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Mystique, poétique, allégorique : cette chronique romanesque en provenance d'Haïti est un pur bonheur, qui confirme la vitalité de la section Cannes Première du Festival de Cannes 2026. Ne passez pas à côté de cette pépite.
Un film radical et habité, où Gessica Généus franchit un cap décisif. En incarnant elle-même son personnage, elle impose une présence physique rare et fait du corps le cœur battant du film. Sa mise en scène, libre et sans filet, épouse l’instabilité des êtres et refuse toute lecture simplificatrice. Marie Madeleine impressionne par son audace formelle et sa cohérence : un cinéma du trouble, de l’entre-deux, où les frontières morales, sociales et spirituelles vacillent sans cesse. Plus risqué, encore plus incarné que Freda, le film affirme une voix singulière, puissante, qui fait de l’opacité et de la tension une véritable expérience de cinéma. Lire la critique et l'entretien avec la réalisatrice sur le site d'Africultures.
Ce film de cette réalisatrice haïtienne est très réaliste et retrace bien les situations chaotiques de ce pays. L’ensemble du film donne une version assez pessimiste avec les problèmes matériels et institutionnels à Haïti. Durant ce film, on suit les relations difficiles entre une prostituée et le fils d’un pasteur dans un contexte particulièrement compliqué avec l’opposition entre l’église et la prostitution qui se font face. Globalement le film est plutôt bien réalisé mais le scénario manque un peu d’ampleur.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 02/09/2026 au Club Marbeuf à PARIS+
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 02/09/2026 au Club Marbeuf à PARIS+
Un film qui se positionne sur la possibilité de vie spirituelle en Haïti.
spoiler:
Conflit entre un bordel et une église dans la même rue.
Altercations, Le scénario dans tout ceci est le point faible. Il ne prend consistance, que dans les vingt dernières minutes, comme une révélation. Avant on s’interroge.
Ceci dit, le film est beau esthétiquement, mais on n’éprouve que peu d’affect pour les personnages ,
mal définis et nombreux. Petite confusion. Cependant la mise en scène et la réalisation sont bien agréables, quoi qu’on ne découvre rien d’Haïti. Comme dans la plupart des films désormais, les vingt dernières minutes seules apportent un peu de lumière sur le sens à donner au film. Je trouve ça dommage, Je retiendrais la qualité formelle du film, l’expression vaporeuse des âmes et al musique...Je conseille sans insister.
Altercations, Le scénario dans tout ceci est le point faible. Il ne prend consistance, que dans les vingt dernières minutes, comme une révélation. Avant on s’interroge.
Ceci dit, le film est beau esthétiquement, mais on n’éprouve que peu d’affect pour les personnages ,
mal définis et nombreux. Petite confusion. Cependant la mise en scène et la réalisation sont bien agréables, quoi qu’on ne découvre rien d’Haïti. Comme dans la plupart des films désormais, les vingt dernières minutes seules apportent un peu de lumière sur le sens à donner au film. Je trouve ça dommage, Je retiendrais la qualité formelle du film, l’expression vaporeuse des âmes et al musique...Je conseille sans insister.
On entre rapidement dans une ambiance haïtienne rythmée par une bande-son éclatante et une image belle et très travaillée qui illustre la variété de la population de cette île vouée au malheur. Ici, on plonge un peu dans la facilité en mettant en vis à vis un bordel planté en face d’une sorte de prude congrégation évangélique. Par une sorte de double oxymore, le bordel est quasi-paradisiaque et l’église est totalement diabolique…
La présentation peut paraître longue et il faudra patienter une bonne heure pour voir apparaître l’esquisse du scénario, moment où le spectateur pourra discerner enfin le tableau qu’il avait dû mal à entrevoir avec toutes les pièces du puzzle qu’on lui avait présentées.
L’interprétation, notamment du rôle-titre par la réalisatrice elle-même (Gessica Généus) est parfaite. On aurait aimé peut-être, pour un des rares films qui évoque Haïti, voir autre chose de ce pays que ces quelques rares vues extérieures que le film expose.
La présentation peut paraître longue et il faudra patienter une bonne heure pour voir apparaître l’esquisse du scénario, moment où le spectateur pourra discerner enfin le tableau qu’il avait dû mal à entrevoir avec toutes les pièces du puzzle qu’on lui avait présentées.
