Il y a quelque chose d’assez fascinant dans Le Vertige, parce que Quentin Dupieux semble y avoir trouvé un sujet qui épouse presque trop parfaitement sa manière de faire du cinéma : prendre une idée simple, presque idiote quand on la résume, et la pousser jusqu’à ce qu’elle devienne à la fois une blague, une inquiétude et un petit miroir déformant de notre époque. Ici, un homme arrive chez son ami avec la certitude que notre monde n’est pas réel, et tout le film naît de cette phrase qu’on pourrait entendre dans une vidéo complotiste, une conversation de fin de soirée ou un cauchemar numérique. Le point de départ est excellent, parce qu’il est immédiatement lisible, très drôle dans son sérieux même, et suffisamment contemporain pour ne pas ressembler seulement à un exercice de style. Dupieux ne parle pas seulement de simulation ; il parle surtout de notre besoin maladif de trouver une explication totale au moindre décalage du réel.
Le meilleur du film tient d’abord à son apparence. Cette 3D volontairement pauvre, ces personnages aux visages reconnaissables mais comme mal digérés par une vieille console, ces mouvements raides, ces décors trop nets et trop faux, tout cela pourrait passer pour une provocation gratuite. Pourtant, c’est là que Le Vertige a sa vraie cohérence. Le film n’aurait probablement pas la même force en prises de vues réelles, parce que son idée centrale deviendrait vite trop théorique. En animation, au contraire, chaque imperfection devient suspecte, chaque bizarrerie visuelle peut être lue comme une faille, chaque maladresse nourrit le doute. On se surprend à scruter les plans non pas pour admirer la beauté de l’image, mais pour repérer ce qui cloche. C’est une façon assez maligne de retourner la faiblesse apparente du film en moteur comique et conceptuel.
Cette esthétique a aussi quelque chose de courageux, ou du moins de franchement cohérent avec le cinéma de Dupieux. À une époque où l’animation court souvent après la fluidité, le détail, la texture, la prouesse technique et l’image impeccable, Le Vertige choisit l’inconfort, le bricolage, le faux mouvement, la laideur assumée. Ce n’est pas toujours agréable à regarder, et je comprends parfaitement qu’on puisse rester dehors dès les premières minutes. Il y a des plans qui amusent par leur étrangeté, d’autres qui donnent simplement l’impression d’un prototype prolongé. Mais cette rugosité a du sens. Elle fabrique un monde qui paraît bancal avant même que les personnages ne s’en inquiètent, et c’est sans doute l’idée la plus forte du film : faire en sorte que la forme dise déjà ce que le scénario raconte.
Alain Chabat apporte une douceur essentielle à l’ensemble. Sa voix donne au personnage une humanité inquiète, presque candide, qui empêche le film de devenir une simple collection de gags conceptuels. Il y a chez lui une façon de dire l’absurde avec une gravité tranquille qui fonctionne très bien : il ne joue pas seulement un illuminé, mais quelqu’un qui souffre sincèrement de ce qu’il croit avoir compris. Face à lui, Jonathan Cohen est plus expansif, plus terrien, parfois très drôle dans sa manière de ramener l’angoisse métaphysique à une logique plus immédiate, plus sociale, plus intéressée aussi. Leur duo tient une bonne partie du film, même quand l’écriture commence à patiner. Anaïs Demoustier, elle, apporte une présence plus discrète, mais le film ne lui donne pas toujours assez de matière pour exister pleinement face à ces deux pôles comiques très marqués. C’est l’un des regrets : certains personnages semblent conçus comme des fonctions dans la mécanique plutôt que comme de vraies présences à part entière.
