Le Jour de la bête
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Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 février 2026
J’ai toujours trouvé qu’il y avait deux façons de filmer l’apocalypse : la version “tonnerre et trompettes”, ou la version “sale, lumineuse et hystérique”, celle qui surgit au détour d’une rue bondée, sous des guirlandes de Noël, au milieu de vitrines trop propres et d’une ville qui n’a pas l’air d’y croire mais qui le vit quand même. *Le jour de la bête* choisit cette seconde voie avec un culot rare : c’est une comédie horrifique qui mord, qui ricane, qui accélère, et qui, surtout, transforme Madrid en terrain de jeu démoniaque à taille humaine, urbain, commercial, électrique — un décor qui finit par compter autant que les personnages.

Le point de départ est génial parce qu’il est à la fois simple et tordu : un prêtre persuadé d’avoir déchiffré un message apocalyptique se retrouve à devoir agir dans l’urgence, mais sans mode d’emploi, dans une ville saturée de signes, de bruit, de tentations et de charlatans. Et là, Álex de la Iglesia fait ce qu’il sait faire de mieux : il prend une idée “grave” et l’empoisonne au rire noir, au grotesque, au malaise, jusqu’à ce que tout devienne à la fois drôle et inquiétant. On a l’impression que le film avance comme une boule de neige : plus ça roule, plus ça ramasse des morceaux de société (la télé poubelle ésotérique, la violence bête, la fascination pour le spectaculaire, la confusion entre foi et mise en scène), et plus ça devient fou — sans jamais perdre cette sensation d’être dans un cauchemar très concret, très “réel”, ancré dans des rues qu’on pourrait traverser demain.

Ce qui rend l’ensemble étonnamment attachant, c’est le trio central. Le prêtre est d’une humanité désarmante : ce n’est pas un héros d’action, c’est un homme qui doute, qui s’entête, qui s’abîme, et dont la détermination finit par devenir physique, presque douloureuse. Son acolyte, lui, arrive comme une bombe comique : brut, excessif, souvent hilarant, parfois volontairement agaçant, mais indispensable, parce qu’il met à nu la part “pop” du film, son goût du mauvais goût assumé. Et le gourou télévisuel de l’occulte incarne une idée merveilleuse : la spiritualité transformée en show, la croyance vendue comme un produit, la peur recyclée en prime time. On comprend en voyant ça pourquoi le film a marqué : il n’est pas seulement drôle ou choquant, il a une manière très directe de capter une époque.

La mise en scène est un carnaval de contrastes : du sacré mélangé au trivial, du burlesque qui dérape dans l’angoisse, une caméra qui adore les foules et les couloirs, les toits, les parkings, les lieux “de passage” où l’on se sent soudain traqué. On sent aussi que c’est un film très “son”, très rythme : montage nerveux, énergie punk, musique qui préfère l’impact à l’élégance, avec un ADN rock/metal qui colle parfaitement à cette vision de fin de millénaire en sueur.

Et pourtant, je ne peux pas le mettre au panthéon absolu, parce qu’il a des angles morts et des excès qui finissent par le rattraper. Son ton “tout à fond” peut lasser : certaines idées comiques s’étirent plus qu’elles ne devraient, certaines outrances tournent en rond, et tout n’a pas vieilli avec la même grâce. Il y a des personnages secondaires qui ressemblent davantage à des fonctions de récit qu’à de vraies présences, et une manière de caricaturer par à-coups qui peut laisser un goût un peu râpeux. C’est précisément ce qui m’empêche de parler de chef-d’œuvre : le film est brillant par éclairs, galvanisant par moments, mais pas toujours équilibré, pas toujours subtil, parfois même volontairement “moche” dans ce qu’il raconte et dans la façon dont il appuie ses effets.

