L'Énigme de Kaspar Hauser
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Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2026
Réalisé par Werner Herzog deux ans après son mythique Aguirre (1972), L’énigme de Kaspar Hauser n’est en pas moins considéré comme important dans la filmographie du cinéaste allemand. Porté par un acteur non-professionnel à la vie compliquée – abandonné très jeune par sa mère et interné de nombreuses années en institution psychiatrique – le film revient, de manière romancée, sur la vie de Kaspar Hauser, célèbre orphelin du XIXème dont l’existence nimbée de mystères passionna l’Europe – depuis Paul Verlaine jusqu’à Peter Handke, pour ne citer qu’eux. Dans son long-métrage, Herzog s’intéresse surtout à la notion de nature et de culture, en plongeant son marginal de personnage, vierge de tout contact humain jusqu’à son adolescence, au cœur de la civilisation – montrant par là que celle-ci peut être synonyme d’avilissement.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 janvier 2026
La courte vie de Kaspar Hauser (1812-1833), qualifié d’orphelin de l’Europe, passionna, au XIXe s, les criminologues [l’allemand Paul Johan Anselm von Feuerbach (1775-1833), les historiens et les écrivains, tels Paul Verlaine (1844-1896). spoiler: L’une des hypothèses historiques serait qu’il soit le fils de Stéphanie de Beauharnais, fille adoptive (en 1806) de Napoléon Ier et qui épousa le futur grand-duc Charles II de Bade (1786-1818), mariage déplaisant à la dynastie Hochberg, candidate à la succession Bade. Le couple eut 5 enfants dont 2 garçons, l’un mourut et l’autre, également bébé, aurait été substitué par un bébé d’un ouvrier qui mourut le 16 octobre 1812. Le vrai fils de Stéphanie fut gardé en captivité, notamment pour obliger un autre prétendant à la succession de rester célibataire, de peur que l’héritier légitime ne soit libéré.
Machiavélique, n’est-ce pas ? Rien de tout cela dans le film de Herzog (dont le titre original signifie « Chacun pour soi et Dieu contre tous ») où Kaspar Hauser, spoiler: fils de Stéphanie
, adolescent (16 ans), est découvert, hagard, muet, le jour de Pentecôte 1828 à Nuremberg (Bavière). Le scénario, certes fidèle à la réalité, demeure plat, dépourvu de romanesque et de mystère. D’après le titre, Herzog aurait voulu décrire un homme abandonné de Dieu, injuste envers sa création. On est à des années-lumière de « L’enfant sauvage » (1970) de François Truffaut, où le Dr Itard tentait de faire sortir Victor de son animalité et d’acquérir le langage. Idem, avec « Elephant man » (1980) de David Lynch où John Merrick, jeune de 21 ans, difforme, était exhibé comme un animal de cirque. Outre l’illustration a minima de la vie de Kaspar Hauser, Herzog réalise un film ennuyeux car trop long (110 mn), lent à démarrer, avec des scènes gratuites, poétiques diraient certains (champ de blé agité par le vent, cigogne mangeant une grenouille) ou grotesque (une caravane dans le désert), sans oublier Bruno Schleinstein (qui a eu, certes, une enfance difficile) âgé de 42 ans pour le rôle-titre ! Les musiques de Johann Pachelbel et Tomaso Albinoni ne suffisent pas à susciter l’intérêt du spectateur (des scolaires présents dans la salle n’ont pas hésité à regarder leur smartphone pendant la projection, risquant d’être allergiques à tout film ultérieur de Werner Herzog !).
