Avis sur La Vie en relief - Jacques Henri Lartigue
La Vie en relief - Jacques Henri Lartigue
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Martin Granica
2 critiques
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5,0
Publiée le 17 septembre 2026
Denis Gaubert a passé de nombreuses années à écumer les archives de la Donation Lartigue (des milliers de photos, écrits, albums du grand photographe) pour composer son récit en 3D relief, avec des photos stéréoscopiques de Jacques Henri Lartigue destinées à l'origine à être vues dans un petit cercle familial, dans un stéréoscope. Soigneusement restaurées (sans IA), les vues on été harmonieusement agencées dans un récit qui mêle l'intime et la grande Histoire (Belle Epoque, Grande Guerre, Années Folles, l'invention de l'automobile et de l'aviation) et dévoilées pour la première fois sur grand écran. Le résultat est sublime et saisissant : du fait de leur origine (et de leur parfaite restauration), on a jamais vu une telle 3D au cinéma. James Cameron n'a qu'à bien se tenir !
C'est vertigineux ! Une immersion, presque une rêverie, construite à même les images d'époque. Pouvoir observer cette époque avec une telle sensation d'immersion relève de la magie. Le relief donne de l'air aux images, un air qui semblait manquer aux photographies plates qu'on connaissait de cette période. Les élans de son frère l'inventeur, les voitures lancées à pleine vitesse, la silhouette fugace d'une passant; tout cela retrouve une épaisseur presque tactile, comme si le temps lui-même acquérait une troisième dimension. On suit Jacques enfant puis jeune homme, s'accrochant à son appareil comme une moule à son rocher, donnant au film une certaine tendresse. On sent la fascination pure, presque enfantine, pour le mouvement et l'instant qui file, cette obsession qui deviendra la signature du grand photographe.
C'était d'un charmant cette tranche de vie en photos de famille, en souvenirs en noir et blanc, magnifique. Cela dit, j'ai trouvé la narration faible, la voix off peu réussie. Le point de vue de Jacques Henri Lartigue aurait pu être plus présent, mieux réalisé.
Projeté hier au cinéma L'Arlequin, La vie en relief, de Denis Gaubert, est une réussite rare : celle de faire dialoguer patrimoine et vertige technique sans jamais sacrifier l'émotion. Le film ressuscite en 3D stéréoscopique les plaques de verre que Jacques Henri Lartigue impressionnait dès l'âge de neuf ans, au tout début du XXe siècle. Des années de restauration minutieuse, sans intelligence artificielle, ont permis de retrouver le grain et la profondeur d'origine de ces images , un choix qui donne toute sa valeur documentaire au geste.
Porté par les voix de Luàna Bajrami, Hervé Pierre et Milo Machado-Graner, le récit évite l'écueil du simple hommage photographique pour devenir une traversée sensible de la Belle Époque, de la Grande Guerre et des Années folles, vues à hauteur d'enfant puis d'adolescent. Le relief, loin d'être un gadget, redonne littéralement de l'épaisseur au temps : les passantes, les premières automobiles, les envols improbables retrouvent une présence physique saisissante.
Produit par Nicolas Schmerkin pour Autour de Minuit, ce long métrage s'impose comme une expérience de cinéma à part entière — précise, élégante, et d'une redoutable efficacité émotionnelle.
Qu'on s'intéresse ou pas à la photographie, on a un jour ou l'autre entendu parler de Jacques Henri Lartigue. On l'associe aux grands noms de la photographie : Henri Cartier Bresson, Robert Doisneau, Willy Ronis... Le documentaire de Denis Gaubert a le mérite de nous faire découvrir l'histoire de ce génial amateur.
Car c'est en amateur que Jacques Lartigue (1894-1986) a photographié. Il était le fils d'un riche homme d'affaires, Henri Lartigue, qui a élevé ses deux fils, Maurice l'aîné, Jacques le cadet, selon des principes un peu loufoques. Henri Lartigue considérait que l'argent servait à être dépensé et que ses enfants n'avaient nulle vocation à poursuivre sa lignée mais devaient avant tout être heureux. Il encourageait leurs lubies sans guère se soucier de leur éducation. C'est ainsi qu'Henri s'adonna très jeune à la photographie ou plus exactement à la stéréoscopie, la photographie en relief.
Le jeune Lartigue ne visait pas à construire une œuvre. Il s'adonnait simplement à un loisir innocent. Il prenait des photos pour capter des moments joyeux d'une vie joyeuse. Son œuvre - car en fait c'était bien une œuvre qu'il construisait sans le savoir - en est d'autant plus intéressante, qui documente la vie d'une riche famille au début du vingtième siècle et des loisirs élitistes auxquels elle s'adonnait : course automobile, natation, tennis, sports d'hiver...
Le documentaire est organisé en trois chapitres chronologiques : la Belle Epoque, la Grande Guerre, les Années folles. Le premier a des parfums proustiens. On y voit les images que la lecture de la Recherche inspire : de belles élégantes dans les avenues huppées de l'Ouest parisien. Le deuxième est plus sombre : les morts s'accumulent autour du jeune Jacques, exempté à cause de sa constitution malingre. Le troisième est plus fou : c'est l'époque de la rencontre avec Bibi, de leur mariage, de la naissance de leur fils Dany, du couple à quatre qu'ils forment avec Sacha Guitry et Yvonne Printemps.
Toute sa vie durant, Jacques Lartigue aura aspiré à être peintre. Après la faillite de son père, il vécut chichement de sa peinture, pour laquelle il n'avait aucun talent. C'est seulement dans les années 60 qu'il devint célèbre grâce à ses photographies. Cette gloire tardive ne lui inspira aucune rancœur.
Le documentaire de Denis Gaubert se focalise sur les 5000 négatifs stéréoscopiques d'une œuvre qui compte au total quelques prises. Il mérite d'être vu en 3D. Le projeter en 2D, comme ce fut le cas lors de l'avant-première à laquelle j'ai assisté, n'est pas lui rendre service.
Malheureusement vu en 2D. Je crois que l'essentiel de l'interêt a disparu. La bande son est trop conventionnelle, voire exagérément mélancolique et sans rapport avec la multitude de moments de bonheur représentés.
Foncez voir cet ovni. Lartigue a capté des toutes petites choses de la vie quotidienne. Et il en a fait des photos, sans savoir que 100 ans plus tard elles seraient vues pas nous, que nous découvriront ce monde disparu. Film d’une précision et dune poésie merveilleuse, génial récit en voix off sur ces magnifiques photos . Merci à Denis Gaubert . À voir absolument en 3D!!
À voir absolument en 3D dans les salles équipées ! Immersion garantie dans un début de 20e Siècle sidèrent de beauté dans les photographies stéréoscopiques de Jacques Henri Lartigue
La vie en relief impressionne par la beauté de ses images et nous fait (re)découvrir une technique aussi étonnante que fascinante. La narration est captivante, sensible et pleine d’émotion. Une très belle expérience !
Denis Gaubert nous invite à feuilleter le foisonnant album de Jacques-Henri Lartigue. Une plongée lyrique dans l'intimité du photographe qui se fait aussi témoignage d'une époque. A voir en 3D pour mieux apprécier toute la beauté et la profondeur des clichés.
J’ai vraiment adoré ce documentaire : j’ai découvert un artiste avec un regard plein de curiosité, de fraîcheur et de liberté. Ses photos donnent l’impression de faire un petit voyage dans le temps et de partager avec lui tous ces instants de vie qu’il savait si bien saisir. Un documentaire vivant et touchant à voir en 3D !