Mais ne nous délivrez pas du mal
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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 24 avril 2014
Sortit en 1971, Mais ne nous délivrez pas du mal est tout à fait symptomatique des passions des cinéastes de l’époque, auxquelles Joël Siéra n’échappe pas. Ce film, osé pour l’époque, n’hésite pas à mettre en scène deux jeunes filles dont on pense –étant donné leur éducation et leur corps- qu’elles sont innocentes. Il n’en est rien. Animées d’un délire mystico-satanique, Laure et Anne ne pense qu’à faire le mal, c'est-à-dire à commettre des petits délits, tout en jouant à aguicher les hommes. Ces derniers sont visiblement heureux qu’on leur prête attention et cèdent facilement à des pulsions assez malsaines étant donné l’âge des deux gamines. Cependant, l’irréparable survient, et les deux jeunes filles se retrouvent face au crime absolu, dont elles semblent assumer les conséquences. Si le film est très emprunt de la mode de l’époque en matière de cinéma (comme en atteste le nudies de Russ Meyer Fatser, Pussycat, Kill Kill (1965) où des femmes tous charmes dehors commettent des crimes), d’une part par son penchant anticlérical très en vogue ainsi que dans sa démonstration de la nudité, le film se tire admirablement du « film prétexte » grâce à une fin à la cohérence grandiose. Finalement, Mais ne nous délivrez pas du mal prend son sens dans la révolte de la jeunesse face aux enseignements de l’église catholique, tout en rappelant que si les jeunes aspirent à être considérés comme des adultes, ils sont encore des enfants.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 avril 2008
Le premier film de Joël Seria (à qui l'ont doit l'épatant Les Galettes de Pont-Aven avec Jean-Pierre Marielle et toujours Jeanne Goupil)date de 1970 mais n'a pourtant pas pris une ride : Réalisation audacieuse, thématique tragique et très anti-cléricale
Ce film est une vraie bouffée d'air dans un cinéma Français des années 70, souvent limité par les règles de bienséances, qui dans ce films ont été délibérément piétinées.
Pour avoir eu la chance de rencontre récemment Joël Seria, et ayant pu discuter avec lui de ce film, je puis vous assurer qu'on ne fait plus du cinéma comme on le faisait en 1970. Budget minuscule, équipe technique bénévole ou presque, acteurs sous payés, l'esprit créatif et l'émulation collective régnait sur le plateau.
Jeanne Goupil, alors jeune débutante, se dévoile presque sans pudeur à la caméra de son futur époux avec un certain sens de l'art dramatique. Cette histoire de deux jeunes filles qui jouent avec la vie et ses aléas ,avec la société "catho-bobo" qui les entoure, va les emmener loin, très loin, au delà même des limites du cinéma Français jusqu'alors.
On aura rarement vu dans un film Français autant d'anti-cléricalisme et d'anti conformisme. Cette façon très personnelle d'envisager le cinéma n'aurait pas du passer inaperçu, hélas peu de gens ont vu ce film et ce n'est pas la société d'aujourd'hui qui les encouragera à le faire.
Je pense que ce film est une vraie réflexion sur la jeunesse dans sa globalité, car derrière cet anti-cléricalisme annoncé qui colle parfaitement à l'air de son temps , se cache un mal plus profond ; pourquoi devenir adulte? Ce film est une ode à la jeunesse éternelle, un refus du monde des adultes que nos deux héroïnes méprisent du plus profond de leur être.Tout dans ce film est parfaitement maitrisé, techniquement et esthétiquement. Du grand art.
On aimerais voir plus de films traitant de la jeunesse avec une telle intelligence du propos.
La raison ne s'immisce jamais dans ce film, et tant mieux.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 10 mars 2014
Ce film est assez intéressant dans son ensemble, possédant son petit coté érotique, provoquant.. ou les protagonistes se posent en tentatrices. Ce sont deux jeunes filles, ayant un lien fort qui décident de renier leur éducation religieuse en ayant à son encontre : la quête du mal. Il pose une certaine question existentielle, et dénonce la pression que peut parfois engendrer la notion de péché. Ces jeunes filles possèdent énormément d'audace et ne démordent pas dans leur quête perpétuelle. Elles commettent presque tous les péchés capitaux, jusqu’à ce qu'arrive l'irréparable. J'ai surtout apprécier le coté érotique du film.
Humphrey Bientasoeur
Humphrey Bientasoeur

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2,5
Publiée le 16 mars 2025
c'est en regardant une video you tube que je suis tombé sur ce film oublié, je m'attendais à un film d'horreur sur le thème du satanisme, un film soit disant dérangeant pour l'époque, censuré etc etc.. mais de nos jours ?
Ca n'est pas un film gentillet sur les ados en fleur qui s'ennuient pendant les vacances, dans un contexte familial barbant... mais plus osé concernant leurs jeux pas de leur âge. Elles mettent leur corps en valeur et savent se jouer des vieux solitaires du village.. bon, c'est pas pour les enfants ce film !
j'ai trouvé ce film assez ennuyeux finalement, les gamines jouent bien, certes, mais rien d'horrifique ni de passionnant.
Ils vieillissent très mal ces films en général. A voir par curiosité .
Acidus

880 abonnés 3 963 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mai 2026
"Mais ne nous délivrez pas du mal" est assurément une oeuvre subversive comme je les aime. Un bon sujet qui commence et finit bien. Entre ce début et ce final, il y a quelques passages forts mais également beaucoup de longueurs et de passages peu intéressants. Un ventre mou qui fait perdre de l'impact à cette histoire de deux jeunes filles se détournant de Dieu pour embrasser le Diable.
Pas mal.
Charlotte28
Charlotte28

207 abonnés 2 916 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2026
Audacieux, ce drame assume de peindre deux jeunes filles viscéralement vicieuses, sans que rien n'explique leur perversité puisqu'elles viennent de milieux (très) favorisés, certes conservateurs voire étriqués mais où nulle violence, nul dédain, nulle indifférence ne s'exprime, les parents se préoccupant de ces enfants aimés. Ironique, la mise en scène use de procédés qui renforcent la stupéfaction attendue face à la noirceur de l'âme de ces adolescentes aux visages innocents tout en montrant l'aveuglement des parents mais aussi d'une institution religieuse également dénoncée comme corrompue ou ridicule (la toux du prêtre lors du sermon). Lucide, l'intrigue montre la facilité avec laquelle le Mal peut l'emporter, à travers les différents actes des héroïnes, manipulatrices, destructrices, inhumaines - ainsi que le sadisme hypocrite de l'Homme qui n'assume pas ses méfaits ou tout retour de bâton... Amer, le récit illustre la tentation universelle au péché que la religion ne combat que par des prêches et la société par des leçons de morale, sans clé d'apprentissage émotionnel ou mental. Inégale, la narration ambitionne une montée en crescendo qui culmine dans une ultime provocation macabre. Cynique!
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