Dans Bobby d'Emilio Estevez chaque personnage, interprétés par une pléiade de magnifiques et grands acteurs (Anthony Hopkins, Demi Moore, Elijah Wood, Sharon Stone, Laurence Fishburne, William H. Macy, Helen Hunt, Christian Slater, Ashton Kutcher, Martin Sheen, Freddy Rodriguez,Joshua Jackson...) illustre les maux de la société américaine d'alors en pleine fracture identitaire : le racisme, la libération des moeurs, la drogue, la guerre... venant bouffer le quotidien, et auxquels l'image et la personnalité de Robert Kennedy venait apporter l'espoir d'un meilleur futur. Presque quarante ans après, ils pleurent toujours pour les mêmes causes. Espoir perdu ce fameux soir du 5 juin 1968. Malgré un début correct sans plus, dû à la multiplicité des personnages à suivre, la dernière demie heure est, quant à elle, extraordinaire, vibrant hommage à l'homme politique sur fond de plaidoyer contre la violence et la peur, avec "Sound Of Silence" de Simon & Garfunkel ... Besoin de rien de plus pour donner les frissons sur une sensation amère de gâchis et de désillusion sur le destin brisé de RFK, un brin utopique, mais qui sait où on en serait aujourd'hui s'il en avait été autrement hier.