Le Caïman
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halou
halou

155 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2011
Une écriture intelligente du film sur un sujet délicat à travers la vie d'un réalisateur sans grand talent font du Caïman une œuvre solide, intéressante. Encore une réussite pour Moretti.
Bernard D.
Bernard D.

131 abonnés 613 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 avril 2021
« Le Caïman » est un tour de force et de malice de Nanni Moretti car son film sorti en 2006, attaque de façon indirecte Silvio Berlusconi. Bruno Bonomo (Silvio Orlando qui au fil du film apparait de plus en plus sympathique) est un metteur en scène de zone Z, un « has been » quasiment ruiné et en train de divorcer avec au passage quelques scènes savoureuses. Sans même le lire, il accepte comme baroud d’honneur – le Caïman – le scénario d’une jeune femme avant de comprendre qu’il s’agit en fait d’un brulot politique contre Berlusconi. A travers des extraits de ce scénario, quelques scènes imaginées, des images d’archives sur les dérapages verbaux de ce curieux politicien … Nanni Moretti arrive à dresser un réquisitoire très sévère contre lui et ce quelques mois avant les élections parlementaires !
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2012
Il n'est pas de plus mauvaise publicité que de dire du "Caïman" qu'il est un film sur Berlusconi. De plus mauvaise, et de plus fallacieuse. Car du film qui sera finalement tourné, nous n'en voyons que cinq minutes à la fin, didactiques et chiantes comme les pires films de Boisset de la grande époque. Non, le dernier opus de Moretti, qu'il a été obligé par la loi électorale de présenter à la télévision italienne comme un film sur "le chancelier allemand Baumgartner", parle de tout ce qui a toujours été la matière de ses films, à savoir les multiples aspects de sa propre vie.

Il parle du rôle du père d'aujourd'hui, spectateur faisant du lobbying sur l'entraîneur de l'équipe de foot de son fils, au grand désespoir de ce dernier, ou encore angoissé de ne pas comprendre les devoirs de son aîné de 9 ans. Il parle de la difficulté du couple où la tendresse ne suffit plus à remplacer l'amour perdu, de la douleur de la séparation, de la réalité de la jalousie qui s'impose aux accommodements de la raison. Il parle du cinéma italien de ce début de millénaire, où le fait de ne pas être invité aux 90 ans de Dino Risi entraîne des conséquences fatales, où des bureaucrates de la RAI décident de ce qui verra ou non le jour, et où même Bruno choisit le film qu'il ira voir avec ses enfants en fonctions de ses recettes au box-office. Il parle de la télévision, et celle décrite par Moretti est aussi vulgaire que celle dépeinte par Almodovar.

Forcément, il parle quand même de Berlusconi. De comment il a réussi à tuer chez les Italiens de la génération de Moretti la foi en autre chose qu'un progrès qui se résume à la satisafction des ménagères grâce à une programmation télévisée matinale. De l'image qu'il donne à l'étranger, et là nous revoyons le vrai leader de Forza Italia inviter un eurodéputé allemand à jouer le rôle d'un kapo dans un camp de concentration. Grâce à la représentation mentale que Bruno se fait à la lecture du scénario, nous visualisons un premier Berlusconi qui reçoit une mallette bourrée de lires tombée du ciel. Après le vrai à Strasbourg ou devant les juges, nous voyons Michele Placido répéter le rôle avant de se défiler lâchement. et c'est Nanni Moretti lui-même qui endosse le personnage dans le tournage final, comme si le patron de la Fininvest, de Canale Cinque et de l'AC Milan avait réussi à prendre tous les visages de l'Italie contemporaine.

Moretti nous a habitué à ces films capharnaüms, comme dans "Aprile" où il s'imaginait à Hyde Park en train de dénoncer -déjà !- le système Berlusconi ou encore en train de rédiger toutes les lettres de protestation qu'il n'a jamais envoyées. Mais ici, il réussit à donner une fluidité au récit, et la très belle scène où sa femme chante en concert le "Dixit dominus" de Haëndel et qu'il finit par interrompre pour lui crier son reproche et sa souffrance, permet dans un montage parallèle de résumer en quelques plans la mosaïque des actions qui se jouent.

