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2,5
Publiée le 29 mai 2026
L'ABANDON - Vincent Garenq
La question n'est pas tant de savoir si L'Abandon est un film réussi ou raté.
Difficile d’ailleurs de le juger comme une œuvre de cinéma. Plus proche d'un téléfilm France 2, il n’y a objectivement pas grand-chose, cinématographiquement parlant. Vincent Garenq semble constamment hésiter entre deux directions.
D’un côté, l’approche documentaire. Mais le film n’explore jamais suffisamment les rouages institutionnels, les défaillances administratives ou les mécanismes collectifs qui ont rendu possible la tragédie. De l’autre, la fiction. Mais Samuel Paty demeure finalement un personnage assez opaque dont on connaît peu les pensées, les doutes ou l’intimité. À force de rester entre deux approches, le film donne parfois l’impression de n’aller au bout d’aucune.
Et lorsque la mise en scène tente ponctuellement d’apporter une dimension plus cinématographique, le résultat apparaît souvent maladroit. Le long plan sur la nuque en ouverture frôle le mauvais goût. Certaines séquences précédant le drame semblent appuyer lourdement leurs effets, notamment lorsque la jeune élève qui lui était hostile lui adresse soudain un large sourire ou lorsque le collègue ne peut exceptionnellement pas le raccompagner ce jour-là. Des procédés qui donnent parfois le sentiment que la tragédie aurait besoin d'être amplifiée pour produire de l’émotion.
Plus gênant encore, certains personnages apparaissent caractérisés de manière assez caricaturale. Volontairement ou non, le film laisse parfois émerger un discours délicat sur l’islam ou certaines fractures de la société française. Non pas parce qu’il l’affirme explicitement, mais parce que la simplification nécessaire à la reconstitution finit par produire des représentations parfois problématiques.
Bien sûr, il est important que ce drame continue d’être interrogé, étudié et transmis. Mais fallait-il en faire un film ? Et surtout aussi rapidement ? La question reste ouverte.
Je suis surtout sorti avec un grand sentiment d’inconfort, celui d’une tragédie encore trop proche, encore trop complexe, pour être réduite à un exercice aussi illustratif qui conduira fatalement aux récupérations les plus abjectes.
Vérité bouleversante sur un terrible drame, au nom de l’histoire, de l’éducation civique telle qu’une société laïque se doit de l’enseigner.
L’importance du choix des mots justes, des dangers des réseaux sociaux de la mise en lumière les écueils d’un système éducatif administratif et d sécuritaire des personnes, tant au niveau de l’éducation nationale mais aussi de la sécurité des personnes.
Ce film retrace sobrement, avec pudeur, l’engrenage imprévisible dans lequel a été entraîné Samuel Patty, un enseignant rigoureux et respectueux du programme. Il mériterait d’être vu par le plus grand nombre y compris dans les collèges et les lycées, avec un échange entre les élèves et leurs professeurs, au nom de la laïcité et de la liberté d’expression…
Excellent film. Récit des faits irréprochable. Quels acteurs !!! Le film est juste, terrifiant mais colle à ce qu’est l’éducation nationale aujourd’hui.
Ce film émeut naturellement de par le tragique de son sujet. Cependant il n'est pas exempt de défauts cinématographiques qui en font un film passable seulement. Le "personnage" du professeur est assez monolithique. On ne le voit quasiment jamais exprimer autre chose que de l'incompréhension, ou faire la classe. Rien sur sa vie "à côté" du collège. Les acteurs jouant le père de l'accusatrice et l'islamiste radicalisé sont assez caricaturaux. Quant aux ados, ils paraissent bien sages et disciplinés... Seule la principale du collège (Emmanuelle Bercot) et la concierge m'ont semblé justes. Bouleversant sur le fond, mais très imparfait sur la forme. Nécessaire ? Oui, sans aucun doute, malgré tout.
Quelle émotion dans cette réalisation de Vincent Garenq qui reprend ce drame abominable perpétré sur professeur d’Histoire-Géographie : « Samuel Paty » il y a 6 ans. Antoine Reinartz est incroyable de justesse, et de vérité, dans ce rôle difficile, mais sublimé par son interprétation parfaite. La dernière semaine de vie de cet homme est mise en scène, très sobrement, en relevant les évènements clés qui ont pu provoquer cette vague de gaine injustifiée, en mettant en relief les moyens modernes que sont les réseaux sociaux et leur utilisation inconsidérée et non contrôlée par les jeunes mais pas seulement : par tous les excités et pervertis au nom de croyances intolérantes et nauséabondes. La mécanique d’ «abandon » ou d’ aléas de réactions dans les chaînes de maintien de l’ ordre, est minutieusement détaillée, et malgré quelques soutiens, collègues, proviseur, l’ enchaînement dramatique basé sur des mensonges ne pourra être évité. Emmanuelle Bercot , dans le rôle de la proviseur Victoire Lanion, est impressionnante et bouleversante à l’ image de l’ ensemble du film, qui sera vu par un maximum de parents, de scolaires, et bien évidemment de toutes les communautés ! Un superbe hommage à Samuel, dans lequel sa sœur Mickaëlle Paty a collaboré…. Une puissante claque bouleversante, qui nous laisse complètement KO…… !!**
J'ai été bouleversée par ce film, comme je le suis tous les 16 octobre depuis 6 ans lors de la minute de silence que je respecte avec mes élèves et mes collègues dans le collège où j'enseigne. Ce film raconte sobrement l'engrenage infernal qui a conduit à un acte ignoble... Ce film devrait être montré à tous les élèves à l'école afin, peut-être, d'éviter qu'une telle horreur se reproduise.
Excellent film qui traduit très bien, sans surcharge, ni elipse (sauf pour la scène la plus violente) la mécanique à l'œuvre qui a conduit à la mort de Samuel Paty. Tous les acteurs sont très justes, l'emballement de la rumeur monte progressivement et on voit bien à quel point la désinformation et les réseaux sociaux peuvent être des armes terribles.
Je pensais m’être préparée mentalement. J’ai vécu dans cette région et j’y étais encore en 2020. Après la bande-annonce, je croyais savoir à quoi m’attendre. Mais en réalité, on ne sait rien. Le film va bien plus loin que ça. Ce film m’a bouleversée au-delà des mots. Complètement submergée. À la fin, j’avais du mal à reprendre mon souffle. Comme une sensation d’asphyxie, les nerfs à vif… On en sort KO. Et pourtant, il fallait que je le voie. Parce que regarder ce film, c’est aussi rendre hommage. Ne pas détourner les yeux. Ne pas oublier. Un devoir de mémoire, profondément humain.
Un film utile mais glaçant sur les 11 jours qui ont conduit à l'assassinat de Samuel Paty. Un film didactique proche du documentaire et porté par un très bon casting
Quel film ! À la fin de la projection je ressens plusieurs sentiments: - la peine pour Samuel Paty prof intègre et apprécié par ses élèves, - la colère contre la police, l’éducation nationale, certains profs lâches - le dégoût de l’islamisme qui tue et la soumission de certains musulmans et puis - le sentiment qui reste c’est la honte d’une France qui ne fait RIEN pour arrêter son remplacement
L'abandon ou l'effet boule de neige qui a conduit à l'assassinat de Samuel Paty. Même si le film est cinématographiquement simple, il est difficile de ne pas ressentir d'émotions derrière cette histoire.
J’ai été scotché de la première à la dernière seconde. C’est très bien fait, excellement joué, poignant d’un bout à l’autre : je le recommande chaudement, et j’espère qu’il sera projeté dans tous les collèges de france et de Navarre.