Brewster McCloud
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soniadidierkmurgia

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4,0
Publiée le 6 juin 2025
Quasiment dans la foulée du succès planétaire de "MASH", il ne fallait pas compter sur Robert Altman pour tremper sa plume dans autre chose que du vitriol. Le réalisateur a déjà 45 ans quand il accède à la reconnaissance et déjà une longue carrière à la télévision, ce qui lui donne sans doute une assurance sur ce qu'il entend faire de ce succès durement acquis. Tout au long de sa carrière à travers différents genres cinématographiques (films choral, western, policier, comédie, science-fiction, ...), Altman s'est révélé un formidable observateur critique de la société américaine. Ses charges virulentes qui témoignent cependant d'un grand amour de son pays sont souvent abordées par le prisme du monde du spectacle qu'Altman connaissait si bien. « Brewster McCloud » qui était son film préféré, se démarque de « MASH » par un ton poétique que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans la filmographie du réalisateur, notamment dans « Trois femmes ».
Le rêve d’Icare a toujours hanté l’homme et il a fini par gagner l’esprit du jeune Brewster (génial Bud Cort qui confirmera un an plus tard avec « Harold et Maud ») dont c’est devenu l’obsession au point de le voir squatter une des innombrables salles de l'immense Astrodome de Houston pour peaufiner les ailes qu’il est en train de se fabriquer pour un jour se mouvoir libre dans les airs. Altman relie cette envie de voler avec la volonté du jeune homme de s’arracher des vicissitudes terrestres dont les incohérences sont clairement montrées tout au long du déroulement de l’action et soulignées par le discours du conférencier narrateur (génial Robert Auberjonois) qui accompagne tout le récit.
Le jeune McCloud agit sous la protection d’une fée (Sally Kellerman) qui dresse un mur autour de lui en tuant tous les gêneurs qui pourraient l'entraver dans sa noble tâche. Toujours iconoclaste et incorrigible, Altman précède chaque crime de la chute d'une fiente d'oiseau sur les victimes, toutes plus infâmes les unes que les autres, archétypes des tares d'une société en crise. Cette série de crimes tous très baroques dans leur mise en scène, permet de garder une ligne directrice à un film risquant à chaque instant de partir dans tous les sens par la profusion d'idées d'un réalisateur en ébullition (la marijuana peut-être) laissant une large place à une improvisation débridée. L'enquête est menée par le lieutenant bien nommé Frank Shaft (Michael Murphy), sorte de caricature de Paul Newman débarquée de pour venir en aide à ces pauvres ploucs de texans qu'Altman se plait à ridiculiser.
Le rêve de voler pour se réaliser doit s'accompagner d'une pureté de corps et d'esprit que le jeune Brewster en proie à une libido naissante a bien du mal à préserver malgré les recommandations de sa marraine. Comme Icare qui s'est trop rapproché du soleil, Brewster se brûlera les ailes à fréquenter assidûment l'énigmatique et lunaire Suzanne interprétée par Shelley Duvall dont Altman avait découvert l'étrange beauté au cours du casting. Le destin prévisible de Brewster s'achève dans une scène grandiose et pathétique dans l'Astrodome vide, transformé en volière pour ptérodactyle mécanique articulé.
Le film sans doute trop foisonnant n'aura pas le succès escompté, mais Altman toujours clairvoyant, saura retenir la leçon. Film délaissé d'un cinéaste prestigieux, « Brewster McCloud », sorte de conte de fées psychédélique, écologique avant l'heure, diffuse un parfum très particulier qui pourra enivrer ceux prêts à se laisser aller à une rêverie qui fleure bon les années 1970, temps béni où l'optimisme et l'humour servaient souvent de moteur à la mise en lumière de la folie des hommes. Décidemment les temps ont bien changé.
