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Un visiteur
1,0
Publiée le 25 janvier 2007
Réunissant une pléiade de grands acteurs, ce film décoit d'autant plus. Le récit est émietté sur une vingtaine de personnages fictifs et sans grand interet. Reste l'évocation de l'Amérique de l'époque.
Retour sur une période noire de l'Amérique, à l'origine pleine d'espoir mais qui, en l'espace de deux mois (assassinats de Martin Luther King en avril 68 et de Robert Kennedy en juin de la même année), va plonger la nation dans un abîme duquel aucun président futur ne parviendra à l'extirper. Le néo-réalisateur Estevez filme le pays et les gens qui le font, sous la forme d'une galerie de portraits tous plus attachants les uns que les autres, d'une façon magistrale. Le film va crescendo et les dernières images, les plus fortes (et pour partie empruntées aux actualités de l'époque) donnent la pleine mesure de ce drame immense dont je me souviens parfaitement... Les acteurs sont parfaitement au point, qu'ils soient stars ou débutants (mention spéciale à Heather Graham, Lindsay Lohan et Helen Hunt). En définitive, et il le prouve une nouvelle fois, le cinéma des Etats-Unis se porte à merveille, et tellement mieux que l'image qu'en donnent ses dirigeants actuels. Quel serait le pays aujourd'hui si Bobby Kennedy était allé su bout de son rêve et de celui de dizaines de millions d'Américains en pleurs au soir de ce maudit 4 juin 1968?...
Bobby respire l'espérance. Une réalisation superbe qui ne sombre pas dans la facilité. Les acteurs apportent tous quelque chose sans qu'aucun ne prenne le dessus sur l'autre. Bobby ne se limite pas à Bobby mais retrace toute une époque : on plonge en 1968 jusqu'à immersion totale. A voir!
Le principe à tous films "chorale" fonctionne ici plutôt bien. Même si cela commence un peu mollement. On a un peu de mal à suivre ces quelques 22 personnages "centraux". Et puis tout se met en place. Plus la journée avance et plus l'attente de l'arrivée du sénateur se fait grande. Tous les protagonistes ne l'attendent pas lui, mais ils sont là, et leurs destins vont être définitivement mêlés au sien. Et nous, nous l'attendons aussi. La tension monte graduellement. Ils sont tous là dans la même pièce et leurs vies basculent toutes d'un coup en quelques secondes. Emilio Estevez pour sa cinquième réalisation au cinéma, fait preuve d'une belle maîtrise. La reconstitution de cette journée de l'histoire de l'Amérique est précise et minutieuse. Les décors, costumes, coiffures sont réalisés avec soin. Tout comme le son, la photo et surtout le montage . La réunion des scènes d'archives et de fiction sont réussies, même si la scène du meurtre semble un peu en décalage dans ce mélange d'images. Mais là où il excèle le plus c'est dans la direction d'acteurs. Ils sont tous formidables. Avoir la crème de la crème n'est pas forcement un gage de réussite mais l'alchimie entre les acteurs est bien là. Martin Sheen, William H.Macy, Christian Slater et Ashton Kutcher sont comme toujours parfaits. Mais les 3 qui dominent le lot, ce sont les femmes. Demi Moore aussi bonne ça faisait longtemps ! On avait perdu espoir. Helen Hunt est très bien, depuis son Oscar on ne la voyait plus beaucoup. La palme à Sharon Stone tout en sobriété et en émotion. Elle prouve ici qu'elle est une grande actrice et que sa carrière n'est peut être que devant elle !!! Encore fait-il trouver des metteurs en scène et des producteurs qui s'en aperçoivent ! Au final un très bon film, traitant plus de la vie de simples gens au mauvais endroit au mauvais moment, que de la fin tragique d'un homme politique promis à un bel avenir.
Pratiquement porté disparu des écrans depuis le Mission : Impossible de Brian de Palma (lagent qui maigrissait un grand coup sur sa cage dascensceur, cétait lui), Emilio Estevez effectue un retour fracassant sur le devant de la scène. Pour sa première réalisation, le comédien saventure, sans complexe, sur les terres de Robert Altman (Short Cuts) et Paul Thomas Anderson (Magnolia). Et, sans pour autant atteindre le même niveau de virtuosité, il tisse un drame choral brilllant, sur lune des pages les plus tragiques de lHistoire américaine : lassassinat de Robert F. Kennedy (frère de). Une figure que lon ne verra que floue, de dos, ou via des images darchives. Signe que le véritable intérêt du fils de Martin Sheen nest pas dans la banale reconstitution de lévénement, ni la théorie du complot façon JFK. Il préfère la vie de certains des spectateurs du drame, et, pour ce faire, sattache à une vingtaine des personnes présentes à lHotel Ambassador, lors de cette funeste journée du 4 juin 1968. Des personnages (réels ou fictifs) interprétés par un casting grand luxe (Sharon Stone, Elijah Wood, Anthony Hopkins ), et dont le choix na rien danodin : du serveur latino au militant noir, en passant par le hipppie, la star alcoolique ou le jeune homme effrayé par lengagement au Viêtnam, ils ne représentent pas moins que lAmérique de la fin des années 60. Marquée par dimportant clivages (raciaux, sociaux ), celle-ci plaçait en Bobby de grands espoirs. Espoirs envolés avec la fumée des coups de feu tirés sur le sénateur, dans un final où, discours à lappui, Estevez sen fait le porte-parole, comme pour mieux faire la comparaison avec la situation actuelle. Poignante, cette chronique dune mort annoncée émeut, et pourrait ainsi sonner la renaissance de la carrière du comédien.