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La peau douce,quatrième long métrage de François Truffaut, est un film qui pose problème dans la filmographie du réalisateur. En effet, malgré le traitement de thèmes chèrs au cinéaste que l'on retrouve dans d'autres de ses réalisations à succès ( Jules et Jim, La femme d'à côté, etc. ) ce film sera, à sa sortie, incompris du public ainsi que d'une bonne partie de la critique. Il suffit de regarder les réactions sur ce site pour voir combien La peau douce divise les aviser et reste incompris, certains allant jusqu'à le taxer indirectement de "film machiste" véhiculant des préjugés sur la place de la femme dans la société. Même si Truffaut n'a jamais été un cinéaste politique, et donc même si des thèmes comme l'émancipation de la femme ou autres ne le concernent pas directement, il me paraît difficile de voir dans La peau douce une oeuvre péjorative pour le sexe féminin. Truffaut adopte, comme dans nombre de ses autres réalisations, un point de vue complètement féminin sur le récit, le personnage interprété par Jean Desailly étant dépeint trés négativement. La réaction pour le moins violente de sa femme n'est donc évidemment pas à lire comme une critique de la versatilité de la femme, mais bien plutôt comme une réaction d'orgueil, juste, de cette dernière dans une société qui pardonne, injustement, beaucoup à l'homme.
L'autre grande force du film est sa réalisation sobre et efficace, malgré quelques scènes "Hitchcockiennes" (mais qui restent bien integrées au récit), grâce à une histoire simplement racontée ( trois personnages principaux dont deux, les deux femmes, qui se partagent en gros la première partie et la deuxième partie du film ) mais qui soulève quelques problèmes profonds, toujours avec une grande sensibilité ( voir la scène de l'appartement entre Jean Desailly et Françoise Dorléac ) sur l'incompréhénsion que l'amour fait facilement naître entre les hommes et les femmes. Assurément l'un des meilleurs Truffaut...
L'autre grande force du film est sa réalisation sobre et efficace, malgré quelques scènes "Hitchcockiennes" (mais qui restent bien integrées au récit), grâce à une histoire simplement racontée ( trois personnages principaux dont deux, les deux femmes, qui se partagent en gros la première partie et la deuxième partie du film ) mais qui soulève quelques problèmes profonds, toujours avec une grande sensibilité ( voir la scène de l'appartement entre Jean Desailly et Françoise Dorléac ) sur l'incompréhénsion que l'amour fait facilement naître entre les hommes et les femmes. Assurément l'un des meilleurs Truffaut...
Belle histoire d'adultère très bien interprété par Françoise Dorleac et Jean Desailly et bien filmé par Truffaut près de ses acteurs comme toijours.
On y retrouve une trame romantique et policière bien harmonisé.
On y retrouve une trame romantique et policière bien harmonisé.
Ce film illustre la vieille idée selon laquelle les femmes tiennent les hommes par le sexe. Son héros est pris au piège de l'émancipation sexuelle. Les hommes sont écrivains, pilote de ligne, directeur de cinéma, intellectuel : ils ont le pouvoir. Les femmes sont hôtesse de l'air, épouse, secrétaire, vendeuse de bas ou de photos : elles sont bourreaux des sens. Elles se révèlent inconstantes, frivoles, meurtrières, inconséquentes, trouvant du plaisir à se faire viloer et d'être le jouet des hommes (qui est le maître et qui est l'esclave ?). Truffaut exprime sur écran son incompréhension, sa frustration. Est-il dupe ? Les références au "pére Gide", à Allégret, à Cocteau sont pour moi éclairantes quand on sait le peu d'attirance qu'ils avaient pour les femmes. Truffaut montre dans ce film qu'il est un excellent critique qui a compris que pour parler de cinéma il faut faire du cinéma. Mais je trouve que sous des dehors de "nouveauté" son langage manque de profondeur. A la différence d'un Godard ("Le mépris" avec la même équipe Cotard, Delerue, ... est un pur chef d'oeuvre qui n'a pas pris une ride) ou d'un Hitchcock qui savaient manier la forme grand public sans négliger le fond et l'originalité. Truffaut avait également une passion pour Spielberg. Qu'est-il devenu ? Il fait du business avec un discours grossier. Bref : pour moi "La peau douce" est ridée et elle a vraiment pris la poussière.
Truffaut regarde l'amour comme un insecte sous une loupe, avec la patience froide d'un entomologiste peu enclin au sentiment. Pierre en devient le cobaye, et peut-être le miroir, tant le tournage coïncide avec la propre déroute conjugale du cinéaste. Tromper, ici, n'a rien d'une folie : c'est méthodique, emprunté, presque administratif. La faute semble se diluer dans l'air du temps plutôt que se loger dans un seul cœur coupable. Cette absence de verdict fait toute sa force, un soupir amer sur la lâcheté ordinaire que dissimule le vernis bourgeois. Truffaut refuse la scène de rupture spectaculaire et préfère bâtir sa tension par petites touches, un horaire d'avion noté à la hâte, une clé de chambre glissée dans une poche. L'adultère devient affaire de logistique, filmée avec une précision qui doit beaucoup à Hitchcock, dont le cinéaste prépare alors le fameux livre d'entretiens. Je trouve que l'amour s'y regarde comme un crime qui couve, et l'intensité du film tient moins à l'intrigue qu'à la patience avec laquelle elle se distille, quitte à verser, par instants, dans la langueur.
Jean Desailly prête à Pierre une opacité presque agaçante, un amant terne, sans panache, et c'est précisément ce qui rend le personnage si vrai car encore un amant flamboyant m'aurait énervé. Face à lui, la splendide Françoise Dorléac illumine chaque plan. Sa Nicole porte le seul désir sincère du film, sans calcul, et l'on devine que Truffaut la filme avec une tendresse particulière, presque amoureuse. Nelly Benedetti, trop longtemps sous-estimée, livre pour moi la vraie révélation du film, avec cette épouse effacée au départ, qui grandit par paliers jusqu'à devenir le moteur secret du récit. Truffaut choisit la tendresse blessée plutôt que le scandale, l'observation compatissante d'un homme qui se noie doucement dans son propre confort. On parle du spécialiste de la tromperie donc d'un grand connaisseur du sujet, ce qui rend le tout très vrai.
Jean Desailly prête à Pierre une opacité presque agaçante, un amant terne, sans panache, et c'est précisément ce qui rend le personnage si vrai car encore un amant flamboyant m'aurait énervé. Face à lui, la splendide Françoise Dorléac illumine chaque plan. Sa Nicole porte le seul désir sincère du film, sans calcul, et l'on devine que Truffaut la filme avec une tendresse particulière, presque amoureuse. Nelly Benedetti, trop longtemps sous-estimée, livre pour moi la vraie révélation du film, avec cette épouse effacée au départ, qui grandit par paliers jusqu'à devenir le moteur secret du récit. Truffaut choisit la tendresse blessée plutôt que le scandale, l'observation compatissante d'un homme qui se noie doucement dans son propre confort. On parle du spécialiste de la tromperie donc d'un grand connaisseur du sujet, ce qui rend le tout très vrai.
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