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 septembre 2011
Un film à l'histoire décalée mais malheureusement mise en scène de manière très classique par Altman de plus le personnage de Brewster McCloud n'est pas attachant, il est assez tête à claques. Difficile de se passionner pour ce film qui pourtant avait la matière pour devenir un film tout a fait original.
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mars 2016
Un film très inégal : Au positif quelques scènes complètement barrées (l'ouverture, le professeur d'ornithologie), et une distribution féminine éblouissante avec Sally Kellerman et Shelley Duvall. Au négatif, quelques gags assez lourds, une interminable et inintéressante poursuite en voiture, la tête à claque du gars qui interprète Brewster McCloud et la conclusion romantico-gnangnan.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2025
L'une des plus belles rèussites de Robert Altman qui raconte l'histoire ètrange et dramatique d'un jeune homme obsèdè par le dèsir de voler comme un oiseau! Cette oeuvre obscure et profonde, toute en dèconstruction narrative, rèvèle un Altman inhabituel, aussi à l'aise dans le lyrisme visuel que dans le western ("John McCabe"). Brewster McCloud, incarnè par l'inoubliable Bud Cort qui fait des tractions pour dèvelopper ses ailes, ne pouvait exister que comme un être reclus qui aspire à la libertè et très nettement en marge de la sociètè, condition indispensable pour que ce personnage quasi mystique exerce une fascination sur le spectateur! Sally Kellerman et Shelley Duvall font parties intègrantes de l'oeuvre! Un grand morceau de cinèma est à relever : spoiler: ainsi ce final « fellinien » dans l'Astrodome de Houston (la 8ème merveille du monde) où Brewster vole tel un oiseau enfermè dans une cage grandeur nature! Toute la force de ce film se concentre dans cette scène mèmorable où le rêve de la fuite est inaccessible!
Si être dans le vent fait les belles histoires alors Altman est un gèant parmi les gèants! Bande son magnifique...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 janvier 2012
Une pure merveille. Des trésors de créativité. Du burlesque, de l'humour, de l'action, de la poésie. Une idée de cinéma par plan. Peut-être le meilleur film de Robert Altman.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 avril 2022
Une comédie originale et loufoque mais qui, hormis quelques scènes séduisantes, peine surtout à captiver tant le scénario est bordélique.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 février 2025
Ma mère m'avait dit un jour que le plus grand rêve de l'Homme était de pouvoir voler. Même si je n'ai jamais été pleinement d'accord avec ça, j'ai toujours su qu'elle avait raison. Bon, si on est un habitué de son univers, on connaît le style de Robert Altman : une idée qui vient comme ça et ensuite, on improvise avec le souci de la cohérence. Et ça tombe bien, puisque qu'exceptés quelques passages, "Brewster McCloud" donne furieusement l'impression de naître au fur et à mesure qu'il défile. Mais ce style si particulier et iconoclaste trouve parfois ses limites. Certains passages sont soit un peu lourds, soit longuets. Qu'à cela ne tienne, toute la singularité d'Altman y est. La course poursuite, avec la regrettée Shelley Duvall au volant, témoigne de la folie douce qui pouvait l'habiter. Brewster s'envole. A coeur vaillant, rien d'impossible comme le dit le dicton, même si cela ne dure que quelques secondes. N'est-ce pas la leçon à retenir en priorité ?
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 mars 2022
Brewster McCloud à su, dès son intro venir mettre le doigt là ou il le fallait pour activer toutes mes envies de folies cinématographique, et à ce petit jeu, ce film, signé Robert Altman, entre direct parmi mes plus grandes émotions question de cinéma !