La première moitié est clairement la plus réjouissante. Dupieux y avance avec une efficacité sèche, sans chercher à faire joli, sans expliquer plus que nécessaire. Le rire naît de l’écart entre l’énormité de ce qui est annoncé et la banalité des situations. On est dans un quotidien tout à fait reconnaissable, mais légèrement contaminé par l’idée que quelque chose ne tourne pas rond. Le film a alors une vraie qualité de rythme : il expose, il décale, il relance, il installe un malaise comique qui tient autant à l’absurdité du dialogue qu’à l’étrangeté de ce monde numérique. On retrouve le plaisir très Dupieux de voir une hypothèse ridicule devenir progressivement la seule grille de lecture disponible. On rit parce que c’est stupide, puis on rit un peu moins fort parce qu’on comprend que cette stupidité ressemble à beaucoup de discours qui circulent aujourd’hui.
Là où Le Vertige devient plus fragile, c’est quand il cherche à dépasser son idée de départ. Le film veut ouvrir son petit délire à des questions plus larges : la croyance, l’exploitation commerciale des peurs, notre rapport aux images, la manière dont une angoisse intime peut devenir une marchandise collective. Sur le fond, c’est pertinent, et même assez bien vu. Dupieux a raison de voir dans notre époque un immense marché de la panique, où chacun peut vendre une explication, une méthode, un objet ou une révélation à des gens qui ne demandent qu’à donner une forme à leur malaise. Mais le film effleure plus qu’il ne creuse. Il a des intuitions très justes, parfois mordantes, puis les abandonne vite pour passer à la blague suivante. On sent une pensée, mais on sent aussi la volonté de ne jamais s’y attarder trop longtemps, comme si le cinéaste craignait qu’un début de profondeur vienne alourdir son dispositif.
C’est probablement ce qui m’a empêché d’être pleinement convaincu. Le Vertige est inventif, mais pas toujours nourri. Il est singulier, mais pas toujours surprenant. Il amuse souvent, mais il ne fait pas rire autant qu’il le voudrait. Il intrigue, mais son vertige reste parfois plus annoncé que réellement ressenti. Pendant une bonne partie du film, j’ai eu le sentiment de voir une excellente idée de court métrage étirée avec intelligence, certes, mais aussi avec quelques zones de flottement. La durée réduite aide beaucoup : le film ne s’installe jamais assez longtemps pour devenir pénible. Mais elle révèle aussi ses limites, car même sur un format aussi ramassé, certaines scènes donnent déjà l’impression de répéter autrement la même plaisanterie.
Ce qui est paradoxal, c’est que cette impression d’inachèvement fait partie du charme autant que du problème. On peut défendre Le Vertige comme un objet volontairement bancal, fragile, artisanal, presque enfantin dans son rapport à l’animation. On peut aussi lui reprocher de se cacher un peu trop facilement derrière cette fragilité. Chez Dupieux, la désinvolture est souvent une arme : elle libère le récit, casse les attentes, évite le sérieux pesant. Mais ici, elle devient parfois une échappatoire. Chaque fois que le film pourrait vraiment faire mal, vraiment troubler, vraiment prendre le temps d’examiner ce qu’il raconte sur la paranoïa moderne ou la solitude de ceux qui doutent du monde, il préfère sourire de côté et repartir dans son absurdité. C’est drôle, mais c’est aussi un peu frustrant.
La satire de notre rapport au numérique fonctionne par éclairs. Le film saisit bien cette époque où les images ne prouvent plus rien, où l’on peut douter de tout, y compris de ce qu’on voit, et où le soupçon devient presque une forme de confort. Il y a une vraie ironie dans le fait de raconter cela avec des avatars qui ressemblent à des copies approximatives d’acteurs connus. Ce ne sont pas tout à fait des personnages, pas tout à fait des humains, pas seulement des caricatures : ce sont des présences intermédiaires, assez expressives pour qu’on s’y attache, assez fausses pour qu’on ne les oublie jamais comme images. Cette zone trouble est le cœur du film, et quand Dupieux s’y tient, Le Vertige trouve une identité forte.
