Un bon film au suspens bien mis en scène. On est proche du cinéma Hitchockien, avec une montée en puissance de l'angoisse et de la peur. L'image est belle et les couleurs surexposées sont intéressantes. Le scénario est bien construit. Mais ce n'est pas non plus le chef d'œuvre que certain y voit. Ce fut un des premiers films à mélanger sadisme , voyeurisme, et meurtre, Il se peut qu'il ait inspiré de futurs réalisateurs, mais en même temps le film a un peu vieillit et montre quelques faiblesses. Les acteurs sont très bons . Un bon film original et rare.
J'irais pas jusqu'à parler comme certain de film culte (même s'il a inspiré de nombreux réalisateurs dont De Palma) mais il faut reconnaitre a ce Voyeur quelques qualités qui le rendent tout a fait "fréquentable".Replacé dans le contexte des années 60 ,il est facile d'imaginer combien l'aspect dérangeant et "malsain" de ce 1er "snuff-movie" de l'histoire ai pu provoqué tant de réactions hostiles ,si aujourd'hui le scenario a perdu une grande part de sa force ,n'en demeure pas moins toujours présente une qualité de mise en scène constitué de plans novateurs ainsi qu'une remarquable interprétation de Karlheinze Bohm.Le reste du casting n'a rien d'inoubliable mais cet acteur réussi l'incroyable performance de nous séduire par sa timidité ,sa maladresse et son coté "gendre idéal" et de nous glacé d'effroi l'instant d'après avec son regard obsessionnel : vraiment très fort !!!!
En voilà un film surestimé! Peut-être, sans doute, certainement surprenant voire choquant à sa sortie. Mais si l'on compare à Psychose (à peu de choses contemporain) "Le voyeur" n'a rien d'enthousiasmant et a vieilli comme une mauvaise bouteille éventée. Le style est expressionniste. Comme beaucoup de films des années 30 et 40 ou 50. Mais en 1960, Godard, Bergman, Fellini étaient passés par là. Le film de Michael Powell est vieillot, mal fagoté, hésitant entre classicisme et modernité. Et mal joué: la distribution est simplement catastrophique, les premiers rôles comme les seconds. Ça grimace, ça surjoue, comme dans un muet de Murnau ou de E.A. Dupont. Mais ce qui faisait le charme du cinéma expressionniste passe moins bien en 1960. Comment ce petit film a-t-il pu atteindre une telle renommée et servir de modèle à certains metteurs en scène des années suivantes? Cela reste pour moi un mystère.
De belles choses, dans la réalisation surtout, mais des longueurs et les acteurs ne sont pas toujours très convaincants. Une mise en abyme qui avait du potentiel mais qui nous laisse sur notre faim.
J'ai adoré ce film car il est poignant. C'est l'histoire d'un caméraman, Mark Lewis, qui passe son temps à filmer les femmes qu'il désire, puis les assassine avec le pied de sa caméra en filmant leur agonie. Il se projette ensuite leur mise à mort sur écran. Mais c'est surtout l'histoire d'un homme qui un jour a été la victime de son père, et qui tombe amoureux de la fille de la locataire du dessus.. "Le voyeur" est l'un des films les plus audacieux de la fin des années 1950. Son intérêt principal réside dans l'imbrication entre le sujet traité, l'histoire d'un caméraman et le dispositif même du filmage et de la réception du film par le spectateur. Le cinéma n'est jamais allé aussi loin dans la mise en abîme de son propre processus d'enegistrement des images et des sons. Une remarquable analyse des théories freudiennes du voyeurisme et de ses névroses, à la base de toute cinéphilie !
Un film peu connu et cependant assez incroyable. L'anglais Hitchcock qui fit presque la même chose la même année ne reçut pas l'acceuil glaciale de celui ci!!! Il faut reconnaitre qu'adopter le point de vue du tueur était à l'époque un peu trop révolutionnaire. Doublé d'une unhappy end! Et en prime une rélfexion sur le cinéma!
Un film perturbant sur la perversité, qui remet le point de vue du spectateur en question... Des vrais questions de cinéma sont abordée dans ce chef-d'oeuvre aussi terrifiant que dérangeant.
