Mais ne nous délivrez pas du mal
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chrischambers86

16 162 abonnés 13 115 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2010
Attachè à la description sans fard de toutes sortes de marginaux souvent mal aimès de la sociètè comme du cinèma, Joël Seria commença en 1971 par un film de qualitè intitulè "Mais ne nous dèlivrez pas du mal"! On y voit deux adolescentes en rèvote contre leur milieu familial multiplier les provocations, les sacrilèges et les scandales! La violence est ici au rendez-vous avec ses deux gamines qui se livrent à des jeux qui ne sont manifestement pas de leur âge! Jeanne Goupil et Catherine Wagener incarnent la malfaisance même et sont parfaites d'ingènuitè perverse dans une première oeuvre de provocation qui sent diablement le soufre, notamment dans son final hallucinant! Une rèussite au beau parfum de scandale ou Seria se montre ici un auteur qui ne recule pas devant le plaisir de choquer...
gimliamideselfes

3 429 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 novembre 2014
Lorsque Rozier rencontre le couvent de la bête sacrée, ça donne Mais ne nous délivrez pas du mal. C'est un film super excitant sur le papier, réalisé par l'auteur de Charlie et ses deux nénettes avec un sujet proche de la nunsploitation... Il y a de quoi faire... Et le résultat n'est pas en reste. C'est un film absolument superbe.

Pourquoi ?

Parce qu'il est profondément vrai et profondément dérangeant de par sa véracité.

Effectivement, dans le film on suit deux adolescentes, innocentes, qui prennent plaisir à faire le mal, mal qui peut paraître bien gentil au début, des occupations d'adolescentes qui fantasment sur leur sexualité à venir... Mais petit à petit on se rend bien vite compte qu'il y a un vrai problème. Le problème c'est que ces deux filles ne se contentent pas seulement de lire en cachette des romans libertins sous leurs draps... Elles veulent créer le mal autour d'elles. Et là où ça devient réellement dérangeant, c'est que leur comportement est un vrai comportement d'adolescentes innocentes. Je veux dire par là, qu'elles se comportent comme des filles de leur âge, ça glousse, ça rigole, ça se moque, ça se provoque, elles sont complices. Mais surtout, elles ne semblent avoir aucune limite, tout les fait rire.

Du coup dans le film, qui est composé de longues séquences, qui vont durer afin d'inscrire dans une réalité et une crédibilité les scènes, on va voir ces jeunes filles avoir un comportement d'adolescentes, se moquer du type un peu simple et on va voir le glissement jusqu'au plaisir de faire le mal, de dépasser une limite, sans que l'on sache très bien quand s'est opéré ce glissement...

Ce qui est fascinant, c'est que Seria va garder le comportement de jeunes filles jusqu'au bout. C'est-à-dire qu'elles ont beau vouloir faire le mal, elles n'assument en rien et lorsque la situation dégénèrent elles ne semblent pas se rendre compte que c'est de leur faute, qu'elle l'ont provoquée et qu'elles ne peuvent s'en prendre qu'à elles.

Du coup c'est un film très ambigüe, vraiment très bien pensé, comportant plusieurs scènes vraiment très fortes, voire vraiment dérangeantes car assez atroces et inscrites dans la réalité par leur durée.

Ce qui en fait un film bien plus intelligent et bien plus intéressant qu'un énième film de nunsploitation aussi bon que ce dernier puisse être.
artaud
artaud