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 février 2025
Ça n'est un secret pour personne : faut vraiment se les peler les films de Werner Herzog. Mais le jeu en vaut bien souvent la chandelle. D'ailleurs, en parlant de jeu, il y a une chose qui est bien avec celui d'Herzog : il n'y a qu'une seule règle et elle mène à la Mort à chaque fois. Kaspar Hauser : l'histoire d'un homme qui, toute sa vie, fut retenu prisonnier dans une cage, chaîne à la cheville. Jusqu'à ce que, sans raisons, fut qu'il devait non pas recouvrer, mais connaître la liberté. Bon, comment parler de ce film ? Il faut oublier toute velléité de voir de la péripétie et du retournement de situation, sous peine de vivre un véritable enfer. Il n'y a qu'une seule façon de l'aborder : se concentrer sur un seul et unique personnage. Si l'on y parvient, c'est gagné. Et pour cause, tout tourne autour de Kaspar. Il est cette homme-enfant qui s'émerveille (sans niaiserie) et s'interroge sur tout ce qui l'entoure. Tout ce qu'il voit, touche, entend et même imagine, l'enrichit. Il ne comprend rien (ou si peu) au monde dans lequel il vit, mais est conscient qu'il ne tourne pas comme il le devrait. Décrit comme ça, il vous ferait penser à Forrest Gump, n'est-ce pas ? C'est normal, il en est comme le grand frère. Pendant 1h50, il ne se passe pratiquement rien, mais ça n'a pas d'importance. L'attachement à Kaspar est immédiat. A ce titre, Bruno S. impressionne une nouvelle fois. Ce type était un acteur bluffant. Il fut le seul à ne jamais le savoir. Il ne joua que dans deux films, avant d'en retourner à sa vie de musicien des rues. Et on ne l'a plus jamais revu, ni même entendu parler de lui. Je me suis toujours demandé s'il tirait quelque fierté de son court passage au cinéma, mais j'espère que oui. Car ne pas être du métier et voir son nom associé à deux films comme cette "Énigme de Kaspar Hauser" et "La Ballade de Bruno", franchement, ça casse quelques briques.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2025
Grand prix spécial du jury du Festival de Cannes 1975, L'Énigme de Kaspar Hauser est tirée de l’histoire vraie d’un homme ayant grandi dans un cachot et qui fut un jour déposé sur une place publique d’un village. Petit à petit, cet individu appris à parler et à avoir des interactions sociales. Ce sujet intriguant pourrait sembler peu palpitant à suivre mais Werner Herzog réussit à rendre le tout intéressant et moins clinique que, par exemple, L’Enfant sauvage de François Truffaut qui évoquait un sujet proche. Malgré certaines ellipses surprenantes spoiler: (on ne voit pas pourquoi Hauser part de chez Hilter pour devenir un phénomène de foire puis comment il est accueilli par le Professeur Daumer)
, le récit est totalement compréhensible sans jamais ennuyer en partie grâce à l’interprétation étonnante du comédien non-professionnel qu’est Bruno S., qui connut également une enfance perturbante. Servi également par l’utilisation de l’Adagio d’Albinoni, L'Énigme de Kaspar Hauser est donc une œuvre plaisante et intéressante qui peut toucher un public plus large qu’on aurait pu croire.
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2022
Avec une croyance inébranlable en la véracité (très douteuse) du récit de Kaspar Hauser, Herzog essaie, presque en anthropologue, d'imaginer ce que cela fait de découvrir le monde pour la première fois.
Comme on peut s'y attendre, à la bienveillance des premiers instants succède vite un désir d'exploiter et de contrôler le jeune homme, dont la vision du monde n'a pas encore été figée par les coutumes, l'éducation et la religion - ce qu'on nomme communément la civilisation. Cette candeur qui le caractérise est la source de dialogues très poétiques et de nombreuses scènes où la nature, par contraste avec la ville, paraît enchanteresse (la traversée d'un petit cours d'eau en barque, sidérante de beauté).
C'est donc d'une façon certes un peu convenue (et, il faut le dire, simpliste) - mais émouvante - que Kaspar finit par vouloir échapper à la société à mesure qu'il en acquiert les codes. Il est incarné avec beaucoup de naturel par un acteur amateur prénommé Bruno.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 août 2022
Récit introspectif intrigant mais peu captivant et manquant de rythme, de la vie mystérieuse de Kaspar Hauser, un enfant sauvage recueilli en 1828 à Nuremberg, interprété par un acteur bcp trop vieux et pas charismatique.
