Claude Miller n'avait peut-être pas ici le ton d'originalité de ses polars (Garde à vue, Mortelle randonnée,... !!!) mais on est aussi très loin de l'académisme ronflant de ses dernières oeuvres. Disons que la mise en scène reste ici très discrète et que c'est plutôt le film d'une actrice que d'un réalisateur. Bon une gamine effrontée, qui hurle à la moindre contrariété, pas capable d'achever la plupart du temps une simple phrase, avalant les mots, et qui prend ses désirs pour des réalités, on a plus envie de lui foutre une bonne taloche et de lui dire d'aller ranger sa chambre que de s'y attacher. Or l'exploit de de la fluette et adorable Charlotte Gainsbourg, outre de porter tout le film sur ses minces épaules, c'est de rendre très attachant son personnage malgré, ou peut-être grâce à, ses défauts et de réussir à faire en sorte d'avoir vraiment mal pour elle. Le beau portrait d'une adolescente en pleine crise avec sa naïveté et ses désillusions magnifiquement interprété et bien rythmé par la chanson "Sarà perché ti amo".
Ce n'est pas un chef d'oeuvre, ça n'a pas été un blockbuster, mais "L'Effrontée" est un bon film.
C'est une chronique douce amère et tendre des affres, des doutes et des hésitations du début de l'adolescence d'une jeune fille.
C'est un âge où l'on affiche des certitudes pour dissimuler ses doutes et la peur de quitter l'enfance pour toujours; on se laisse facilement aller à rêver à des chimères bientôt contrariées par la vie.
Fait remarquable: Tous les acteurs, principaux ou secondaires, de ce film sont excellents. Mention spéciale à Charlotte Gainsbourg et Bernadette Lafont .
Mise en scène sûre, très pudique (même le personnage de Jean est subtilement dessiné) du regretté Claude Miller, qui sert un bon scénario sachant éviter les clichés, une photographie qui sait mettre les personnages en valeur.
Et, musicalement, s'opposent deux thèmes récurrents, tout comme s'opposent le monde très BCBG de Clara et le monde ordinaire de Charlotte:
Pour Charlotte, en pleine confusion affective: Le mythique et trépidant "Sara perche ti amo", qui, justement, commence - et ce n'est pas un hasard- par les mots "Che confusione..."
Pour Clara Bauman, la jeune pianiste virtuose, charmante petite flamme à laquelle le papillon Charlotte va venir se brûler les ailes: Le lumineux larghetto du concerto pour piano et orchestre n° 11 de Mozart, tout en sérénité
L'histoire se déroule sans drame, sans violence, sans agressivité... Juste la vie qui rentre et les premières illusions perdues....
Le cinéaste Claude Miller retranscrit à merveille les tourments de l'adolescence, sa complexité tout comme ses petits drames sans jamais se départir d'un certain humour et d'une légèreté bienvenue, révélant au passage l'immense talent d'une Charlotte Gainsbourg alors toute jeunette, sorte d'anti-Sophie Marceau au jeu plein de naturel et terriblement attachante.
De ce film finalement assez simple on retiendra surtout l'interprétation limpide de Charlotte Gainsbourg, incarnant une adolescente à la fois fragile et d'une insolence naïve. On peut lire ses émotions sur son visage, touchant par cette sorte de fièvre hébétée qui le fait parfois rougir. C'est à se demander si elle ne joue pas son propre rôle (d'ailleurs, elle garde son prénom au générique). Bien que la mise en scène et les dialogues ne surprennent jamais vraiment, ils ont au moins le mérite d'être sincères et ne tombent (presque) jamais dans le superflu.
L’art de filmer avec délicatesse les émotions humaines de Claude Miller et l’énergie débordante de la Charlotte Gainsbourg encore à ses débuts parviennent à sauver ce film de l’excès de candeur bucolique qui saute aux yeux de prime abord. La recherche de sa propre identité et le refus d’obéissance qui sont le propre de la crise de l’adolescence sont parfaitement dépeints à travers le difficile parcours teinté de désinvolture et de remise en question de la jeune Charlotte. La légèreté et le ton mélancolique avec laquelle il est mis en scène ainsi que son inoubliable musique en font de plus un divertissement estival fort appréciable.
Un film culte!! Le film de mon enfance!! Un portrait touchant et crédible de la crise d' adolescence, du mal être dans sa peau face à l ' incompréhension et le désarroi des adultes.
Des répliques en or, des acteurs au top, sans exception. A voir et à revoir.
Claude Miller démontre la dureté de la vie adulte, qui frappe la jeune Charlotte, dans le film. Certains dialogues nous bassine là-dessus et c'est lourd. Mais il parvient à nous effrayer car on veut son bien à cette héroïne (comme si elle était notre fille) et elle se met en danger en étant intrépide. Toutefois on a un goût amer après avoir vu l’effrontée. Au final, rien à changer alors on se demande à quoi tout cela a t-il servit.
Un petit divertissement sympathique sans réelle transcendance qui s'inscrit au coeur de la pré-adolescence et de ses affres intrinsèques. L'effrontée, c'est surtout les débuts prometteurs de Charlotte Gainsbourg et le souvenir des rediffusions estivales : le film a visiblement été condamné à exister durablement par l'entremise du petit écran, son ampleur cinématographique restant parfois à (re)découvrir. Claude Miller, dix ans après La Meilleure façon de Marcher pose une question déjà suggérée par le duo Bouchitey-Dewaere : comment le personnage principal cherche à exister aux yeux de l'Autre, et a fortiori de celui ou celle qu'il admire ? L'effrontée se regarde avec plaisir, parvenant à intéresser sur toute sa durée, le spectateur pouvant s'amuser face à la prestation caustique de Jean-Claude Brialy en impresario arrogant. A voir à la prochaine rediffusion, L'effrontée est un joli drame léger mais un tantinet suranné. Un film mineur dans la filmographie du regretté Claude Miller, dispensable mais divertissant...
Un de mes films préférés, celui de mon enfance. Charlotte toute sensible, qui découvre des sentiments qu'on comprend amoureux pour la jeune Clara qui représente tout ce qu'elle aimerait être. C'est un film que je regarde sans m'en lasser !
L'histoire est pas mal mais manque de rythme par moments. Charlotte Gainsbourg, comme le film, alterne entre le bon et le moins bon mais se débrouille plutôt bien globalement.
Un petit film très touchant, plein de bons sentiments. Charlotte Gainsbourg y incarne une toute jeune adolescente en pleine crise de mal-être, bluffante de vérité!
On pourrait rebaptiser le film deux de tension, cela dit dans l'ensemble c'est pas mal vu. Dommage que le film fonctionne en mode alternatif, entre les passages vivants agréables et les passages artificiels carrément poussifs. Charlotte joue bien mais un peu plus et elle se faisait voler la vedette par la petite lulu.
"L'Effrontée" tient la route surtout grâce à la performance de Charlotte Gainsbourg, qui montrait déjà d'incommensurables talents d'actrice. La vacuité du scénario est effacée par le traitement irréprochable de thèmes sérieux : le difficile passage de l'enfance à l'adolescence, le rapport parents/enfants, la pédophilie. Au final, on reste quand même enchantés par un film sur lequel flotte un vent d'air frais.
Autour d'une Charlotte Gainsbourg gouailleuse et tourmentée, se bouscule une pléiade de grands comédiens (Bernadette Lafont, JC Brialy) dans ce beau film au climat caniculaire.