L’interprétation, notamment du rôle-titre par la réalisatrice elle-même (Gessica Généus) est parfaite. On aurait aimé peut-être, pour un des rares films qui évoque Haïti, voir autre chose de ce pays que ces quelques rares vues extérieures que le film expose.
Film très intéressant, le scénario est bien ficelé, il montre la vie en Haïti avec ses difficultés et ses croyances, de très belles photos et de moments de vie locaux
Après Douvan jou ka leve, qui partait de la maladie mentale de sa mère pour sonder une "maladie de l'âme" haïtienne, et Freda, qui enfermait une jeunesse de Port-au-Prince dans l'impasse politique, Gessica Généus quitte la capitale pour Jacmel et déplace son regard de l'effondrement de l'État vers les morales qui prospèrent sur ses décombres. Elle écrit, produit, réalise et incarne Marie (une prostituée), en créole, avec l'argent et des techniciens d'Europe et du Canada. Le dispositif tient du sujet de dissertation : un temple évangélique planté face à un bordel, une Madeleine réécrite à la lumière du syncrétisme haïtien, la foi contre le corps d'un homme.
Le film frappe d'emblée par son sens du détail. Marie reprend connaissance dans la rue, en sang. Joseph, le fils du pasteur, vient à son secours, mais elle ne distingue d'abord qu'une silhouette floue, déformée au "fish-eye". Suivent sans temps mort, moultes détails qui en dit long sur sa condition : elle se heurte à une infirmière qui la réduit à son métier, vole une couche à une mère pour contenir l'hémorragie, puis quémande de la monnaie pour un billet de loterie. Le récit déjoue aussi les clichés qui le guettaient. La romance attendue devient une amitié, et Joseph est l'un des seuls hommes à ne pas sexualiser Marie : à l'image de cette longue scène éclairée à la lampe à kérosène, où il nettoie le sang de ses talons hauts.
Les interprétations convainc tout autant. Monteau joue Joseph le corps là, le regard ailleurs, dont la bonté perce vite sous le détachement. La même grâce porte un poème lu sur un lit ou une conversation avec Mélody au bord d'un bassin. Mildort, toute en douceur dans le rôle de Mélody, livre un cantique saisissant. À l'opposé, Baptiste fait du pasteur Jacques une figure féroce, qui pèse jusque dans les scènes où il n'apparaît pas. Autour d'eux, de vraies travailleuses du sexe donnent au jeu d'ensemble une justesse presque documentaire.
La forme n'est pas en reste. Lumineuse et saturée, l'image de Canniccioni étale des rouges, des aubes bleu électrique dans une moiteur palpable. Les nuits, où le courant se fait rare, appartiennent aux bougies, aux néons et aux fumées, qui font jaillir les couleurs de l'ombre. Le cadre prolonge ces contrastes : souvent symétrique, il oppose l'église, très composée, au bordel, ouvert et aéré. À cette image répond le son de Thomas Van Pottelberge : sur des rythmes contemporains, il fond radio, prêches de rue, tambours, motos, ressac et chansons créoles en une même nappe, de plus en plus immersive. Elle dit l'emprise évangélique mieux que les tirades du pasteur : le prosélytisme s'y mesure en décibels.
Autre force, le contexte pèse presque autant que le duo : violence latente, vestiges du régime macoute, machisme, hôpitaux en grève. Les plans d'une ville saturée de figures christiques et des rassemblements évangéliques ont une vraie puissance, et fidèles comme prostituées courent vers le même camion de repas gouvernementaux. Généus vise l'institution, ni la foi ni, les mœurs, à laquelle elle laisse son double visage. Elle rend palpable la violence faite aux femmes et aux homosexuels, sans surenchère ni désespérance, et refuse de réduire Haïti à la catastrophe que le regard étranger vient y chercher.
Deux scènes condensent ce regard sur la foi. Un même plan de profil réunit le pasteur en prière devant sa croix et Natacha, la tenancière, qui égorge un coq sans le quitter des yeux : la symétrie met les deux rites à égalité, Natacha lui renvoie le Satan qu'il voit en elle, et son ironie, comme celle de Sexy, ramène la guerre sainte à une querelle de voisinage. Agenouillé sur des pierres, Joseph subit la ronde de la congrégation qui le frappe à coups de Bible : fondu dans le cercle, le père punit son fils sans le regarder, et le Livre sert de matraque.
