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frederic T.
30 abonnés
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2,5
Publiée le 20 avril 2026
Pour son premier long métrage Muriel D'Ansembourg choisit un sujet sulfureux : le désir amoureux en explorant le féminisme et ses contradictions dans le milieu de la pornographie. Mais Truly Naked juxtapose un peu trop scolairement la romance adolescente et le documentaire gonzo ! Voici donc Alec, lycéen qui aimerait séduire Nina, mais redoute de lui révéler la réalité de son existence. Et pour cause Alec filme et monte tous les soirs les performances érotiques de son père, acteur hardcore, pour les diffuser en ligne. Alec va devoir se confier, maitriser son désir, pour s’engager dans une relation amoureuse sensible et sincère. Bien sûr Muriel D'Ansembourg en filmant une réalité malaisante, évoque aussi la misogynie du milieu, la question du consentement, l'inceste physique ou psychologique en l'espèce, la marchandisation du sexe, l'addiction des jeunes aux sites pornographiques, mais son propos reste trop superficiel et se limite finalement à une idylle adolescente pour le moins scabreuse !
Franchement pas terrible. C'est lourdingue. Toujours le même scénario Un énième film sur des adolescents à la découverte de l'amour mais ici dans un contexte "porno". La réalisation me semble maladroite qui en rajoute (très gros plans, caméra voyeuse comme si "l'objet" filmé ne suffisait pas) . La réalisatrice a des fantasmes pourquoi pas mais tout ça ne paraît pas sincère.
Sur un sujet tel que celui-ci, la pudeur et la sobriété, davantage que l'outrance et le trash, devaient être de mise et le film réussit à nous dévoiler l'industrie de la pornographie dans ce qu'elle peut avoir de plus glauque, notammenr à travers une scène assez perturbante, sans sombrer dans le sensationnalisme graveleux. En dépeignant ce monde du porno, à travers la relation d'un père et son fils, Truly Naked rappelle un certain cinéma social britannique qu'il quitte assez rapidement pour devenir une touchante chronique amoureuse adolescente. Le film n'est pas dénué de certaines maladresses et on peut, à juste titre, trouver le dénouement assez prévisible, pour autant le film interroge intelligement l'influence de la pornographie sur les adolescents. Il a également le mérite de ne pas condamner frontalement les agissements de ses personnages ainsi que le monde de la pornographie. On peut aussi y lire, en filigrane, un discours féministe, sur la place des femmes d'ailleurs pas tant dans le X que dans la société. Le film, dans ce qu'il a dire, est réussi et même assez souvent intelligent.
Derriere une histoire par moments assez sordide, la réalisatrice a mis surtout un dispositif pour opposer le spectacle pornographique, qui a investi tous les pore de la société qu'on le veuille ou non, avec une romance touchante, pour une critique assez juste de cette industrie. Les ebats entre les ados sont filmé avec soin et sensualité, s'attardant sur la peau, les respirations ,les regards, à l'image du dernier plan. C'est une critique assez bienvenue sur une industrie qui a pris une place trop importante dans l'imaginaire, merci Internet. Malgré des scènes hardcore, adultes gardent quelque chose de touchant, mais ce sont les ados qui apportent beaucoup, le garçon avec son côté Paul Mescal, et la fille est bien choisie dégageant a la fois sex-appeal et tendresse.
Il y a plusieurs thèmes dans Truly Naked et le plus singulier, eu égard au contexte, est celui des relations entre un père et un fils, le premier gagnant sa vie comme acteur dans l'industrie pornographique, quoiqu'il soit plus juste, en l'occurrence, de parler d'artisanat. Ce qui ne change rien au fait que le film nous met frontalement devant des scènes que l'on qualifierait de scabreuses dans n'importe quel autre long métrage, mais qui ici s'imposent pour délimiter le sujet, si ce n'est qu'il y a parfois de quoi trouver les situations fort embarrassantes. C'est d'autant plus marquant (et obscène ?) qu'en parallèle se met en marche une romance adolescente, avec ses rougeurs épidermiques et ses sourires de connivence timide. Le film n'a pas peur de grand-chose nous confrontant au féminisme, aux premiers désirs, aux déséquilibres familiaux, aux rapports de force scolaires et donc à la grande méchante pornographie, telle qu'elle s'offre dans toute sa crudité aux plus innocents. Truly Naked n'est pas un manifeste, cependant, et possède ses zones d'humour et de tendresse, encore heureux, qui contrastent avec un étalage de chair pas complaisant, mais quand même. Au milieu de tout cela, on remarque la belle alchimie entre les deux jeunes acteurs principaux, Caolán O'Gorman et Safiya Benaddi, pleins de fraîcheur dans un environnement souvent sordide.
