Le cadre de l'action est plutôt insolite pour un film d'animation japonais : l'Italie des années 1920-1930, avec en toile de fond la récession économique et la montée du fascisme. Hayao Miyazaki, qui a toujours été fasciné par les machines volantes, s'inspire aussi visiblement des films d'aviation (notamment états-uniens) très à la mode pendant l'entre-deux-guerres. Ajoutons à ces sources d'inspiration une touche de magie japonaise, avec sortilège et anthropomorphisme, et l'on obtient un film destiné à séduire un public international, enfants comme adultes. Ce Porco Rosso conjugue joliment réalisme et fantastique, amour et humour. Les décors sont superbes et les aventures bien rythmées grâce à un montage fluide. Se dégage de ces dessins à la ligne claire et de cette histoire romanesque un charme à l'ancienne. Dans la filmo du maître japonais, on peut préférer se laisser envoûter par le mysticisme d'oeuvres plus originales (pour nous Occidentaux...), comme Princesse Mononoké ou Les Voyages de Chihiro, mais le relatif classicisme de Porco Rosso est aussi bien plaisant.
« Porco Rosso » est une œuvre d'Hayao Miyazaki qui fascine et transporte le spectateur dans une aventure pleine de poésie, d'humour, et de réflexion. Ce film, avec son réalisme saisissant et ses combats aériens aussi drolatiques que spectaculaires, est une merveille qui fait entrer dans l'univers semi-réaliste, proche de la ligne claire, de Miyazaki, avec ses décors d'une minutie rare. S'échappant des conventions du dessin animé japonais traditionnel, « Porco Rosso » éblouit par ses audaces, notamment à travers le personnage de Porco, ce pilote d'hydravion italien de l'entre-deux-guerres, transformé en cochon (aucune explication), naviguant entre les dilemmes de la dette d'honneur, l'amour et la solitude. Les dessins magnifiques, la musique inoubliable de Joe Hisaichi, et la voix de Jean Reno donnant vie à Porco, tout contribue à faire de ce film un petit bijou de l’animation. Il est clair pour moi que Miyazaki, partagé entre une vision romantique et une approche plus réaliste de l'aviation, rend un hommage poignant au travail des femmes et à l'esprit de liberté, avec une critique sous-jacente du fascisme et de la guerre. « Porco Rosso » est, sans conteste, une exploration de l'âme humaine, un hymne à la liberté et à la dignité, qui me laisse à chaque visionnage un sentiment de nostalgie mêlé d'admiration pour le génie de Miyazaki. WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU (TOME 1) et LE CIMETIERE DES SQUAWS (TOME 2) (Amazon Kindle).
Porco Rosso est l'un des piliers de la carrière extraordinaire Myazaki dans le monde de l'animation. Cette oeuvre n'a pas le gigantisme de Princesse Mononoke ou du Voyage de Chihiro, mais réussit à surprendre par une simplicité étonnante, sans prétention. L'auteur nous raconte seulement l'histoire d'un aviateur transformé en cochon, plongé dans la solitude pour éviter le fascisme des années 20. Entouré seulement de femmes en qui il donne peu à peu sa confiance, il accomplit une ultime mission pour l'amour de celles-ci. Puis, c'est dans une conclusion troublante, presque mysterieuse que cette épopée prend fin, laissant la parole à la petite gamine qui l'a accompagné tout au long de son aventure. Elle y explique qu'avec Gina, elles attendront toujours Porco dans ce fameux jardin secret pour leur déclarer l'amour. Mais nous, spectateurs, nous savons que Porco Rosso ne reviendra jamais... C'est ainsi que le poême prend fin, dans l'intimité des nuages dans lesquels Porco a peut-être rejoint ces nombreux amis. Peut-être l'oeuvre la plus douce et la plus secrète de Myasaki.
