En ouvrant le testament de sa mère, brutalement décédée, Mar (Michela Farrugia) découvre qu’elle hérite de trois terrains à la localisation douteuse. Elle part à leur recherche en compagnie de Nunu alia L’Echo, un vieux chanteur de għana.
Le réalisateur maltais Alex Camilleri avait signé en 2021 un premier film, "Luzzu", dont le héros était un pêcheur embringué dans de sombres combines. Le deuxième est tout aussi exotique qui nous transporte dans un pays rarement filmé, nous donne à entendre sa langue étonnante mélange d’italien, d’arabe et d’anglais et met à l’honneur le għana, ce chant que l’Unesco vient de faire entrer au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Ses qualités sont indéniables. Elles sont hélas contrebalancées par bien des défauts. Le premier est un scénario paresseux qui prend pour prétexte, comme dans une course aux trésors avec Philippe de Dieuleveult, la découverte des trois parcelles dont Mar a hésité. Cette course est l’occasion de sillonner Malte et même de prendre le bateau jusqu’à Gozo, « l’île verte », dans un circuit qu’on croirait sponsorisé par l’office de tourisme maltais (Visit Malta est d’ailleurs le partenaire officiel du film).
Le deuxième est la direction d’acteurs bien faiblarde. Alex Camilleri a voulu travailler avec des amateurs. Hélas, cela se voit. En particulier Nenu Borg, à supposer qu’il soit un chanteur légendaire, fait un bien mauvais acteur.
Le troisième est de ma part très subjectif. Il concerne le għana, ce chant traditionnel maltais avec une voix de gorge haut perchée et un accompagnement de guitares au rythme très lent. J’avoue que ces chants répétitifs et monocordes m’ont vite tapé sur les nerfs.
Un film maltais, c'est l'exotisme européen ! La structure de l'histoire est assez classique, avec la rencontre de 2 personnages aux caractéristiques opposées qui finissent par se rapprocher. La différence se situe sur le contexte : l'île de Malte polluée par le surtourisme et le recherche de 3 terrains, sans adresse avec juste un schéma et quelques descriptions pour tout indice. On découvre surtout l'existence d'un chant traditionnel maltais, le ghana, aux paroles improvisées, dans une approche proche des joutes provençales et des griots africains. On peut rajouter également la performance de la lumineuse actrice Michela Farrugia, entre Irene Papas et Maiwenn.
J’ai été surpris par la délicatesse du film et sa subtilité musicale, un scénario sur fond de chant traditionnel maltais, d’une grande richesse avec une rivalité entre un vieillard ( Nenu Borg) et une plus jeune femme ( Michela Farrugia) qui veulent en découdre artistiquement. Les dialogues sont délicats, comme les non dits, comme les chansons. C’est un film à la fois tendre et culturel, où chaque personnage fait appel à son passé pour comprendre le présent. Partir ou rester ? Une question que chacun se pose une fois dans sa vie...Le film tente une réponse, et la fin est assez positive. De toute façon, l’ennemi c’est le temps. Je conseille, beaucoup d’émotions traversées.
Un très beau film, superbement filmé avec des personnages forts et de beaux caractères. Sans parler du charme de l'actrice principale, superbement valorisée. Ce film nous permet, en plus, de découvrir Malte, une partie de son histoire et ses paysages. Vaut le déplacement.
Bon et beau film bien joué. SEUL regret , Il est sous titré Allez le voir ! Pourquoi nous obliger à écrire 100 caractères minimum quand en 2 phrases , on a dit ce qu on voulait dire ?
Une belle découverte, d'une île et d'une musique traditionnelle proche du fado portugais ou des débuts du rap. c'est un film inter générationnel avec une actrice qui crève l'écran.
La langue maltaise est incroyable, c’est le creuset de l’histoire de son île : un mélange d’italien, d’arabe et d’anglais. Et son chant traditionnel, le ghana, véritable héros de ce film, peut faire penser à une version ancestrale de la battle de Hip-hop : deux chanteurs qui s’invectivent et se taquinent plus ou moins gentiment en improvisant â tour de rôle. Une jolie œuvre très exotique, alors qu’elle a été tournée à moins de trois heures de vol de Paris, sur une jeune fille qui rêverait de quitter son île mais qui est retenue par ses racines. Sans doute pour son bien.
malte au passé et au présent. une jeune fille rebelle n'a qu'une envie, fuir ses origines, et l'ile de malte,. après le décès de sa mère, elle hérite de 3 terrains dont elle n'a jamais entendu parler. un road movie s'engage, pendant lequel elle doit s'entendre avec un vieux monsieur chanteur traditionnel. va-t-elle changer d'avis et rester ? un très joli film, poétique et tendre.