27 abonnés 148 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juillet 2012
Animées par le désir de faire le mal par tous les moyens, de se jouer des hommes, de les pousser dans leur dernier retranchement, de se rire d'eux comme des petites succubes, Anne et Lore, deux jeunes adolescentes passionnelles, élevées par les religieux, font le mal et paraissent innocentes car, pour rendre au monde sa longue, longue descente, il est nécessaire aussi de feindre le bon. Loins d'être malheureuses mais accablées par l'ennui, comme le sont les pubères des petites et grandes bourgeoisie, elles courent avec leurs jupons vers l'ange déchu en accomplissant des péchés licencieux. C'est une manière de croire et d'apprendre à une lutte, d'avoir un sens dans cette promesse de vie médiocre. Jeanne Goupil et Catherine Wagener mène bon train cette succession d'attaques dans un si paisible paysage jusqu'à ce que l'irréparable surgit. Le réalisateur Séria offre alors un film non dénué de charmes et de vices que j'ai particulièrement appréciés avec mon regard de pauvre homme damné.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 mars 2011
Le cinéma français "underground" (même si on n'employait pas encore ce mot à l'époque) des années 70 était friand du même genre de sujet : le mal au sens large teinté d'érotisme . Si Rollin "penchait" plutôt pour le vampirisme , Joel Seria aborde dans ce film l'innocence pervertie . 2 jeunes filles décident de se consacrer au mal . Anne et Lora sont jeunes , jolies , sexy et comptent bien se "défouler" par rebellion : méchantes gratuitément, cruelles envers les animaux , aguicheuses d'hommes , les jeunettes glissent progressivement vers le mal dans une succesion d'actes pervers qui les conduiront inexorablement vers un destin tragique . Le film est intéressant car il montre d'une part que les jeunes filles sont quelque part elles-mêmes des victimes , en constatant les perversions des autres : les 2 religieuses lesbiennes , les hommes qui cèdent trop facilement à leurs pulsions "pédophiles" face à ces 2 jeunes filles à peine sorties de l'adolescence . Dès lors , leur révolte est inéluctable . D'autre part , il montre que Anne et Lora sont finalement prises à leur propre piège et dépassées par les évènements : quand elles aguichent un homme , elles manquent de subir à chaque fois un viol en règle dont elles n'échappent que de justesse . Dès lors , le film montre les limites de leur débauche et rend compte qu'elles oscillent finalement sans cesse entre la maturité de leurs envies de perversion et la fragilité de leur jeune âge , leur volonté de faire le mal mais leur peur d'aller pourtant trop loin .
Jeanne Goupil et Catherine Wagener sont parfaites dans ce rôle ambigu , tantôt anges , tantôt démons . Le réalisateur n'hésite pas à dévoiler le corps des jeunes filles , par ailleurs toujours court-vêtues dans un film gentiment libertaire qui sous couvert de cette perversion de l'innocence dénonce surtout la décadence de "l'élite" religieuse et bourgeoise ...
AMCHI

6 943 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 octobre 2013
Ce n'est pas que je m'attendais particulièrement à du grand cinéma mais au vu des critiques positifs que j'ai lu sur ce film je m'imaginais quelque chose de plus sulfureux et dérangeant. L'idée est là et les jeunes actrices troublantes et excellentes dans leurs rôles mais tout tombe à plat car si le propos subversif est là il est par contre altéré par une réalisation trop classique qui ne fait preuve d'aucun sens de l'imaginaire ni de fantaisie. Si Mais ne nous délivrez pas du mal a perdu de son effet de nos jours ce qui le pénalise surtout c'est l'absence d'une atmosphère réellement travaillée.
Yannickcinéphile

2 879 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2016
Un film intéressant que cette première réalisation d’un réalisateur, qui, par la suite, vira au registre de la comédie plus ou moins empâtée !
En fait j’ai quand même des reproches à faire. Il faut le dire, la psychologie des personnages n’est clairement pas assez travaillée. Le glissement des deux héroïnes est mal marqué, et les personnages secondaires apparaissent assez redondants. Disons qu’ils ont tous plus ou moins le même profil. Même les acteurs se ressemblent, c’est pour dire ! Du coup c’est vrai que le métrage met une certaine distance avec le spectateur, comme s’il prenait l’intrigue en cour de route, et qu’il fallait que le spectateur fasse quelques reconstructions, en particulier au début, lorsqu’on découvre de suite les héroïnes dans leurs actions. En clair, et vu le sujet, plus de profondeur psychologique n’aurait pas été de refus.
Malgré tout Seria signe un film audacieux. Le sujet est culotté, le traitement très propre. En effet les décors sont très beaux, le choix musical judicieux, la photographie pleine de lumière et très pure contraste heureusement et fortement avec le scénario. Mais ne nous délivrez pas du mal est un film esthétique, raffiné, recherché, ce qui contraste d’ailleurs assez nettement avec des films plus tardifs du réalisateur qui ne retrouvera jamais ce sens de l’image.
Pas d’horreur graphique, mais un film à l’histoire sombre, piquante, plutôt fluide et agréable à suivre. Mais ne nous délivrez pas du mal séduira les amateurs d’horreur réaliste, même le concept aurait peut-être pu être poussé encore plus loin. Néanmoins il n’y a pas à dire, c’est un film appliqué, original, et qui reste à mon sens un de ces métrages de genre à voir de la période, qui nous a quand même servi pas mal de ces métrages aux sujets tendancieux.
Je donnerai donc 4 à ce métrage, qui est sûrement le meilleur de Joel Seria. Pas forcément un chef-d’œuvre, mais une bande un découvrir, à l’évidence.
pietro bucca
pietro bucca