Les défauts tiennent presque tous au récit. Les séquences musicales, qui l'aèrent d'abord, virent au clip, au point que la narration se perd une demi-heure dans une pure ambiance psychédélique. Autre faiblesse : à mi-parcours, le film change de héros, délaisse Marie pour Joseph et y perd en personnalité. Gagné par le mélodrame, il s'égare alors en disant tout trop clairement, trop grossièrement : comme le tourbillon arc-en-ciel d'une parade queer, la maxime de Nina Simone qui le clôt se passe de traduction.
Le dénouement accumule les facilités. Jacques tue son fils, et dès la séquence suivante le voici sous les verrous : l'État, qui laissait Marie saigner et la foule brûler un prétendu loup-garou, devient soudain efficace pour boucler l'intrigue. Du même coup, le crime de haine, que la ronde à coups de Bible montrait collectif, se réduit à la démence d'un vociférateur aux sourcils froncés.
Plus largement, le film effleure le rapport de force entre l'Église et les prostituées, l'amitié et les conditions matérielles de toute réinvention de soi. Ces limites restent mineures mais le sort fait à Marie l'est moins. Généus a beau l'habiter pleinement, le film qui porte son nom la relègue au second plan. Ce n'est pas anodin ! Au premier semestre 2026, l'ONU y a recensé plus de 5 500 cas de violences de genre, en majorité des viols de femmes et de filles. Le corps des femmes paie le prix de l'effondrement, et le film le montrait dès ses premières scènes : une prostituée saigne dans la rue, laissée sans soins. En confiant ensuite son intérêt à un homme, il reconduit deux hiérarchies qu'il semblait vouloir défaire. D'abord celle des Évangiles, où les femmes veillent le corps du fils sacrifié. Ensuite celle d'un regard européen plus prompt à reconnaître le martyr homosexuel que la survivante. Joseph méritait son récit ; Marie méritait de garder le sien.
Le film frappe d'emblée par son sens du détail. Marie reprend connaissance dans la rue, en sang. Joseph, le fils du pasteur, vient à son secours, mais elle ne distingue d'abord qu'une silhouette floue, déformée au "fish-eye". Suivent sans temps mort, moultes détails qui en dit long sur sa condition : elle se heurte à une infirmière qui la réduit à son métier, vole une couche à une mère pour contenir l'hémorragie, puis quémande de la monnaie pour un billet de loterie. Le récit déjoue aussi les clichés qui le guettaient. La romance attendue devient une amitié, et Joseph est l'un des seuls hommes à ne pas sexualiser Marie : à l'image de cette longue scène éclairée à la lampe à kérosène, où il nettoie le sang de ses talons hauts.
Les interprétations convainc tout autant. Monteau joue Joseph le corps là, le regard ailleurs, dont la bonté perce vite sous le détachement. La même grâce porte un poème lu sur un lit ou une conversation avec Mélody au bord d'un bassin. Mildort, toute en douceur dans le rôle de Mélody, livre un cantique saisissant. À l'opposé, Baptiste fait du pasteur Jacques une figure féroce, qui pèse jusque dans les scènes où il n'apparaît pas. Autour d'eux, de vraies travailleuses du sexe donnent au jeu d'ensemble une justesse presque documentaire.
La forme n'est pas en reste. Lumineuse et saturée, l'image de Canniccioni étale des rouges, des aubes bleu électrique dans une moiteur palpable. Les nuits, où le courant se fait rare, appartiennent aux bougies, aux néons et aux fumées, qui font jaillir les couleurs de l'ombre. Le cadre prolonge ces contrastes : souvent symétrique, il oppose l'église, très composée, au bordel, ouvert et aéré. À cette image répond le son de Thomas Van Pottelberge : sur des rythmes contemporains, il fond radio, prêches de rue, tambours, motos, ressac et chansons créoles en une même nappe, de plus en plus immersive. Elle dit l'emprise évangélique mieux que les tirades du pasteur : le prosélytisme s'y mesure en décibels.
Autre force, le contexte pèse presque autant que le duo : violence latente, vestiges du régime macoute, machisme, hôpitaux en grève. Les plans d'une ville saturée de figures christiques et des rassemblements évangéliques ont une vraie puissance, et fidèles comme prostituées courent vers le même camion de repas gouvernementaux. Généus vise l'institution, ni la foi ni, les mœurs, à laquelle elle laisse son double visage. Elle rend palpable la violence faite aux femmes et aux homosexuels, sans surenchère ni désespérance, et refuse de réduire Haïti à la catastrophe que le regard étranger vient y chercher.
