Comme je connais peu l'univers de l'héroic fantaisy, je me suis décidée à voir ce film.
On retrouve les éléments propres à cet univers : un dragon, le héros, la princesse, le mentor, le roi et le sorcier.
Dans une lointaine contrée, un jeune fermier s'engage dans une quête, une aventure pour contrer le pouvoir d'un puissant roi qui fait régner la terreur.
A proprement parler, le film est moyennement bien réalisé. Les acteurs ne sont pas très convaincants dans leur rôle respectif, le portrait du héros comme celui de la princesse surtout ne sont pas assez approfondis. On a un peu l'impression que le réalisateur fait un traitement superficiel de l'oeuvre de Christopher Paolini. Ceci dit le spectacle est quand même au rendez-vous avec des décors dépaysants qui nous replongent dans l'univers médiéval : on nous montre la chaumière d'un fermier, le sombre château d'un roi, un périple au cœur d'une forêt, élément prépondérant de cette époque là. Mais c'est la vue en contre-plongée du vol du dragon, le duel entre les deux dragonniers qui offrent les scènes visuelles les plus impressionnantes.
Maintenant, on pourrait comparer cette oeuvre à bien d'autres comme à celle de Tolkien. Les elfes, les nains et quelques hommes rebelles s'unissent, forment une armée de résistants pour faire face à un puissant tyran qui, pour imposer son pouvoir, s'appuie sur des peuples primitifs ou décadents : les orques et les Nazgûls pour "Le Seigneur des anneaux" ou les les Urgals et les ombres pour "Eragon". L'enjeu étant capital puisque c'est celui de la préservation d'un royaume. On peut noter aussi des échos dans la trame narrative avec une intrigue comme celle de Star Wars. Arya ou Leila sont toutes deux des figures de princesse qui transmettent un élément "magique" à un inconnu, en l'occurrence un jeune fermier (Eragon, Luke) que ce soit un robot qui porte le plan de l'étoile noire chez Georges Lucas ou un œuf de dragon chez Fangmeier. C'est la scène d'ouverture qui ranime l'espoir dans une société soumise à l'esclavage et la décadence. Comme elle, elle est traquée puis retenue captive avant d'être libérée par le héros. Ce dernier d'ailleurs est aidé dans son périple par un homme compétent qui a eu autrefois un statut prestigieux (dragonnier, jedei) perdu suite à une défaite majeure pour l'avenir du royaume. D'ailleurs Brom comme Obi-Wan perd la vie au cours de la scène de délivrance de la princesse. Il y a aussi un combat important entre les deux camps qui se termine par la victoire du héros face à Durza, l'ombre ou le sorcier qui a tué son mentor. Pour le reste, on n'en saura pas plus car cette adaptation s'est arrêtée au 1er opus à la différence de Star Wars qui a connu un succès beaucoup plus retentissant. Mais les dernières images du film suggèrent une riposte de l'empereur Galbatorix (pendant de Palpatine) qui s'appuie sur sa plus puissante arme, son dragon (pendant de Dark Vador). Surprenant de voir tant de similitudes entre des scénarios qui appartiennent pourtant à des genres distincts (l'héroic fantaisy, la science fiction) et qui ont été écrits par des hommes différents, non ? Doit-on y voir une sorte de message caché par le souffle (l'inspiration) qui traverse les auteurs ?