De sa musique lunaire, de son amour des oiseaux ( jusqu'à sa fiente ), de son intro génial, les interludes de ce " narrateur " au combien précieuse à toute sa galerie de personnages ubuesques et hallucinés, j'approuve tout. Je suis à fond la dinguerie érigé tel le procès normal d'une continuité difforme, un éloge de la différence sous jacente. Brewster est d'ailleurs facile à capté, à comprendre, étant conscient de ses affres et des rêves qu'il pousse pour les conduire au réel. Bud Cort est magnifique. Plus encore, mais je manque de mots. Shelley Duvall elle aussi capte son auditoire, au fond, je ne la connais que pour un seul et même rôle. Il faut croire qu'elle à nettement plus à offrir qu'un seul cri d'effroi ... La preuve en est là. René Auberjonois, Sally Kellerman, John Schuck et consorts viennent complété une magnifique distribution, tous impliqués et imprégnés de drôlesse et de tragique !

Si niveau interprétation le film se sublime, il en est de pair avec la mise en scène d'un Robert Altman au sommet de son Art. La corse poursuite en voitures est en la matière la plus fameuse que j'ai pu voir, sérieusement, elle claque ! Que dire de cet enterrement sous la pluie, là ou les couleurs transgresses les codes, ou encore du spoiler: suicide de Shaft et de la pose immobile de ces Policiers et de leurs compagnes qui en raconte tout autant qu'un long résumé sans queue ni tête !
Je garde évidemment sa fin sous le coude, un paradoxe, entre un sourire et une larme. Le silence prend la place du bruit, c'est ce qui cogne si sournoisement je dois dire ...

Un des longs métrages les plus impressionnants de mon parcours cinéphilique ! L'un des plus beaux, une référence qui n'aura de cesse de grandir avec d'autres retours.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2022
Nous sommes en 1970 et Robert Altman vient d'obtenir la palme d'or avec "Mash". Les producteurs se pressent à sa porte, mais Altman veut profiter de son succès critique et public pour aborder des sujets plus confidentiels.

" Brewster mc Cloud" est le premier d'entre eux et date de la même année que "Mash". Film choral qui se resserre autour du personnage éponyme, Altman propose une métaphore sur l'être humain comparé à un oiseau dans ses comportements primaires.

Pour se faire, il nous présente un personnage qui rêve de voler ( mythe d'Icare) et qui a construit un équipement adapté.

Altman adopte un regard désenchanté sur la condition humaine ou l'individu etre social mais aussi assoiffé de liberté ne peut jamais s'extraire de la communauté humaine et est contraint de s'y adapter.

Le film bénéficie d'un appui critique depuis toujours. Certains le considèrent même comme un des opus majeurs de Altman. C'est à mon ( humble) avis, lui donner un poids qu'il n'a pas. Altman le considère comme son film préféré ( son plus hardi dit il) mais reconnaît ses imperfections

Si la première demi-heure est très réussie, le film manque tout de même de rythme le reste du temps.

A titre personnel, je place au sommet de la filmographie de Altman " le privé " et "short cuts", tout simplement d'immenses réussites

Realisateur américain de talent, acide et critique à l'égard de la société de son pays ( ici les fientes d'oiseaux tombent toujours sur une cible choisie pour ce qu'elle représente) est le maître du film choral à l'instar de Dos Passos en littérature.

Malheureusement aujourd'hui, le cinéaste est un peu trop tombé dans l'oubli.
ApacheBoy LT®
ApacheBoy LT®

2 abonnés 43 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 février 2023
Film « fourre-tout » remplit jusqu'à la coque et même prêt à exploser, certes, mais chef d’œuvre libertaire absolu. Ce n’est pas aussi extravagant que le RockyHorrorPictureShow, mais bien plus maîtrisé et plus profond... Certains diront que les zooms avant et tout le reste de la panoplie de ce grand enfant (RobertAltman) est plutôt « kitch » ; mais il n’en est rien, là repose justement sa singularité... Tout les discours en filigrane, sur la police, l’esthablisment, etc. sont toujours actuels. Pour les fans d’Altman, on retiendra surtout cette fin hors-norme, prémisse d’un discours sur le cinéma et sa relation au « Happy-end », que le réalisateur affûtera bien plus tard dans THE PLAYER...
Note : 8/10
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