranges gélules composées de cendres pour perdre du poids rapidement. Mais derrière cette solution miracle se cache une force surnaturelle qui prend peu à peu possession de son quotidien, de son esprit et de son corps. Le film fonctionne particulièrement bien parce qu’il repose sur une idée presque crédible. Cette obsession contemporaine pour les pilules amaigrissantes, les transformations physiques rapides et les solutions miracles donne au récit une base réaliste très inquiétante. L’horreur surnaturelle paraît alors constamment proche du réel. Midori Francis fait évoluer son personnage entre soulagement, dépendance et destruction physique avec intensité. Les séquences où la nourriture est engloutie en accéléré ou au ralenti deviennent presque hypnotiques et profondément inconfortables. On sent l’influence du body horror classique, sans que cela tombe dans la simple démonstration. Un film intelligent, visuellement marquant et particulièrement oppressant.
Direction le Pathé Alésia pour la séance de 22h : « Les Vendredis de l'Horreur » avec une avant-première de « Saccharine ». Un point de départ plutôt original, bien que sur les traces du body-horror féminin qui semble avoir le vent en poupe ces temps-ci, hélas suivi d'un scénario bien peu crédible. Rien à dire en revanche sur la forme, parfaitement maîtrisée.
Vu en avant-première, Saccharine, le nouveau film de la réalisatrice de Relic, était l'une de mes attentes de l'année. Ma déception est d'autant plus forte que le sujet autour des troubles alimentaires paraissait , dans le cadre d'un film d'horreur, assez novateur. Mais le film abuse d'une esthétique tapageuse qui, si elle laisse entrevoir quelques très beaux plans notamment sur les matières et l'intérieur des corps, rappelle the substance. Le défaut principal du film est d'être un mix entre le film de Coralie Fargeat et Grave pour le côtè charnel autour de la nourriture. Le film aurait pu être davantage réussi délesté d'une bonne demi heure, il est ici assez répétitif et parfois un peu ennuyeux. Le sujet autour de la famille de l'héroîne, très intéressant, aurait mérité un plus ample dé'ensemble a des qualités, essentiellement formelles, mais plie sous le poids des références. Dommage