Avis : L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford - Page 9
L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
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Charlotte28
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3,5
Publiée le 26 mars 2022
Parfois lent (notamment dans son épilogue) voire brouillon dans sa construction scénaristique ce western nostalgique n'en demeure pas moins prenant par sa langueur diffuse, l'esthétisme de la mise en scène et un duo d'acteurs particulièrement inspiré, Casey Affleck en jeune timoré avide de reconnaissance et Brad Pitt en vieux brigand ombrageux, insaisissable. La voix off interrogeant l'inéluctabilité du destin qui forge une légende scande les évolutions émotionnelles des protagonistes tout en levant le voile sur la véritable identité de ces hors-la-loi devenus héros fictionnels. Une tentative louable de moderniser un genre codifié en éclairant sa symbolique. Intrigant.
La première impression après avoir vu ce film-fleuve (2h40 pour une scène de meurtre de quelques minutes) est qu’il est envoûtant. Par son rythme lent, sa beauté, ses ralentis, sa mélancllie et ses regards, ses légers sourires magnifiquement interprétés, et pas que par Brad Pitt. Le temps est dilaté puis resseré, les décors sont immenses puis intimistes, tout est fait pour donner une profondeur et une esthétique grandioses. Un curieux western, atypique, mais parfaitement réussi.
Il y a dans les personnages, au fond d'eux, ces plaines sauvages et immenses. Il y a un jeu permanent de dupes, cette violence ordinaire et une mélancolie profonde qui s'attache à toutes nos vies, à tous nos échecs, à tout ce que nous faisons et à tout ce que nous sommes.
je l'avais vu il y a longtemps et j'avais bien aimé. Donc je me suis dit tien je vais le re regarder. Catastrophe je me suis endormie au bou de 2h, c'est long mais long ...
Il faut un peu de temps pour se laisser absorber par le film, pour accepter confortablement son rythme lent, pour être séduit par un style comme engourdi par la prescience d'une fin tragique. La première partie est loin d'être palpitante avec sa narration fragmentée, quelques scènes d'un intérêt relatif, un côté décadent sans que l'on comprenne trop bien pourquoi. Et puis la mayonnaise finit par prendre, soutenue par la réalisation léchée d'Andrew Dominik, par la photo magnifique de Roger Deakins, par la musique envoûtante de Nick Cave et Warren Ellis. On laisse la logique de côté et on bascule de plus en plus agréablement dans un western atypique, plus psychologique et poétique que tourné vers l'action, un western crépusculaire, hanté par la mort et par la fin d'une époque, où la légende et la réalité se confrontent dans un univers vaporeux et douloureux de désespérance. Étonnant portrait de Jesse James en héros à la fois dépressif, fantasque et morbide, qui semble orchestrer, en maître manipulateur fatigué, son propre suicide. Extraordinaire Brad Pitt, dans un de ses rôles les plus sombres (prix d'interprétation au festival de Venise 2007). Face à lui, Casey Affleck révèle son talent en campant un Robert Ford tout en nuances et en tensions. Le dénouement de la relation entre ces deux personnages, quand il s'agit de "tuer le père" pour espérer exister, est superbe. Et l'épilogue, ouvrant la réflexion sur la réécriture de l'histoire, sur les mythologies populaires, est très intéressant. Bref, ça valait le coup de patienter.
Il est regrettable que Andrew Dominik se soit complu dans un étirement excessif de scènes pas complètement pertinentes d’un point de vue dramatique. Tout ceci vient plomber un ensemble qui commence à captiver seulement une heure après le début d'un film surtout porté par acteurs qui se surpassent.
Pour moi cet "Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford" est, en plus d'avoir un titre imprononçable, est l'anti-western à l'état pur ! Quelle bombe que ce film ! Malgré les 2h30, on se régale du début jusqu'à la fin. On est dedans dès les premiers instants et on y reste jusqu'à cette tragique fin. Je ne saurais même pas par quoi commencer tellement il y a de bonnes choses à dire sur cette pépite. Encore une fois, Brad Pitt est éblouissant par son jeu de rôle. Mais, je ne pense pas me tromper en prétendant que Casey Affleck incarne cette oeuvre. Je n'ai pas lu le livre mais rien qu'en voyant le film, on ne peut qu'être d'accord pour certifier qu'il incarne à la perfection ce Robert Ford. Cet amour, cette passion, cette image onirique qu'il a pour son héros se transforme en envie. Il ne tue pas exactement par haine ou jalousie. Il tue pour montrer qu'il existe, lui qui a été tant raillé, si moqué. Il tue dans le dos tout en sachant que son "maître" savait qu'il allait le faire. En plus d'être un pur chef d'oeuvre cinématographique, ce film dévoile une vraie facette de l'idolâtrie, de la passion. C'est un vrai drame psychologique. Et, c'est pour ce genre de films que l'on se rend au cinéma et qu'on prend du plaisir à rester assis des heures ! BRAVO !
