Le Massacre de Fort Apache
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Jack G
Jack G

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3,5
Publiée le 21 juillet 2020
Western au casting cinq étoiles, un projet cinématographique aussi ambitieux ne pouvait être porté à l’écran que par l’un des réalisateurs les plus incontournables du genre : John Ford.
En 1939, après le succès de La Chevauchée fantastique, Ford s’associe au producteur Merian C. Cooper (producteur du légendaire film King Kong de 1933) pour fonder une société de production indépendante : Argosy Corporation, renommée « Argosy Pictures » en 1946. Un an plus tard, Les Hommes de la mer est la première production des deux nouveaux associés, mais la réception de ce long-métrage est un échec. La Seconde Guerre mondiale éclate et le studio est mis en sommeil jusqu’en 1946. Argosy Pictures signe alors un contrat de distribution avec la RKO, et en 1947, Dieu est mort est le deuxième long-métrage du studio et le premier à concrétiser ce partenariat. Mais cette nouvelle production est encore un échec, et la RKO commence à se désengager progressivement d’Argosy Pictures et de John Ford, ce qui n’empêche pas le cinéaste à se lancer dans son troisième projet au sein de son studio : Le Massacre de Fort Apache.
Inaugurant son célèbre Cycle de la cavalerie, une trilogie consacrée à la cavalerie américaine et également composée de La Charge héroïque (1949) et Rio Grande (1950), John Ford s’accompagne d’un nouveau scénariste, Frank S. Nugent, qui remplace Dudley Nichols, qui a collaboré avec le réalisateur dans quelques-uns de ses plus grands succès depuis 1930 (La Chevauchée fantastique notamment). La cause de cette séparation est à rechercher dans l’échec du deuxième long-métrage d’Argosy Pictures, Dieu est mort, qui a contribué à aggraver les pertes financières du studio. Quoiqu’il en soit, ce remplacement est une date charnière dans la filmographie de Ford, car il modifie certains aspects dans ses nouvelles réalisations et sa manière de développer ses personnages. Bertrand Tavernier dénoncera d’ailleurs plus tard « l’influence pernicieuse » de Dudley Nichols sur John Ford.
Nécessitant un gros travail de préparation et tourné entre juin et octobre 1947, ce long-métrage incontournable du genre western se dote d’un budget conséquent pour l’époque, avec un montant astronomique de 2,5 millions de dollars. Le Massacre de Fort Apache adapte ainsi le roman Massacre, de James Warner Bellah, dont les écrits sur les Indiens et la cavalerie ont influencé de nombreuses œuvres cinématographiques, comme L’homme qui tua Liberty Valance (1962), toujours de John Ford. Ce dernier y raconte indirectement l’histoire de la célèbre bataille de Little Big Horn, déjà adaptée au cinéma par Raoul Walsh en 1941 dans La Charge fantastique, mais en modifiant les identités des personnages, le général Custer étant ainsi remplacé par le lieutenant-colonel Thursday (Henry Fonda).
La politique, habituellement absente du western, est ici très présente, jusqu’à devenir un motif supplémentaire dans la discorde qui déchire Thursday et son subordonné, le capitaine Kirby (John Wayne). On y découvre ainsi le rôle insidieux d’un gouvernement américain qui cherche à pervertir l’esprit indien en installant dans leurs réserves des marchands d’armes trafiquées et d’alcools frelatés, et qui n’hésite pas non plus à trahir des promesses de paix malgré sa parole donnée.
S’il y a bien un aspect novateur qu’il faut garder du Massacre de Fort Apache, c’est sa représentation sobre, humaniste et empathique des Indiens. Ici, l’Indien n’est plus seulement l’ennemi sauvage, barbare et insensible à toute civilisation qui attaque la diligence de La Chevauchée fantastique, mais il est un être humain sensible et valeureux qui défend ses valeurs et son mode de vie. John Ford l’a déclaré lui-même, à propos de ce film : « Les Indiens sont des héros présentés avec sympathie ». Cette citation permet à elle-seule de contredire l’idée fortement ancrée dans l’imaginaire collectif selon laquelle Ford était un cinéaste raciste et réactionnaire. Non, bien au contraire, le réalisateur a même été l’un des premiers à adopter une démarche anti-raciste, faisant même du Massacre de Fort Apache l’un des premiers westerns pro-Indiens.
Dans l’un de ses plus grands rôles, celui du chef Cochise, Miguel Inclan nous montre un visage d’une honnêteté intacte, et y est certainement pour beaucoup dans la sympathie que ressentent alors les spectateurs de cette époque pour une nation jusque-là injustement méprisée.
La voie du western pro-Indiens est ainsi désormais ouverte, voie dans laquelle s’engouffrent Delmer Daves et Anthony Mann en réalisant simultanément La Flèche brisée et La Porte du diable, deux célèbres westerns réalisés l’année suivante et dont le sujet principal est la nation indienne.
Ce western humaniste propose aussi une profonde description de l’univers de la cavalerie américaine, un récit presque documentaire dans lequel on découvre les valeurs, coutumes, rituels et fêtes, grâce à plusieurs séquences sur la vie sociale dans cette garnison isolée. Mais si Ford ne cache pas son admiration pour ces hommes, et aussi ces femmes, seuls et en première ligne dans le conflit, il ne fait pas non plus preuve de retenue à l’égard de la hiérarchie militaire, grâce à une dénonciation de l’incompétence et du racisme du plus haut gradé de la garnison. Les décisions contestables du lieutenant-colonel, son obstination dans sa vie privée et professionnelle, et son mépris envers le peuple indien alimentent toutes sortes de tensions qui se développent dans ce milieu confiné : sociales, hiérarchiques et militaires.
De plus, pour étayer la vision d’un cinéaste tolérant et humaniste, sa manière de mettre en avant les femmes de soldats démontre une certaine sensibilité et une considération exceptionnelle à cette époque. Elles représentent la douceur dans ce monde en guerre et John Ford en fait des modèles de vertu, de bonté et de courage alors qu’elles sont tous les jours confrontées à la mort. Que ce soit Mrs Collingwood, Mrs O’Rourke et même le personnage de Philadelphia, jouée par Shirley Temple, alors en fin de carrière, ces femmes sont toutes touchantes. Un petit bémol cependant à l’égard de la naïveté presque enfantine de la fille Thursday et de ses mimiques un peu exagérées.
Durant la première moitié du film, Ford prend ainsi son temps en peignant l’atmosphère de cette garnison, quitte à parfois être un peu trop long. Mais la dernière demi-heure est véritablement haletante, étant entièrement consacrée à la transposition de la bataille de Little Big Horn dans un rythme incroyable et une éternelle maîtrise de la mise en scène dynamique. spoiler: En témoigne l’anéantissement de Thursday et de ses hommes dans le défilé, où les cascades, les attaques et la poursuite sont une véritable leçon de cinéma pour le genre western.

