Sans toit ni loi
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Thomas
Thomas

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5,0
Publiée le 24 février 2026
Une claque ! Sandrine Bonnaire impressionnante, un film féministe et social qui n'a pas pris une ride.
CloakBack
CloakBack

15 abonnés 478 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 septembre 2026
Sans toit ni loi suit une jeune femme qui traverse le sud de la France au gré des rencontres et des lieux où elle accepte momentanément de s’arrêter. J’ai été très marqué par ce portrait d’errance austère et singulier, qui refuse de réduire son personnage à une explication simple.

Réalisé en 1985, dans une France marquée par la montée du chômage et de la précarité, Sans toit ni loi s’inscrit pleinement dans le cinéma d’Agnès Varda, à la frontière entre fiction et documentaire. Nourri par ses rencontres avec de véritables personnes vivant dans l’errance, le film accorde une attention très concrète au froid, aux paysages et aux corps, tout en construisant Mona à travers les regards fragmentaires de ceux qui la croisent.

Le film parle avant tout de liberté, de refus et de marginalité, sans jamais idéaliser l’errance. Mona refuse de s’inscrire durablement dans le travail, le couple ou la stabilité, mais se retrouve confrontée à la solitude, à la précarité et à la dépendance envers les autres. Varda interroge ainsi une liberté aussi fascinante qu’inquiétante, fondée davantage sur le refus des règles que sur la construction d’une autre manière de vivre.

Le récit s’intéresse également beaucoup à ceux qui croisent Mona. Elle devient tour à tour objet de curiosité, de désir, de rejet ou de compassion, et chaque rencontre finit par révéler autant ceux qui la jugent qu’elle-même. Le film aborde ainsi la pauvreté, le rapport au corps et à la saleté, ainsi que la vulnérabilité particulière d’une femme seule sur la route, sans jamais verser dans le misérabilisme.

J’ai eu la chance de découvrir le film au cinéma Le Regency à Saint-Pol-sur-Ternoise, et quelle belle surprise. Sandrine Bonnaire est remarquable, et j’ai beaucoup aimé le mélange entre fiction et documentaire, la mise en scène austère et cette sensation presque physique du froid. J’ai surtout apprécié cette approche féminine singulière de l’errance, notamment dans sa manière d’aborder le désir, l’autonomie et le regard porté sur une femme qui refuse les rôles qu’on attend d’elle.

Ma principale réserve concerne son rythme parfois flottant. Cela correspond finalement très bien au personnage, au point que l’on a presque l’impression d’errer avec elle, mais certains passages m’ont tout de même semblé un peu longs. Le jeu de certains non-professionnels peut aussi paraître étrange, même si cette irrégularité participe à l’identité particulière du film.

Sans toit ni loi est un film dur et cohérent, qui laisse Mona exister sans chercher à la rendre plus aimable ou plus facile à comprendre. Malgré quelques longueurs, j’en retiens surtout un personnage qui demeure insaisissable jusqu’au bout, et la justesse avec laquelle Varda fait ressentir tout ce que sa liberté peut avoir à la fois de fascinant et de brutal.
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