« Bobby » cest un message. Dabord pour les américains, mais aussi pour les autres qui sy retrouveront. Et il faut faire passer ce message.
Dans le film, les personnages, anonymes parmi les anonymes, sont chacun un reflet des manques de leur société. Confrontés à leur propre détresse, ils se croisent sans jamais ressentir celle de leur prochain jusquà cette fin sans surprise où leurs destins se nouent dans le sang. Et le film ne tend que vers cela, vers ces 5 minutes de discours sur la haine et la violence, sur la volonté de les surmonter. Mais quel discours !
A 40 ans décart, le message de Bobby trouve un écho dans notre société de laprès 11 septembre. Et parce quaujourdhui, il ny a plus aucun politique, américain ou autre, ayant suffisamment de « bravitude » pour dire que cest une honte mais pas une fatalité, Emilio Estevez nous rappelle que Bobby avait cette volonté et cet espoir de changer les choses : re-donner du travail et de la dignité à chacun, préserver la planète pour les générations futures, intégrer les minorités « visibles » et moins visibles, arrêter la guerre du Vietnam, calmer la violence sous toutes ses formes.
Le film est tourné sans concession : pas dactrices trop lisses, pas de beaux jeunes premiers, pas de héros, pas de gentils. A limage de Bobby, juste des gens vrais et ordinaires, des petits gestes damitié ou damour. La chronique de la mort annoncée de Bobby, sans artifice ni emphase, et comme tous ces gens, le sentiment dun vide énorme avec la crainte que ce message ne soit plus jamais passé à notre voisin.