Certains choix de mises en scène rappellent certaines scènes de précédents films du cinéaste, comme le travelling sur le désert traversé par les cavaliers qui vient se terminer sur les Indiens perchés au sommet des montagnes, faisant ainsi écho aux mêmes plans maîtrisés dans La Chevauchée fantastique.
La conclusion du Massacre de Fort Apache a pu faire l’objet de critiques, et cette controverse se comprend. spoiler: En effet, après la mort de Thursday et les vives tensions qui l’ont opposées à son supérieur (jusqu’à son limogeage sur le champ de bataille, rien que ça), le capitaine Kirby, qui a pris la relève, vante les actions de son prédécesseur et glorifie sa mémoire face à des journalistes. Ce revirement dans l’opinion forgée par Kirby à l’égard de l’incompétent et autoritaire Thursday est assez déroutant, bien qu’on puisse comprendre que l’institution militaire et la promotion de ses héros (parfois construits) aient fini par prendre le dessus. Il faut dire que la cavalerie est un organe militaire suffisamment solide pour pouvoir extirper de son sein la brebis galeuse sans que ses valeurs fondamentales soient détruites pour autant. Mais Kirby n’est pas dupe non plus, et sans doute n’est-ce-pas un hasard si le dernier plan du capitaine nous fait découvrir son regard porté sur les soldats sacrifiés, et non sur son défunt supérieur raté.