JoeyTai
JoeyTai

25 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mars 2022
Pour une raison inconnue, un individu a été maintenu en détention depuis sa naissance et n'a reçu aucune éducation de quelque sorte que ce soit. Libéré par son geôlier sur la place d'un bourg, il est peu à peu pris d'affection par les villageois qui l'encouragent à apprendre à marcher, s'exprimer, lire et écrire, etc. C'est un film touchant, d'autant plus qu'il est tiré d'une histoire vraie. Nous voyons éclore ce sauvage qui devient peu à peu un jeune homme capable de soutenir une conversation, exprimer son point de vue, refuser certaines convenances sociales, etc. L'acteur principal est très doué et restitue bien cette progression. Parmi les points faibles, j'ai trouvé le rythme très lent et manquant de rebondissements ou de changements de rythme. Nous ignorons la raison véritable tant des mauvais traitements subis par le jeune homme depuis sa naissance, que de sa libération soudaine ou de la tentative de meurtre dont il est l'objet. Cela ajoute au mystère de ce film sensible et introspectif qui ne livre pas tous ses secrets, fidèle en cela à la véritable histoire de Kaspar Hauser.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2021
L’histoire vraie d’un ado incarcéré 17 ans dans une cave, sans éducation, et retrouvé sur la place de Nuremberg, ne tenant pas debout et ne mangeant que du pain. Peut-être un rejeton gênant abandonné par une famille noble. D’abord emprisonné, les enfants du geôlier puis le bourgmestre de Nuremberg prennent en charge son éducation. Pour rentabiliser les frais qu’il occasionne, on le présente en attraction foraine. Puis Werner Herzog fait des siennes avec quelques scènes étranges sur la religion, la foi et les femmes (le village de menteurs, le cygne sur l’adagio d’Albinoni, l’ensemencement du cresson calligraphiant son nom, le rêve du Caucase en allusion à son père). Cinq ans après son apparition, Kaspar Hauser est assassiné - ou se donne la mort – autre énigme réelle. Son autopsie révèle un cervelet disproportionné par rapport au cerveau. Le mérite de Herzog est d’avoir su créer dans son film une atmosphère en permanence intrigante et bizarre, comme le sont les faits historiques. En revanche, l’acteur choisi – convaincant par ailleurs - paraît bien âgé pour son rôle.
Ykarpathakis157

6 190 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 septembre 2021
Je lui une étoile et je me force a le faire c'est peut-être un chef-d'œuvre comme le pensent beaucoup de personnes mais pour moi c'est juste un film incroyablement lent et surtout ennuyeux. Peut-être que je ne suis tout simplement pas assez intelligent pour interpréter le comportement de Kaspar car je préféré que l'on me raconte tout directement à la manière d'Hollywood. La plus grande énigme pour moi est que je ne voyais tout simplement pas la raison pour laquelle un film comme celui-ci devait être réalisé. Et puis il y a une chose que j'ai trouvé très dérangeante et même mauvaise. Pourquoi cette personne qui est Kaspar et qui a environ vingt ans a-t-elle clairement l'air d'en avoir quarante. Werner Herzog n'aurait-il pas pu trouver un acteur dans une fourchette d'âge plus appropriée. Je suis resté assis pendant la première heure de cette histoire attendant que cela devienne un grand récit mais hélas j'ai fini par l'éteindre. Le jeu des acteurs était trop laborieux mais peut-être qu'un véritable acteur aurait été un meilleur choix qu'un artiste de rue qui a peut-être été choisi par pitié par Herzog...
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2021
Voici un Werner Herzog que je ne connaissais pas et que j'ai pris un grand plaisir à découvrir. On ne peut s'empêcher de penser à "L'enfant sauvage" de François Truffaut en voyant "L'énigme de Kaspar Hauser" (tiré d'une histoire vraie)  puisque les thématiques se rejoignent fortement, mais j'ai une nette préférence pour le deuxième. Je la justifie surtout par le personnage principal : l'enfant dans le film de Truffaut ne parle pas, alors que Kaspar parle. Toute la différence est là, il est capable d'exprimer ses sentiments et de verbaliser son incapacité à devenir un être humain alors qu'il sait lire, écrire et jouer du piano. Cela donne lieu à des scènes et des dialogues absolument bouleversants dits de façon monocordes par un personnage qui fait plus penser à un androïde qu'à un homme. Si tout ce qu'exprime Kaspar est l'élément le plus marquant du film, Herzog n'oublie pas non plus d'avoir un regard acide et lucide sur l'humanité et on va retrouver des thématiques que l'on verra plus tard dans "Elephant man", à savoir l'exploitation commerciale des "monstres" dans les cirques et le voyeurisme malsain dans la haute société. "L'énigme de Kaspar Hauser" est donc un film surprenant et superbe que je recommande vivement.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 octobre 2018
J'ai du mal avec Herzog. Il y a dans son cinéma quelque chose qui m'attire mais qui, une fois devant l'œuvre, finit par m'ennuyer. Celui-là n'a malheureusement pas échappé à la règle. Sujet intéressant, philosophiquement stimulant mais vieillot et très mal joué. Et une mise en scène plan plan...