Mais c’est aussi ce qui fait sa personnalité : cette sensation d’assister à une attaque de cinéma, une comédie satanique qui ne cherche pas à être consensuelle, qui ose l’irrévérence et la laideur pour mieux viser quelque chose de très contemporain — la peur comme spectacle, la foi comme marchandise, la ville comme labyrinthe de signes, l’époque comme grand supermarché de l’angoisse. Au final, *Le jour de la bête* me laisse avec un plaisir franc, une admiration réelle pour son imagination et sa rage, et une petite réserve sur sa capacité à se tenir à l’intérieur de son propre délire. C’est un film culte pour de bonnes raisons : imparfait, parfois inégal, mais d’une vitalité insolente, et terriblement vivant.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 janvier 2026
Feliz Navidad, próspero año y felicidad [...] En 1995, Satan faisait l'Espagne et rèvèlait un peu plus Àlex de la Iglesia comme l'enfant terrible du cinoche hispanique à suivre absolument! Mais « là-bas » comme le chantait si justement Jean-Jacques Goldman, on s'y connait en bête à cornes...et pas qu'un peu! Ainsi naquit "Le jour de la bête", second long-mètrage de la Iglesia qui prenait là le contre-pied de l'esprit de la Navidad spoiler: avec la venue imminente d'un Antèchrist!
Voici une comèdie d'horreur assez barge où le Mal absolu s'incarne dans les rues madrilènes, à la veille de Noël! Ceux qui n'aiment pas l'univers de Àlex de la Iglesia sont priès de s'abstenir car vous n'aurez rien d'autre que de l'excès et du destroy, spoiler: à l'image de ce padre armè d'un fusil à pompe et de ce fan de death metal qui tentent de sauver l'humanitè toute entière!
Si l'avenir vous prèoccupe tant, regardez cet objet culte des 90's avec, si possible, un Schweppes à la main...
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 août 2025
Une comédie horrifique signée Alex de la Iglesia qui trouve un étrange équilibre entre humour grinçant, burlesque de situations et scènes trash et ce grâce en grande partie à des personnages truculents. L’ensemble est certes très inégal mais divertissant.
Jean Mariage
Jean Mariage

1 abonné 99 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 février 2025
« Le Jour de la bête », deuxième film d’ Álex de la Iglesia, fut un énorme succès en Espagne et remporta six prix Goya : meilleure réalisation pour Álex de la Iglesia, meilleur espoir masculin pour Santiago Segura, meilleure direction artistique, meilleurs maquillages, meilleurs effets spéciaux et meilleur son. Il reçut aussi le Grand prix du jury au Fantastic'Arts en 1996. Le film ne sortira malheureusement en France qu’en 1997, sans succès.
Álex de la Iglesia s’empare d’un thème classique du cinéma fantastique, la menace de l'apocalypse par la naissance de l'Antéchrist, thème que, comme à son habitude, il traite d’une façon totalement originale pour nous offrir une comédie horrifique complètement déjantée et d’une impressionnante liberté dans l’humour noir et le politiquement incorrect.
Comme souvent, toujours peut-être car je n’ai malheureusement pas vu tous ses films, Álex de la Iglesia développe une violente critique politique et sociale et dresse un portrait au vitriol de son époque. La quasi-totalité du film se déroule dans un Madrid cauchemardesque, glauque et insalubre, où règnent le chaos et la violence, et dans lequel les habitants ne pensent qu’à consommer et sont totalement abrutis par une télévision omniprésente qui semble remplacer l’Eglise pour manipuler les esprits. La manipulation télévisuelle et son rôle dans l’abrutissement de la populace est particulièrement mise en avant et le modèle télévisuel berlusconien est immédiatement reconnaissable.
On ne saura jamais clairement si le diable existe ou s’il n’est qu’une hallucination propre aux cerveaux confus et embrumés par les substances illicites de notre sympathique trio de bras cassés, mais il est clair qu’une de ses matérialisations les plus concrètes, se fait au travers des groupuscules d'extrême droite qui brûlent vivants les rebus et les laissés pour compte de la société qui polluent l’espace public, et ce dans l’indifférence générale.
Pour une analyse très complète et fouillée du film : https://preo.u-bourgogne.fr/textesetcontextes/index.php?id=542.
Le film est disponible en DVD et Blu-ray chez Extralucid films dans une très bonne copie.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 avril 2024
Alex de la Iglesia se paie la tête des films d'horreur de satanisme, façon "The Omen". Dès les premières secondes, "El día de la bestia" est assez loufoque, avec un prêtre qui tente d'aligner les méfaits pour rejoindre Satan, afin de déjouer la naissance imminente de l'Antéchrist !
C'est par moment un poil longuet, et un peu artificiel dans la réunion de ces trois personnages que tout oppose : un prêtre, un métalleux, et un télévangéliste douteux. Mais il y a beaucoup de bonnes idées. A la fois dans la mise en scène, parfois bien déjantée (et avec des moyens étonnants pour un réalisateur en début de carrière). Et dans le ton irrévérencieux envers la religion. A ce niveau, l'ensemble n'est parfois pas sans évoquer le futur "Dogma" de Kevin Smith.
Les acteurs ont eu l'air de s'amuser, en conséquence le spectateur passe aussi un bon moment.
Michel1664
Michel1664