Mais une bonne idée de mise en scène ne suffit pas toujours à faire un grand film. Le scénario reste mince, volontairement sans doute, mais mince tout de même. Certaines pistes secondaires semblent ouvertes pour le plaisir de l’ouverture plus que pour leur nécessité. Le film donne l’impression de tourner autour de questions passionnantes sans toujours avoir envie de les affronter : qu’est-ce qu’une preuve ? pourquoi préférons-nous parfois une explication délirante à une incertitude ordinaire ? à partir de quel moment une inquiétude sincère devient-elle ridicule, dangereuse ou rentable ? Ces questions sont là, elles affleurent, elles donnent au film une résonance réelle, mais elles restent souvent à l’état de promesses.
Je ne voudrais pourtant pas donner l’impression d’un film raté. Le Vertige a une personnalité, et c’est déjà beaucoup. Il ne ressemble à presque rien d’autre dans le paysage français actuel. Il a cette liberté artisanale, cette façon de surgir comme un objet bricolé dans un coin, sans demander la permission, avec une idée folle et une confiance presque insolente dans sa propre étrangeté. Même quand il agace, il reste vivant. Même quand il paraît trop léger, il garde une petite vibration. On sent un cinéaste qui s’amuse à déplacer ses propres règles, à tester un nouvel outil, à chercher comment son humour peut survivre dans un monde entièrement fabriqué. Cette curiosité-là est précieuse.
Il reste que l’émotion, elle, demeure assez faible. Le film parle d’angoisse existentielle, de perte de repères, de doute face au réel, mais il touche rarement de manière profonde. On sourit beaucoup plus qu’on ne vacille. On admire l’idée plus qu’on ne la ressent. Le titre promet un trouble, une bascule, une perte d’équilibre ; le film offre plutôt une série de désaxements amusants, parfois brillants, parfois un peu gratuits. Il y a une différence entre regarder des personnages parler du vertige et éprouver soi-même ce vertige. Dupieux s’approche de cette sensation, mais il ne la provoque pas assez durablement.
Au fond, Le Vertige est un film que j’ai trouvé plus intéressant à penser qu’à vivre. Pendant la projection, j’ai été amusé, intrigué, parfois séduit, parfois laissé sur le bord. Après coup, il reste des images, une texture, un principe de mise en scène, quelques idées très justes sur notre époque et sur la marchandisation de nos angoisses. Mais il reste aussi une impression de film mineur, pas négligeable, pas honteux, pas paresseux, simplement incomplet. Un objet malin, original, souvent plaisant, mais qui ne transforme pas entièrement son concept en expérience de cinéma forte.
C’est donc un Dupieux recommandable pour ceux qui aiment son goût du faux, du sec, du bizarre et du concept poussé jusqu’à l’absurde, mais probablement pas celui qui convertira les réfractaires. On y retrouve ses qualités : l’audace, le sens du décalage, le refus du formatage, l’intelligence comique d’une idée simple. On y retrouve aussi ses limites : une tendance à confondre esquisse et aboutissement, une émotion tenue à distance, une provocation esthétique qui ne suffit pas toujours à masquer la minceur du développement. J’en suis sorti avec de l’estime, quelques sourires, une vraie admiration pour le geste artisanal, mais aussi une légère déception devant ce que le film aurait pu devenir s’il avait accepté d’aller plus loin que sa brillante intuition de départ. Une curiosité attachante, bancale, parfois très drôle, parfois trop courte dans sa pensée, qui donne envie d’en parler sans forcément donner envie d’y retourner.
Spoilers:
Ce qui est à la fois stimulant et frustrant avec ce film, c’est qu’il donne d’abord l’impression que Quentin Dupieux a trouvé le véhicule parfait pour son cinéma : un monde visuellement faux, peuplé de personnages qui se demandent si le monde est faux. Sur le papier, c’est presque trop évident, mais l’évidence fonctionne. Voir Jacky débarquer à l’aube chez Bruno pour lui expliquer, avec le sérieux fiévreux d’un homme qui a mal dormi mais qui pense avoir résolu l’univers, que toute l’humanité vit dans une simulation, c’est du Dupieux pur jus : une idée minuscule gonflée jusqu’à devenir métaphysique, une panique existentielle formulée comme une conversation de cuisine, un vertige cosmique qui commence en peignoir.
