Un film a la réputation surprenante, qui semble fasciner l'ensemble des critiques pour sa peinture de la relation spectateur-image et le fait que seule l’aveugle perce la noirceur du personnage. L'histoire est plutôt faible et on a vraiment du mal à adhérer à ce qui semble passionner ce personnage principal aux airs de puceau attardé. Quand a l’idée qui veut que la peur de mourir soit décuplée par le fait de se voir mourir dans un miroir, elle est carrément grotesque. Comparer cette bluette faussement audacieuse (le symbole sexuel de la lame dressée devant la femme) au puissantissime PSYCHOSE est assez illusoire. Un peu plus intéressant que « l’obsédé » malgré tout.
La virtuosité de la mise en scène efface les quelques aspérités de ce film (le coté un peu superficiel de l'histoire, les personnages aussi raides que des balais).
Le Voyeur est un film de Michael Powell sorti en 1960. Ce film est vraiment prenant. Karlheinz Böhm est fantastique dans le rôle de Mark Lewis, personnage complexe qui essaie de se sortir de ses démons mais qui parvient à être angoissant jusqu'au fond de son être. L'ambiance est pesante, marquée par une musique qui souligne avec justesse les émotions ressenties par les personnages. Le scénario est profond et pose des questions fortes, notamment la place de l'enfance dans la construction de la vie et de la personnalité de l'adulte. La fin est peut être un peu expédiée (elle aurait mérité 5 minutes de développement supplémentaires) et certaines scènes ne sont pas forcément utiles (spoiler: la scène de "comédie musicale" avant que la doubleuse se fasse assassiner par Mark ) mais la pression ne retombe jamais devant ce thriller captivant. Ce film est assez malaisant mais on ne décroche pas de cette histoire bien réalisée. Une très bonne réalisation.
Le voyeur est kitsch, parfois mal joué, comportant de nombreuses incohérences et est un film qui fait pale figure en comparaison d'un mastodonte comme Psychose. Pourtant, le voyeur tire sa force autour d'un personnage principal duquel il faut faire abstraction de tous les défauts du film qui sont assez excusables en fin de compte au vu de la fin. C'est également un film avec une ambiance assez maîtrisée, qui si l'on est un peu médisant, pourrait paraître grotesque mais qui devait être novatrice voire étouffante pour l'époque.
Une réflexion intelligente sur le cinéma et tout ce qu'il peut impliquer notamment ses obsessions mais qui a mal vieilli au niveau de la forme et qui comporte quelques longueurs. A voir cependant pour tous les cinéphiles.
Film peu connu, et pourtant il vaut amplement de détour, même plus que ça, Le Voyeur, c'est vraiment du cinéma, une œuvre renversante, sortie peut de temps avant Psychose, d'Hitchcock, ou l'on traitait également des problèmes psychologiques d'un assassin, et en plusieurs point ces deux œuvres sont similaires, mais, à mon humble avis, Le Voyeur est en fait largement supérieur à Psychose, tout d'abord par son esthétisme, de plans réfléchis, le tout dans des tons qui collent avec l'atmosphère du film... Le film commence simplement, mais l'on entre vite dans l'univers de ce "voyeur" et l'on observe, on le suit, on vit même avec lui, on sais tout, et cette proximité entre le spectateur et l'assassin est assez déroutante, car on se sens à la fois complice, et donc voyeur nous aussi, car la caméra suit le voyeur et sa caméra ( on pense au "Je te filme en train de me filmer "). L'enfance tourmentée de Mark Lewis, qui lui causa des troubles psychologiques irréversibles; son père, qui filmait son fils constamment, pour analyser la peur, ce que plus tard le fils poursuivit... Le Voyeur est un film concret, doté d'acteurs très bons (par contre la ce n'est en rien comparable à Anthony Perkins), et d'une atmosphère stupéfiante, où, si j'ose dire, la peur règne, et ce climat tendu, tout le long du film...Le Voyeur est sans conteste une grande œuvre, quasiment méconnue, et c'est réellement dommage, car c'est en quelque sorte une petite leçon de cinéma!
Le voyeur. Un film qui donne envie lorsqu'on lit son synopsis. Le voyeur est le deuxième film de Michael Powell que j'ai pu voir. Je dois dire que je suis agréablement surpris par ce film sorti un an avant le terrible Psychose de Hitchcock! Première qualité du film, sa photo, avec ses couleurs absoluments merveilleuses, je m'attarderai notamment sur le début du film avec un plan divisé en quatre partie, des couleurs vives et accrochantes qui se confondent avec la noirceure de la nuit. Le tueur armé de sa caméra frappe pour la première fois avec pour cible une prostituée. Le voyeur cherche à figer les sentiments, à les retranscrir sur un écran et ainsi à les revivre comme il les a vécu étant petit, à cause d'un père voyeuriste, obsédé par son travail de scientifique. Il a traumatisé considérablement l'enfance de ce mystérieux personnage qu'est le voyeur et ça se ressent sur sa personalité aujourd'hui. La peur est le sujet primordial dans ce film, c'est la peur qui est au centre de cette personnalité troublée, blessée, tourmentée. C'est véritablement déroutant comme film dans la mesure où l'on est immergé dans un sujet typiquement psychanaliste et psychiatrique. Ce sont des films qui me plaisent particulièrement et Le voyeur ne déroge pas à la règle. je lui reprocherai juste certaines longueurs et un manque de peur chez le spéctateur, peut être du à son âge, 50 ans déjà!
