Le Massacre de Fort Apache
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Dynastar21
Dynastar21

40 abonnés 439 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 novembre 2020
Premiers opus d'une trilogie sur la cavalerie Américaine, ce Massacre de Fort Apache, m'a plu mais pas autant qu'espéré. J'ai été principalement gêné par cette alternance de comique et de tragique qui casse le côté réaliste du western, genre du cinéma à mon sens, sérieux de nature ; tout en étant bien conscient que c'est une habitude chez John Ford de saupoudrer ses films de notes d'humour. En ce qui concerne la lutte entre les militaires, joués respectivement par Henry Fonda et John Wayne, lutte entre un lieutenant-colonel autoritaire, théorique et cynique et un capitaine moins autoritaire, réaliste et humaniste, celle-ci sert de trame tout au long du film afin de dévoiler la vie d'un fort aux États-Unis, fin XIXème, et de montrer la contradiction entre la création d'une légende Américaine et les errements de sa face cachée. Effectivement, Thursday envoie ses hommes au casse-pipe par pêché d'orgueil lors de la bataille finale (référence au général Custer et à la bataille de Little Big Horn) contre des indiens pacifistes ici dépeints de manière assez positive (ce qui n'est pas fréquent dans le genre) et il en tire au final toute la gloire (de manière posthume certes) dans le cadre du roman national Américain. Alors qu'au contraire, le capitaine York joué par le "Duke" préfère saluer les hommes de sa garnison en disant "Personne ne les a oubliés parce qu'ils ne sont pas morts… Ils resteront vivants tant que le régiment vivra". Deux réalités opposées. Côté casting, les deux premiers rôles sont impeccables et celui de Shirley Temple apporte un peu de féminité dans un univers très masculin. Enfin il faut dire que la beauté des paysages de Monument Valley ainsi que la mise en scène réussie de Ford, sont indéniables. A noter le choix Français de transcription du titre original "Apache" en "Massacre de Fort Apache " qui spolie le spectateur de la surprise, ce qui s'avère dommage.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 janvier 2023
En 1948, John Ford signe le premier volet du Cycle de la cavalerie (avant « La charge héroïque » et « Rio Grande »). Cette trilogie s’appuie sur la présence permanente de John Wayne et aborde en toile de fond l’ambivalence des rapports hiérarchiques et fraternels au sein de l’armée américaine. Le lieutenant-colonel Thursday (Henry Fonda) devient le commandement de Fort Apache et entend faire régner l’ordre. Cette prise de fonction autoritaire est progressivement tournée en dérision avec beaucoup d’humour et un sens dramatique. Le réalisateur montre également des Apaches fiers possédant beaucoup d’honneur et non comme des sauvages. Si l’on ajoute à cela les magnifiques paysages de Monument Valley qui servent de décors au film, on a affaire à un western de qualité. Bref, un grand classique.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 juillet 2020
Western au casting cinq étoiles, un projet cinématographique aussi ambitieux ne pouvait être porté à l’écran que par l’un des réalisateurs les plus incontournables du genre : John Ford.
En 1939, après le succès de La Chevauchée fantastique, Ford s’associe au producteur Merian C. Cooper (producteur du légendaire film King Kong de 1933) pour fonder une société de production indépendante : Argosy Corporation, renommée « Argosy Pictures » en 1946. Un an plus tard, Les Hommes de la mer est la première production des deux nouveaux associés, mais la réception de ce long-métrage est un échec. La Seconde Guerre mondiale éclate et le studio est mis en sommeil jusqu’en 1946. Argosy Pictures signe alors un contrat de distribution avec la RKO, et en 1947, Dieu est mort est le deuxième long-métrage du studio et le premier à concrétiser ce partenariat. Mais cette nouvelle production est encore un échec, et la RKO commence à se désengager progressivement d’Argosy Pictures et de John Ford, ce qui n’empêche pas le cinéaste à se lancer dans son troisième projet au sein de son studio : Le Massacre de Fort Apache.
