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inspecteur morvandieu
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1,5
Publiée le 25 août 2026
La philosophie du western de Nicholas Ray renvoie au maccarthysme. L'intolérance des notables et des "braves gens" de la ville et leur acharnement à se débarrasser de quelques-uns qui vivent en marge, à suspecter leur respectabilité, déterminent l'action et la réflexion du film. Chacun des personnages a valeur de symbole ou, tout au moins, représente un degré de justice ou d'iniquité. Pourtant, malgré la signification des personnages, l'intrigue n'est pas très intéressante et parait parfois bavarde, ostensiblement tragique et théâtrale. En réalité, la vraie originalité du western tient dans l'affrontement quasi psychanalytique de deux femmes, antagonisme qui les conduit au traditionnel duel final comme les figures typiques et masculines du western. L'une est une ancienne prostituée de saloon, l'autre une jeune femme refoulée, incarnation d'un puritanisme trop vertueux pour être humain. Histoire d'une cohabitation difficile dont les victimes pourraient ces personnages, dont Johnny Guitare, soucieux de rompre avec le passé. Le refus d'esthétisme du réalisateur est sans doute une forme d'intégrité artistique mais ça ne rend pas moins indifférent son film.
Avec Johnny Guitar, Nicholas Ray dynamite les codes du western classique pour en faire un mélodrame fiévreux traversé par le désir, la jalousie et la haine collective. Joan Crawford domine le film avec une très grande intensité, transformant Vienna en héroïne tragique dont la force masque à peine les blessures affectives. Les couleurs flamboyantes et les décors stylisés donnent au film une dimension quasi opératique, où chaque confrontation semble sur le point de basculer dans l’hystérie. Derrière les fusillades et les tensions romantiques, Ray filme surtout une société rongée par le puritanisme et la peur, faisant du film une parabole politique étonnamment moderne. Un western incandescent et profondément singulier, dont la puissance émotionnelle et visuelle ne ressemble à aucune autre.
Non seulement il présente des personnages féminins forts, mais ceux-ci animent les principaux ressorts narratifs de ce western aux accents lyriques et dominé par une forte interprétation. Avec son ton mélancolique, un penchant pour le mélodrame dans son sens classieux « Johnny Guitar » est un long-métrage qui se distingue amplement dans un genre pourtant très codifié et s’avère être un classique à voir.
Un faux western sous forme de tragédie, admirablement réalisé par Ncolas Ray, qui stigmatise la rapacité des colons, le danger de la bêtise collective, et qui met en valeur le couple Crawford/Heyden
Un western Hollywoodien très classique sur la forme, avec beaucoup de plans fixes des couleurs assez vives et un côté propret. Sur le fond il présente tout de même quelques originalités, avec notamment ce duo de femmes qui tiennent les premiers rôles et qui mènent leurs troupes d hommes à la baguette. Ça a beaucoup vieilli sur pas mal d aspect mais pour le coup les scènes d action sont très réussies pour l époque.
Même le film ne mérite pas d'être qualifié de chef-d'œuvre il n'en vaut pas moins 5 étoiles. Joan Crawford vieillissante dont la mâchoire a perdu son cintre est sublime. Sterling Hayden est plaisant et Rhys Williams est d'une justesse incomparable, s'il avait eu le physique...
Ce film de Nicholas Ray porte mal son nom (une fois n'est pas coutume...), puisqu'on assiste surtout à une lutte de pouvoir entre 2 femmes, Johnny Guitare étant plus un second rôle. Cet affrontement, maintes fois rencontré dans les westerns de l'époque mais transposé cette fois ci au feminin, oppose donc Vienna, propriétaire d'un saloon ambitionnant de faire fortune grâce au passage à proximité d'une future ligne de chemin de fer, à Emma, riche propriétaire qui voit tout cela d'un mauvaise oeil, d'autant plus qu'elle est jalouse de cette dernière (rôle aussi ingrat qu'antipathique). Elle entraînera dans sa soif de vengeance la quasi totalité de la ville (aveuglée par cette détermination) aux trousses de Vienna et d'une bande de hors-la-loi mené par Dancing Kid...jusqu'à sa perte. Une "chasse aux sorcières" bien en phase avec les évènements politiques de l'époque, plutot bien interprétée et avec des décors et une photographie magnifiques.
Ce film, réalisé par Nicholas Ray et sorti en 1954, est très bon et je dois dire que j'en suis le premier surpris ! Non pas que je doutais que la qualité du film mais je n’apprécie tout simplement pas vraiment les westerns en règle générale. Je m'attendais donc à m'ennuyer pendant près de deux heures, le seule élément du film qui m'attirait étant la présence de Joan Crawford. car nous suivons ici Vienna qui a fait construire un saloon dans une zone désertique mais qui attise la jalousie du village voisin et notamment d'Emma. On a donc ici un western avec une femme, voire même deux (l'héroïne et l'antagoniste) dans les rôles principaux, chose assez rare, surtout au milieu des années 50 ! De là à dire que le film est féministe, il n'y a qu'un pas et il l'est sur certains points mais recentre très rapidement son histoire sur l'aspect romance. Eh oui car on dehors de cette romance, Vienna est un personnage féminin très masculinisé, notamment de par ses habits et son habilité au tir. De plus, elle se tient souvent face à une horde d'hommes et a réussi à bâtir son empire (ou du moins son début d'empire) toute seule, les hommes étant à son service et non l'inverse. On est donc loin de l'image glamour de la femme que délivrait habituellement le Classic Hollywood des années 30 à 50/60, pour être face ici à une femme forte évoluant dans un univers rude et hostile. Et qui de mieux que Joan Crawford pour interpréter ce rôle qui de par son allure et son regard sévère rend complètement crédible son personnage. Il en est d'ailleurs de même pour Mercedes McCambridge interprétant une femme frustrée mais dirigeant, elle aussi, tout un groupe d'hommes qui interprète magnifiquement cet antagoniste que l'on adore détester. Il est de plus assez amusant de remarquer que, sur le plateau, les rôles étaient inversés puisque Joan Crawford, très jalouse de sa partenaire, lui en faisait baver et déchirait notamment ses costumes. Et d'un côté, c'est plutôt une bonne chose car la haine que se vouaient les deux actrices se ressent réellement à l'écran, ajoutant un plus dans la composition de leur personnage. "Johnny Guitare" est donc un très bon western, tout simplement !
