Identité judiciaire est un solide petit polar des années 50. On a tout ce qu’on peut aimer généralement dans ce genre de film. D’abord, un cadre, un décor, une ambiance. On a beaucoup d’extérieurs ici, notamment sur la fin qui m’a un peu rappelé M le Maudit, ce qui nous balade dans le Paris d’époque. On a tout ces petits détails qui rendaient les films de cette époque très vivant, les acteurs ayant toujours une cigarette ou une bouteille au bec, puis il y a ce parlé, les discours très imagés, franchement, ça sent le vrai, l’authentique, et ça c’est top. Mais ce film a quand même un peu plus, et notamment, il est sûrement un des premiers métrages à vraiment se placer dans le registre police scientifique. Tous les métiers sont convoqués, du médecin légiste bien sûr au graphologue, en passant par les analyses chimiques, les relevés d’empreintes… C’est très emballant de voir ça dans un film des années 50, car c’était rarement montré, surtout à ce niveau là. Là-dessus, on a de bons acteurs dans l’ensemble, en particulier Raymond Souplex qui tient un personnage. Il lui donne des tics, des traits de caractère, un phrasé, et ce personnage plaira d’ailleurs tant qu’il sera décliné dans la série les 5 dernières minutes. Autour de lui un lot de têtes plus ou moins connues du temps, notamment Dora Doll, Marthe Mercadier, mais encore Jean Debucourt. Perso, l’interprétation ne m’a pas déçu du tout, malgré quelques tics un poil théâtral par moment, mais c’est l’époque qui veut ça !
Côté histoire, le film est particulièrement prenant dans sa première partie, avec un suspens bien mené, un rythme solide, des personnages attrayants, bref, on se laisse facilement entrainé dans l’intrigue. Après, dans sa seconde partie, le film aura tendance à tirer un peu en longueur, notamment sur la fin, impression sans doute renforcé par le fait que l’enquête se poursuit sans suspense pour le spectateur. Je dirais que la manière dont éclate le pot aux roses est un peu facile et j’avoue que ça sent légèrement la solution de facilité.
On pourra également trouver quelques petites aspérités de montage, avec parfois des sautes étranges dans les bobines, mais ça reste pour moi de l’ordre du détail car le film est techniquement très abouti, les scènes d’action sont convaincantes, c’est du solide.
En conclusion, un polar rétro de belle facture qui m’a plutôt convaincu. Je déplore tout de même un rythme un peu lancinant par moment. Le film dure plus longtemps que la moyenne de l’époque (90 mn paraît-il mais il dure bien 100 mn, et un petit quart d’heure de trop c’est à peu près ça), et ça ne se justifiait pas forcément. Pour le reste, sans éclat de génie, le film remplit le cahier des charges grâce à l’abattage de Raymond Souplex et cette excellente idée de nous plonger dans les arcanes de la police scientifique du temps.