Très émouvant, très beau film. Vu avec ma petite fille, qui m'a dit si il arrive ça dans mon collège je n'y vais plus. Comment c'est possible de faire ça pour une religion...
Ce film non seulement est poignant et extrêmement bien interprété, mais il propose surtout un recul nécessaire sur l'enchaînement des événements qui ont conduit au drame de la mort de Samuel Paty. Que de futurs élèves puissent le visionner lors de séances pédagogiques pensées par L'EN en amont et à disposition des enseignants du secondaire, pourrait permettre de lever le voile sur les conséquences d'un mensonge non assumé et des fausses interprétations quant aux enseignements dispensés en éducation morale et civique. Ce serait aussi une noble façon d'honorer la mémoire de ce professeur et son engagement dans son métier d'ouverture des esprit autant que d'esprit critique.
J’ai entendu Le Masque et la Plume dire que ce n’était pas vraiment du « cinéma », mais un bon « film dossier ». Soit… c’est un point de vue (avec Le Masque on entend la critique dans leur manière de le dire). On pourrait tout aussi bien dire que Dossier 137 est un bon film dossier, alors que c’est un grand film de cinéma. Z de Costa-Gavras également, ou JFK d’Oliver Stone, sans oublier une bonne partie du cinéma italien engagé des années 70. L’Abandon s’inscrit dans cette lignée et s’impose surtout comme un très bon film. Le sujet est traité avec une grande justesse, l’interprétation est excellente, et les acteurs sont tous à la hauteur de leur partition — notamment Reinhartz et Bercot, mais aussi l’adolescente, ainsi que les deux interprètesspoiler: des islamistes , particulièrement convaincants.
Le film s’appuie sur des faits établis, ce qui renforce encore son impact. Il devrait, à ce titre, toucher tout spectateur disposé à regarder les événements qu’il relate sans filtre idéologique.
Ce qui est intéressant dans la narration et dans le propos du film — qui n’est absolument pas un pamphlet spoiler: anti-musulman — c'est qu'Il interroge de manière très intelligente plusieurs mécanismes contemporains : la viralité des réseaux sociaux et la fabrication de la rumeur, les défaillances institutionnelles, certaines formes de défaillance individuelle ou de lâcheté ordinaire, et enfin le processus de la radicalisation, qui apparaît ici comme une forme de basculement vers la folie. Le récit prend d’ailleurs racine dans le mensonge d’une adolescente prise dans sa propre honte, ce qui fait écho à d’autres œuvres— on pense d’ailleurs à des films traitant de dynamiques similaires comme La Chasse de Thomas Vinterberg (2012) ou encore Pas de vagues (2024) avec François Civil.
Ce film devrait être projeté dans toutes les écoles, du CM2 à la 6e. réduire L’Abandon à une charge contrespoiler: les musulmans releve d'une lecture stupide et simplificatrice. spoiler: Mais sont probablement les mêmes qui considèrent L’Objet du délit d’Agnès Jaoui comme un film anti-féministe … No comment.
Très bien parce que ce film était nécessaire pour poser les données d'une situation que nous pouvons tous être amenés à connaître même si elle prend une forme particulièrement aiguë et angoissante quand il s'agit d'un professeur face à ses élèves. Car comment transmettre quand en face de vous se dressent la haine, le ressentiment, ceux d'une population qui rejette vos valeurs et se sent humiliée par votre prétendue supériorité ? Comment leur faire comprendre que par l'école on veut VRAIMENT les intégrer ?Avec l'aide des réseaux sociaux qui relaient cette tragique incompréhension, cette impossible entente, jusqu'à le désigner pour cible à son meurtier, Samuel Paty homme de bonne volonté et passionné par son métier, est broyé inexorablement. Et nous aussi nous avons le cœur broyé.
Film superbe. On y retrouve un Samuel Paty droit dans ses bottes face à la calomnie et à la lâcheté de certains de ses pairs. Le film n occulte rien dont la défaillance des services de sécurité.
Je viens de sortir du cinéma et franchement, je viens de me prendre une claque.
Je ne pleure quasiment jamais devant les films, mais là j’avais les larmes aux yeux sur la fin et j’ai dû me retenir. Mon père, lui, a complètement craqué.
Antoine Reinartz est exceptionnel dans le rôle de Samuel Paty. Pour moi, il mérite largement une nomination au César du meilleur acteur. Son interprétation est bouleversante du début à la fin.
Ce qui m’a le plus marqué, ce n’est pas seulement la fin, c’est de voir comment un mensonge, la manipulation et l’emballement sur les réseaux sociaux peuvent conduire à une telle tragédie. Ça met en colère autant que ça attriste.
Le film montre aussi l’homme derrière l’affaire : sa vie, sa famille, ses collègues. C’est ce qui rend le tout encore plus dur émotionnellement.