Formidable entrée en matière « inquiétante » avec spoiler: des explosions, une attaque de diligence et des explications oralement musclées dans un saloon avec le souffle obsédant du vent. Dès les premiers plans, un grand gaillard est apparu sans arme avec sa guitare dans le dos, plutôt atypique pour un western ! Le ton est donné, ça sent le drame. Et puis l’apparition en haut de l’escalier de Joan Crawford, habillée tout de noir. Un personnage féminin « fort » dans un western est gage de qualité. Et sur ce coup, on est servi ; deux caractères forts pour le prix d’un : Joan Crawford (mi-ange, mi-démon) et Mercedes McCambridge (démon XXL). Le film de Nicholas Ray est truffé de références psychanalytiques. Peu de scènes de violence physique, mais la violence est psychologique : manipulation, mensonge, trahison, duperie, à tous les niveaux. Et ce final, un duel entre spoiler: deux femmes ivres de vengeance. Un immense chef-d’œuvre du western qui maltraite la nature humaine, veule et lâche par définition. 70 ans plus tard, on en est toujours au même point. Retrouvez mon amour du Far West dans le roman WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU - Eds VERONE - TOME 1.
Cette critique manichéenne du Maccarthysme insiste sur sa symbolique didactique de façon outrancière mais pertinente en érigeant en héroïnes deux modèles de pensées incarnant chacune une image de l'Amérique dont les potentielles dérives hypocrites et intolérantes sont écrasées par une impériale Joan Crowford. Cependant la victoire utopique de la morale défendue par Ray atténue la force du propos et déresponsabilise les suiveurs. Vieilli mais intéressant.
Un grand classique de la grande époque du western américain. Avec un Johnny Guitare qui a dû inspirer l'homme à l'Harmonica de Sergio Léone et Ennio Moricone pour "Il était une fois dans l'Ouest". Il joue de la guitare, mais il sait jouer de la gâchette aussi...
Un Western qui met en avant 2 femmes fortes sans les clichés habituels de ce genre cinématographique, ce n’est pas courant et la performance des 2 actrices est à mettre en avant. Un vrai film avec un scénario plus fouillé, des valeurs à contre-courant à l’époque mais tellement actuel. Décors, costumes, musique au top. Attention vrai chef d’œuvre du genre.
Je n'aime pas le western. Pour qu'il y ait une chance que ça trouve grâce à mes yeux, il faut que les codes qui régissent le genre soit cassés. Si ce n'est pas le cas, il me faut un truc fort pour que ça marche, sinon, c'est même pas la peine. Pour ce qui est de "Johnny Guitare", les codes sont cassés, et de quelle manière. À moins qu'un autre ne m'échappe, il s'agit là du premier western féministe. Ça veut dire ce que ça veut dire. Ici, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Vienna est propriétaire d'un saloon dans lequel les hommes se tiennent à carreau et Emma possède une banque et est donc riche à souhait. Avec ça, le film avait tout pour me plaire. Et, j'ai été pris par le truc au début, genre la première demi-heure. Après, j'ai complètement lâché. Il faut supporter une tonne de bavardages stériles, l'action n'avance plus et c'est ennuyeux à n'en plus finir. Il faut alors attendre le final, dans lequel les femmes forcent la décision, pour sortir de la torpeur. Quant au casting, parlons-en un peu : c'est une catastrophe. Et commençons par les femmes vu qu'elles sont la raison d'exister du film. Mercedes McCambridge est pitoyable, grotesque, il n'y a qu'au cinéma qu'un personnage aussi mauvais peut être perçu comme une menace. Joan Crawford est stoïque à n'en plus finir et ne sait qu'écarquiller les yeux. Quand on la voit jouer de la sorte, et si c'est la première fois qu'on la voit jouer, on se dit que la remise en cause de ses talents d'actrice par Bette Davis était bien fondée, en réalité, elle ne l'était pas. Tout le monde a droit à une mauvaise performance, ça arrive. Les hommes, même tabac. Les redresseurs de torts sont inexistants. La bande quatre fait peine à voir. Turkey est une crapule de pacotille, Corey est un fantôme, Ernest Borgnine (alias Bart) hérite d'un rôle indigne de son talent et le Dancin' Kid est un chef de bande aussi charismatique qu'une feuille d'essuie-tout détrempée. Même Sterling Hayden est timoré. Alors, quand on en arrive à pareil point, ça veut dire que l'échec est total. Le Sterling Hayden de "L'ultime razzia" et de "Quand la ville dort" est absolument mémorable, celui de "Johnny Guitare" ne l'est pas. Un western culte ? Pour le côté féministe (et donc avant-gardiste et courageux) oui, assurément, mais pour le reste non, il y a trop peu de choses à voir.