Le choix de l’animation rudimentaire est la meilleure idée du film, et de loin. Ces corps anguleux, ces visages familiers transformés en avatars approximatifs, ces décors qui semblent sortis d’un vieux jeu vidéo mal digéré, tout cela donne une vraie cohérence au délire. Le doigt qui s’enfonce dans la sonnette, le pigeon coincé sous une bouche d’égout, l’accouchement brutal de Fabienne sans cordon ombilical, le moteur de moto rangé dans un placard, la boulangère aux doigts en trop : autant de petits accidents graphiques que Dupieux transforme en preuves, comme si la laideur volontaire du film devenait une enquête. C’est malin, parce que le spectateur rit autant de l’absurdité des personnages que de la fragilité du monde qu’ils habitent. On ne regarde pas seulement un film qui parle de bugs : on regarde un film qui bugue pour mieux exister.
Alain Chabat est probablement ce qui empêche l’ensemble de basculer dans le simple gadget. Sa voix apporte à Jacky une douceur inquiète, une naïveté presque enfantine, qui rend le personnage plus touchant que ce qu’il aurait pu être. Il croit avoir découvert l’imposture fondamentale de l’existence, mais il garde cette manière de s’excuser d’être encombrant, comme si annoncer la fin du réel était une impolitesse entre amis. Jonathan Cohen, lui, joue davantage sur la réaction, le scepticisme, puis l’emballement opportuniste. Son Bruno est d’abord le contrepoint idéal, puis devient l’incarnation la plus grinçante du film : celui qui transforme une révélation métaphysique en argument commercial. Anaïs Demoustier a moins d’espace, et c’est dommage, car Fabienne puis Claude restent trop souvent coincées dans une fonction plus que dans une trajectoire. Le film a beau se moquer de ses propres limites, il ne parvient pas toujours à faire oublier qu’il abandonne certains personnages dès qu’ils pourraient devenir intéressants.
La première partie est la plus réjouissante, parce qu’elle avance comme une démonstration idiote et imparable. Jacky accumule ses preuves, Bruno résiste puis cède, et chaque anomalie devient une blague à double fond. Le film trouve alors un équilibre assez rare entre farce et malaise : on rit du pigeon qui vole sur place, mais on comprend aussi pourquoi cette image obsède Jacky. Elle est ridicule, oui, mais elle est aussi parfaite : si le réel avait une couture mal faite, elle ressemblerait à ça. C’est là que Dupieux touche quelque chose de plus fort que son simple goût du non-sens. Il parle de cette époque où tout le monde cherche un signe, une faille, une explication totale ; de cette manière très contemporaine de préférer une théorie absurde mais complète à une réalité banale mais instable.
L’arrivée de Christophe Bourgeois ouvre une piste passionnante, puis le film la sabote presque aussitôt. Ce personnage qui explique à Jacky et Bruno qu’ils ne sont que les reflets de leurs véritables doubles, qu’ils ne vivent pas du bon côté du miroir, pourrait faire basculer le film dans un trouble plus profond. Pendant quelques minutes, le gag devient presque philosophique : et si la simulation n’était pas un monde informatique, mais une image secondaire, une existence par ricochet, une vie de reflet condamné à croire qu’il est l’original ? Puis Christophe se fait renverser par un bus, et Dupieux referme la porte au moment même où l’air commençait à entrer. C’est drôle, évidemment, mais c’est aussi symptomatique : le film a peur de développer ce qu’il vient de trouver. Il préfère la pirouette à la conséquence, l’échappatoire au vertige durable.
