Elle tortille de la cuissarde mieux que quiconque, et fait rugir son talon aiguille sur la scène en bois meurtri. Bon, d'accord, elle chausse du 47, et doit bien faire ses 100kg de muscles entretenus. Et alors ?! Lola n'a qu'à enfiler ses "Kinky Boots", et le show fait disparaître le monde entier. Petit coup de cœur pour ce très beau feel-good movie, qui poursuit l'ouverture d'esprit sur l'unviers du drag-queens (avant l'émission Drag-Race qui commence enfin à vulgariser les performances de drag pour le grand public, il n'y avait que Pricilla folle du Désert, seule à se battre dans le bush australien, et bientôt rejointe par sa fière petite sœur britannique Lola), qui suit une histoire d'amour qu'on devine à la première minute (popcorn en mains), et surtout peut compter sur les gueules impayables de Joel Edgerton en jeune patron timide et perdu, Chiwetel Eijofor en drag affirmé (Lola est addictive, et Simon en est le pendant "explicatif, comment on en est arrivé à Lola"), et Sarah-Jane Potts en femme au grand caractère ("Y'en a marre des excuses."). On remarquera un rôle (plus qu') appréciable de Nick Frost en "gars à éduquer" (si seulement tous les bas du front étaient si facile à convaincre...), une BO discrète mais pour permettre au drame d'exister (l'histoire de ce fils de patron qui mouille sa chemise pour sauver ses ouvriers - qu'il n'a pas le cœur à renvoyer... On l'a dit, que ce film fait un bien fou ? Oui ?), une rareté musicale qui lui offre ainsi des entrées en scènes dignes de grandes Dames : le final en medley (mix de musiques qui ont un thème/une mélodie en commun) autour des "boots", est une orgie musicale et visuelle (encore mieux amené que l'on est
déçu - volontairement - par le show pitoyable de Joel Edgerton en bottes...
Les stilettos, ce n'est pas fait pour tout le monde, sweetie). Évidemment on connaît l'ensemble du film dès le début, et l'on s'en contrefiche complètement, emmené par une bonne humeur constante (et contente) de personnages qui évoluent pour de meilleures versions d'eux-mêmes, par des dialogues dont on ne se lasse pas (la mamie hôtelière qui demande frontalement si Lola est un homme, ce à quoi elle répond un "Oui" poli, et la mamie : "Ah, je saurais comment mettre la lunette des WC. Je vous apporte des biscuits !" : non seulement ça nous a tué de rire, mais l'on se dit que si les gens avaient la moitié d'ouverture d'esprit de cette vieille dame qui n'en a rien à faire du slibard des autres, le monde irait bien mieux) et par un final enjoué. Kinky Boots, c'est l'assurance de passer une bonne soirée, Kinky Boots, c'est la fierté drag décomplexée, Kinky Boots, elles sont faites pour marcher, et c'est ce qu'elles feront. Cours toujours, Sweetie.