Face au critique Peter Bogdanovich, John Ford développe sa pensée sur cet épilogue controversé : « Je pense que c’est bon pour le pays. Nous avons beaucoup de personnes qui sont supposées avoir été des grands héros et nous savons sacrément bien qu’elles ne l’ont pas été. Mais c’est bon pour le pays d’avoir des héros à admirer. Prenons Custer, un grand héros. En réalité, il ne l’était pas. Ce n’était pas un homme stupide mais ce jour-là il s’est comporté stupidement. Ou Pat Garrett qui est un grand héros de l'Ouest. Il ne l'était pas non plus - il est censé avoir tué Billy the Kid, mais en réalité c'est un de ses hommes qui l'a fait. D'un autre côté, bien évidemment, les légendes ont toujours une base ». Ce travestissement de la réalité au profit d’une mémoire collective héroïque et fondatrice peut d’ailleurs être résumé par le célèbre adage, souligné par Bogdanovich lui-même au cours de l’entretien : « Lorsque les légendes deviennent la réalité, on imprime les légendes ». Jacques Lourcelles a lui aussi bien compris le message du réalisateur : « Ford prône la force d’exemple que recèlent les vertus du mythe sans rien cacher de l’aspect négatif de la réalité qui lui a donné naissance ».
Porté par un prestigieux casting, Le Massacre de Fort Apache peut s’appuyer sur les épaules de deux des plus grands acteurs de l’histoire du cinéma américain : Henry Fonda et John Wayne.
Le premier fait un pari osé, tout en tournant l’un de ses derniers films avec celui qui lui avait offert sa première nomination aux Oscars, avec Les Raisins de la Colère (1940). Après tant de rôles positifs, Fonda interprète Thursday, le premier personnage antipathique de sa carrière. Thursday est un colonel aigri, qui n’accepte pas la perte de son grade, un ambitieux avide de gloire, arrogant, n’écoutant aucun avis et les contrant même systématiquement, attaché à la séparation des classes sociales (il fait exprès de déformer les noms de ses inférieurs et refuse l’idylle de sa fille avec un jeune lieutenant). Il critique le relâchement vestimentaire, choisit ses stratégies sans prendre conseil et sans en informer personne. Il méprise les Indiens et ne possède aucune compassion pour ses hommes. Mais ce portrait en apparence entièrement négatif recèle néanmoins quelques lumières, comme dans l’admiration qu’il éprouve pour sa fille, dans l’amour qu’il lui porte et les gestes de tendresse qu’il lui prodigue.
Le second, pour sa huitième collaboration avec Ford, campe le capitaine Kirby, capitaine valeureux et humaniste du régiment. Quelle surprise, lorsqu’on connait le tempérament de l’acteur et sa gloire alors étincelante au moment du film, de le trouver en retrait face à Henry Fonda. Kirby est un officier droit, franc, intègre et honnête, qui prend la défense de la nation indienne face aux préjugés racistes de son supérieur hiérarchique. Une douce ironie offerte par ce film qui bat en brèche les clichés ayant stigmatisé le Duke dans une accusation de racisme. Encore un préjugé renvoyé au nez des ignorants et calomniateurs grâce au Massacre de Fort Apache.
Il a pu être écrit que Le Massacre de Fort Apache voit un passage de témoin entre Henry Fonda, acteur très célèbre mais vieillissant, et John Wayne, lancé depuis La Chevauchée fantastique sur la voie du succès. Mais cette analyse oublie les nombreux grands rôles joués par Fonda après cette collaboration entre les deux acteurs, témoignant du fait que sa carrière est encore loin d’être terminée à la fin des années 1940. Il suffit de penser à ses rôles inoubliables dans les productions tout aussi mémorables que sont Douze hommes en colère (1957), L’Homme aux colts d’or (1959), La Conquête de l’Ouest (1962), ou encore, Il était une fois dans l’Ouest (1968). Ainsi, bien que Wayne bénéficie d’un succès grandissant, Fonda est loin d’avoir raccroché.
A sa sortie, ce western a su conquérir les spectateurs en récoltant près du double de recettes (4,9 millions de dollars) lors de son exploitation en salles. De quoi initier la trilogie de Ford de la plus belle des manières, puisque La Charge héroïque (1949) et Rio Grande (1950) ne déméritent pas au succès du premier opus, sa suite se payant même le luxe de décrocher un Oscar.
Tedy

309 abonnés 2 480 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 décembre 2012
Un des meilleurs westerns de John Ford, que les fans du genre se doivent de regarder.
Sid Nitrik
Sid Nitrik