Deux scènes condensent ce regard sur la foi. Un même plan de profil réunit le pasteur en prière devant sa croix et Natacha, la tenancière, qui égorge un coq sans le quitter des yeux : la symétrie met les deux rites à égalité, Natacha lui renvoie le Satan qu'il voit en elle, et son ironie, comme celle de Sexy, ramène la guerre sainte à une querelle de voisinage. Agenouillé sur des pierres, Joseph subit la ronde de la congrégation qui le frappe à coups de Bible : fondu dans le cercle, le père punit son fils sans le regarder, et le Livre sert de matraque.
Les défauts tiennent presque tous au récit. Les séquences musicales, qui l'aèrent d'abord, virent au clip, au point que la narration se perd une demi-heure dans une pure ambiance psychédélique. Autre faiblesse : à mi-parcours, le film change de héros, délaisse Marie pour Joseph et y perd en personnalité. Gagné par le mélodrame, il s'égare alors en disant tout trop clairement, trop grossièrement : comme le tourbillon arc-en-ciel d'une parade queer, la maxime de Nina Simone qui le clôt se passe de traduction.
Le dénouement accumule les facilités. Jacques tue son fils, et dès la séquence suivante le voici sous les verrous : l'État, qui laissait Marie saigner et la foule brûler un prétendu loup-garou, devient soudain efficace pour boucler l'intrigue. Du même coup, le crime de haine, que la ronde à coups de Bible montrait collectif, se réduit à la démence d'un vociférateur aux sourcils froncés.
Plus largement, le film effleure le rapport de force entre l'Église et les prostituées, l'amitié et les conditions matérielles de toute réinvention de soi. Ces limites restent mineures mais le sort fait à Marie l'est moins. Généus a beau l'habiter pleinement, le film qui porte son nom la relègue au second plan. Ce n'est pas anodin ! Au premier semestre 2026, l'ONU y a recensé plus de 5 500 cas de violences de genre, en majorité des viols de femmes et de filles. Le corps des femmes paie le prix de l'effondrement, et le film le montrait dès ses premières scènes : une prostituée saigne dans la rue, laissée sans soins. En confiant ensuite son intérêt à un homme, il reconduit deux hiérarchies qu'il semblait vouloir défaire. D'abord celle des Évangiles, où les femmes veillent le corps du fils sacrifié. Ensuite celle d'un regard européen plus prompt à reconnaître le martyr homosexuel que la survivante. Joseph méritait son récit ; Marie méritait de garder le sien.
ce mélange de sensualité moite et d'évangélisme tonitruant, d'invocations religieuses et de transes ne m'a pas convaincu. La couleur locale ne suffit pas à faire oublier la minceur de l'histoire et tous ces cris finissent par exaspérer...
Un grand, un très grand film poétique qui est un bel hommage à l'humanité des êtres et à leur complexité sans taire rien des grandes difficultés actuelles en Haïti. Une invention permanente de l'image et un grand duo d'acteurs principaux dont la réalisatrice elle-même. Bravissimo !
spoiler:
Interressant pour le coté documentaire sur Haiti, mais au niveau de l’intrigue, c’est un simple enchenement de scenettes
Un très beau film , plein d’amour, qui nous fait traverser une trajectoire folle à travers ses deux personnages, Marie Madeleine et Joseph, beaux comme des dieux. Haïti, les couleurs , les transes , les musiques … tout est beau et déchirant .
Un film ´ art et essai ´. Pour un public averti. Très bizarre, cette histoire mêlant prostitution et religion . Les acteurs sont sincères et les décors ‘ naturels ´ font sensation.
Plongée en Haïti ! Les couleurs, images,‘musiques, ralentis sont magnifiques. Cependant l’histoire traîne un peu en longueur.
Où il est question de choix spirituels, de dilemmes identitaires, entre tentations et tentatives. On en profite pour découvrir l'exotisme d'Haïti. Parfois un peu répétitif, est-ce par souci d'imprégnation?
Un face à face de vies en contraste opposé. Une mise en scène qui met en avant la connexion d'êtres aux autres et à Dieu. Un mélange subtil de danse, de musique, de mots bien filmés pour aborder deux sujets délicats. La colorimétrie donne une lumière visuelle et touche l'émotionnel. Plongée au coeur de la vie haïtienne entre religion et prostitution. C'est un film qui aborde l'intimité, les relations...
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