Johnny Guitare
Note moyenne
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Fêtons le cinéma

860 abonnés 3 731 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 novembre 2020
Au Cœur de Johnny Guitar, un couple. Un couple d’amants fugitifs, décliné en une somme de projections possibles si et seulement si la femme avait renoncé à son amour-passion, avait troqué ses sentiments pour des équivalents. Un couple d’amants qui fait des jaloux, contraignant les hommes à espérer un baiser, à provoquer l’heureux élu dans l’espoir de le voir disparaître. Un couple d’amants qui s’est perdu pendant cinq ans, et dont la séparation a conduit ses membres à se chercher dans les bras d’autres personnes. Et ce couple d’amants fugitifs, c’est celui de Party Girl déplacé depuis la nuit urbaine vers les canyons irradiés de soleil, c’est celui de Rebel Without a Cause – sorti un an plus tard – qui se saisira de Turkey, le jeune homme qui finit ici pendu au pont sous les yeux de Vienna, pour le réincarner en Jim Stark. Les personnages, chez Nicholas Ray, semblent les avatars de types et de thèmes qui servent une certaine idée politique de la représentation cinématographique : héros tourmenté, héroïne forte, jeunesse écrasée par le poids d’une société dépassée qui étouffe et empêche les revendications libertaires. La contestation, thématique dans ses films, est également esthétique : se saisir d’un genre pour y greffer des thèmes jusqu’alors inédits, ou impropres, en l’occurrence l’amour-passion. Car le bruit et la fureur que produisent le fracas des armes, l’incendie de la maison de jeu, les cris et menaces proférées par les camps adverses, extériorisent le conflit qui anime les êtres dans leur intériorité, un chaos où se choquent le désir et la mélancolie, la passion et la haine. C’est donc à un western intérieur que nous convie Nicholas Ray : les personnages disposent d’une écriture complexe, à l’encontre des caricatures souvent rencontrées dans ce genre d’œuvres ; ils ne sont pas monolithiques, ils ne sont jamais prévisibles, seulement régis par leurs pulsions, leurs désirs, leur passion brûlante et dévorante. Cette irrégularité d’affects est retranscrite par la multiplicité des tonalités : de l’épique au tragique en passant par la comédie – parfois musicale –, nous louvoyons sans cesse entre diverses rives qui s’attirent et se repoussent à la fois. Une telle densité produit un ravissement du spectateur qui trouve là l’un des westerns les plus atypiques et personnels jamais vus, tout en respectant scrupuleusement le canevas du genre ainsi que ses codes. Johnny Guitar est une œuvre immense au romantisme tourmenté, fort d’excellents acteurs et d’une photographie magnifique – mention spéciale au travail de la couleur et des contrastes, notamment en ce qui concerne les costumes qui affirment progressivement et du blanc et du rouge et du jaune, traduction esthétique de l’affranchissement des deux amants et de leurs retrouvailles incandescentes.
Alasky

463 abonnés 4 710 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 octobre 2020
Ce western ne serait-il pas un peu surestimé.. ? Joan Crawford surjoue, les autres acteurs ne sont pas crédibles, le scénario sonne creux... A part pour le technicolor et les décors qui donnent un peu de piquant à l'ensemble, je n'ai pas accroché à ce film.
Patjob
Patjob

45 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 septembre 2020
Ce grand classique du western est une originalité, dans un style baroque, dont les scènes les plus fortes sont des scènes « d’intérieur », en l’occurrence le saloon de Vienna. A cet égard, la première demi-heure est exemplaire de densité. Vienna, à laquelle Joan Crawford donne une envergure particulière, est le personnage le plus fort du film, et l’on peut noter que son plus farouche adversaire est aussi une femme, Emma. Cette importance des femmes s’accompagne d’une vision féministe, magnifiquement exprimée par Vienna face à une culture machiste. Le film met en scène les basses motivations humaines, la cupidité, la jalousie (amoureuse, mais aussi d’un statut, de la fortune, d’un avenir), et en particulier l’intolérance face à la différence. La dénonciation des « patrouilles », de la vindicte collective, des condamnations sommaires, et de l’extorsion de faux témoignages, ont bien sur valeur générale, mais s’adresse aussi au Maccarthysme en vigueur dans les années précédant le tournage.
gimliamideselfes

3 452 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 août 2020
Je suis un peu déçu de ce Johnny Guitar, j'en attendais beaucoup plus et finalement j'ai trouvé que s'il a d'excellentes idées il se révèle être un poil morne et longuet avec un gros coup de mou vers l'heure de film.