Film extrêmement juste et osé. On est embarqué immédiatement dans l'histoire de cet ado atypique de par sa vie familiale et qui doit jongler dans son apprentissage de l'amour entre les pratiques de son père et sa propre histoire personnelle. Un vrai bonheur ! Caolán O'Gorman, le nouveau T Chalamet ? A suivre ...
Un film insolite, dénonciation des dérives du porno tout en reprenant des éléments justifiant l'interdiction aux moins de 16 ans avec avertissement. Même si le propos moralisateur et angélique est parfois maladroit, l'ensemble est bien mené et la romance sincèrement touchante.
On suit un adolescent qui est le cameraman des films pornographiques de son père. Dès la première scène on est mis dans le bain. D'ailleurs le même adolescent doit faire un exposé sur les addictions du porno. Avec une camarade de classe.
C’était dérangeant où c’est un adolescent qui filme pour son père. D'ailleurs une scène où on était comme Alec, on était très mal à l'aise par rapport à la situation. Il doit mêler tournage, sa vie scolaire et sa jeunesse.
Mais avec bienveillance ça nous montre la complexité de ce sujet. À travers deux adolescents qui vont s'apprendre à se connaître. Qui sera au centre du film.
Un jeune homme de 17 ans se voit attribuer un exposé sur l'addiction au porno avec une camarade qu'il connaît peu. Son père bosse dans l'industrie du porno, ce qui ne facilite pas la tâche. L'idée de départ est bonne, la déconstruction de la sexualité patriarcale binaire est réussie, le film est très bien construit et les acteurs et actrices crédibles et attachants. Si l'on ne peut adhérer à 100%, c'est surtout à cause d'un détail qui n'apparaît jamais comme un problème : le cameraman des vidéo du père n'est autre que son propre fils. Weird, mais surtout weird de ne pas en parler.
Évidemment les sensibles détesteront le film mais selon moi la scène d'introduction très explicite (même si simulée) est essentielle, sans ça le film n'aurait pas la même force. Ou comment construire sa sexualité quand on est confronté au porno depuis tout jeune. Le film est une belle découverte de ce qu'est l'amour au delà du sexe. C'est finement joué, et l'actrice X est particulièrement juste dans ses propos et son jeu. Ce film dans quelques années sera très révélateurs des années 2020.
J’ai adoré le film. À la fois esthétiquement beau et stylé (l’image, la musique), et avec un sujet osé, le film dépasse tous les clichés et réussit à nous emporter dès les premières minutes. On suit Alec et son quotidien entre lycée et tournages, et sa situation familiale pas commune, faite d’amour et de bienveillance dans un milieu qu’on imaginerait uniquement glauque… mais pas du tout! Au contraire, c’est un cocon où on rit, on bosse, et on s’aime… C’est là que Nina entre en jeu et lui permet de voir les limites du système familial qui lui est imposé, et peut-être lui permette d’envisager l’intimité. Il en ressort un film hyper original avec un sujet fort, un coup de poing aux idées reçues, un traitement humain des personnages auxquels on s’attache immédiatement. Interprétation impeccable pour un casting fascinant. Superbement filmé, le film réussit l’exploit d’être à la fois explicite et de ne jamais mettre mal à l’aise. Sur un sujet de société rarement traité sur grand écran, le film n’est pas sensationnaliste et ouvre le débat sur l’intimité à l’heure du tout porno. Bravo pour la justesse, la délicatesse, et un pur moment de cinéma.
Vu à la Berlinale. Le film Truly Naked propose une réflexion sensible et contemporaine sur un sujet rarement abordé avec autant de justesse : l’addiction au porno et ses effets sur la construction intime des jeunes. À travers le parcours d’un jeune homme qui filme des scènes pornographiques pour son père — lequel en fait commerce — le film explore avec finesse le contraste entre une sexualité fabriquée et la réalité des émotions. L’audace du propos et de certaines images n’est jamais gratuite ni complaisante. Au contraire, le scénario utilise la transgression pour interroger le rapport à l’image, à la performance et aux attentes que la pornographie peut façonner. L’idée brillante du film réside dans le parallèle entre la vie du protagoniste et l’exposé scolaire qu’il doit préparer sur l’addiction au porno avec une camarade de classe. Cette collaboration devient le cœur émotionnel du récit. À mesure qu’ils travaillent ensemble, une relation sincère se développe, mettant en lumière le décalage profond entre ce que l’on voit à l’écran et ce que l’on ressent réellement. La première relation sexuelle du jeune homme, influencée par des représentations biaisées et performatives, échoue à satisfaire sa partenaire. Mais c’est précisément là que le film touche juste : il montre la maladresse, la vulnérabilité et l’apprentissage. Truly Naked réussit ainsi à traiter un sujet délicat avec humanité et nuance. Il ne moralise pas, mais invite à réfléchir. Entre ce que l’on voit et ce que l’on ressent, le film rappelle avec douceur qu’il existe une différence essentielle — et que la véritable intimité naît de la connexion authentique, et non de la performance.