Un western crépusculaire porté par un Brad Pitt fascinant en bandit vénéré et menacé et soutenu par un casey Affleck complètement habité. Andrew Dominik filme des paysages magnifiques de manière très mélancolique. On est loin du western spaghetti mais plutôt dans le poème élégiaque en forme de requiem. La relation de fascination-haine qu'entretient Robert Ford envers Jesse James est parfaitement dépeinte et trouve son apothéose dans une scène de meurtre à couper le souffle. Un vrai chef d'oeuvre.
Jesse James est un des bandits les plus connus de l'Histoire des États-Unis. Sudiste convaincu, il n'a jamais pardonné à l'Union la fin de la guerre qu'il considère comme une trahison. Jesse James a été abattu dans le dos par Robert Ford, un jeune homme de 19 ans qui était un de ses plus fervents admirateurs. Ce très beau film d'Andrew Dominik, à tort qualifié de western, est plus une chronique sur la rencontre entre deux hommes dont l'un sera finalement amené à abattre l'autre auquel il voue une admiration sans limites. Chronique sur le temps qui passe, portrait d'un homme tiraillé entre sa légende et ce qu'il est au fond de lui, étude d'une relation ambiguë entre fascination et admiration sincère d'une part et intérêt paternel et manipulation sournoise d'autre part. Car Jesse James est montré ici comme très ambigu. Autoritaire avec ses hommes, capable d'une grande violence même sur un jeune garçon, il est aussi bon mari et père de famille et ses sentiments vis-à-vis de Robert Ford sont troubles. S'il semble parfois s'attacher à ce jeune garçon pour qui il est un héros, il semble également parfois s'en servir comme d'une marionnette qu'il manipulerait à sa guise avant de s'en débarrasser. La séquence d'introduction nous présente un Jesse James perdu dans des paysages superbement filmés dignes d'un film de Terrence Malick (dont l'influence se ressent énormément sur le film) où l'espace est infini et le temps semble être figé, dévoilant une beauté semblant immuable. Jesse James regarde ce spectacle grandiose mais son regard est ailleurs, comme s'il était plongé dans une réflexion métaphysique cherchant sa place. Car la contradiction entre l'homme et la légende est un des sujets du film. Jesse James est malade et se meurt, il sait que son temps est fait. Sa légende s'est écrite partout, souvent mensongère comme l'apprend à ses dépens Robert Ford dont le regard change sur son idole tout au long du film, passant de l'admiration juvénile à la désillusion et à la haine au fur et à mesure que Jesse dévoile sa nature violente et psychopathe. Les dernières scènes de confrontation entre Jesse et les frères Ford sont par ailleurs des moments de tension d'une incroyable force dramatique. Film sur un personnage et les regards que l'on porte dessus, le film fait la part belle à ses protagonistes et tous sont formidablement joués par un casting superbe : Brad Pitt trouve là un de ses plus beaux rôles avec Jesse James et mérite amplement son Prix d'Interprétation à Venise, même si Casey Affleck en Robert Ford aurait pu lui aussi prétendre au prix. Dès la première scène, il fait ressortir une fragilité et une fraîcheur naïve rarement vues à l'écran. Les seconds rôles ne sont pas en reste avec un Sam Rockwell excellent comme à son habitude et un Jeremy Renner très bon. Visuellement, le film est magnifique avec des paysages rarement aussi bien filmés et une scène d'attaque de train nocturne d'ores et déjà culte sans oublier la scène de l'assassinat de Jesse James bouleversante. Œuvre philosophique et contemplative, L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford est un film magnifique d'une grande richesse avec des qualités cinématographiques indéniables qui vous transporte pendant près de 2h40. Un chef d’œuvre.