Difficile de nier les qualités, notamment d'écriture du film. En effet faire du personnage éponyme un simple second rôle pour offrir le premier rôle à une femme on va dire que c'est pour le moins couillu, surtout en 1954 dans un western. Parce que oui c'est vraiment Vienna l'héroïne du film, jouée par une magnifique Joan Crawford entre deux âges, endurcie par la vie, avec des ambitions et fière. Clairement son personnage est brillant. J'aime son regard sévère qui peut tout à coup s'adoucir, on sent qu'elle en a bavé et qu'elle fera tout pour réussir son rêve de bâtir une ville, de devenir riche grâce à l'arrivée du train dans sa ville...

Et chose notable, l'antagoniste du film est une femme également, une femme jalouse prête à tout pour mener Vienna à sa perte.

Dans tout ça Johnny Guitar ne sert presque à rien dans le film, certes le film s'ouvre sur lui, il a un ou deux moments de bravoure avec un flegme et une certaine nonchalance que j'ai beaucoup apprécié, mais malheureusement je trouve que le personnage finit par perdre de sa superbe. En fait au départ il est juste un type avec une guitare et une grande gueule. Disons qu'encore une fois ça change et j'ai envie de suivre un type pareil dans un western, pourquoi devrait-on toujours suivre le cowboy ?

Malheureusement bien vite on se rend compte qu'il sait très bien tirer et il devient un personnage finalement assez classique. Néanmoins, je dois bien reconnaître ça au film, il est quasiment inutile, il ne fait rien de bien utile à l'histoire il est quasiment spectateur du film et sert juste une fois de deus ex machina pour sauver l'héroïne.

Et finalement j'ai trouvé ça frustrant que le film ne tienne pas sa promesse du héros sans arme et de l'autre à partir du moment où on sait qu'il sait les utiliser, c'est frustrant que finalement il ne les utilise pas.

Mais c'est surtout au niveau de la trame narrative que ça coince un peu pour moi, ce n'est pas que je dirais que le film est chiant, mais il est un peu long, disons que j'avais l'impression que ça tournait un peu en rond et qu'entre deux scènes franchement brillantes (par exemple la scène où Vienna joue du piano tout de blanc vêtue) l'histoire est un peu poussive et semble avoir des difficultés à raconter un truc simple et efficace. Par exemple les scènes sur la bande du Dancing Kid m'intéressent beaucoup moins, si le traitement du personnage est intéressant parce que dans n'importe quel western il serait le grand méchant, pas ici, il est accusé à tort, il veut se venger, ça tourne mal, les scènes de tension dans son groupe me semble pas des plus inspirées.

En somme c'est un film que je trouve thématiquement intéressant, bien joué, avec une superbe héroïne, mais qui malheureusement peine à me captiver entre ses scènes phares et qui me laisse un léger sentiment d'amertume que je n'aurais pas dû ressentir. (mais c'est peut-être juste moi)

En tous cas c'est un film à voir, ne serait-ce que pour ses flamboyantes couleurs et son héroïne.
Y Leca
Y Leca

47 abonnés 1 182 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 juillet 2020
Ça un classique reconnu ? Horriblement daté et caricatural. Pas crédible dans ses péripéties et finalement grotesque. Crawford ne fait qu'écarquiller les yeux et les autres sont inexistants. Surfait.
JCADAM
JCADAM