En 1992, le cofondateur du Studio Ghibli, Hayao Miyazaki, réalise son sixième long-métrage, juste après Kiki la petite sorcière, trois ans plus tôt. Mais à la différences de ses précédentes créations, celle-ci est marquée par un certain réalisme, et par la volonté d'ancrer l'histoire dans une période historique ayant existé et des frontières géographiques qui existent toujours. En effet, dans l'Italie de l'entre-deux-guerres (1929), alors que la crise économique et la montée du fascisme frappent le pays, Marco Pagot dit "le Porc rouge", ancien pilote réputé de l'armée aérienne de son pays, oeuvre désormais en tant que chasseur de primes et doit affronter les dangereux pirates du ciel qui gagnent leur vie en volant des voyageurs innocents sur les mers de la Méditerranée et de l'Adriatique. Accompagné dans sa mission par la jeune et brillante Fio, le pilote torturé, solitaire et marginal devra défendre les innocents et son honneur, sur fond de rivalité avec un pilote peu scrupuleux et d'amour inavoué avec une belle et célèbre chanteuse Gina, gérante de l'hôtel Adriano. A la différence des autres créations existant déjà en 1992, ou même de la plupart de celles à venir, Porco Rosso marque par son réalisme (appuyé également par les apparitions de marques connues, un fait rare dans l'univers de Miyazaki) son sérieux, sa mélancolie (un sentiment accentué par les couchers de soleil à plusieurs reprises) et par une certaine forme de violence (spoiler: le combat final à mains nues entre les deux pilotes chevronnés ). La dénonciation de la guerre et de ses conséquences terribles et absurdes est également un élément majeur du film, mais n'est pas pour autant une nouveauté (Nausicaä de la vallée du vent, le Château ambulant et Princesse Mononoké). La dimension historique du film est également nourrie par l'introduction d'une célèbre chanson du répertoire français : le Temps des cerises, interprété à merveille dans la version originale par Tokiko Kato, une doubleuse japonaise. Ici, nous sommes donc loin des images poétiques des traditionnels films du Studio Ghibli, encore qu'on peut profiter de la beauté et de la féerie de certains paysages à l'occasion de quelques séances de vol au-dessus de la mer. Enfin, plusieurs anecdotes sont intéressantes au sujet de cette création. D'abord, le fait que le format final du film, ainsi que la finalité de ce dernier, ne correspondent pas du tout au projet original (45 minutes destinées à être projetées lors des vols de la compagnie Japan Airlines). C'est au fur et à mesure de la création du film et de son aspect sérieux et grave qu'il fut choisi pour le cinéma. Ensuite, cet hommage à l'aviation, que Miyazaki, grand passionné du sujet, a attendu cinq films avant de réaliser. D'ailleurs, le nom du studio (Ghibli) est avant tout celui d'un avion de reconnaissance développé par l'Italie entre 1936 et 1947. Enfin, un parallèle amusant lorsqu'on se penche sur les doublages français et les personnages interprétés par ces derniers : le héros chasseur de primes, doublé par Jean Reno, est accompagné d'une jeune fille dans son aventure, deux ans avant la création du film Léon et de la répétition troublante de ce rapport.
Hayao Miyazaki, maître artisan de récits visuels, propose avec Porco Rosso une œuvre singulière où l’élégance des cieux rencontre la complexité de l’âme humaine. À la croisée du divertissement et de la réflexion, ce film tisse une trame riche en émotions, portée par des personnages aussi profonds qu’inoubliables. Avec un mélange habile de légèreté et de gravité, Miyazaki nous offre un récit qui s'inscrit dans une époque tout en transcendant le temps.
Porco Rosso, cet as des airs transformé en cochon, est un personnage d'une densité rare. Par sa simple existence, il incarne un paradoxe fascinant : un homme autrefois héros de guerre, désormais reclus dans sa solitude, vivant à la marge d'une société gangrenée par le fascisme. Son hydravion rouge écarlate est plus qu’un outil de survie : c’est une métaphore de sa quête pour échapper aux chaînes du passé et trouver un semblant de liberté.
La transformation de Porco en cochon n’est pas qu’un artifice narratif, mais une réflexion subtile sur l’identité et la manière dont les hommes choisissent de se définir. C’est aussi un rappel que, même dans ses moments de faiblesse et de cynisme, l’être humain conserve une dignité indomptable.
L’Adriatique des années 1920, telle qu’elle est peinte par Miyazaki, n’est pas seulement un décor. C’est un personnage à part entière, vivant et vibrant, témoin d’une époque où la modernité bousculait les traditions. Chaque scène regorge de détails méticuleux, des hydravions magnifiquement rendus aux villes côtières baignées par une lumière dorée, évoquant une époque révolue avec une nostalgie palpable.
Miyazaki sublime cet univers avec des combats aériens chorégraphiés comme des ballets, où chaque mouvement est une danse entre liberté et danger. Ces séquences sont à la fois exaltantes et empreintes d’un lyrisme rare.
Les personnages secondaires de Porco Rosso enrichissent le récit en apportant chacun une nuance émotionnelle unique. Gina, la chanteuse au passé marqué par des pertes douloureuses, est une figure de grâce et de résilience. Fio, jeune ingénieure pleine d’enthousiasme, incarne l’espoir et le renouveau, contrastant avec la désillusion de Porco.
Donald Curtis, rival flamboyant de Porco, n'est pas simplement un antagoniste. Son ambition démesurée et son charme font de lui un miroir inversé du héros : là où Porco fuit les regards, Curtis cherche désespérément à captiver l’attention. Cette dualité ajoute une tension dramatique qui culmine dans un duel final aussi drôle qu’émouvant.
Porco Rosso dépasse le cadre de l’aventure pour explorer des thèmes plus profonds, comme la mémoire, la liberté et la rédemption. Les dialogues, souvent empreints d’une philosophie subtile, offrent des réflexions qui résonnent bien après le générique de fin. Miyazaki parvient à équilibrer humour, mélancolie et action sans jamais sacrifier la cohérence de son récit.
La musique de Joe Hisaishi est, une fois de plus, un élément clé de l’atmosphère du film. Entre les envolées orchestrales qui accompagnent les scènes de vol et les mélodies plus intimistes qui soulignent les moments de réflexion, la bande originale agit comme un fil conducteur émotionnel. La chanson de Gina, douce et empreinte de nostalgie, reste gravée dans les mémoires, évoquant l’amour, la perte et l’espoir.