Le film, tourné avant les élections qui ont vu la victoire de la coalition de centre-gauche menée par Romano Prodi, se termine abruptement, comme si la véritable fin restait à écrire par le peuple italien. Même ainsi justifié, ce tête-à-queue final laisse au spectateur un goût d'inachevé, et rompt trop brutalement avec l'harmonie chorale de la narration. Mais ce n'est pas suffisant pour oblitérer la maturité attachante de ce film, vu par plus d'un million d'Italiens.

http://www.critiquesclunysiennes.com/
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mars 2008
Le caïman est un film d'une puissance de suggestion assez inouië, il reste longtemps en mémoire et se bonifie au cours du temps, au moins dès la deuxième vision. La grande force du film est sa structure narrative composée de différentes strates de temps et surtout d'espace. Moretti parvient à jongler entre différents niveaux de réalité (le film dans le film). Le prologue du film, avec ses scènes gores, amuse et effraye en même temps et la conclusion qui trouve l'audace de faire jouer Nanni Moretti lui même dans le rôle de Berlusconi est un pur chef d'oeuvre de cinéma. Cette longue scène est faite à la fois d'une grande ironie et donne également froid dans le dos avec la populasse s'en prenant physiquement aux juges qui ont condamné Berlusconi. Il rend ainsi le peuple italien responsable de la mainmise de Berlusconi sur l'Italie. Un grand film qui bénéficie aussi d'une très belle interprétation (on retrouve certains personnages de son chef d'oeuvre précédent - La chambre du fils-) et d'une grande qualité de mise en scène. Les plans des Légos en désordre sur le sol donnent une sensation de vertige. L'humour (sardonique) n'est pas absent même si lui aussi rend mal à l'aise (voir la scène où le producteur a son sommeil réveillé par le bulldozer. La scène lors de l'orchestre est difficilement oubliable car elle traduit la perte de contrôle de l'individu. Moretti, qui aurait très bien pu avoir la palme d'or pour ce film, est le meilleur cinéaste italien de notre époque.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 août 2019
Moretti veut caser trois films en un: le mélodrame conjugal, la mise en abyme cinématographique et le commentaire politique. Ce dernier élément fait le lien avec Aprile et a le mérite de réinscrire le cinéma de Moretti dans une perspective plus large, après la parenthèse intimiste de La Chambre du fils, mais il m’a semblé en trop et parasite la première demi-heure, puis les dix dernières minutes. Entre les deux, le film suit une courbe ascendante, toujours plus émouvant, et trouve un équilibre assez miraculeux entre la fantaisie et la mélancolie, notamment grâce à un montage habile et une utilisation très efficace de la musique, équilibre qui sera reproduit avec plus de maîtrise dans Mia Madre. (La scène des voitures qui se doublent mutuellement est l’une des plus belles idées de cinéma de Moretti).
Patjob
Patjob

45 abonnés 767 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 août 2024
Un vrai jeu sur le cinéma : « Le caïman » s’ouvre sur un film dans le film (un nanar de première), puis conte la tentative du personnage principal d’en réaliser un, et se clôt sur un autre film dans le film. C’est l’occasion de penser les fonctions du cinéma, entre le simple objectif de divertissement basique et le rôle politique de dénonciation et de prise de conscience. Cette réflexion, ponctuée de nombreuses références, va jusqu’à s’interroger sur l’efficacité du cinéma politique et, partant, de son bien-fondé, allant jusqu’à s’appliquer, savoureusement, au film lui-même. Le film est aussi un portrait d’un Italien moyen, pathétique dans son refus de voir les choses en face (sa situation professionnelle comme sa situation matrimoniale) mais attachant par la relation qu’il entretient avec ses enfants. Et c’est aussi une virulente dénonciation du mode de fonctionnement et des valeurs du système Berlusconi. Le ton oscille entre comédie (le plus souvent), drame intimiste, et pamphlet. Beaucoup de choses intéressantes donc, mais l’impression générale reste celle d’un patchwork, la dispersion entre différents tons, différents genres et différents thèmes nuisant à l’impact de l’œuvre.
Julien D

1 342 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mai 2011
En plus de son beau travail sur la famille en perdition comme il sait si bien le faire, Nanni Moretti réussit à avoir ici une approche délicate de deux autres sujets rares car difficiles à exploiter au cinéma: Le cinéma lui-même et la politique. En les réunissant ainsi dans ce scénario original, il nous offre une vision intelligente de l'Italie actuelle où le pouvoir en place est un sujet devenu tabou. Cette satire de l'univers professionnel de ce producteur de films de série Z en perte de vitesse est donc une belle métaphore de l'ensemble de la société transalpine. Quand à la scène finale qui fait si froid dans le dos, grâce entre autres à la prestation magistrale de Moretti, elle est l'apothéose de l'attaque, jusque là subtile, qu'est fait contre Berlusconi et son influence sur cette population refusant d'ouvrir les yeux.
Pascal
Pascal

266 abonnés 2 500 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 janvier 2023
Moretti est déjà titulaire d'un lion d'or à Venise (" journal intime ") et d'une palme d'or (" la chambre du fils") lorsqu'il met en scène " le caiman" ( 2006).

