Un thème ancré dans le parcours du cinéaste
Bien que la santé mentale des adolescents soit une question centrale aujourd'hui, Cédric Kahn n'a pas été motivé par l'actualité pour concevoir 15/18. Intéressé depuis longtemps par la psychiatrie, il avait déjà tenté plusieurs projets sur ce thème sans les concrétiser. Il considère que le mal-être, la marginalité et la folie sont des sujets récurrents qui parcourent toute sa filmographie, d'un mélange d'empathie et de vécu.
Une longue immersion sur le terrain
Pour éviter les clichés et se confronter au réel avant la phase d'écriture, le réalisateur et sa coscénariste Kahina Le Querrec se sont immergés au cœur d'unités pédopsychiatriques fermées. Durant six mois en province pour elle et trois semaines à Paris pour lui, ils ont assisté aux entretiens et tout noté sur des cahiers, sans téléphone ni ordinateur. Cédric Kahn confie : « Je voulais d'emblée qu'on puisse se confronter à la matière, ne pas être dans le fantasme, les fausses idées ».
Un casting titanesque parmi la jeunesse
L'équipe de casting menée par Marlène Serour a auditionné plus de 1 000 adolescents avant que Cédric Kahn n'en rencontre une centaine et retienne 12 jeunes comédiens débutants pour incarner les patients. Pour tirer le groupe vers le haut, le cinéaste a choisi de s'appuyer sur deux actrices ayant déjà une expérience du plateau : Malou Khebizi (remarquée dans Diamant brut) et Patience Munchenbach (vue dans La Nuée).
Devant et derrière la caméra
Cédric Kahn a fait le choix de jouer lui-même le rôle d'Étienne, le psychiatre qui supervise le service, estimant que cette idée faisait partie du « package » dès le départ. Se placer au milieu des jeunes acteurs lui permettait d'instaurer un rapport d'égalité et d'insuffler de l'énergie directement de l'intérieur, sans passer par de longs discours d'explication.
Trois caméras et de l'improvisation sonore
Reprenant le dispositif technique expérimenté sur Le Procès Goldman, Cédric Kahn et son directeur de la photographie Patrick Ghiringhelli ont tourné le film à trois caméras simultanées, dans un format d'image serré. Cette méthode permettait de capter toutes les interactions en temps réel, évitant les contraintes habituelles du raccord et exigeant de l'ingénieur du son Erwan Kerzanet un travail très réactif en pleine improvisation.
Un tournage sans répétitions préalables
Malgré la présence de nombreux comédiens non professionnels parmi les adolescents, le réalisateur n'a organisé qu'une seule journée de répétition avant de lancer le tournage. Sentant le groupe prêt et habité par une grande énergie, il a préféré laisser la magie s'opérer directement devant les caméras, faisant de ce premier tournage une expérience émotionnelle particulièrement intense pour l'ensemble de l'équipe.
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