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4,0
Publiée le 30 mai 2022
L'Amèrique profonde dècrite dans les romans de William Faulkner fait son Cinèma de minuit dans l'abondant cycle « Littèrature et cinèma » . Attention ils sont prêts à lyncher « l'intrus » dans une oeuvre majeure de Clarence Brown! « On peut se sentir triste ou fier, ou seul...même si on a la peau noire ! » Un tournage dans l'Etat du Mississippi, et plus particulièrement dans la ville natale de Faulkner pour donner encore plus d'authenticitè à l'histoire, dans une petite bourgade du Sud où règnait la sègrègation raciale la plus totale! Acteurs (le jeune Claude Jarman Jr. comme bien souvent, est formidable) et dialogues brillants! Mais on retient surtout la recherche de la vèritè, d'une exceptionnelle intensitè, dans un cimetière au milieu de la nuit ou dans les sables mouvants dont Brown peut être vraiment fier! Un film remarquable et très courageux pour l'èpoque! Merci Patrick Brion pour la redècouverte de ce classique injustement oubliè de la MGM...
Adapté d'un roman de Faulkner, le film de Clarence Brown, au scénario duquel l'écrivain aurait lui-même travaillé, est un brillant témoignage du racisme ordinaire, institutionnel, dans les Etats du Sud. Brillant parce qu'on devine à travers le scénario une intelligence d'auteur, une réflexion ordonnée et aboutie. Brillant parce que la rigueur et la concision exemplaires de la mise en scène indiquent la conviction du cinéaste et son engagement. L'homme noir Lucas Beauchamp est arrêté et emprisonné pour le meurtre présumé d'un fils de fermier -blanc, évidemment. On craint pour lui un lynchage imminent. Et, pourtant, c'est peut-être à quatre Blancs que Beauchamp devra son salut, quatre protagonistes tout en diversité qui incarnent, dans le coeur et dans l'esprit, la minorité éclairée d'une communauté insensible au sort des Noirs, la minorité qui se doit de lutter contre la haine, la bêtise, et l'injustice en prime.
La force du film est de se détourner absolument d'une expression spectaculaire ou discursive, romanesque ou passionnelle. La sobriété de l'intrigue policière est remarquable, avec ses scènes sans éclat mais intenses, et provient pour une part de celle des personnages, dont les silences et les regards, souvent, valent des mots. On pense au père du type assassiné au début du film, ce fermier taciturne et inquiétant, reflet de l'Amérique profonde. On pense aussi à ce Lucas Beauchamp qui, loin du cliché de la victime apeurée et docile, incarne la négritude courageuse et fière, digne devant l'insulte comme devant la compassion. Un oeuvre forte et maitrisée.
Un film qui montre le racisme envers les noirs dans l'amérique profonde de 1949 . On pourra remarquer que de nos jours le sujet est toujours d'actualité. Le scénario est impeccable et démontre que quelques personnes sincères et déterminés peuvent faire face à une foule avide de vengeance aveugle qui représente plus la bêtise et le voyeurisme que l'intelligence ....