Fort apache n'est certes pas le plus spectaculaire ni même le meilleur film de John Ford. Mais on y trouve tout ce qui a fait la mythologie du western et du cinéma de Ford: les grands espaces et ses canyons extraordinaires, la vie d'un fort militaire en zone apache, la charge de la cavalerie au son du clairon, les attaques indiennes ... Les scènes anecdotiques prennent parfois le pas sur l'intrigue et ne sont pas toujours très passionnantes bien qu'elles s'inscrivent dans un ensemble cohérent et superbement mis en scène. A voir absolument.
Un western classique qui bénéficie du savoir faire de John Ford pour rendre ses scènes d action spectaculaires et profiter à fond de la grandeur de ses décors. On trouve aussi un superbe Henry Fonda dans le rôle d un colonel raide comme la justice qui s oppose à un John Wayne égal à lui même.
Western sur la cavalerie... mise en scène impeccable, interprétation parfaite, humour, tragédie, belle morale à la fin très fordienne... quelques longueurs tout de même sur la 1ere partie du film mais sinon un très bon John Ford
Avec Le Massacre de Fort Apache, John Ford pose les bases de sa trilogie de la cavalerie en mêlant critique de l’autorité et mythologie de la frontière. Henry Fonda incarne un officier rigide dont l’orgueil précipite la tragédie, face à la sagesse plus nuancée de John Wayne. Ford alterne scènes intimistes et séquences militaires avec un sens du rythme maîtrisé, mais l’ensemble reste assez classique dans sa progression. La dimension critique, bien que présente, apparaît parfois atténuée par le cadre héroïque du western traditionnel. Reste un film solide et fondateur, intéressant dans ses tensions, mais dont l’ampleur dramatique peut sembler contenue.
John Ford s’est souvent attaché à la description d’une communauté, de ses mécanismes de fonctionnement, tiraillé entre les règles et les pulsions humaines. C’est une fois de plus le cas, ici dans le cadre de la cavalerie Américaine (comme dans plusieurs de ses films suivants). Une bonne moitié du film est consacré à la vie quotidienne de la garnison, avec ses rituels, en alternant des tons différents, souvent humoristiques ou sentimentaux. Ce qui en fait la spécificité, c’est la différence de regard sur ses composantes ; chaleureux et empathique sur les humbles, critique et impitoyable sur leur chef. Les scènes finales sont de haut vol, fondées sur la double opposition entre l’hommage officiel et « politique » rendu au succédané du général Custer et celui de Ford à la troupe anonyme d’une part, entre le mythe et la réalité d’autre part. Remarquable est aussi le regard plein de respect porté sur les Indiens, chose assez rare à l’époque.
Un western révisionniste audacieux à l’époque mais mettant bcp trop de temps a démarrer sur l’arrogance et l’aveuglement d’un colonel orgueilleux et incapable d’écouter menant ses troupes à un massacre annoncé.
Le titre du film est justifié par la bataille finale, où un officier de la cavalerie américaine conduit inconsidérément ses troupes au contact d'Apaches trop nombreux, mais il élude ce qui constitue pour l'essentiel le sujet du western. Le scénario mis en en scène par John Ford touche presque à l'étude de mœurs dans sa description de l'existence professionnelle, collégiale, familiale, d'une garnison de l'armée aux abords d'une réserve indienne. L'esprit et le mode communautaires passent par le récit de divers antagonismes hiérarchiques (le libéral et expérimenté John Wayne opposé au théoricien rigoureux Henry Fonda), une romance convenue avec la fille du colon, la promiscuité joyeuse des soldats. Le ton est d'ailleurs assez souvent fantaisiste, dans le premier degré hélas, conformément au style de John Ford. Pour le reste, le western est plutôt dans les conventions et, si le film n'est pas raciste à l'endroit des Indiens, le propos reste très modérément critique sur les actions "pacificatrices" de la cavalerie, ancêtre vénéré de l'armée des Etats-Unis et symbole nationaliste de l'unité américaine.
Ambitieux, doté d'une réalisation aussi élégante qu'épique ce western d'inspiration historique intègre des bouffons de comédie (les ivrognes), quelques bons mots, des séquences légères à une tragédie militaire due à l'esprit obtus, étroit, vaniteux d'un seul homme (inflexible Henry Fonda). Ainsi, l'intrigue s'intéresse d'abord à la vie quotidienne du camp ainsi qu'à une superflue romance contrariée (de la lumineuse Shirley Temple) avant que le rythme s'accélère lorsque se met en place l'affrontement, idéologique (contre un sensible John Wayne) et guerrier (contre des Indiens, chassés de leur terre et avilis, donc portraits avec une volonté de nuance), dans une mécanique implacable. A l'image contrastée de la hiérarchie soldatesque s'ajoute une critique politique soulignant l'hypocrisie du roman national où des hommes de peu de prix sont transformés en héros tandis que des soldats de valeur sombrent dans l'oubli. Avec un peu plus de nerf ou un resserrement diégétique c'eût été excellent!
Avec ce premier volet d’une trilogie consacrée à la cavalerie américaine, le réalisateur John Ford évoque les évènements de la bataille perdue par le Général Custer à Little Big Horn pour signer une charge féroce contre le racisme victime par les indiens ainsi que la corruption et la vanité gangrénant les rangs américains. En dépit de certaines longueurs, le cinéaste livre une long-métrage abouti, emmené par une distribution de haute volée avec Henry Fonda et John Wayne en tête d’affiche avec en point d’orgue la reconstitution de la fameuse déroute des soldats de la cavalerie qui est saisissante de réalisme.