74 abonnés 416 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2014
Un superbe western signé John Ford et qui va lancer le début de sa trilogie basée sur la cavalerie. Superbe à plusieurs égards. D'abord, sur la forme, Ford déploie toute sa maestria technique pour nous livrer des scènes sublimes ainsi qu'une reconstitution méticuleuse du contexte. Les grandes charges sont épatantes de maîtrise pour l'époque et permettent de nous immerger au cœur des affrontements. Ensuite, sur le fond, en s'inspirant de la bataille de Little Big Horn, l'une des plus grosses raclés prises par la cavalerie américaine face aux Indiens, le réalisateur dénonce la bêtise belliqueuse, la corruption, la suffisance et la gloriole des gradés de l'armée. Les Apaches y sont montrés comme un peuple recherchant la paix et la tranquillité, et capable de déployer de redoutables stratégies militaires dans le but de se défendre, ce qui est assez rare pour être souligné. Enfin, concernant les acteurs, John Wayne enfile parfaitement un costume de héros sobre et mesuré et donne la réplique à l'immense Henry Fonda, excellent dans ce rôle de salaud galonné. Le casting est complété par la beauté et la fraîcheur de Shirley Temple, malgré un doublage français assez pénible (étonnement pas de VO sur mon DVD...). Quelques longueurs mais un western qui ravira assurément les amateurs du genre.
TheDarkKnight74
TheDarkKnight74

47 abonnés 194 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 janvier 2013
Ford sait filmer comme un dieu, c'est bien connu, mais bon sang il fallait que je voie un de ses films, et pas des moindres, sur grand écran, pour pouvoir en prendre pleinement conscience. Fort Appache aligne de fabuleux mouvements de caméra qui balayent d'immenses étendues désertiques avec un talent fou. Cette œuvre a vraiment été conçue pour le cinéma, le vrai. Les plans englobent des pans entiers de décors et le gigantisme du désert entaillé de canyons se ressent jusqu'à la moelle. Concernant les scènes de dialogues entre les personnages, Ford réussit tout aussi bien à donner une intensité palpable seulement grâce à son sens inné du cadrage, chaque images semble être centré au bon endroit, et la caméra filme exactement ce qu'il faut pour d'ores et déjà donner de l'épaisseur émotionnelle à la scène. Bien sûr, ajoutez à cela un casting quatre étoiles qui desservent des performances historiques (Henry Fonda en colonel Thursday). John Wayne paraît plus effacé et raisonnable dans son rôle de capitaine York, ce qui change de ses rôles de gros durs dans des films moins vieux. Ward Brand apporte une convivialité chaleureuse en père O'Rourke. Pedro Armendariz se sert de sa verve espagnole pour, en l'espace de quelques scènes, donner de l'importance au sergent Beaufort qui à l'origine fait office de personnage secondaire. En revanche, le chef des indiens, Cochees, ainsi que O'Rourke fils, semblent un brin pâlichons comparés aux prestations formidables précédemment évoquées. La musique consiste pour la majorité e hymnes américains tonitruants, qui provoquent un roulement en accord parfait avec les marches des soldats sur une note de patriotisme qui peut agacer ou faire sourire avec bienveillance. Le scénario présente une complexité relative qui se révèle capitale : le film devient alors autre chose qu'une série B. Des éléments sur la psychologie des soldats dans l'armée vis à vis des grades sont inclus via une intrigue amoureuse qui d'ailleurs est vite expédiée, son seul but étant de montrer les barrières dressées par les différences de grades. La mauvaise foi du système politique, l'aspect historique des relations indiens-colons, et la vie dans un camp militaire sont quelques uns des thèmes abordés. Pour terminer, parlons un peu de la séquence finale, cette boucherie ou Thursday devient un héros, conclue en beauté par un superbe plan fixé sur le visage de John Wayne regardant défiler ses soldats à travers une vitre qui les reflète. La mort du colonel Thursday achève de l'ériger au sommet des gloires américaines, dévoilant ainsi la façon de penser du conquérant typique outre-Atlantique. Le regard de la nation compte autant que le regard sur soi-même. Malgré son denier acte qui peut être pris pour de la folie, Thursday était extrêmement lucide sur la société de son époque, et sa décision fut prise par sang froid. Un western intelligent et grandiose, agrémenté d'un final épique...bref un chef d’œuvre.
Antoine D.
Antoine D.