Présenté tout de même un peu rapidement par la critique professionnelle, comme un film "sur" Silvio Berlusconi, le scénario se propose surtout de brosser une tranche de vie d'un réalisateur de série Z en train de se séparer de sa femme et dans son projet de film. Dommage !

Malheureusement desservi par son casting dont le manque de charisme est assourdissant ( Silvio Orlando, notamment, n'est pas du tout à la hauteur dans son rôle de cinéaste dépourvu de talent) et (M.Buy est très en deçà de sa magnifique prestation de " mia madre")" le caïman " , trop fade, se laisse voir, certes, mais sans passion.

Les seules scènes qui fonctionnent vraiment, sont celles trop peu nombreuses ou Moretti est lui-même est à l'écran.

Loin d'être une des grandes réussites de son auteur, malgré son ambition, on est bien loin du niveau des films politiques italiens tels " enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon " ou des chefs-d'œuvre de Rosi ni même des pamphlets de Sorrentino (" il divo" ou même de " silvio").

Les aficionados de Moretti pourront voir " le caïman " en y trouvant, ici ou là, quelques éclairs d'inspiration ; les autres spectateurs se tourneront avec un meilleur profit et surtout plus de plaisir en direction des références précitées .
didbail
didbail

41 abonnés 540 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 septembre 2007
Un film d'équilibriste où Nanni Moretti réussit encore une fois à trouver le ton juste entre comédie et dénonciation politique, entre sentimentalisme et pathétique, sans tomber dans l'excès.
gnurff
gnurff

32 abonnés 283 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 novembre 2007
Je ne sais pas trop quoi penser de ce film fort interressant !

Sa sortie fut très médiatique en Italie et même en France.

Le film est bien réalisé et l'on suit l histoire sans trop de problème même quand le scénario semble montrer de fort trou de cohesion.

La critique de Berlusconi et du peuple y est quand à elle montré de manière subtile , peut-être trop ! A vouloir faire fin on en oublie presque la force du message !

Le jeu des acteurs est par contre , lui sans hesitation : epatant !

Ce film ammene quand meme à ce posé la question : "est-ce que le "caïman 2" sera tourné en france ?"
Fritz L
Fritz L

221 abonnés 767 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Il faut peu de chose pour que d’un tas de cendres jaillisse une petite flamme qui ravivera le feu que l’on croyait éteint. Que ce brasier devienne à nouveau vivifiant, chaleureux et rassurant. Cette métaphore aurait pu illustrer les trois grandes thématiques du film de Moretti : le cinéma, la vie et la situation politique de l’Italie d’aujourd’hui.

Sa petite flamme c’est la foi en un avenir meilleur, même si le présent semble définitivement et inéluctablement le condamner. Le film démarre sur une apologie de la période pré-Berlusconi. Bruno Bonomo est un producteur en faillite, aussi bien personnelle que professionnelle. Il n’est plus qu’une ombre engoncée dans un passé glorieux où son couple, sa profession et le pays étaient au zénith. La construction du film découlera de là. Avec un ton est vindicatif et très politique, il va égratigner toute la société, quelque soit son niveau, seule responsable du marasme présent.

Mais bien que très proche sur le fond du cinéma Italien militant des années 70, Moretti nous donne un petit plus par une profondeur émotionnelle sensible. Mais il ne joue pas sur le tableau de l’angélisme non plus, et la fin telle qu’il l’a retenue nous fait froid dans le dos.

