Ce film est présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2026.
Le projet Marie Madeleine puise ses racines dans des souvenirs d'enfance très marquants de la réalisatrice Gessica Généus. Marquée par la colère ambiante et les violences irrationnelles en Haïti, elle se rappelle notamment le lynchage d'un homme accusé d'avoir volé une banane auquel elle avait assisté petite. « J'ai eu besoin de tourner ce film, car je n'arrive pas à vivre avec les paradoxes de mon pays », confie la cinéaste.
Gessica Généus a choisi la ville côtière de Jacmel comme décor principal, un lieu artistique réputé en Haïti et familier des tournages. Passionnée par l'hôtel centenaire Florita qu'elle fréquente depuis deux décennies, la réalisatrice rêvait d'y implanter l'intrigue. C'est ainsi qu'elle a imaginé y installer le bordel fictif « La Belle Époque », au cœur de la rue du Commerce.
Pour constituer son casting, la cinéaste a réuni des figures locales comme le slameur Beonard Monteau ou le plasticien Édouard Baptiste. Elle a également tenu à intégrer sa propre sœur, Mélissa Mildort, ainsi que de véritables prostituées qui n'avaient jamais joué auparavant. Ce choix visait à refléter la réalité haïtienne où « lorsqu'on est dans la survie, on compose beaucoup ».
Initialement metteuse en scène, Gessica Généus a finalement décidé d'incarner elle-même le rôle-titre de Marie Madeleine. Elle souhaitait assumer pleinement la prise de risque et l'exigence physique de certaines scènes, notamment une chute brutale en pleine rue. « Je n'aurais pas osé demander de faire ce que j'ai fait à une actrice », explique-t-elle à ce sujet.
Sur le plan de la photographie, la réalisatrice et son chef-opérateur Nicolas Canniccioni ont entamé leur travail de préparation un an avant le début du tournage. Soucieux de restituer la chaleur caractéristique des films des années 1980, ils ont opté pour la caméra Sony Venice 2. Cet équipement s'est révélé parfait pour capter la beauté des peaux noires et sublimer les nombreuses séquences nocturnes.