1er volet de la trilogie dite de la Cavalerie, Fort Apache est à mon sens le meilleur de la série. Ford réussit à faire cohabiter et se succéder éléments de comédie et éléments dramatiques sans jamais se départir de son axe de mise en scène toute en retenue et en économie pour simplement faire du comportement de ses personnages dans le plan, la variable d’ajustement dans la progression de son récit. Fort Apache , variation libre et sans concessions sur la figure pathétique et le destin tragique de Custer , porte à l’inverse sur le peuple peau-rouge un regard empathique, pour ces hommes loyaux qui défendent avant tout leur terre et leur honneur, regard que l’on retrouvera beaucoup plus douloureux une dizaine d’année plus tard dans « les Cheyennes » admirable testament crépusculaire tant pour Ford que pour la nation indienne.
Le western version 'cavalerie americaine" selon John Ford : 1ère partie... La mise en scène et la photographie sont grandioses avec une fois encore le décor somptueux de Monument Valley et des scènes d'action vraiment bien réalisées et impressionnantes. Les acteurs sont bons (notamment John Wayne, tout en humilité) même si certaines scènes sont surjouées. Le traitement du Lieutenant Colonel Thursday dépeint comme un héros à la fin fait grincer les dents, mais c'est le propre du scénario... Du bon cinéma classique et relativement efficace.
Western qui est plutôt historique, suivant le quotidien d'un fort militaire dans le démarrage de la dernière phase de résistance des Appaches. Ce film du fameux duo des John (Ford real - Wayne acteur) est un bon divertissement. Des scènes de bataille galvanisantes et un regard sur les Indiens moins "sauvages hostiles", tandis que la critique de l'armée américaine est assez vive. Donc bon même si dans l'ensemble, il suit tous les pré-requis d'un pré-blockbuster (en particulier la romance qui n'a pas grand intérêt).
Ce que j’apprécie avant tout chez John Ford, c’est la notion de communauté et l’idée qu’une troupe d’acteurs bien dirigée puisse transcender une histoire somme-toute simple, la vie dans un fort perdu au fin fond du désert, et en faire une histoire romanesque. Bien sûr, nous avons des têtes d’affiches, des premiers rôles. D’un côté Henri Fonda, l’officier supérieur pétri de valeurs et de principes, mais qui s’avère rigide voire obtus. De l’autre, John Wayne, beaucoup plus souple et tolérant, mais qui, en bon soldat, se plie aux ordres. Et puis, autour de ces deux étoiles, une multitude de planètes et de satellites qui viennent enrichir les rapports humains à l’images des « colosses » Ward Bond et Victor MacLaglen. Quelques scènes d’action, bien sûr, mais aussi une histoire d’amour entre la délicieuse Shirley Temple et John Agar, et des scènes burlesques (le cinéma muet n’est pas très loin) comme l’entrainement des nouvelles recrues ou l’initiation à la cavalerie. La mise en scène est admirable à l’image des scènes extérieures comme celle où les deux cavaliers filmés de très loin semblent écrasés par la montagne. « Le massacre du fort Apache » préfigure le meilleur à venir l’année d’après, à savoir « La Charge héroïque ». Retrouvez mon amour du Far West dans le roman WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU - Eds VERONE - TOME 1.
Fort Apache a l’intelligence d’entrecouper ses séquences de vie quotidienne au sein de la cavalerie américaine par des scènes d’affrontement souvent brèves – et donc marquantes – qui font évoluer la situation des personnages, contraints de se retrouver dans ce fort basé loin des honneurs militaires, depuis l’anecdotique vers la tragédie historique. À mesure qu’éclatent les rivalités au sein des détachements, que se multiplient les dysfonctionnements et les désaccords entre les gradés, nous sentons que le vent tourne à l’orage et couve quelque chose de plus grave encore, quelque chose qui concerne les Indiens, associés au camp par le nom de ce dernier. John Ford mobilise d’ailleurs le modèle de la tragédie lorsqu’il réunit les mères et les épouses éplorées qui regardent leurs hommes partir à l’horizon, conscientes qu’elles ne les retrouveront pas pour la plupart, soucieuses de les savoir en prise directe avec leur condition de soldat et avec la gloire qui les attend une fois de l’autre côté. Aussi, le cinéaste regarde-t-il le microcosme qu’est la cavalerie avec un mélange d’ironie et d’attachement sincère, la clausule offrant par la même occasion une réflexion puissante sur la construction des légendes et la matière dont sont faites les icônes, soit un mélange de sang, d’irresponsabilité collective et de bravoure individuelle au combat. Le personnage interprété par John Wayne se situe curieusement en retrait, condamné à terme à camper une position de témoin en compagnie d’Owen : choisir l’éloignement spatial pour incarner à l’écran le désaveu de la manœuvre militaire constitue une idée brillante, que Ford renforce par l’introduction de jumelles qui servent aux deux soldats à observer depuis l’extérieur le massacre en question ; ils sont spectateurs d’un chaos qu’ils n’ont pas voulu, contre lequel ils ont souhaité marcher. De la même façon, proches de ces deux protagonistes hauts en couleurs et loyaux, nous sommes détachés de ce spectacle sanglant et portons sur lui un regard critique. Fort Apache s’affirme donc tel un modèle d’élaboration du récit et de mise en scène – de nombreux plans restent en mémoire après visionnage, comme ce miroir qui sert à Philadelphia de vecteur pour accéder à l’image de son amant ou ce plan sur John Wayne perçu par le prisme d’une fenêtre ouvrant sur le régiment d’outre-tombe. Un grand film porté par d’excellents acteurs.