Caméra toujours à la main, Mark Lewis (joué par l'excellent Karlheinz Böhm ) est chef opérateur de cinéma qui fait aussi des extras dans un magasine sensuel. Et le soir, il visionne ses films. Activité pas si innocente que ça, car il se délecte de ses films qui sont des snuff-movies où il joue le pervers pour de vrai, et les mannequins sont de vrais victimes. Voici le scénario d'un des films les plus populaires du géant Michal Powell. A sa sortie, en 1960, il a suscité un déferlement ahurissant contre le réalisateur, car son oeuvre est considérée comme trop perverse et trop malsaine. Comme Orange Mécanique, il a été énormément censuré. Powell pose une réflexion sur le sujet du film : le spectateur est-il voyeur quand il va au cinéma ?
Dommage que ce génie n'ait pu profiter du succès de son film des années plus tard après la censure, car Le Voyeur est un chef d'oeuvre remarquable et dérangeant, avec un acteur principal malheureusement méconnu qui joue parfaitement et qui rappelle le tueur de M le Maudit : son regard est tellement troublant et profond qu'on rentre dans son jeu. Un excellent film, qui aborde comme thèmes la perversion, la peur et le cinéma.
Chef d'oeuvre absolu que ce voyeur, signé par le fascinant Michael Powell, à l'apogée de son génie. Derrière ce fascinant polar se cache en effet de nombreuses interrogations du réalisateur, notamment sur le cinéma, sa fonction, et celle de la caméra, malsaine, violente, meurtrière, mais aussi impuissante, à l'image de son héros, bourreau mais aussi victime, traumatisé durant l'enfance par son père, biologiste pervers. C'est une magnifique lecon qui nous est donné ici, avec des scènes particulièrement éprouvantes. Rarement la terreur aura été présente chez moi, alors que tout es tsuggéré, et c'est là aussi une idée de génie de Michael Powell, qui décidément nous éblouit à chaque scène. La scène finale est d'ailleurs grandiose. Linterprétation est quant à elle impeccable, Carl Boehm se montrant particulièrement convaincant dans son role de "peeping Tom" et Anna Massey, incroyablement touchante. Chef d'oeuvre absolu.
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2,0
Publiée le 4 mai 2021
Ce film d'horreur peut avoir une signification historique mais je l'ai trouvé décevant. Dans le rôle du tueur le portrait de Bohm est simplement trop placide pour susciter l'intérêt. Peut-être que ce'est une étude de cas intéressante pour ceux qui spéculent. Après tout Mark est à peu près le dernier mot en matière de expression émotionnelle. De plus la canne pénétrante qui se dresse au-dessus de ses victimes est un symbole révélateur. Néanmoins le résultat global s'apparente à un cinéma qui n'a pas réussi à m'impliquer. Pour moi les meilleures scènes sont celles des plateaux de tournage. Un tel chaos organisé semble bien loin d'Hollywood. Dommage que la mère aveugle d'Helen (Audley) ne soit pas la coupable. Elle projette une réelle profondeur de personnage qui est un contraste nécessaire avec celle de Bohm en bois. Il y a aussi Anna Massey au visage ordinaire dans le rôle d'Helen. Son regard et ses manières sont poignantes ce qui crée un certain suspense lorsqu'elle entre en contact avec le tueur en série. Quoi qu'il en soit il est possible que j'aie vu une version mal éditée de ce qui est réputé être un film bien édité...
Un bon petit film qui se laisse très bien regarder. J’ai bien aimé la mise en scène et surtout la mise en abyme cinématographique, ce qui est le point fort du film. Une œuvre intéressante, à voir, mais qui selon moi ne mérite pas le statut de chef-d’œuvre, il ne suffit pas d’une grande idée de départ pour qu’un film soit comme par magie excellent. Il aurait fallu selon moi plus de suspens, de tension et peut être aussi une meilleur interprétation du personnage principal.
Michael Powell s'essaye au thriller convaincu que le public n'était pas prêt à voir et comprendre sa vérité sur le cinéma. "Peeping Tom" aux couleurs très kitsch, est un film sombre et malsain renfermant une intense réflexion sur le voyeurisme. Michael Powell dirige ici donc son film seul sans son collègue Pressburger, et sert un thriller crescendo porté par Carl Boehm irréprochable en jeune opérateur de tournage et serial-killer obsédé par l'image. Le directeur anglais utilise parfaitement la profondeur de champ pour représenter la scopophilie (le plaisir de regarder) et présente des scènes de meurtres particulièrement efficientes sans jamais tomber dans la gratuité et la sanguinolence. Il est par ailleurs notable de remarquer que Powell a ainsi inventé un nouveau genre cinématographique, le "snuff movie", genre qui sera adopté aux Etats-Unis avec les Scream et autres. "Peeping Tom" est en bref un somptueux thriller mais aussi une critique déstabilisante sur le Cinéma.
Très stupéfiant le film est un condensé d'étrangeté et de simplicité. C'est le premier film de Powell que je vois de lui mais ça m'a donné envie d'en voir d'autres. Les acteurs sont très bons et le film a plutôt bien vieilli au point de vue du concept. Cela m'a un peu fait penser à un Hitchcock même si ce n'est pas tout à fait pareil et que le réalisateur à une autre façon de présenter son sujet et de le tourner. Très bon en tout cas.
Enfant traumatisé par un père psychiatre qui expéri-mentait les peurs de son fils et les filmait (scènes du lézard), il veut faire pareil et devient tueur en série. Freud appelait ça pulsions scopiques du scoptophile dont une variante connue est le voyeur. Karlheinz Böhm est impeccable dans son rôle ambigu, Moira Shearer un peu âgée pour le sien, la scène finale est éclaboussante et la musique de qualité.