28 abonnés 826 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 octobre 2022
Ça ressemble à un nanard mais zut j’ai bien rigolé. Scénario, humour, histoire et personnages complètement barrés mais finalement drôle. Le montage est rythmé et il n’y a pas de temps mort. La fin est un peu loupé (la bête est éliminé un peu facilement/curieusement). Bon merci à ce prêtre, à ce Hardos et à ce prédicateur de nous avoir tous sauvé !
Sosa
Sosa

11 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 octobre 2022
Des personnages hauts en couleurs, des séquences de films veillottes et pâlichonnes, un film un peu long qui nous fait passer par un éventail de sentiment allant de la bonne tranche de rigolade jusqu'à l'effroi le plus total.
Ykarpathakis157

6 189 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mai 2020
Jour de la Bête commence par une série d'événements comiques qui montrent des choses comme un homme écrasé par une croix et un prêtre poussant un artiste de son perchoir. Étonnamment, le réalisateur parvient à garder les rires partout, tout en s'assurant que les tonalités apocalyptiques ne sont pas perdues pour le côté comique du film. Personnellement, je ne pensais pas que l'on pouvait faire grand-chose d'autre avec l'idée de l'antéchrist mais j'ai été bel et bien stupéfait par ce film. L'intrigue suit un prêtre qui croit qu'il a trouvé un code secret et doit commettre des actes pervers afin d'avoir une audience avec Satan lui-même. Les rires sont partout et sont garantis pour plaire aux personnes qui apprécient les blagues qui visent à offenser les gens. En plus d'un grand sens de l'humour et d'une histoire intéressante, Day of the Beast bénéficie également d'une pléthore de grandes performances d'un casting talentueux d'acteurs espagnols. Álex Angulo, Armando De Razza et Santiago Segura sont brillants. Bien que le film soit définitivement une comédie, il est évident que Álex de la Iglesia est un fan de film d'horreur. L'atmosphère est morbide, il y a plein de suspense et de nombreuses scènes sont extrêmement bien présentées. Les effets spéciaux sont bon pour un film de style horreur démoniaque. Dans l'ensemble, je n'hésite pas à appeler cela un chef-d'œuvre. Le jour de la bête est tout ce que vous pourriez souhaiter d'un film d'horreur culte et plus encore...
Biertan64
Biertan64

65 abonnés 1 483 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 avril 2018
Film qui a un peu vieilli (au niveau de l'image, des quelques effets spéciaux) mais on y trouve l'humour noir de Alex de la Iglesia, son côté déjanté. A réserver aux fans du réalisateur, les autres ne risquent de ne pas accrocher du tout car malgré quelques scènes qui font franchement sourire, l'ensemble est un peu inégal et confus.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 août 2017
Un très bon réalisateur qui montre une fois de plus ses talents pour divertir dans un film qui n'a pas vieilli. Le scénario tient la route et un bon rythme est présent tous le long, je le recommande.
Toto INF
Toto INF