La suite, avec Bruno devenu gourou technologique du Reflectus, est à la fois pertinente et moins surprenante. L’idée est bonne : faire de la grande révélation cosmique une start-up, transformer le doute métaphysique en produit connecté, vendre aux gens un miroir censé leur faire ressentir les émotions de leur reflet. La conférence façon grand-messe tech est bien vue, et la vacuité de l’objet — ce petit miroir creux, ce gadget vendu comme une révolution intérieure — résume assez bien la cruauté du film. Bruno n’a pas vraiment compris le mystère du monde ; il a compris qu’on pouvait le monétiser. Là, Dupieux retrouve un mordant satirique intéressant, en visant moins la croyance elle-même que le marché qui s’organise autour d’elle. Les illuminés, chez lui, sont presque innocents ; les vrais coupables sont ceux qui déposent le brevet.
Mais c’est aussi dans cette deuxième partie que le film s’essouffle. La nouveauté visuelle commence à devenir un décor fixe, le concept se répète, et certaines scènes donnent l’impression d’étirer une idée qui aurait gagné à être densifiée plutôt qu’allongée. Le format très court limite les dégâts, mais il ne règle pas tout. On sent Dupieux brillant dans l’intuition, beaucoup moins patient dans la construction. Il a une trouvaille, puis une autre, puis une autre, mais il relie parfois ces trouvailles avec une désinvolture qui finit par ressembler à de la facilité. Le film est trop cohérent pour être raté, trop inégal pour être pleinement réussi. Il avance avec une liberté réjouissante, mais aussi avec ce côté brouillon que l’on peut admirer pendant vingt minutes et regretter ensuite.
Le final, avec Claude qui comprend que le Reflectus ne fait rien, que ce n’est qu’un miroir vendu trop cher, redonne au film une belle pointe d’amertume. Bruno laisse tomber l’objet, le verre se brise, et dans les morceaux, les reflets de Jacky et Bruno continuent à discuter comme si la vraie vie, finalement, se poursuivait ailleurs, ou plutôt nulle part. C’est une jolie dernière pirouette, parce qu’elle ne résout rien. Elle renvoie tout le film à sa propre blague : si nous sommes des reflets, alors même notre prise de conscience est un reflet ; si nous sommes dans une simulation, alors la lucidité ne nous libère pas forcément ; si le monde est faux, il reste quand même à vivre dedans, à se trahir, à vendre des gadgets, à casser des tasses, à avoir des enfants, à se demander si tout cela vaut la peine d’être pris au sérieux.
C’est peut-être là que le film est le plus intéressant : non pas dans sa profondeur, qui reste assez limitée, mais dans sa manière de tourner autour de la profondeur avec un air de ne pas vouloir y toucher. Dupieux fait semblant de s’en moquer, mais il revient sans cesse à la même question : que reste-t-il du réel quand tout peut être image, avatar, reflet, produit, croyance ou blague ? Le problème, c’est qu’il se contente trop souvent de poser la question en ricanant, sans toujours accepter d’en payer le prix émotionnel ou narratif. On sort donc avec une impression étrange, mi-amusée, mi-déçue : celle d’avoir vu un objet vraiment singulier, parfois très drôle, parfois étonnamment juste, mais qui refuse obstinément de devenir le grand film qu’il promet par instants.
Je garde en mémoire plusieurs images et plusieurs idées, ce qui n’est pas rien. Le pigeon sous la plaque, l’enfant sans cordon, le Reflectus brisé, les avatars de Chabat et Cohen perdus dans leur monde en toc : tout cela compose une petite mythologie absurde assez savoureuse. Mais je garde aussi le souvenir d’un film qui esquive ses propres meilleures pistes, qui confond parfois rapidité et légèreté, qui préfère saboter ses élans plutôt que les approfondir. C’est un Dupieux inventif, cohérent dans son bricolage, plus inspiré que paresseux, mais pas assez habité pour emporter totalement. Une curiosité attachante, parfois brillante dans sa forme, souvent drôle dans ses détails, mais trop mince dans son développement pour provoquer le vrai vertige annoncé. On sourit, on admire l’audace, on s’agace un peu, puis on ressort avec cette sensation très dupieusienne d’avoir vu une excellente idée se regarder dans un miroir jusqu’à devenir, elle aussi, son propre reflet.