Une façon de tourner plan-plan, sans relief…
Une BO « subliiiime »… Mais alignant les gros tubes collant à la situation filmée… Redondance donc image/son !
Des zéfés spécios qui sont au cinéma américain ce qu’était au théatre du temps de Louis XIV le théâtre « à machines ».
Une brochette de situations toutes plus improbables les unes que les autres…
Une mièvrerie dans le propos et dans l’élocution… Comme si le fait d’avoir un faible QI entraînait toujours une élocution neu-neu (ou éthylique - au choix)…
Des flash-back narratifs d’une originalité folle…
Un humour limite débile (la séquence du déhanchement d’Elvis, par exemple, ça vous a fait marrer, vous ?
Bon ! Je les vois radiner avec leur gros sabots… Ils chantent tous le même refrain.
« Hé mec, t’as pas plus de cœur que de cervelle !
Ne vois-tu donc pas que ce film est une jolie fable doublée d’une chronique ironique.
La naïveté de Forest Gump ne t’émeut-elle donc pas ?
Ne vois tu pas que Zemeckis propose ici un film humaniste d’un grande sensibilité teinté d’un humour décapant…
Le tout servi dans un film qui confine à la perfection.
Réalisation magistrale !
Une interprétation sublime de Tom Hanks !
Des inserts hyper-bluffants (pour l’époque) ! »
Ben non…
Pour moi il s’agit d’une production commerciale façon « Zemeckis » habituelle (seuls le premier « Retour vers le futur » et « Le Drôle de Noël de Scrooge » sortent un peu du lot de sa filmo).
Techniquement ?
A mon avis quelconque, emphatique et longuet.
Dans un écrin culcul la praline, rose bonbon, Zemeckis nous sert son dépliant publicitaire, son éternelle apologie du rêve américain.
Le bon p’tit gars, pas vraiment fute-fute et qui fait aveuglément ce qu’on lui demande de faire et qui réussit tout !
Le fait d’avoir une perception légèrement tronquée des réalités, ça aide !
Forest Gump, le gentil héro, réalisera les rêves que projette la ménagère américaine (et son mari évidemment) de moins pour leurs rejetons, prunelles de leurs yeux !
Il sera champion sportif (le héro se doit d’abord d’avoir une belle proportion musculaire) et subséquemment diplôme d’une université américaine (oui !oui !).
Il rencontrera quatre présidents des Etats-Unis ! Quatre !
Il sera un médaillé militaire (le héro se doit de servir avec bravoure et abnégation sa patrie).
Et oh ! Extase ! Il deviendra de fait de la providence divine chef d’entreprise très, très riche ! Vi ! Vi !
Il personnifiera l’américain bon teint, propre sur lui, bien dégagé au dessus des oreilles !
Qui râle pas, qui obéit sans réfléchir…
Viens ici Médor ! Donne la pa-patte ! Bravo Médor ! Bon chien Médor !
Evidemment les z’autres… Vous savez… Ces marginaux, râleurs, artistes, feignants, qui n’ont pas la bonne couleur… Exit !
Ils sont promis à la géhenne ! A la mort !
Les pacifistes, les hippies, les non-violents cognent leurs copines, les blacks panthers sont de gros cons racistes et violents, les jeunes filles rêvant de devenir artiste finissent droguées et sidéennes… Ben voyons !
Et pas une seconde la guerre du Viet Nam n'est condamnée ! Par contre les hippies et ceux qui luttent contre celle-ci passent pour de gros cons...
Mais ce qui fout le plus la trouille c’est l’autre facette du message. Le "bon sens" prime sur la pensée… Laisse faire, mec, tu réussiras…
Mais l’échec c’est toujours la faute de celui qui le subit ! N’est-ce pas ???
Ainsi l’étude, l’analyse, la réflexion ne sont plus nécessaires…
Laissons la place au « bon sens »… Vous savez celui dont se réclamait un certain Pétain !!!!
Le bon sens c’est…. magique !
La trajectoire de Forest Gump est magique !
La pensée magique refait surface…
Pour preuve le créationnisme a le vent en poupe !
D’ailleurs je vois bien qu’ici aussi le bon sens prévaut puisque l’on préfère une critique de trois lignes balisées et non argumentées à un texte tentant de donner les raisons subjectives d’une appréciation !
Alors, cours ! Spectateur cours et ne te retourne pas !