42 abonnés 555 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 septembre 2016
Un mix entre un nanar, un film espagnol bas budget, et plutôt une bonne idée.
Les personnages sont assez classes, et l'histoire plus ou moins original. Tout le reste est nullissime. A commencer par le doublage français, les effets spéciaux, et la musique.
Rien de transcendant, rien de remarquable, un moment plus que moyen devant ce film.
Grouchy
Grouchy

140 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2016
Le Burlesque horrifique selon Iglesia. On pourra presque penser que le cinéaste espagnol a inventé ce genre à part. Passionné par les légendes chrétiennes, il n'a pas pu s'empêcher de choisir comme sujet l'invocation du Mal qui malgré ses mauvaises apparences peut s'avérer être comique s'il est maîtrisé avec soin. Et en rajoutant des personnages qui correspondent au ton désiré, Iglesia réussit son coup : un prêtre veut invoquer le Diable avec l'aide d'un prédicateur minable et un fan de death metal. Sur le papier, c'est intriguant, mais à l'image c'est encore mieux ! Dès les premières minutes, Iglesia est absolument doué pour attirer l'attention du spectateur avec des situations délirantes. Et ses fins ouvertes l'attire ou l'éloigne, chacun son point de vue. Dans le Jour de la Bête, la première partie concernant la quête du démon donne nombre d'excellentes scènes, mais la deuxième partie laisse apparaître une baisse de régime, et la troisième partie donne des révélations : était-ce vraiment le Diable ou des hallucinations ? Iglesia conclut alors par une scène pathétique mais qui garde son côté comique. Le cinéaste introduit déjà, malgré les défauts de rythme, dans son deuxième film sa patte avec brio sur la dérision de l'univers chrétien. Son nom de famille, d'ailleurs, signifie "Église" en espagnol. Coïncidence ?
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2015
Le film est déjà une belle galerie de portraits, un curé très méchant, un hard-rocker simplet, un faux magicien… Le scénario lui tient de la pochade horrifique avec un côté grand guignolesque qui n'est pas déplaisant, sauf quand apparaissent de vrais fachos d'une violence extrême et du coup notre méchant curé devient subitement bien plus sympathique. Amusant et plutôt bien fait même si ça reste léger et anecdotique.
L'homme le plus classe du monde
L'homme le plus classe du monde

365 abonnés 450 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juin 2015
Comment souvent avec Alex de la Iglesia, "el dia de la bestia" ne possède aucun temps mort. Tout s’enchaîne avec une frénésie hystérique à faire pâlir un Cyril Hanouna sous coke. On y suit les aventures d'un curée, d'un metalleux et d'une star de la télévision qui se sont donné pour mission de sauver le monde de l'apocalypse. Pour y remédier, rien ne les arrête. Meurtre, séquestration et petites méchancetés gratuites. Vous l'aurez compris, "El dia de la bestia" en fait des tonnes dans l'humour noir et ce n'est pas pour me déplaire. Bref, c'est drôle, c'est rythmée c'est Whatthefuckesque au possible. Un film à voir à condition d'avoir une boite de doliprane à consommer dès l'apparition du générique de fin.
Pasthen
Pasthen

75 abonnés 1 028 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 janvier 2015
Je n'ai pas franchement accroché à ce film qui oscille entre la comédie et le vieux film d'horreur. Un prêtre est prêt à toutes les folies pour empêcher la naissance de l'antechrist. Si la première scène très burlesque est prometteuse, il s'ensuit une quête qui prend un chemin bien moins intéressant et se termine dans une totale mascarade pour un happy end trop saugrenu. Le jour de la bête se veut peut être parodique mais nous sommes loin des grandes comédies du genre.
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