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 avril 2018
septiemeartetdemi.com - Revenu d'horizons lointains (ayant tourné au Pérou) comme d'idées moins exotiques par l'endroit comme par la forme (Les Nains aussi ont commencé petit était tout à fait étrange), Herzog ne pouvait guère se permettre de perdre le rythme. Défi réussi avec Kaspar Hauser. Rarement un réalisateur aura mieux su mettre « à sa sauce » une histoire réelle.

Malgré les atours que le scénario arbore et qui peuvent nous laisser supposer cette nature originelle, l'histoire est tellement idiomodelée – et cela sans tricherie ou liberté d'adaptation – que c'en est presque invisible. Elle est comme un ballon rempli complètement d'une œuvre du septième art géniale, sans qu'il paraisse prêt à exploser ou que le film semble en dépendre comme d'un support. « Rien ne vit plus en moi que la vie », dit Kaspar... « Rien ne vit plus en mon film que l'histoire », pourrait en dire l'auteur. Comment croire que des personnages si éclatants de personnalité puissent avoir été vrais, ou être nés du glauque ? D'où les acteurs tirent-ils cette ferveur et ce naturel qu'on sent dans leur jeu ?

En tout cas, s'étant octroyée une belle marge de manœuvre, cette réussite générale n'a pas empêché le réalisateur de mettre sa griffe en supplément gratuit, ce cocasse un peu aigre et ces caméos adressés au connaisseur qui rendent certains passages normalement fades drôles et la fin normalement anonyme marquante.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 juillet 2017
D'une beauté profonde stupéfiante. Un talent hors pair pour mettre en scène l'éclosion d'un être. L'histoire est bouleversante mais l'art de la raconter l'est davantage. Tout est dans l'histoire de la caravane : il avance dans la nuit et c'est quand il arrive dans la ville que l'histoire s'achève. L'histoire de sa vie. Il n'a connu que la genèse de l'humanité. Elle n'avait pas commencé. C'est sublime et d'une portée philosophique incroyable.
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 décembre 2013
Werner Herzog réalise un film sur l'affaire Kaspar Hauser (je connaissais l'histoire dans ses grandes lignes), sujet intéressant qui avait de quoi alimenter un film historique passionnant. Mais rapidement il s'enfonce dans des longueurs et une lenteur un peu exaspérante, une style déjà qui ne m'avait pas plu dans Aguirre par contre Fitzcarraldo et Nosferatu me plurent beaucoup. Un ton naturaliste presque documentaire froid et sans émotion.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2013
Le réalisateur illustre une histoire vraie, à laquelle il laisse tout son mystère. Qui était ce jeune homme sauvage, dont on voulut cacher l'existence ? Quel danger représentait-il pour que l'on intentât à sa vie, une fois celle-ci révélée au monde ? On a beaucoup glosé à son sujet, allant jusqu'à imaginer de très hautes origines. Mais ce n'est pas la résolution du mystère qui intéresse Herzog. À travers ce biopic historique, le réalisateur brode sur un thème qui lui est cher : l'homme seul face à la société, le marginal. Développant ici une opposition nature/culture, il fait de Kaspar Hauser le révélateur des tares d'une société conformiste, engoncée dans ses certitudes. Via une série de rencontres, l'innocent personnage central met en évidence le diktat du dogme religieux, les artifices étouffants des mondanités, la prétention des hommes de science. Mais aussi l'injustice sociale et... divine, comme le suggère le titre original. La mise en scène de Werner Herzog est un peu austère, mais le propos n'est pas sans force. En contrepoint, la BO apporte une touche de lyrisme. À noter, enfin, la composition étonnante de Bruno S. dont l'histoire personnelle se rapproche de celle de son personnage, lui qui fut abandonné par ses parents en bas âge et qui passa une bonne partie de sa vie dans une structure d'éducation spécialisée.
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