47 abonnés 343 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 septembre 2017
Le scénario est tiré d'une histoire vraie comme de nombreux westerns. Celui-ci retrace le massacre de la troupe du général Custer par les troupes de Sitting Bull.
John Ford met en scène la corruption, le racisme et dans les dernières séquences, la loyauté, le courage et l'honneur du Colonel Thursday.

C'est l'une des première fois dans le cinéma que l'on voit un sous officier remettre en cause les ordres d'un officier qui veut imposer ses règles. On retrouvera ce genre dans le film de Kubrick, Les sentiers de la gloire ou celui de Aldrich, Attaque!

L'humour est très souvent mis en scène, comme avec la scène où les soldats doivent monter sur leur cheval. L'humour est pourtant très rare dans ce genre de film.
ElAurens
ElAurens

93 abonnés 585 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2010
Premier film sur la cavalerie de John Ford, Le massacre de Fort Apache raconte l'histoire d'un homme bourré d'ambitions, cultivé, stricte, plutôt bon stratège, mais totalement borné et sous-estimant totalement l'ennemi en plus de le mépriser. Ce personnage brillamment interprété par Henry Fonda est clairement inspiré du Général Custer. Derrière Fonda, on pourra voir John Wayne moins gradé que lui, mais largement plus compétant grâce à sa connaissance du peuple Apache, John Agar pour son premier film tombant amoureux de Shirley Temple et d'autres habitués de Ford comme Ward Bond ou Victor Mclaglen. Plusieurs scènes restent marquantes, celle de la poursuite d'un chariot faisant clairement penser à La chevauchée fantastique, la scène du bal évidemment, celle de l'arrivée de Wayne et Armendariz dans le camp Apache et bien d'autres encore toutes sublimées par la superbe bande originale de Richard Hageman. Ce film montre aussi pourquoi les indiens refusaient de vivre dans leurs réserves, ce qui en fait l'un des premiers, peut-être même le premier à prendre partie pour eux. Le second film de Ford sur la cavalerie (véritable chef-d’œuvre), La charge héroïque, sera lui encore plus réussi.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 mai 2010
Sur le fond, message très consensuel à la gloire de la cavalerie US nuancé par un regard assez favorable sur les indiens (en 1948 c'était assez nouveau, deux ans même avant la flèche brisée). Sur la forme, c'est un excellent western : progression dramatique maîtrisée et interprétation mémorable de Henry Fonda et de John Wayne (dans une des ses meilleures composition, tout en subtilité, incroyable n'est-ce pas ?)
White Fingers
White Fingers

29 abonnés 1 237 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 janvier 2023
Ce que j’apprécie avant tout chez John Ford, c’est la notion de communauté et l’idée qu’une troupe d’acteurs bien dirigée puisse transcender une histoire somme-toute simple, la vie dans un fort perdu au fin fond du désert, et en faire une histoire romanesque. Bien sûr, nous avons des têtes d’affiches, des premiers rôles. D’un côté Henri Fonda, l’officier supérieur pétri de valeurs et de principes, mais qui s’avère rigide voire obtus. De l’autre, John Wayne, beaucoup plus souple et tolérant, mais qui, en bon soldat, se plie aux ordres. Et puis, autour de ces deux étoiles, une multitude de planètes et de satellites qui viennent enrichir les rapports humains à l’images des « colosses » Ward Bond et Victor MacLaglen. Quelques scènes d’action, bien sûr, mais aussi une histoire d’amour entre la délicieuse Shirley Temple et John Agar, et des scènes burlesques (le cinéma muet n’est pas très loin) comme l’entrainement des nouvelles recrues ou l’initiation à la cavalerie. La mise en scène est admirable à l’image des scènes extérieures comme celle où les deux cavaliers filmés de très loin semblent écrasés par la montagne. « Le massacre du fort Apache » préfigure le meilleur à venir l’année d’après, à savoir « La Charge héroïque ».
Retrouvez mon amour du Far West dans le roman WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU - Eds VERONE - TOME 1.
Sam Spade
Sam Spade