6 abonnés 370 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 avril 2020
Western avec un scénario basique pour le genre, une fin sans originalité, avec un gunfight attendu entre les deux femmes à l'issue sans surprise.
Toutefois les dialogues sont bien écrit, Vienna est charismatique et très bien interprétée par Joan Crawford.
Le jeu des couleurs pour l'époque est sublime, surtout la scène avec le coucher du soleil en arrière plan.
Mention spécial aussi aux décors qui son remarquables, accompagné par de belles scènes comme celle du saloon qui prend feu.
La musique est prenante et en parfaite harmonie avec l'histoire.
Le réalisateur (Nicholas Ray) aura eu le mérite de nous montrer que la violence n'est pas réservée qu'aux hommes, avec un duel entre les deux femmes qui nous tiendra en haleine jusqu'à la fin.
Enfin l'intrigue sentimentale entre Vienna et Johnny Guitar, ajoute une touche de douceur de tendresse et de jalousie dans ce western sanglant.
Lucas T
Lucas T

3 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2019
Johnny Guitare est un bon western, pour le moins atypique. Son scénario et ses personnages sont originaux, avec une mise en scène et une musique soignées ainsi que de beaux décors plongeant bien dans l'ambiance du film. Les décors sont par ailleurs peu nombreux, ce qui permet de rapidement identifier les lieux de l'action du métrage et de se repérer dans son univers facilement! L'histoire est intéressante et les relations entre les personnages, leurs amours et leurs conflits également bien que le film dure un peu trop longtemps pour ce qu'il a à raconter ce qui fait que certains passages peuvent paraître un peu longs voire superflus et dispensables.
Jean-luc G
Jean-luc G

90 abonnés 905 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2019
Le film de N. Ray a ses défauts et les rides de son époque, des couleurs criardes irréelles, une absence de toute séquence d'intro, des faux raccords bien visibles mais… présente en revanche des scènes de grande qualité qui ont inspiré Almodovar dans Femmes au bord de la crise de nerfs. Ainsi celle des retrouvailles entre Johnny et Vienna sur le mode "je t'aime moi non plus" ou plutôt "don't lie to me" est un modèle du genre, n'est-ce pas Monsieur Logan? Et surtout un scénario dominé entièrement par les femmes jusqu'au duel final! On n'échappera, parce que c'est un western, à l'ambiance lynchage expéditif ni à l'arrivée du chemin de fer qui va bousculer les affaires des éleveurs déjà bien établis, mais l'essentiel est ailleurs: une confrontation brutale et sans concession entre deux femmes sur fond de rivalité amoureuse et sociale. Mercedès McCambridge ne pouvait pas sentir Joan Crawford sur le tournage parait-il, eh bien cela se voit à l'écran! Johnny, interprété par Sterling Hayden ( qui sera quelques années plus tard, le général Ripper dans le Docteur Folamour) est beau gosse, mais ne peut lutter à armes égales avec la brune aux yeux bleus. Atypique film dans une Amérique qui commençait à tomber dans le McCarthisme des années 50. Ray passe aux travers des mailles de la censure pour mieux renverser les codes machistes du western. Cinéma2 - mai 2019
Prométhée
Prométhée

7 abonnés 98 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 décembre 2018
Un western intéressant et original, car il se démarque du genre en faisant de deux personnages féminins, les héroïnes et le moteur du film. Ici ce sont les femmes qui dominent, l'une est propriétaire de saloon, femme d'affaire avisée qui gère les hommes, l'autre est une femme qui réclame vengeance comme prétexte pour se débarrasser de sa concurrente, et manipule les hommes du village. Les hommes n'ont d'yeux que pour elles et s'ils se battent entre eux, le duel final est bien celui des deux femmes. Malgré le titre du film, Johnny n'est finalement qu'un faire-valoir.

En dépit de ce caractère original, le film n'est pas exempte des défauts de communs de l'époque durant laquelle il a été réalisé, en particulier le jeu expressionniste des acteurs.