Certains pourraient considérer que l’histoire prend son temps pour s’installer, ou que l’humour léger contraste parfois avec le ton global du film. Pourtant, ces choix narratifs participent à l’identité unique de Porco Rosso. Loin des structures narratives conventionnelles, Miyazaki propose une œuvre qui respire et vit à son propre rythme.
Porco Rosso est une œuvre profondément humaine, qui mêle avec brio le spectaculaire et l’intime. Avec son mélange de poésie visuelle, de personnages attachants et de réflexions subtiles sur la condition humaine, le film s’élève au rang des grandes œuvres de l’animation. C’est un voyage à travers le ciel et les émotions, un rappel poignant de la beauté et de la fragilité de l’existence.
Où est passé la magie des dessins animés de miyazaki, c'est le seul film de miyazaki que je n'aimes pas. Pas ennuyeux heureusement mais tout juste passable.
Un Miyazaki moins fantastique que d'accoutumée, plus facile à suivre. Beaucoup d'humour, un superbe travail d'animation encore une fois. Parfaitement maitrisé mais peut-être un peu trop manichéen à mon goût. Sympa et toujours aussi magique.
Derrière ce nom ridicule ce cache une vrai aventure romanesque sur le monde héroïque des premiers pilotes d'avions mêlant combat épique, séquence émotion, humour burlesque, scène fantasmagorique... Le tout dégage une vrai atmosphère de poésie et de charme sans être le moins du monde ennuyeux ou prise de tête. Un des plus beau dessin animé que j'ai pu voir.
Sans être inintéressant ou désagreable à regarder, Porco Rosso est globalement très décevant. Déjà parce qu'il est ennuyeux, bien que l'action ne manque pas, mais celle ci tourne autour d'un seul sujet (comme tout le film d’ailleurs) : l'aviation. Ce sujet des machines volantes et du ciel, presque omniprésent dans les Miyazaki, ne me gène pas d'habitude, au contraire ! Mais là, c'est trop. Les personnages ne sont pas assez attachants pour vraiment accrocher au film... Mais le plus décevant selon moi reste le manque presque absolu de magie, de merveilleux (si on considère qu'une tête de cochon ça na rien de merveilleux, ce qui est mon cas !) Rien à voir avec les autres Miyazaki, qui font tellement rêver ...!
Miyasaki c'est pas mal et c'est tout ! Personnellement je n'y suis pas très sensible. PORCO ROSSO c'est nettement moins bien que MONONOKE mais mieux que le fouillis et infantile CHIHIRO. Au final, c'est pas déplaisant mais je ne comprends pas bien cet engouement pour l'oeuvre de ce realisateur.
Le manga ne m'a pas intéressé plus que cela, je n'ai pas été transcendé par l'histoire, ni été attaché par les personnages, je pense qu'il s'adresse plus à un public masculin, ça se laisse regarder mais ce n'est pas exceptionnel
Petite critique sur un Miyazaki injustement méconnu : Porco Rosso (Kurenai no buta en Japonais). C'est un Miyazaki un peu à part, peut-être moins ambitieux qu'à l'accoutumé mais non moins touchant. Première exception dans un film de Miyazaki à ma connaissance : le héros est un adulte. Et Marco (devenu un porc suite à un enchantement) est presque un antihéros (du genre Hellboy) au caractère de loup solitaire mais au grand coeur. Ce contraste fort par rapport aux héros typiques de Miyazaki (souvent des jeunes filles ou des adolescentes) contribue à rendre son film "à part" dans sa filmographie.
Plus qu'un simple hommage à l'aviation, une des passions du réalisateur, le film raconte aussi une rivalité entre les pirates de l'air et l'Américain Curtis et Marco, le héros des cieux dans l'Italie des années 1920. Il sera aidé par Fio, la fille d'un vieil ami, contre son gré au départ en raison de son caractère. Gina, la propriétaire d'un hôtel où les aviateurs se rendent souvent, est entre Curtis et Marco... Je ne vous en dis pas plus pour ne pas spoiler, mais sachez que cette rivalité amoureuse durant la guerre pourrait paraître tragique, mais le ton léger prend le pas sur le registre dramatique même si la scène où Marco évoque la guerre est plus dramatique qu'épique (même si un onirisme est présent) .
En bref, ce Miyazaki démontre la qualité constante des films du réalisateur et leurs intemporalités. De plus, ce qui fait la force de ce Miyazaki c'est sûrement le registre comique présent et ce même avec le climat de guerre et de crise. Marco est sûrement un des héros les plus charismatiques des films de Miyazaki et est bien doublé par Jean Reno, collant parfaitement au personnage. Le tout est accompagné comme d'habitude par une bande-son magistrale de Joe Hisaishi avec notamment un thème principal mémorable. Un film harmonieux et touchant, bref, un grand Ghibli.
A voir : Pour Marco et l'ambiance tour à tour dépaysante et révoltée! Ma note : 4,5/5.
Miyazaki, Ghibli et Joe Hisaishi (et toutes leurs équipes bien sûr), le trio gagnant...