Inaugurant son célèbre Cycle de la cavalerie, une trilogie consacrée à la cavalerie américaine et également composée de La Charge héroïque (1949) et Rio Grande (1950), John Ford s’accompagne d’un nouveau scénariste, Frank S. Nugent, qui remplace Dudley Nichols, qui a collaboré avec le réalisateur dans quelques-uns de ses plus grands succès depuis 1930 (La Chevauchée fantastique notamment). La cause de cette séparation est à rechercher dans l’échec du deuxième long-métrage d’Argosy Pictures, Dieu est mort, qui a contribué à aggraver les pertes financières du studio. Quoiqu’il en soit, ce remplacement est une date charnière dans la filmographie de Ford, car il modifie certains aspects dans ses nouvelles réalisations et sa manière de développer ses personnages. Bertrand Tavernier dénoncera d’ailleurs plus tard « l’influence pernicieuse » de Dudley Nichols sur John Ford.
Nécessitant un gros travail de préparation et tourné entre juin et octobre 1947, ce long-métrage incontournable du genre western se dote d’un budget conséquent pour l’époque, avec un montant astronomique de 2,5 millions de dollars. Le Massacre de Fort Apache adapte ainsi le roman Massacre, de James Warner Bellah, dont les écrits sur les Indiens et la cavalerie ont influencé de nombreuses œuvres cinématographiques, comme L’homme qui tua Liberty Valance (1962), toujours de John Ford. Ce dernier y raconte indirectement l’histoire de la célèbre bataille de Little Big Horn, déjà adaptée au cinéma par Raoul Walsh en 1941 dans La Charge fantastique, mais en modifiant les identités des personnages, le général Custer étant ainsi remplacé par le lieutenant-colonel Thursday (Henry Fonda).
La politique, habituellement absente du western, est ici très présente, jusqu’à devenir un motif supplémentaire dans la discorde qui déchire Thursday et son subordonné, le capitaine Kirby (John Wayne). On y découvre ainsi le rôle insidieux d’un gouvernement américain qui cherche à pervertir l’esprit indien en installant dans leurs réserves des marchands d’armes trafiquées et d’alcools frelatés, et qui n’hésite pas non plus à trahir des promesses de paix malgré sa parole donnée.
S’il y a bien un aspect novateur qu’il faut garder du Massacre de Fort Apache, c’est sa représentation sobre, humaniste et empathique des Indiens. Ici, l’Indien n’est plus seulement l’ennemi sauvage, barbare et insensible à toute civilisation qui attaque la diligence de La Chevauchée fantastique, mais il est un être humain sensible et valeureux qui défend ses valeurs et son mode de vie. John Ford l’a déclaré lui-même, à propos de ce film : « Les Indiens sont des héros présentés avec sympathie ». Cette citation permet à elle-seule de contredire l’idée fortement ancrée dans l’imaginaire collectif selon laquelle Ford était un cinéaste raciste et réactionnaire. Non, bien au contraire, le réalisateur a même été l’un des premiers à adopter une démarche anti-raciste, faisant même du Massacre de Fort Apache l’un des premiers westerns pro-Indiens.
Dans l’un de ses plus grands rôles, celui du chef Cochise, Miguel Inclan nous montre un visage d’une honnêteté intacte, et y est certainement pour beaucoup dans la sympathie que ressentent alors les spectateurs de cette époque pour une nation jusque-là injustement méprisée.
La voie du western pro-Indiens est ainsi désormais ouverte, voie dans laquelle s’engouffrent Delmer Daves et Anthony Mann en réalisant simultanément La Flèche brisée et La Porte du diable, deux célèbres westerns réalisés l’année suivante et dont le sujet principal est la nation indienne.
Ce western humaniste propose aussi une profonde description de l’univers de la cavalerie américaine, un récit presque documentaire dans lequel on découvre les valeurs, coutumes, rituels et fêtes, grâce à plusieurs séquences sur la vie sociale dans cette garnison isolée. Mais si Ford ne cache pas son admiration pour ces hommes, et aussi ces femmes, seuls et en première ligne dans le conflit, il ne fait pas non plus preuve de retenue à l’égard de la hiérarchie militaire, grâce à une dénonciation de l’incompétence et du racisme du plus haut gradé de la garnison. Les décisions contestables du lieutenant-colonel, son obstination dans sa vie privée et professionnelle, et son mépris envers le peuple indien alimentent toutes sortes de tensions qui se développent dans ce milieu confiné : sociales, hiérarchiques et militaires.