Ce film est indiscutablement un film important dans l'histoire du cinéma, résumant ce que tant de metteurs en scène ont essayé et essaient toujours de faire. Comme toujours chez Powell, le film est visuellement d'excellente qualité, avec un rendu des couleurs parfait. Si le propos ne choquera sûremment personne aujourd'hui comme ce fut le cas à sa sortie, il n'en a pas pour autant perdu son impact et son intérêt, résidant en grande partie dans la position que Powell prend par rapport à son personnage. Dès la première scène (magistrale au passage), nous nous trouvons à la place du tueur, nous voyons ce qu'il voit, créant ainsi une certaine connivence avec lui, que nous ne quitterons plus de tout le film. Et c'est justement cette empathie dont nous faisons preuve à son égard qui dérange (cela n'est pas sans rappeler le célèbre tueur d'enfants de Fritz Lang). C'est également un grand film de cinéaste sur le cinéma qui ravira tout cinéphile. Un chef d'oeuvre aux origines du cinéma fantastique, trop longtemps oublié.
Un films aux critiques de presses dithyrambiques... "Le voyeur" de Powell laisse pourtant de marbre en raison de son flagrant ennui durant tout le film... Même si l'étrange atmosphère est parfaitement maîtrisée, le film n'en reste pas moins dénué d'intérêt cinématographique... Sans pour autant être un navet, "le voyeur" a, semble-t-il, fasciné les plus grands, dont l'immense Scorsese... L'on va donc se remettre à la citation: "Chacun ses goûts"...
On s'ennuie ferme mais je peux comprendre le côté culte de ce film, puisque le début des années 60 expérimentait tout un tas de nouveautés au cinéma. Là je dois dire que j'ai perdu mon temps.
Intensément bluffant, Karlheinz Böhm incarne un inquiétant psychopathe tourmenté par ses traumatismes d'enfance et le poids des névroses paternelles. Illustrant le lien paradoxal entre Eros et Thanatos, le second se nourrissant du premier pourtant seul à même de dissoudre ses pulsions, ce thriller psychologique exploite les ressources symboliques des contrastes de lumière et s'appuie sur une mise en scène faisant du spectateur le voyeur par le choix des plans, s'éloignant et approchant les protagonistes à l'instar d'un cameraman. Aux dialogues nourris du principe de l'ironie tragique s'ajoute une musique grave qui avive l'angoisse en épousant la détermination intestine de l'assassin. Perturbant.
Moins connu que "Psychose",sorti la même année,mais tout aussi dérangeant,"le Voyeur"(1960)met en scène l'un des premiers serial-killer,couplé à une mise en image du voyeurisme.En effet,le protagoniste principal est un assistant-réalisateur,qui la nuit tourne des snuff-movies,dans lesquels il met donc en scène les meurtres de jeunes filles innocentes.Le charme troublant et la prévenance aristocrate de Karlheinz Böhm sont pour beaucoup dans la fascination qu'exerce ce personnage aux pulsions mortifères et à l'obsession de l'image.On apprendra d'ailleurs que ses symptômes proviennent d'une enfance où il fut martyrisé par un père aux expériences douteuses.Dès lors,sexe et mort,amour et haine,ne sont qu'une seule et même chose capturée par la caméra,calmant les tourments de Mark.Michael Powell choisit volontairement des couleurs éclatantes,pour que la terreur soit plus immédiate.Il innove aussi en multipliant les points de vue subjectifs,et la perversité de Mark n'est que plus exacerbée à travers ce pied de caméra se tranformant en lame tranchante.Un film expérimental,qui inspirera largement l'oeuvre de Brian De Palma.
Réflexion vertigineuse sur la fonction de cinéaste, Le Voyeur est un film clé dans l’œuvre de Michael Powell puisqu’il permet à l’auteur une réflexion sur son métier à travers un perpétuel jeu de miroir (celui qui filme celui qui est en train de le filmer). La mort est au rendez-vous de ce jeu pervers qui finira comme de juste par se retourner contre son initiateur. Un beau film à qui il manque un toutefois peu de souffle et d’émotion pour être un chef-d’œuvre. Il lui manque aussi une interprétation à la hauteur, Karlheinz Böhm dans le rôle du héros étant un peu fade et Anna Massey, dans celui de la dame des ses pensées, parfaitement insignifiante. Mais techniquement, comme toujours, c’est superbement fait avec la patte prodigieuse de Michael Powell dans une mise en scène étincelante.