12/18
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

145 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 août 2018
Incroyable western que ce mythique Johnny Guitare, qui explosa tout les codes du genre. Porté des femmes, et des femmes très fortes - Joan Crawford dans le rôle principal y est géniale - le long-métrage est une succession de séquences où la tension est à son comble entre les différents protagonistes. La mise en scène et l'image sont superbes, et l'air principal signé Victor Young et chanté par Peggy Lee est simplement bouleversant de beauté. Un chef-d'œuvre.
 Kurosawa

677 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juillet 2018
Quel western peut bien commencer par un huis clos d'une demi-heure qui annonce les rivalités sans véritablement lancer l'action ? "Johnny Guitar" frappe par la singularité de sa structure et par les nombreux décalages opérés qui tendent à briser la virilité masculine (le personnage interprété par Sterling Hayden ne porte d'abord aucune arme mais seulement une guitare) et à mettre en avant un duel féminin : Emma est la femme rancunière et démoniaque tandis que Vienna s'impose par sa prestance et sa force qui ne masquent pas pour autant sa sensualité. Le film articule ces tensions selon une logique d'attente qui déroge aux règles du western classique avant que l'action ne s'emballe – c'est à ce moment précis que des codes plus conventionnels apparaissent, mais sous la forme d'un classicisme souverain, assimilé par la vision du cinéaste. Cette compréhension personnelle du classicisme revient à élaborer un montage cohérent et lisible de l'action pour la mener à une issue attendue en ne faisant toutefois pas de ses personnages de purs archétypes – chose pourtant courante dans le western. Ceux-ci restent toujours complexes, parfois opaques, tiraillés entre un passé douloureux et un avenir incertain, voire crépusculaire. Inventif et donc sans cesse surprenant, "Johnny Guitar" est une véritable splendeur visuelle et reste au niveau de ses personnages, aussi passionnants les uns que les autres.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

167 abonnés 1 793 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juillet 2018
Western révolutionnaire et chef d’œuvre pour certains ; pas convaincu. Baroque, clairement, et c’est fortement dû au procédé TrueColor choisi pour ce long métrage donnant des couleurs irréelles et chatoyantes aussi bien aux paysages qu’au tenues. Au point d’interpréter que Nicholas Ray aurait voulu en faire une sorte de conte, de fantasmagorie de l’Ouest Américain ; idem, pas convaincu qu’à l’époque ce fût son intention. Peut-être certains regardent un film de 1955 avec leurs yeux de 2018 ? Le gros intérêt du film et qui en fait sa particularité réside pour moi dans un seul élément : la place de la femme. Les deux personnages majeurs sont des femmes et ce sont elles qui mènent les hommes, plus ou moins viriles (là aussi ce fût courageux), à la baguette. Une autre façon de voir le western et l’Ouest américain. Attention, il s’agit de l’atout majeur, mais le traitement des deux personnalités féminines se révèlent très manichéen ; une opposition tranchée entre ces deux personnalités bien exposée jusqu’à travers leurs tenues : le blanc de la bonté pour l’une et le noir de la malveillance pour l’autre. Du rythme, il y en a ; on ne s’ennuie pas. Et quelques trouvailles sympas et proches de l’imaginaire enfantin rendent ce western plaisant : le passage sous la chute d’eau, la maison de trappeur perchée avec une vue à 360°, la saloon à flan de rocher. Un western bien agréable... mais c’est tout
tout-un-cinema.blogspot.fr
Fabien S.

690 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juin 2018
Un chef d'oeuvre. Un très bon western. Un très bon film américain. Une très bonne interprétation de Joan Crawford. Une atmosphère très Far West.
weihnachtsmann

1 632 abonnés 5 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2018
Ce western est un duel à mort. Tout se dirige vers cette scène cruciale. Le combat qui naît d’une haine farouche contre l’ordre établi. La femme émancipée avec Johnny représentant justement le désir assouvi. Il y a cette scène ultra romantique avec le coucher de soleil et la violence qui n’est pas réservée aux hommes.
Dik ap Prale

304 abonnés 3 092 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 juin 2018
Devenue une œuvre culte sur les travers Hollywoodiens, ce western complètement remanié pour repondre aux exigences de ses deux actrices, ou du moins éviter un trop grand nombre de crêpage de chignons, vaut surtout pour l'anecdote. Quelques scènes virevoltantes, un gunfight final qui donne les armes aux femmes, et un réalisateur contraint de prendre la pelle et de creuser.
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