De plus, pour étayer la vision d’un cinéaste tolérant et humaniste, sa manière de mettre en avant les femmes de soldats démontre une certaine sensibilité et une considération exceptionnelle à cette époque. Elles représentent la douceur dans ce monde en guerre et John Ford en fait des modèles de vertu, de bonté et de courage alors qu’elles sont tous les jours confrontées à la mort. Que ce soit Mrs Collingwood, Mrs O’Rourke et même le personnage de Philadelphia, jouée par Shirley Temple, alors en fin de carrière, ces femmes sont toutes touchantes. Un petit bémol cependant à l’égard de la naïveté presque enfantine de la fille Thursday et de ses mimiques un peu exagérées.
Durant la première moitié du film, Ford prend ainsi son temps en peignant l’atmosphère de cette garnison, quitte à parfois être un peu trop long. Mais la dernière demi-heure est véritablement haletante, étant entièrement consacrée à la transposition de la bataille de Little Big Horn dans un rythme incroyable et une éternelle maîtrise de la mise en scène dynamique. spoiler: En témoigne l’anéantissement de Thursday et de ses hommes dans le défilé, où les cascades, les attaques et la poursuite sont une véritable leçon de cinéma pour le genre western.

Certains choix de mises en scène rappellent certaines scènes de précédents films du cinéaste, comme le travelling sur le désert traversé par les cavaliers qui vient se terminer sur les Indiens perchés au sommet des montagnes, faisant ainsi écho aux mêmes plans maîtrisés dans La Chevauchée fantastique.
La conclusion du Massacre de Fort Apache a pu faire l’objet de critiques, et cette controverse se comprend. spoiler: En effet, après la mort de Thursday et les vives tensions qui l’ont opposées à son supérieur (jusqu’à son limogeage sur le champ de bataille, rien que ça), le capitaine Kirby, qui a pris la relève, vante les actions de son prédécesseur et glorifie sa mémoire face à des journalistes. Ce revirement dans l’opinion forgée par Kirby à l’égard de l’incompétent et autoritaire Thursday est assez déroutant, bien qu’on puisse comprendre que l’institution militaire et la promotion de ses héros (parfois construits) aient fini par prendre le dessus. Il faut dire que la cavalerie est un organe militaire suffisamment solide pour pouvoir extirper de son sein la brebis galeuse sans que ses valeurs fondamentales soient détruites pour autant. Mais Kirby n’est pas dupe non plus, et sans doute n’est-ce-pas un hasard si le dernier plan du capitaine nous fait découvrir son regard porté sur les soldats sacrifiés, et non sur son défunt supérieur raté.

Face au critique Peter Bogdanovich, John Ford développe sa pensée sur cet épilogue controversé : « Je pense que c’est bon pour le pays. Nous avons beaucoup de personnes qui sont supposées avoir été des grands héros et nous savons sacrément bien qu’elles ne l’ont pas été. Mais c’est bon pour le pays d’avoir des héros à admirer. Prenons Custer, un grand héros. En réalité, il ne l’était pas. Ce n’était pas un homme stupide mais ce jour-là il s’est comporté stupidement. Ou Pat Garrett qui est un grand héros de l'Ouest. Il ne l'était pas non plus - il est censé avoir tué Billy the Kid, mais en réalité c'est un de ses hommes qui l'a fait. D'un autre côté, bien évidemment, les légendes ont toujours une base ». Ce travestissement de la réalité au profit d’une mémoire collective héroïque et fondatrice peut d’ailleurs être résumé par le célèbre adage, souligné par Bogdanovich lui-même au cours de l’entretien : « Lorsque les légendes deviennent la réalité, on imprime les légendes ». Jacques Lourcelles a lui aussi bien compris le message du réalisateur : « Ford prône la force d’exemple que recèlent les vertus du mythe sans rien cacher de l’aspect négatif de la réalité qui lui a donné naissance ».
Porté par un prestigieux casting, Le Massacre de Fort Apache peut s’appuyer sur les épaules de deux des plus grands acteurs de l’histoire du cinéma américain : Henry Fonda et John Wayne.