5 abonnés 292 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 mars 2010
Ce western de John Ford est bien, c’est un western avec des indiens, de l’amour, de la guerre, de l’amitié, du courage.
Un bon western sans plus, car ce film n’est pas le meilleur western de tout les temps. Le scénario est pas mal, les acteurs sont normal, et la réalisation bien. Un western pas mal avec John Wayne dans son rôle habituel. Un peu de comédie dans ce western, et une fin tragique.
Pas mal.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 22 août 2012
Moins puissant que "La Charge Héroïque" qu'il précède, ce film se vaut surtout pour l'affrontement à l'écran - et également hors-écran comme on peut le pressentir - de deux légendes du cinéma américain, à savoir Henry Fonda et John Wayne. Et à mesure que le scénario avance on peut voir l'ascendant que John Wayne prend petit à petit sur Henry Fonda qui reste au-dessus du lot une majeure partie du film.
Un western très classique, néanmoins c'est ici la couleur qui apportera aux films de John Ford leur majesté (j'entends bien sûr les westerns splendides tournés à Monument Valley).
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 28 janvier 2013
Le Colonel Thursday, joué par Henry Fonda, arrive à Fort Apache dans le seul but de battre les Indiens afin de faire ses preuves de chef de guerre et obtenir enfin les honneurs militaires qu'il pense mériter.
ll se lancera dès lors et contre l'avis du Capitaine Kirby (John Wayne) dans une bataille pourtant évitable mais qu'il souhaite coûte que coûte.
Il mourra lamentablement au combat entraînant également la mort de ses hommes.
Hormis la brillante mise en scène : le bal - Pedro Amendariz et John Wayne face à Coschise - le départ de la cavalerie pour le combat final etc... la chose la plus frappante de ce film reste la façon dont John Ford se débarrasse de l'héroïsme poisseux version Hollywood : l'héroïsme de Fort Alamo par exemple.
Ici, la bataille est perdue d'avance, le colonel méprise les qualités indiennes et il le paiera cash.
On ne verra même pas 4000 Apaches mourir bêtement à longueurs de scènes avant qu'un bataillon fait de braves et fiers Irlandais lâchent finalement prise à quelques secondes du générique de fin. Non, la cavalerie s'y prend très mal et la bataille se résumera à un tir aux pigeons.
Courageux de la part de Ford en 1948 : pas de gloriole dans une Amérique pourtant jamais rassasiée de vanter ses héros nationaux!
La fin du film est tout bonnement magnifique : on y voit des journalistes exaltés questionnant un John Wayne incrédule sur l'infinie bravoure du défunt colonel Thurday. Kirby pourtant farouche opposant aux idées de Thurday leur répondra d'un sourire complice avec le spectateur (quasi caméra) : "...oh, c'était un très grand homme, un immense héros pour les Etats Unis d'Amérique".
Et c'est sûrement comme cela que se sont écrites quelques pages de l'histoire des grandes nations.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

3 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 avril 2026
Avec Le Massacre de Fort Apache, John Ford pose les bases de sa trilogie de la cavalerie en mêlant critique de l’autorité et mythologie de la frontière. Henry Fonda incarne un officier rigide dont l’orgueil précipite la tragédie, face à la sagesse plus nuancée de John Wayne. Ford alterne scènes intimistes et séquences militaires avec un sens du rythme maîtrisé, mais l’ensemble reste assez classique dans sa progression. La dimension critique, bien que présente, apparaît parfois atténuée par le cadre héroïque du western traditionnel. Reste un film solide et fondateur, intéressant dans ses tensions, mais dont l’ampleur dramatique peut sembler contenue.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 3 septembre 2010
Beaux extérieurs (Monument Valley), belles scénes de Cavaleries et cascades à cheval, des indiens qui ne sont pas ridicules, le rappel historique de la mise en réserve des tribus indiennes, le mythe de l'Amérique à travers ces hommes qui dirigent et qui n'ont pas toujours raisons. Et puis Henri Fonda, John Wayne et de bons seconds rôles. Un bon John Ford.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 10 décembre 2006
J'ai pas trouvé ça extraordinaire, c'est lent, c'est long, et pas super interessant, dommage.
Roub E.

1 325 abonnés 5 425 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2026
Un western classique qui bénéficie du savoir faire de John Ford pour rendre ses scènes d action spectaculaires et profiter à fond de la grandeur de ses décors. On trouve aussi un superbe Henry Fonda dans le rôle d un colonel raide comme la justice qui s oppose à un John Wayne égal à lui même.
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