Découverte de la musique traditionnelle amenée de manière très fine, relation intergénérationnelle très bien dépeinte, scènes de battle magnifiques, n’en dit pas trop, beaux paysages, assez classique dans la construction et la réalisation
Avec Le Chant des oliviers, Alex Camilleri fait du retour aux racines quelque chose de moins confortable qu'une réconciliation avec soi-même. Mar (Michela Farrugia) veut vendre les terrains hérités après la mort de sa mère et quitter Malte.
Sur le papier, l'affaire semble presque administrative. Sauf qu'un héritage possède cette fâcheuse tendance à contenir autre chose que ce qui figure sur un acte de propriété. En parcourant l'île, Mar rencontre Nenu (Nenu Borg), gardien du għana, et se retrouve confrontée à ce qu'elle pensait pouvoir abandonner avec le territoire.
Le film est tendre, poétique, parfois drôle, surtout lorsqu'il accepte de ne pas remplir ses silences. Le deuil agit par fragments. Michela Farrugia est remarquable dans cette manière de maintenir plusieurs affects dans un même instant : colère, tendresse, fatigue, désir de partir. Alex Camilleri fait confiance aux silences et aux interruptions plutôt qu'à la psychologie explicative. La blessure filiale existe ainsi moins par ce qu'elle énonce que par ce qu'elle laisse momentanément hors champ.
La relation avec Nenu évite justement la mécanique du vieux sage chargé de réparer une jeune femme perdue. Le għana devient un espace de rencontre, une parole chantée où l'affrontement permet paradoxalement la relation. Ce qui ne peut pas toujours être dit frontalement trouve une forme dans l'improvisation.
Derrière cette intimité apparaît aussi une réalité sociale plus rugueuse. Le désir d'ailleurs de Mar prend progressivement une dimension sociale, presque anthropologique : partir, c'est aussi tenter d'échapper à la place que le groupe avait déjà préparée pour soi. Et Malte n'est jamais réduite à une Méditerranée de carte postale. Urbanisation, mémoire familiale, traditions fragiles, départs et retours composent un territoire où modernité et héritage cohabitent parfois assez mal. Le Chant des oliviers trouve précisément sa beauté dans cette friction.
Avant-première En héritant de terrains sur l’île de Malte , une jeune femme qui s’apprêtait à la quitter définitivement, renoue avec un passé qu’elle avait sciemment obstrué. Sa rencontre avec un chanteur régional très célèbre, la conduit dans les tréfonds de son histoire, où les histoires de famille se mêlent à la terre de ses ancêtres, et de ce qu’il en reste. Peu à peu, la jeune femme se réconcilie avec le pays auquel elle voulait tourner le dos. Alex Camilleri la filme souvent de très près, avec insistance dans le regard de Michela Farrugia, en osmose totale avec une si belle histoire. Là où la passion et la tradition, le droit du sol et de la culture, se conjuguent au présent d’un avenir qui pourrait enfin lui sourire. Un film magnifique , à ne pas manquer , aux côtés de Nanu Borg, le régional de l'étape, excellent lui aussi.
C’est un très beau film avec un scénario très attachant. Le réalisateur maltais a bien mis en valeur cette rencontre improbable entre cette jeune maltaise qui veut quitter son pays et ce vieil homme chanteur du chant traditionnel maltais (le Ghana) qui tient une grande place dans ce film. Ce chant fait de rimes et d’improvisations remplace souvent les conversations entre les personnages du film. Et c’est la force et le charme de ce film qui va peu à peu transformer les relations entre cette jeune femme et ce vieil homme magistralement interprétés et bénéficiant d’une belle photographie au niveau de la réalisation technique. On découvre aussi la beauté de cette île et la curiosité de ses traditions.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 02/09/2026 au Club Marbeuf à PARIS)