89 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 mai 2013
Pas grand chose de bien interressant dans ce film....D'ordinaire je suis plutot un amateur des films de Seria,mais la ca manque vraiment de rythme.
karpathakis y
karpathakis y

34 abonnés 633 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 28 octobre 2019
Mais ne nous délivrez pas du mal, comme tous les films de Joël Séria est profondément ennuyeux. Les deux adolescentes ne jouent pas trop mal (quoique?) et rigolent sans arrêt pour rien. Simplement c'est une histoire qui est faite pour choquer (pas moi, le public), tous comme le sera le navet Les Galettes de Pont-Aven... Séria sera un peu meilleur avec San-Antonio ne pense qu'à ça, toujours avec Jeanne Goupil. Quant à Marie-Poupée...je n'en parle même pas... Pour ce qui est de Catherine Wagener, elle est abonnée au rôle de "petite vicieuse" et finira dans l'érotique, en passant entre autres par du Max Pécas, elle meurt seule et dans la misère.
GabbaGabbaHey
GabbaGabbaHey

241 abonnés 1 583 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2011
Un très bon film de Joel Séria, premier film du réalisateur, et par la même occasion première collaboration avec Jeanne Goupil, sa compagne, interprétant un des deux personnages principaux. "Mais Ne Nous Délivrez Pas Du Mal" est un film original et audacieux, intéréssant dans ses étranges idées et plein d'un humour très particulier mais efficace !
admeunier
admeunier

28 abonnés 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 mars 2022
Mais ne nous délivrez pas du mal est un bijou laforguien du génial Joël Séria.

Chaque minute plonge le spectateur dans une fascination angoissante pour ces deux jeunes filles vierges et de bonne famille qui s'appliquent à faire le mal au cours de leurs vacances d'été.

La photo est superbe, la mise en scène est discrète mais donne le vertige. Joël Séria est un grand peintre qui compose ses plans comme des tableaux mouvants.

A voir absolument.

Chef d'oeuvre.
ferdinand75

723 abonnés 4 454 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2020
Un film qui avait fait un énorme scandale à l’époque et qui lança aussi la carrière de Joël Séria, réalisateur marquant des années 70. Et pourtant on se demande aujourd’hui en 2020 ce qui choqua, et engendra une interdiction totale de sortie pendant plus d’un an. Le sujet paraît bien léger aujourd’hui ; avec ces deux gamines, élèves de pensionnat qui veulent s’affranchir de la religion, faire les 400 coups et passer du côté de Satan. . Elles tuent bien quelques moineaux, provoquent et flirtent avec un paysan voisin , chahutent leur jardinier . Elles rigolent beaucoup de leur bêtises. IL y a un peu de blasphème anticlérical , elles ne mangent pas leur osties, la recrache et imaginent le prêtre tout nu. Mais on trouve chaque semaine des propos anticléricaux bien plus radicaux dans Charlie Hebdo. Le point de rupture sera leur rencontre avec un automobiliste en panne devant le mur du château. Elle se proposent de l’héberger puis commencera avec lui une très jolie scène de séduction devant la cheminée , séance de charme , qui tourne mal, car le monsieur bien sous tous rapports ne pourra plus se retenir et tentera de les violer. Il y aura meurtre. Les choses deviennent plus sérieuses et les filles se sentent alors entraînées dans une spirale du malheur .Le final sera une représentation théâtrale allégorique, où les flammes de l’enfer viendront tout bruler. Rien de vraiment méchant. La réalisation est brillante,et soignée, IL y a aussi beaucoup de scènes bucoliques, de promenade en vélo, et de joie de vivre paysanne qui annoncent le Joël Seria des « Galettes … » , cinéaste important des 70's.. On devine que le genre de la comédie loufoque et satirique sera le domaine dans lequel Séria sera le plus à l’aise . Il retrouvera dans ces comédies futures sa muse de ce film, Jeanne Goupil , qui deviendra sa compagne .
Pseudofile
Pseudofile