Un scénario très achevé illuminé par une mise en scène sobre et efficace. Ajoutons à cette excellence l’interprétation magistrale de Silvio Orlando digne d’un Nino Manfredi. Après Romanzo Criminale et avec Le Caïman, le cinéma Italien, tel le Phénix, reviendrait-il au niveau qui jadis l’a imposé internationalement ?
JamesDomb
JamesDomb

130 abonnés 1 061 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Nanni Moretti mêle judicieusement satire politique et mise en abîme cinématographique. Le cinéaste ausculte avec ironie le paysage politique et cinématographique de son pays à travers les soucis d'un couple en pleine rupture et les désastres professionnels du père de famille. Le Caïman débute comme une comédie. Les dialogues sont percutants et les situations cocasses s'enchaînent. Avec une réalisation maîtrisée et fluide, le film prend alors la forme d'une satire réjouissante, d'une chronique corrosive sur l'Italie de Berlusconi. Il serait néanmoins regrettable de résumer Le Caïman à un simple pamphlet politique sarcastique et percutant. En effet, Moretti évoque également la corruption et l'hypocrisie des médias italiens, ses trahisons, sa lâcheté. Le Caïman est donc à la fois un film d'amour, un hommage au cinéma italien et un film politique. On y parle à la fois d'un producteur de série Z en déclin et en instance de divorce ainsi que de la montée médiatique, économique et politique de Berlusconi. Le Caïman prend alors une tonalité plus inquiétante, plus cinglante et perspicace. Comme souvent chez Moretti, la famille est le noyau de l'histoire. Silvio Orlando (qui aurait du recevoir le prix d'interprétation) est excellent dans le rôle du fragile Bonomo (littéralement Brave Homme) qui va renouer petit à petit avec la lucidité et la réflexion. Il se battra pour sauver ce qui reste de son couple et pour préserver ses enfants en réalisant un film dénonçant le régime instauré par Berlusconi, prouvant à sa famille (une reconquête comme le fameux Retour de Christophe Colomb que Bonomo doit réaliser) et aussi à lui-même qu'il est capable de réaliser un film important. Le Caïman est un film multiple qui transpire avant toute chose de l'amour de Moretti pour son pays. La fin évoque une démocratie italienne qui pourrait céder la place à un nouveau totalitarisme. Une démocratie de pacotille où Berlusconi détient encore et toujours la quasi-totalité des médias en Italie...
lillois
lillois

124 abonnés 454 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Pour moi, le grand oublié du palmarès du Festival de Cannes 2006 s'intitule "Le Caïman". Précédé d'une image plutôt trompeuse, le film a fait fuir bon nombre de spectateurs pour connaître un démarrage catastrophique en salles. Quel dommage pour du si bon Cinéma ! Un producteur culte mais inactif depuis dix ans annonce son retour. Son projet s'engage bien mal et il jette finalement son dévolu sur le scénario qu'une ravissante jeune femme lui propose. Cette dernière est jouée avec beaucoup de naturel par Jasmine Trinca. A côté des difficultés à lancer le chantier du film, Bruno Bonomo (Silvio Orlando) fait face à la fissuration de son couple, préservant encore les apparences du ménage pour le bien des enfants avant de quitter définitivement le foyer. Bien que ce soit un drame, les occasions de sourire se présentent, les rocambolesques aventures d'Aidra que Bruno raconte à ses fils sont par exemple très drôles ! Dans cette histoire de séparation ordinaire, le temps consacré à la fiction politique pourrait paraître faible, mais on perçoit très bien que ladite fiction est une émanation de la réalité. De ce fait, impossible de nier l'impact du propos du "Caïman". Plusieurs plans pourtant simples parviennent d'ailleurs avec brio à retranscrire des idées fortes. Ainsi un travelling de nuit sur des habitations aux fenêtres éclairées, accompagné du son de la télévision, marque l'emprise sur les médias du Caïman et l'inexorable propagation de son discours démagogique. Et lorsque dans l'une de ses premières apparitions on le voit avancer dans un couloir entouré de ses sbires, l'image d'un Darth Vader nous vient à l'esprit, représentation symbolique du Mal. La fin grandiose nous laisse estomaqués. Ce long-métrage engagé, au ton très contemporain, ancré dans l'Italie actuelle, évoque aussi l'état du cinéma transalpin (y compris ses étonnantes spécificités, comme le fait qu'Aurelio De Laurentiis ait racheté... le club de foot mal en point du Napoli !). Bravo monsieur Nanni Moretti.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 novembre 2006
Si Le Caïman a une portée politique, elle dépasse de très loin le simple parti pris anti-Berlusconi. Réflexion à tous les niveaux sur la prise de conscience, l'engagement et le renoncement ; c'est plus que brillant, c'est magistral, et c'est un Moretti au comble de la maturité qui nous livre cette réflexion. Sans aucune mesure, un cinéaste essentiel.
Niko0982
Niko0982

78 abonnés 1 331 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2008
Un très beau film qui sort vraiment du lot. C'est particulièrement émouvant. Moretti reste fidèle à lui-même.
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