Un film fort, bouleversant et nécessaire. Pour moi, c’est un des films français les plus marquants que j’ai vus depuis longtemps.
1ere criitique, desolee pour ceux à qui ça deplaira mais je suis en colère... Très beau film, bien joué, bravo aux comédiens d'avoir pu rentrer dans la peau des personnages, ça a du être difficile comme il a été très dur de le regarder connaissant l'issue terrible. Un grand BRAVO aux institutions françaises qui, comme d'habitude, ont lâché un professeur et sa proviseur en les renvoyant à propre responsabilité pour gérer ces terribles événements, tout en se renvoyant la balle "c'est pas moi, c'est l'autre" et un autre grand BRAVO aux médias qui, n'étaient certainement pas sans savoir 11 jours avant l'assassinat de Samuel Paty, ce qui se passait et n'ont rien dit ce qui aurait peut être pu protéger Monsieur Paty.
Il faut aller voir ce film pas parce qu’il parle de religion ou de laïcité , pas parce qu’il parle de l’éducation nationale, mais parce qu’il décrypte exactement le phénomène de mobilisation de groupe qui se focalise sur un bouc émissaire uniquement par frustration. Ce film ne parle pas de religion, ce film parle de manipulation et de harcèlement. Et de l’incapacité de la société et des gens de bonne volonté, à pouvoir se mobiliser et se prévenir de la haine parce qu’elle est séduisante. Tous ceux qui ont fait partie de cette histoire se sont fait manipuler par une seule chose : leur peur. Le véritable responsable de cette histoire, c’est l’administration française qui abandonne littéralement les gens dont elle est responsable.
Je vais être honnête, en tant qu’ancien prof, j’ai été, choqué, car j’ai connu le harcèlement intrigué par quelques élèves et parents qui font gonfler des rumeurs. Le film est très fin psychologiquement, très juste dans l’analyse des mécanismes qui régissent l’éducation Nationale...ça fait froid dans le dos, rétrospectivement…..Dans l’enseignement il ne faut pas être sensible, sinon cela se paye cash….C’est le destin de Samuel Paty qui s’écrit donc….C’est une excellent film, jeu d’acteurs, angles de caméras, plans américains, montage, pas de surenchère musicale, non plus, pouvait on se le permettre ? Ce film était nécessaire, il faut faire entendre la voix d’un homme, d’un peuple contre la propagande, d’où qu’elle vienne, contre l’étroitesse d’esprit. Je le répète, j’étais concerné par ce film, cela ne sera pas le cas de tout le monde, mais que ça fait du bien l’intelligence….à voir sans tarder.
Un film qui porte bien son nom. L'histoire de ce professeur de gauche qui en voulant bien faire et surtout n'offenser personne a fait tout le contraire. Mais au lieu de le soutenir le collège entier l'a abandonné par lâcheté et surtout par peur. Cette histoire s'est passé il y a 6 ans mais j'ai l'impression que personne n'en a tiré de leçon. La situation actuel est pire qu'à l'époque.
On a pas mal entendu parler de ce film. En bien, en mal, en polémique. Je sors de la séance en me disant 2 choses. Formellement le film n'est pas bon selon moi. Une photographie pas très belle et surchargée d'effets de flare ou autre d'étalonnage. Une bande originale plutôt horripilante qui joue sur le suspense et le ressort dramatique alors que le sujet ne s'y prête pas du tout... Des dialogues qui ne semblent parfois pas naturels, même si je mets ça plutôt sur le compte du scénario et de la direction d'acteurs, le casting étant plutôt correct dans l'ensemble. Et on serait en droit d'attendre un film plutôt humble, simple, sans artifice, alors que ce qu'on voit (la décapitation devant une petite fille...) va en contradiction avec tout ça. Quelles sont donc les intentions du réalisateur ? Mais sur le fond, il y a véritable débat. Je ne partage pas vraiment les arguments qui disent que le film a des relans d'extrême droite ou d'islamophobie. On voit plutôt distinctivement la différence entre l'islam modéré et l'islam radical. Mais la vraie question sur le fond, est plutôt de se demander, selon moi, si le sujet méritait un film, ou en tout cas traité de cette manière. Finalement le film ne raconte pas grand chose qu'on ne sait déjà. Et la justification du titre n'apparaît vraiment qu'à la fin, dans un pseudo dialogue peu crédible, comme s'ils se rendaient compte à la fin que toutes les failles qui ont mené au décès de Samuel Paty avaient été un peu oubliées dans le film... A part un moment où Samuel Paty pleure avec son fils dans les bras, pendant lequel on peut ressentir un peu qu'il était seul, l'abandon ne se sent pas tant que ça. Les institutions ne sont pas vraiment mises à mal, on dirait parfois que les dialogues tentent maladroitement de les dédouaner. Un film vraiment pas nécessaire selon moi.