14 abonnés 507 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 novembre 2018
Voilà où peut mener la boulimie filmique à rebours, lorsque saturé par la médiocrité de nombre de films récents on cherche à se refaire une santé cinématographique dans les productions d'un passé toujours plus lointain A un moment, on tombe sur ça ! alors "ça" qu'est-ce que c'est ? Comme qui dirait; une chroniques horrifique sur les "bienfaits" des croyances (ici la religion chrétienne) sur des esprits déjà instables d'adolescentes tout autant désœuvrées que décervelées.
Celles-ci n'ayant pas une seule occupation constructive, prennent un plaisir malsain à provoquer - notamment sexuellement - et à tourmenter leur entourage le plus faible et cela jusqu'à la mort (les oiseaux du benêt, scène ignoble, ou l'automobiliste) mais semble-t'il uniquement pour s'opposer aux préceptes pieux qu'on leur enfonce de force dans le crâne, car leur vie est pétrie par l'ingérence religieuse.
Et on ne reste pas béatement s'embrasser lorsque l'on brûle, quand bien même la volonté de se suicider ainsi. C'est peut-être la seule touche poétique du film mais ça décrédibilise le coté réaliste. De plus, les scènes n'en finissent pas, et lorsque l'on éprouve pas du dégoût, on sombre dans l'ennui. La seule chose de positivement notable que j''aurai trouvée en visionnant ce film, c'est le choix d'une Ford Zodiac mk III pour voiture de maître.
A lire le synopsis, je m'attendais à une comédie douce amère sur les errances de deux adolescentes rebelles, éprises d'indépendance, dans la campagne de cette époque., un peu dans le ton d'un "Charlie et des deux nénettes" ou d'un "Pleure pas la bouche pleine". Non, c'est autre chose et qui m'a vraiment déplu.
Pour certains, il s'agit d'un chef-d'oeuvre. mais je ne comprends vraiment pas ce qui motive cette appelation. C'est même plutôt banal comme situation car beaucoup de récits s'articulent autour de ce type de dualité. Tourné de nos jours, il y a fort à parier qu'il entrerait dans la catégorie des films d'horreur ritualisés par des croyances. Mais alors film culte ou série z ?..
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 848 abonnés 8 155 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 mai 2025
Anne & Laure, deux jeunes adolescentes, sont pensionnaires dans une institution religieuse. Leur imagination est alimentée par la lecture de divers auteurs prohibés dans l’enceinte du collège, tels que Baudelaire ou Rimbaud. De retour dans leurs familles respectives, elles sont bien décidées à assouvir leurs nouveaux penchants et ainsi, faire le Mal, comme d’autres feraient le Bien…

Nul doute qu’après sa présentation au Festival de Cannes en 1971 (dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs), le film a défrayé la chronique. En mettant en scène deux adolescentes qui vont jouer avec le feu, entre provocations et blasphèmes, le film n’était pas passé inaperçu, au point qu’il fut interdit pendant sept mois par la censure sous pression de l’Église catholique, en raison de sa forte dimension anticléricale.

Mais ne nous délivrez pas du mal (1972) est un récit initiatique sur deux jeunes filles rebelles jouant avec les transgressions, en provoquant les hommes ou en se moquant ouvertement des institutions religieuses.

Le film de Joël Séria est un brûlot au parfum de scandale et qui accuse sérieusement le poids des années. Le film aurait gagné à être découvert il y a 50ans en arrière, au moment de sa sortie, car de nos jours, il paraît sérieusement désuet, notamment à travers la représentation des personnages secondaires qui frise la caricature (les curés et le paysan). Cependant, il faut reconnaître que les deux actrices principales s’en sortent admirablement bien et la scène finale spoiler: (où elles s’immolent sur scène, devant toute l’assemblée)
vaut assurément le coup d’oeil, tant celle-ci arrive sans que l’on y ait été préparé.

