Tsotsi kidnappe un bébé à son insu et s'apprête finalement à l'assumer. En plus d'être un parfait salaud, le personnage de Tsotsi deviendra tout bonnement insupportable à l'écran. L'inconscience, ou plutôt la connerie, n'a pas de limite chez les écervelés, c'est vraiment comme cela que se ressentira ce récit, car même s'il reste crédible, la psychologie ou la condition de ce personnage ne se ressentira malheureusement pas sous ses traits de gars complètement à côté de ses pompes, et aussi stupide que désagréable, au point d'en devenir insoutenable. "Mon nom est Tsotsi" ou le parfait mode d'emploi pour s'occuper d'un bébé de façon dérisoire.
Avec ce long-métrage, le réalisateur sud-africain Gavin Hood remporte l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2006. Le contenu porte sur la rédemption d’un jeune voyou issu du township de Soweto ayant malencontreusement kidnappé un bébé. Si l’intrigue est prévisible, le propos aborde frontalement la dureté de la vie dans les ghettos. Malgré la pauvreté et la criminalité, l’auteur démontre que l’entraide et la bonté humaine existent. Le message peut sembler un peu trop appuyé mais les vibrations positives restent rafraîchissantes. Bref, une œuvre touchante malgré ses quelques maladresses
Mon nom est Tsotsi vaut le coup pour voir prioritairement le jeu du jeune Presley Chweneyagae en "voyou" qui tente de trouver la lumière d'une réalité sombre et dur qu'est la pauvreté, quand il tient entre ses mains un bébé qui ne l'appartient pas. Certains passages sont assez profond. Des moments avec des poses assez longues durant l'ensemble du film, la fin est touchante mais qui arrache légèrement le coeur.
La magie poétique qui ressort inextricablement de ce scénario humaniste est pourtant freinée par la mise en scène maladroite de Gavin Hood. C’est bien son usage à outrance des focales courtes et d’une musique agressive qui rend difficile au spectateur de s’attacher à ce personnage en pleine crise introspective. De la même manière, le jeu des jeunes acteurs locaux ne nous fait pas fermer les yeux sur le peu de subtilité avec lequel sont travaillées les évolutions psychologiques des personnages. C’est donc bien le réalisme, preuve d’un travail de documentation de la part du réalisateur, dans la peinture des conditions de vie dans les bidonvilles sud-africains qui donne à ce film une dimension intense pleine de force.
La rédemption est sujet souvent porté à l'écran mais difficilement efficace. Dans ce film, le sujet est bien traiter sans exagération ou superflue et l'interpréte principale ressort une belle force intérieur très palpable dans son chemin vers le salut. Certes assez prévisible, c'est surtout l'environnement et le message de salut qui prend le dessus.
Le point fort réside dans l'intensité du jeu de l'acteur principal. Au niveau narration je suis bien plus réservé (notamment par le dénouement). Le sujet était porteur mais on en a fait un candidat aux prix artistiques un peu forcé.
Ce film est adapté d’un roman d’Athol Fugard dont l’action se déroulait dans les années 50. Gavin Hood a fait le choix de le situer de nos jours, et c’est bien l’Afrique du Sud contemporaine qui sert de toile de fond à l’histoire : les affiches de prévention du sida sont partout, et les riches parents de l’enfant sont noirs. Seul personnage blanc, l’inspecteur chargé de l’enquête se fait malmener par le père qui l’écrase avec toute la morgue de sa position sociale. C’est en effet une particularité de ce film, et qui explique sans doute son succès planétaire (il a reçu de nombreux prix, dont l’Oscar du meilleur film étranger) : le cadre est typiquement sud-africain (l’opposition entre la richesse des gratte-ciel de Jo’burg et la misère du bidonville, les dialogues en tsotsi taal, mélange d’anglais, de zulu et de sesotho, et le kwaito envoûtant de Zola, sorte de rap mâtiné de rythmes africains), alors que l’histoire qu’il raconte est universelle.
Il s’agit de la rédemption d’un être que les premières scènes nous présentent comme irrécupérable, et de son chemin de Damas qui va le voir (re)découvrir des mots comme «s’il te plaît», «merci» ou «je m’excuse». D’ailleurs, la dimension christique est omniprésente : quand Tsotsi prend en filature un mendiant infirme qui a osé l’insulter, il lui ordonne «lève-toi et marche» ; la femme qu’il prend comme nourrice nous est montrée comme une mater dolorosa ; et jusqu’à la scène de son arrestation, où le fondu au noir final découpe sa silhouette de Christ en croix.
Gavin Hood a fait des choix techniques et esthétiques qui trouvent leur justification dans le propos même du film : beaucoup de plans fixes avec une alternance de plans larges et de plans serrés, emploi de longues focales pour isoler les personnage et particulièrement Tsotsi, dans la volonté de capter ce qui se passe dans sa tête, et utilisation de filtres pour styliser les personnages : Tsotsi en rouge et noir, les membres de sa bande en vert, bleu et orange, la jeune femme en turquoise et ocre. S’il n’évite pas quelques facilités (les flash back mélodramatiques sur son enfance, une musique un tantinet insistante dans la deuxième partie), grâce à ces choix radicaux et au jeu pasolinien de Presley Chweneyagae dont c’est le premier rôle au cinéma, le film possède une force et une sincérité qui suscitent l’émotion à de nombreux moments.