Le premier fait un pari osé, tout en tournant l’un de ses derniers films avec celui qui lui avait offert sa première nomination aux Oscars, avec Les Raisins de la Colère (1940). Après tant de rôles positifs, Fonda interprète Thursday, le premier personnage antipathique de sa carrière. Thursday est un colonel aigri, qui n’accepte pas la perte de son grade, un ambitieux avide de gloire, arrogant, n’écoutant aucun avis et les contrant même systématiquement, attaché à la séparation des classes sociales (il fait exprès de déformer les noms de ses inférieurs et refuse l’idylle de sa fille avec un jeune lieutenant). Il critique le relâchement vestimentaire, choisit ses stratégies sans prendre conseil et sans en informer personne. Il méprise les Indiens et ne possède aucune compassion pour ses hommes. Mais ce portrait en apparence entièrement négatif recèle néanmoins quelques lumières, comme dans l’admiration qu’il éprouve pour sa fille, dans l’amour qu’il lui porte et les gestes de tendresse qu’il lui prodigue.
Le second, pour sa huitième collaboration avec Ford, campe le capitaine Kirby, capitaine valeureux et humaniste du régiment. Quelle surprise, lorsqu’on connait le tempérament de l’acteur et sa gloire alors étincelante au moment du film, de le trouver en retrait face à Henry Fonda. Kirby est un officier droit, franc, intègre et honnête, qui prend la défense de la nation indienne face aux préjugés racistes de son supérieur hiérarchique. Une douce ironie offerte par ce film qui bat en brèche les clichés ayant stigmatisé le Duke dans une accusation de racisme. Encore un préjugé renvoyé au nez des ignorants et calomniateurs grâce au Massacre de Fort Apache.
Il a pu être écrit que Le Massacre de Fort Apache voit un passage de témoin entre Henry Fonda, acteur très célèbre mais vieillissant, et John Wayne, lancé depuis La Chevauchée fantastique sur la voie du succès. Mais cette analyse oublie les nombreux grands rôles joués par Fonda après cette collaboration entre les deux acteurs, témoignant du fait que sa carrière est encore loin d’être terminée à la fin des années 1940. Il suffit de penser à ses rôles inoubliables dans les productions tout aussi mémorables que sont Douze hommes en colère (1957), L’Homme aux colts d’or (1959), La Conquête de l’Ouest (1962), ou encore, Il était une fois dans l’Ouest (1968). Ainsi, bien que Wayne bénéficie d’un succès grandissant, Fonda est loin d’avoir raccroché.
A sa sortie, ce western a su conquérir les spectateurs en récoltant près du double de recettes (4,9 millions de dollars) lors de son exploitation en salles. De quoi initier la trilogie de Ford de la plus belle des manières, puisque La Charge héroïque (1949) et Rio Grande (1950) ne déméritent pas au succès du premier opus, sa suite se payant même le luxe de décrocher un Oscar.
Apleupleu
Apleupleu

10 abonnés 53 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 décembre 2019
tres decevant comme la charge heroique ,c est du comique troupier viellot. heureusement john wayne et henry fonda sauve un peu le film.Sinon paysages et promenades a cheval tout le long.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 novembre 2018
Fade, vieillot stéréotypé et mal joué. J'ai pas du tout accroché. Y a que Henry Fonda qui a une certaine classe que je retiendrais du film. Pour le reste...
Mafoipourquoipas
Mafoipourquoipas

13 abonnés 732 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 octobre 2018
2,5 étoiles - Le Massacre de Fort Apache

Film qui n'a rien d'extraordinaire, mais qui est distrayant. Je n'ai pas grand chose à dire en plus ... C'est plutôt bien fait. Film spectacle avec un fond moral. Bref, film qui sait occuper un temps d'ennui.
Antoine D.
Antoine D.

47 abonnés 343 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 septembre 2017
Le scénario est tiré d'une histoire vraie comme de nombreux westerns. Celui-ci retrace le massacre de la troupe du général Custer par les troupes de Sitting Bull.
John Ford met en scène la corruption, le racisme et dans les dernières séquences, la loyauté, le courage et l'honneur du Colonel Thursday.