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Max Rss
Max Rss

251 abonnés 2 306 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 janvier 2025
Il mettait déjà bien mal à l'aise en 1971, rien n'a changé depuis. Rien du tout. On peut supposer plein de choses : que ces deux adolescents agissent de la sorte pour faire acte de rébellion face à un milieu familial qu'elles abhorrent. Ou qu'elles n'aiment pas le monde dans (au sens global du terme) dans lequel elles vivent ou mille et une autres considérations de ce genre, moi, j'ai un avis nettement plus tranché sur la question. Elles agissent de la sorte car elles sont foncièrement mauvaises. Leur fascination pour Les Chants de Maldoror n'a rien d'anodine. Elle ne jette pas l'ambiguïté, mais confirme cette prédisposition au Mal. Leur cérémonie d'allégeance à Satan suivie de la tentative avortée de l'étang (qui a comme des allures de Traversée du Styx) est trop calculée et trop jusqu'au-boutiste pour simplement relever de l'inconscience. Et cette façon de ne jamais assumer les conséquences des actes est le propre des âmes perverses. Mais alors, puisqu'il n'y a pas autant d'ambiguïté que ça, pourquoi est-ce que ça fonctionne aussi bien ? Rien de plus simple : tout simplement parce que ça n'est pas fictif. Des âmes aussi mal fichues existent. Rien n'est exagéré dans ce goût du Mal allant crescendo. Et puis, il y a ce contraste : celui entre ce Mal et le comportement de ces adolescentes quand elles ne s'y adonnent pas. Elles se comportent comme des adolescentes normales. Qui se marrent, qui gloussent, qui font du vélo, qui découvrent leur sexualité et tutti quanti. C'était le cinéma français de l'époque : irrévérencieux, audacieux et sans limites, ou si peu. C'est à se demander comment Jeanne Goupil et Catherine Wagener, du haut de leur 20 et 18 ans, ont fait pour garder la tête aussi froide.
Artriste
Artriste

185 abonnés 2 366 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2025
Drame horrifique, écrit et réalisé par Joël Séria, dont c'est le premier long-métrage derrière la caméra, Mais Ne Nous Délivrez Pas Du Mal est un film perturbant. L'histoire nous fait suivre Anne et Lore, deux jeunes filles pensionnaires dans une institution religieuse, qui décident de vouer leur vie au mal en transgressant les interdits et en provocant les hommes, avec des conséquences progressivement tragiques. Ce scénario s'avère aussi dérangeant que prenant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue sombre et sulfureuse donnant lieu à des scènes malsaines mettant mal à l'aise. Car oui, l'apparence juvénile des deux fillettes aux airs innocents tranche radicalement avec la teneur de leurs actes délictuels et dangereux. Le récit aborde des thématiques comme la religion, l'allégeance à Satan, et comporte une importante dose de nudité et de sexualité aussi subversive que choquante. L'ambiance se veut dérangeante et empreinte de noirceur, alors que le rythme est lui très lent. L'ensemble est porté par un binôme ambigu formé par deux jeunes comédiennes donnant de leur personne que sont Jeanne Goupil et Catherine Wagener. Elles sont entourées par une distribution comprenant également Bernard Dhéran, Gérard Darrieu, Michel Robin, Marc Dudicourt, Véronique Silver, Henri Poirier, Nicole Mérouze, René Berthier, Jean-Daniel Ehrmann et Nicole Gueden. Tous ces rôles entretiennent des rapports créant du malaise. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture déclamés avec clarté et par les nombreux gloussements du duo prenant un malin plaisir à rire de leurs méfaits. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère qualitative. Sa mise en scène parvient à rendre inquiétant chacun des faits et gestes des deux apôtres du diable. De plus, elle évolue dans peu de lieux mais ceux-ci sont bien exploités. Ce visuel malfaisant est accompagné par une très bonne b.o. signée par Dominique Ney, dont les compositions troublantes collent à merveille avec les évènements. Surtout, elle comporte un thème principal mémorable et entêtant revenant à de multiples reprises, donnant ainsi une identité sonore à l'œuvre. Reste une fin hautement marquante venant mettre un terme à Mais Ne Nous Délivrez Pas Du Mal, qui, en conclusion, est un long-métrage qui laissera une empreinte indélébile tant il est impur et immoral.
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