Élie Wajeman explique comment il a eu cette idée d’une comète au-dessus de Paris : "J’aime ce mot. J’aime ce titre. Je savais qu’un élément cosmique allait réunir toutes ces histoires. Ça donnait du poids aux récits. Une idée existentielle des choses. Pas un film « parisien » mais un film sur une grande ville sous le ciel cosmique. Et puis une comète dans le ciel fait que tous les regards se dirigent vers le même point. C’est beau et simple. On regarde dans la même direction. Une union entre les êtres."
Plutôt qu'un simple casting, le réalisateur a voulu constituer une véritable troupe. Il a réuni des fidèles comme Vincent Macaigne ou Sarah Le Picard, tout en offrant leur chance à des artistes issus du théâtre et à de nouveaux visages recommandés par les productrices. Son objectif : permettre à chacun d'exister pleinement à l'écran, au sein d'un collectif soudé.
Si Comète donne l'impression de traverser tout Paris, le tournage s'est en réalité concentré sur un périmètre réduit du nord-est de la capitale. Par souci d'économie, l'équipe privilégiait des lieux accessibles à pied. Grâce au montage et à l'ingéniosité des repérages, une simple rue pouvait ainsi devenir le décor d'une vaste odyssée urbaine.
Faute de gros moyens, l'équipe a multiplié les solutions inventives pour tourner. Des amis ouvraient les portes de leurs cours ou de leurs cafés, tandis que certains plans étaient captés à la volée depuis l'extérieur. Une méthode spontanée et fiévreuse qu'Élie Wajeman revendique volontiers comme un héritage du cinéma de John Cassavetes.
Contrairement à des productions plus classiques, Comète ne reposait pas sur un scénario définitif de cent pages. Si chaque scène était écrite au moment du tournage, l'entrelacement des intrigues s'est construit après coup, en salle de montage. La cheffe monteuse Eulalie Korenfeld a ainsi joué un rôle déterminant dans la forme finale du récit choral.
Dès les premières étapes de l'écriture, Élie Wajeman souhaitait intégrer des répétitions des Trois Sœurs de Tchekhov au cœur du film. Fasciné par la manière dont le théâtre éclaire les existences, il s'est notamment inspiré de Vanya on 42nd Street de Louis Malle. Dans Comète, les mots de Tchekhov deviennent ainsi un miroir des aspirations et des désillusions des personnages.
Pour la musique originale de Comète, Élie Wajeman a fait appel à Florent Hubert, fidèle collaborateur de son univers artistique. Le réalisateur aime s'entourer, de film en film, d'une véritable "famille" de techniciens et d'artistes avec lesquels il partage une même sensibilité. Cette continuité créative permet à la partition d'accompagner le film sans jamais l'écraser, en épousant ses variations de ton, entre mélancolie, urgence et légèreté.