C'est l'une des première fois dans le cinéma que l'on voit un sous officier remettre en cause les ordres d'un officier qui veut imposer ses règles. On retrouvera ce genre dans le film de Kubrick, Les sentiers de la gloire ou celui de Aldrich, Attaque!

L'humour est très souvent mis en scène, comme avec la scène où les soldats doivent monter sur leur cheval. L'humour est pourtant très rare dans ce genre de film.
overlook2
overlook2

32 abonnés 163 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 juin 2016
« Fort Apache » ne vaut pas l’étiquette de chef-d’œuvre impérissable qu’il est bon ton de lui coller – ce sera par contre le cas du film suivant de Ford sur la Cavalerie, l’inoubliable «Charge héroïque ». Non, celui-ci est assez bancal dans sa construction, mou dans son rythme et parfois pesant dans sa mise en scène (il n’a pas le classicisme altier et puissant d’autres chef-d ‘œuvres du maître). Paradoxalement, ces défauts lui confèrent le charme de l’esquisse et du pas de côté, tout en marquant une étape importante dans la prise en charge d’un discours politique dans le cadre du western, annonçant le tournant dans l’œuvre de Ford. Soit une première partie très flottante, chronique de la vie au fort, avec romance et rivalité d’égo en filigrane. S’enchaînent ici très inégalement des scènes un peu poussives (le côté « folklorique » des coutumes du camp et l’idylle fleur bleue des jeunes tourtereaux) et des moments plus émouvants, liés à la description de la force matricielle de la famille (qui n’atteignent cependant pas les sommets de « Quelle était verte ma vallée ») et à ce personnage complexe du Colonel Thursday, homme blessé et aigri, chez qui l’idéal s’est transformé en amertume et auquel Henry Fonda apporte une humanité bouleversante. Il y a enfin la belle présence, étonnamment effacée, de John Wayne, dans un second rôle alors que l’acteur était une star ! Cette humilité colle parfaitement au personnage du Capitaine York, lui-même très en retrait dans l’intrigue au début, pour ensuite monter en puissance et se poser en contre-point à l’aveuglement mortifère de Thursday. Et oui, John Wayne prône la tolérance et l’antiracisme et va jusqu’à réinventer sa manière de jouer, ici très intériorisée et minimaliste. Et l’acteur de camper un personnage d’une force et d’une humanité indéniable : paradoxalement, il tient là un de ses meilleurs rôles ! Vient une deuxième partie qui fait glisser le film sur le terrain du politique : à travers la reconstitution (à peine déguisée) de Little Big Horn, Ford aborde l’ambiguïté – pour ne pas dire le cynisme meurtrier – du gouvernement américain vis-à-vis des indiens. Geste fort dans le contexte de l’époque (et carrément gonflé dans le cadre du western où les Indiens étaient au mieux traités comme de bons sauvages), Ford montre la nation indienne dans sa noblesse et surtout souligne l’injustice et l’oppression dont elle fut l’objet par le gouvernement américain, qui travailla à sa décomposition - de l’intérieur à travers le personnage du trafiquant d’alcool et sur le terrain militaire, en poussant les Indiens à la rébellion pour mieux les éradiquer. La grande intelligence du film est de doubler cette cinglante critique politique par une réflexion très subtile sur le mythe (celui de la Cavalerie, mais aussi celui de l’Amérique en général). Irriguant souterrainement les précédents westerns de Ford, cette réflexion sera portée en exergue par les suivants – jusqu’à l’exemplaire «Liberty Valence ». Toute la subtilité – et la lucidité – du cinéaste tient le mélange détonant d’ironie et d’idéalisme qui trouve son aboutissement dans la résolution finale : l’hommage posthume ambigu que rend York à Thursday et son éloge de l’esprit de corps de la Cavalerie. La période d’immédiate après-guerre peut en partie expliquer ces nuances (nécessité de redonner espoir en un peuple qui a souffert d’une guerre lointaine) mais touche surtout la complexité du regard de Ford sur le mythe de sa Nation, auquel il a lui-même largement contribué : il prône la force d’exemple que recèlent les vertus du mythe sans rien cacher de l’aspect négatif de la réalité qui lui a donné naissance. Une ambivalence qui sauve in fine ce western inégal et qui fera la force des suivants.
keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 janvier 2015
« Le Massacre de Fort Apache » est incontestablement un western, mais il a plus évoqué en moi des films militaires durant la vision. La hiérarchie, les rituels et les règles militaires ont en effet une telle importance qu’il me fait plus penser à un « Full Metal Jacket » qu’à un « Il était une fois dans l’Ouest » ! Ceci dit, il est difficile de ne pas penser également à Liberty Valence lors des dernières scènes, où l’on retrouve la thématique o combien Fordienne de la dualité légende-réalité. Cette destinée de Thursday devient alors intéressante pour quiconque s’intéresse à la mythologie américaine, aux « héros » de l’Ouest, avec une parenté connue entre le film et le massacre de Little Big Horn, Thursday étant un avatar de Custer. Si cette thématique est toujours intéressante, il faut bien dire qu’elle souffre de la comparaison avec le Liberty Valence précité ; Ford reste ici un peu en surface des choses, ne faisant intervenir cette idée que sur la fin, en quelques répliques (certes efficaces) là où il développait son sujet de façon bien plus profonde tout au long de son film ultérieur. Mais mon principal problème est le personnage de Thursday lui-même. Je n’arrive pas à m’attacher à ce colonel autoritaire borné, passant son temps à ignorer les conseils des autres pour prendre des décisions de plus en plus insensées. Je n’arrive ni à tout à fait le comprendre, ni à ressentir le moindre sentiment pour lui. Pourtant, le récit est efficace, il y a quelques bons seconds rôles, y compris chez les femmes et les indiens, ce qui était plutôt novateur à ce moment-là il me semble. La mise en scène est très fluide, gardant notre attention sur le récit de bout en bout tout en se permettant quelques belles idées visuelles : Shirley Temple observant son cavalier préféré dans le miroir, une danse cachée pendant le bal, le brouillard entre Wayne et Cochise. Par contre, je dois avouer être resté un petit peu sur ma faim concernant la scène d’action finale ; mais au-delà de la qualité intrinsèque de la réalisation, ceci s’explique sans doute par mon absence d’empathie pour le personnage principal, et par le fait qu’elle se fasse attendre assez longtemps. Bref, c’est sans doute un western militaire historiquement important, à l’efficacité narrative toujours présente, mais qui ne me convainc pas tout à fait sur ses thématiques et personnages.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2014
"Fort Apache" n'est surement pas le western le plus connu de John Ford mais mérite que l'on s'y attarde. Le scénario est classique mais prouve son efficacité par la grande maitrise du réalisateur américain, bien entouré par une belle brochette d'acteurs. Passionnant !
NeoLain

5 888 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2014
John Ford donne tout son fort savoir faire dans le domaine du western. Casting bien armer avec John Wayne en capitaine expert sur le terrain, puis défenseur des indiens. Puis que dire de Henry Fonda en colonel qui tient bien à mettre en application ses ordres afin de vaincre Cochise, le célèbre chef de tribu apache. Le colonel est bien têtu et écoutera que très peu les conseils du capitaine. Le Massacre de Fort Apache contient son quota de bravoure, d'honneur et d’héroïsme.
Sid Nitrik
Sid Nitrik

74 abonnés 416 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2014
Un superbe western signé John Ford et qui va lancer le début de sa trilogie basée sur la cavalerie. Superbe à plusieurs égards. D'abord, sur la forme, Ford déploie toute sa maestria technique pour nous livrer des scènes sublimes ainsi qu'une reconstitution méticuleuse du contexte. Les grandes charges sont épatantes de maîtrise pour l'époque et permettent de nous immerger au cœur des affrontements. Ensuite, sur le fond, en s'inspirant de la bataille de Little Big Horn, l'une des plus grosses raclés prises par la cavalerie américaine face aux Indiens, le réalisateur dénonce la bêtise belliqueuse, la corruption, la suffisance et la gloriole des gradés de l'armée. Les Apaches y sont montrés comme un peuple recherchant la paix et la tranquillité, et capable de déployer de redoutables stratégies militaires dans le but de se défendre, ce qui est assez rare pour être souligné. Enfin, concernant les acteurs, John Wayne enfile parfaitement un costume de héros sobre et mesuré et donne la réplique à l'immense Henry Fonda, excellent dans ce rôle de salaud galonné. Le casting est complété par la beauté et la fraîcheur de Shirley Temple, malgré un doublage français assez pénible (étonnement pas de VO sur mon DVD...). Quelques longueurs mais un western qui ravira assurément les amateurs du genre.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 21 avril 2014
Devenu un classique bien sûr mais avant ça un western d'une grande modernité, si on peut regretter la vénération de Ford pour l'ordre militaire le film remet aussi les choses en perspectives et illustre déjà la fameuse phrase « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende ».
