L'absence de réaction de la famille royale britannique à la mort de Lady Di, expliquée par Stephen Frears. En mêlant fiction (toutes les scènes tenant du domaine privé, que ce soit côté Buckingham ou Downing Street), documents d'époque (journaux télévisés, images de la cérémonie funèbre) et reconstitutions (les déclarations de Tony Blair, les apparitions publiques de la reine), le réalisateur brouille les pistes, conférant ainsi une grande crédibilité au film, mais par le biais de moyens guère scrupuleux (on est fort tenté de prendre tout ce qu'on nous présente pour argent comptant). Malgré celà, il faut reconnaître que tout est fait avec une légèreté bienvenue - merci de nous avoir épargné Elton John, un rendu impressionnant (sans avoir jamais foutu les pieds dans les bâtiments de la couronne, on s'y croit sans problème), et des comédiens en état de grâce : Helen Mirren est bien plus crédible en Elizabeth II que les foultitudes de sosies vues ça et là, et James Cromwell incarne à la perfection le prince Philip. Là où on peut être un peu plus circonspect, c'est sur les partis-pris : Tony Blair montré comme un gars sage, modéré et bienveillant, tout l'aspect récupération étant déporté sur un de ses conseillers, la monarque excusée dans ses choix par son conditionnement et les difficultés liées à sa position, son mari et la reine-mère, chargés à fond les manettes, toute l'intransigeance, le manque d'humanité, l'inutilité, l'anachronisme et même la crétinerie de la famille royale leur retombant sur le dos. Frears donne l'impression de servir la soupe aux personnages les plus en vue pour s'attaquer aux sous-fifres... On est en droit de préférer un angle d'approche plus acide à toute cette affaire (Palais royal ! offre une alternative honorable), reste que The queen a assez de qualités pour se laisser regarder (avec vigilance).