Ce biopic au titre peu banal adapté du livre de Ron Hansen est en fait bien plus axé sur la vie de Robert Ford que celle de Jesse James, on ne voit jamais ce qu'il a pu faire dans les années précédentes, on suit surtout la détérioration psychologique de ce hors la loi légendaire dans les derniers mois de la vie. Nous suivons l'étrange amitié qui se noue entre lui et son futur assassin, étrange dans le sens où on dirait presque que c'est Jesse James lui même qui met en scène son meurtre, tout a l'air calculé. Ce qui frappe instantanément, c'est la réalisation. Je n'aime pas trop m'épancher là-dessus mais vraiment, chaque image que nous propose Andrew Dominik pourrait faire office de cadre, tout simplement magnifique, d'un réalisme et d'une justesse parfaite, la mélancolie qui règne dans la bande son est aussi une merveille envoûtante. Alors oui, c'est lent, il n'y a pas beaucoup d'action voir quasiment pas, ça peut déplaire à ce niveau là mais pour ma part, c'est ce qui a fait la force de l'oeuvre, on prend bien le temps de mettre les choses en place et la fluidité du scénario combinée à cette réalisation m'a vraiment beaucoup marqué. Je suis ressorti de ce film avec une impression étrange, de mélancolie, mais vraiment satisfait de l'histoire que l'on vient de me raconter, une pépite du genre western à n'en pas douter.
Ce film retrace la dernière partie de la vie du célèbre hors-la-loi Jesse James, assassiné comme l'indique le titre par Robert Ford, un partenaire de fraîche date et pas franc du collier. La qualité de la mise en scène saute aux yeux : esthétisme léché, éclairage étudié, décors naturels valorisés, etc. Le jeu des acteurs est excellent, à commencer bien sûr par ceux de Brad Pitt et de Casey Affleck. Le subtil jeu du chat et de la souris auquel ils se livrent crée tour à tour des situations comiques, équivoques, tendues, mais le malaise n'est jamais loin. Cependant ce n'est pas pour moi un grand film. D'abord, il manque du contenu pour une durée pareille. Du coup, l'aspect un peu trop contemplatif du film m'est apparu quelque peu artificiel. Et la mise en scène ressert trop souvent les mêmes plats. Je ne compte plus les scènes où un personnage, filmé de dos en gros plan, voit arriver au loin des silhouettes se rapprocher peu à peu (une fois en plein été, une fois sous la neige, une fois un cavalier, une fois deux...). Et encore une fois, la durée est excessive pour moi. Chaque scène doit avoir son utilité. Utilité qui m'a parfois échappé. Mais le film reste très bon. Casey Affleck est inoubliable en jeune blanc-bec lâche et patelin.
Andrew Dominik renouvelle et bouleverse le genre codifié et parfois poussif du western pour nous offrir une aventure crépusculaire autour de la figure légendaire de Jesse James, incarné très justement par Brad Pitt qui coproduit également le film. On connaît le dénouement tragique mais qu'importe, on se laisse emporter et renverser par cette histoire avec une distribution excellente, des premiers (Casey Affleck) aux seconds rôles (Sam Rockwell, Jeremy Renner). Le film possède également une photographie très belle et particulière de Roger Deakins, une musique et des thèmes puissants de Nick Cave et une voix off qui, tel un conteur, nous balade de scènes en scènes. Légendaire.
oh bon sang que c'est longuet ! et mou ... Bien sur l'ambiance , les décors , les interprétes sont à la base excellents .... mais qu'est ce que l'on s'ennuie ... De grace retournez voir les Moissons du ciel de Malick ou La porte du Paradis de Cimino , grandes sagas lyriques ! Je ne parle pas du Django de ce cinglé de Tarantino , avec sa violence de malade taré . Et cette satanée manie de sortir des films de 160 minutes !! Pour avoir le temps de pisquer un petit somme au milieu ?
Un Biopic teinté en fond, par un western "moderne". S'avère un film plutot bien pensé et traité de manière interessante. LE film pourra trouver quelques moments, assez long. Mais c'est avec cette longueure, que l'on s'immerge un peu plus dans l'histoire (si l'on arrive à accrocher au départ). LEs acteurs sont tous majestueux, et la mise en scène remarquable. Le pitch est habilement menée par un Tom Cruise toujours brillant de talent. On arrive presque à mettre de coté, les faits réels passé... et à ne voir qu'une fiction. En mettant de coté les quelques longueures; on remarque un jeu habile, une histoire qui vaut son pesant ; et qui peut toucher un grand public. On est loin d'un blockbuster habituel ou des biopics que nous assassine le grand écran. Ici, cela se veut particulièrement différent des films du genre habituel. teinté à sauce western. On ne peut nier l'effort fait par tous, pour cette production. Avec un scénario interessant et habillement mené, des acteurs au top, des retournement de situations à la hauteur de ce que l'on attend (si l'on veut rester dans le plus ou moins crédible^^), mais qui s'avère relativement bon et prenant. Et un ensemble, qui restera sans méconnu pour beaucoup trop de personnes, mais qui vaut le détour ; si l'on prend le temps de s'interesser à cette histoire. Un petit bijou.