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 avril 2016
A travers cette oeuvre fort bien écrite, John Ford va dénoncer la corruption, le racisme ou encore les "relations" avec les Indiens, et c'était d'ailleurs assez rare à cette époque que l'on traite les Indiens de manière égale (notamment à travers le personnage du lieutenant-colonel), il va aussi décrire les relations entre les différents grades au sein de l'armée, ainsi que l'honneur et la dignité. Fort Apache brille notamment par sa mise en scène, immersive et passionnante ainsi que ses mouvements de caméra, de nombreuses séquences sont mémorables à l'image de la vie au camp ou les batailles. La photographie en noir et blanc est superb, tout comme la reconstitution puis il y a cette fin, sublime, tout comme ces dernières paroles prononcées par le personnage joué par John Wayne, qui font écho à "L'homme qui tua Liberty Valence". Il arrive même à y glisser quelques touches d'humour qui font mouche ! Coté casting, ce n'est pas le plus grand rôle de John Wayne, ni par son nombre d'apparitions, ni par ses dialogues, mais ce type dégage une de ses classes et un de ses charismes... c'est impressionnant tandis qu'Henry Fonda, dans un rôle un peu à contre emploie, est parfait.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 décembre 2013
Dix ans après le succès de La chevauchée fantastique en 1939, John Ford revient au western en exploitant une nouvelle fois les décors grandioses de Monument Valley. Il nous convie à l'une des plus belles réussites du cinéma américain et imprime sa marque de fabrique dans l'histoire des grands westerns en devenant l'un des maîtres du genre avec des réalisateurs tels que Raoul Walsh, John Huston ou Henry Hathaway. Il réunit un casting de choix parmi les grandes stars de l'époque. Henry Fonda incarne un colonel autoritaire et inflexible, hautain et maniéré à l'extrême, à la limite de l'insupportable, père attentionné mais militaire despotique, tatillon et coincé. Shirley Temple est ravissante dans le personnage de Philadelphia Thursday, la fille du colonel. John Wayne campe le capitaine York, un officier reconnu par ses hommes pour son humanisme et sa clairvoyance, toujours en opposition avec son entêté de colonel. Il ne faut pas oublier le fameux quatuor de sergents représentés par Pedro Armendariz, Ward Bond, Victor McLaglen et Dick Foran, qui apporte un brin d'humour non négligeable. Un niveau en dessous "La charge héroïque", du même John Ford, ce superbe western recèle quelques petits défauts, telles les scènes de danse qui occupent une part trop importante du scénario. Mais, dans l'ensemble, ce film est l'un des plus mémorables qui soit. Ce film est l'un des premiers westerns pro indiens. Ford les présente les indiens comme un peuple fier, acceptant la négociation mais trahis par un colonel obtus et raciste. D'ailleurs, la bataille à la fin du film est une transposition de celle de Little Big Horn ou le Général Custer fut défait par les indiens en 1876.
Premier volet d'une trilogie consacré à la cavalerie, Le massacre de Fort Apache sera suivi de La charge héroïque en 1949 et Rio Grande en 1950. Les trois films furent de grands succès avec la participation de John Wayne à chaque fois. Outre la mise en exergue de la cavalerie américaine, Ford nous livre la vie sociale d'un fort et met en avant le rôle des femmes de militaires avec une justesse rarement égalée.
A noter que la version originale US a été amputée d'un quart d'heure pour donner la version française et que j'ai eu la chance de voir la première, plus intéressante et surtout plus compréhensible, certaines séquences de la version FR arrivant comme un cheveu sur la soupe.
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