Dans son interview au «Monde» Gavin Hood explique : «Il y a tant de film qui parlent de vengeance, et dans lesquels la violence est un spectacle. Je ne montre pas les coups, mais leur effet : un visage ensanglanté. Voilà mon propos : ne pas m’éterniser sur les actes de violence qui surgissent, mais réfléchir à leurs effets, à ce qui a été fait dans le passé et ce que nous faisons dans le présent. » Loin des clones tarantinesques qui prolifèrent partout, du cinéma français au cinéma coréen, il offre une approche éthique de la violence et un message d’espoir en l’homme ; pas étonnant que cela nous vienne d’un pays où la réconciliation nationale est au cœur de la construction d’une société nouvelle.
M'appelle Tsotsi, je taff pas, j'emmerde la société, et c'est moi le chef du quartier. Celui à qui ça ne plait pas, je l'explose. Et puis, si je réfléchis un peu, c'est moi qui devrait peut-être me faire exploser, parce que c'est du vent tout ça, du flan, du rien, et puis qu'est-ce que je fais là, je conduis, et mais attends, y a quoi derrière, y a ... c'est quoi ça ? Un bébé !
Tsotsi est un adolescent sud-africain haineux et violent, un voleur et un tueur. On découvre l'orphelin en petit caïd sortant, avec ses jeunes complices, de sa banlieue-bidonville pour commettre un crime crapuleux dans le métro de Johannesbourg. Si on attendait du film de Gavin Hood une chronique sociale et urbaine de l'Afrique du Sud, une peinture réaliste des ghettos noirs -de la nature de celles évoquant les favellas brésiliennes par Fernando Meirelles- on est forcement déçu. Le film prend vite une tournure romanesque (probablement celle du livre dont le film est l'adaptation) dès lors que Tsotsi, après le braquage d'une automobiliste, se retrouve avec un bébé sur les bras. En moins de temps qu'il nen faut pour le croire, Tsotsi, l'ado brutal et mutique, s'humanise, se met en quête de nourriture pour l'enfant, s'y attache comme un père, suivant un scénario "à l'américaine", sentimental et moral, pathos en un mot. Sa "rédemption" est le coeur du sujet et le ghetto n'est plus qu'un décor superficiel, ses habitants des silouhettes. Le contexte social s'estompe au profit d'un personnage assagi dont, hélas, on n'éprouve pas, faute de vérité psychologique, les nouvelles émotions ni le désarroi.
Un film intéressant par le jeu de son acteur principal qui interprète magistralement ce jeune homme complètement paumé et qui ne sait pas faire des choix, tiraillé entre ses convictions et sa raison !
Film coup de poing qui réussit a traiter des sentiments humains au milieu d'un univers ultra violent.La grande force de cette oeuvre bouleversante réside principalement dans le jeu a fleur de peau de comediens inconnus dont le 1er rôle au nom imprononçable mais au talent certain : il parvient a étaler devant la camera une palette incroyablement varié d'émotions allant de l'agressivité a la compassion en passant par la rage ou les larmes.Le réalisateur cadre au près ces visages de gamins livrés a eux même dans une jungle urbaine ou règne la loi du fort.Si le dénouement demeure assez prévisible (a chacun d'imaginer ensuite l'avenir de Tsotsi) ,la construction alternant séquences fortes (le meurtre dans le métro ...) et scènes intimistes (flash back sur l'enfance du héros) donne un rythme efficace rehaussé par une BO dynamique.Sur une histoire finalement classique de rédemption ,Hood brosse le portait sans concession d'ados en quête de repères et tout simplement d'amour.
Cette histoire de rédemption ne manque pas de qualités. Certaines scènes sont saisissantes de vérité. Mais la transformation du jeune barbare en être humain capable d'émotion (d'amour ?) manque vraiment de nuances.
Excellent,formidable,le sujet est interessant. Ayant ete voir ce film sans vraiment connaitre le sujet je fut surpris du resultat ainsi que par le jeu de l'acteur principale. Ce film est vraiment epoustouflant. Je le conseil vivement.
Un film simple ; peut être un peu complaisant mais sincère et beau dans le récit et les couleurs ! Intelligeant et agréable à regarder sans être moralisateur. Les Acteurs sont très bons, les musiques aussi. Décors parfait et éclairage somptueux !
Conversion réussie pour Gavin Hood qui passe derrière la caméra avec un retentissant succès. Certes le scénario du film est très conventionnel, mais l'utilisation très stylisée du gettho de Soweto et l'alternance bien rythmée du passage des souvenirs au quotidien du personnage méritaient bien les nombreuses récompenses.