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Un visiteur
2,5
Publiée le 4 février 2007
Le sujet est intéressant et terriblement enthousiasmant... et ca s'arrête là! Sans doute faut-il avoir beaucoup de références sur l'Italie de Berlusconie pour tout apprécier dans ce film mais quand même. Crier qu'on va parler de l'Italie de Berlusconie et passer son temps sur une histoire de divorce... Les acteurs semblent s'ennuyer dans ce film qui traine, à tel point qu'on fini par s'ennuyer avec eux, attendant la fin comme une libération. Et là, sans doute le grand art du film, la fin est somptueuse, une apothéose! Dommage qu'il est fallu attendre tout ce temps pour voir voir ce grand moment de cinéma engagé!
Voici un film drôle et attachant interprété avec brio...Le producteur est impeccable, la réalisatrice naturelle au possible...Les extraits de films sont excellents...Ce clin d'oeil aux séries z sont à déguster sans modération...
Très belle réussite une fois encore de Nanni Moretti qui nous livre un très beau film que j'imaginais avec plus de passages politiques mais au final il reste abordable à tout public même si son sujet principal est un des plus puissant homme politique d'Italie! A voir absolument, malheureuseument aucune récompense pour lui!
Lorsque l'on revoie Le Caïman de Nanni Moretti -l'histoire d'abord truculente de la production d'un film sur Berlusconi (à l'époque où ce dernier est indéboulonnable President du Conseil, roi des télés poisseuses et terreur des médias italiens)- on se dit que le Sylvio des années 90 prefigurait le Donald des années 2025 : même démagogie, même populisme, même cynisme éhonté, même manipulation des foules avec une figure de bouffon grotesque gavé de testostérones, la haine en bandoullière, même orientation ultra-libérale/extrême-droitière. * Lors d'une magistrale mise en abîme finale, véritable film dans le film, Berlusconi interprété par Nanni Moretti livre, de façon aussi brillante qu'effroyable, les noirs secrets de sa politique qui n'est que la guerre continuée par d'autres moyens, mais une guerre contre tous au profit d'un seul. * Le verbe est si puissant, la noirceur de la pensée si implacablement organisée, la perfection de la mise en scène confère au personnage un tel statut de héros tragique, que l'on se dit que ni le Silvio d'alors, ni le Donald d'aujourd'hui ne seraient capables d'un tel brio aussi sombre soit-il. Pour les deux, on a sans doute tort...
Ce film est ennuyeux, et ne nous apprend rien, ni sur le cinéma, ni sur Berlusconi, ni sur l'histoire personnelle de cet homme qui ne comprend rien, ni au cinéma, ni à Berlusconi, ni à sa propre histoire.... Les personnages sont esquissés, le film n'a pas d'unité, ni de trame, ne démarre pas et n'a même pas de fin ....on sort avec le sentiment d'avoir perdu son temps et d'avoir été floué...
Film peut-etre un peu trop "intello"... Très loin d'un michael Moore, la critique de Berlusconi se veut plus subtile. A tel point que l'on en vient à se demander s'il s'agit vraiment d'un pamphlet anti-Berlusconi ! Le film ne met en avant, et seulement de temps en temps, que les aspects les plus connus des travers de l'ex président du conseil, ce qui n'apporte rien de nouveau. A moins que le sens soit caché, très caché. Film que je déconseille à ceux qui veulent aller se divertir en se cultivant un peu plus sur Berlusconi, car trop subtil... pour pas dire trop "intello".
Un Moretti digne des meilleurs, comme palombella Rossa, La messa e finita... On y rit tout le temps, on y réfléchi autant, on est ému. Les acteurs, le montage, la réalisation, tout est extraordinaire. On dit que c'est un film qui parle de Berlusconi, mais tout ce que le film dit de Berlusconi, la figure de la crapule dictatoriale ivre de pouvoir et pleine de haine, on le sait déjà. Ce qui est beau, c'est l'humanité de tous les autres personnages, qui se débattent dans leur époque, la notre, assez triste en vérité. Mais ce film, outre toutes ces qualités transmet la vertu du combat, de l'opiniatreté et dit que tout est bon à prendre pour qui a des rêves à poursuivre. Je le recommande chaudement et même plus que ça.
Encore une réussite de Nanni Moretti qui nous livre un film innatendu: en effet, je m'attendais fortement à un film entièrement politique ou Moretti tiendrais le role principal (comme dans "Aprile" ou "Journal Intime"). "Le Caiman" offre aussi une réflexion sur une partie de la société italienne (valable pour la France par moment) et sur ses tabous (l'homo-parentalité par exemple, élément innatendu la encore). A voir, à revoir, à rerevoir, à rererevoir.....
Bruno Bonomo, dans linterprétation magistrale de Silvio Orlando est un producteur italien du genre mondo movie des années 70, si chers à des auteurs tel que Ruggero Deodato avec son inoublié « Cannibal Holocoust », ce genre ancêtre du pulp-gore à la Quentin Tarantino. Il rencontre pendant une projection nostalgique de son chef duvre « Cataractes » une jeune et talentueuse cinéaste qui lui propose une histoire pour un nouveau film : « Il Caimano ». Sans avoir pas trop comprisde quoi il sagit, même pas quil sagit dune histoire sur Silvio Berlusconi, Bonomo, qui déclarera plus tard qu'il avait même voté pour lui aux dernières élections, très troublés par sa situation financière et en nette rupture avec sa femme, commence laventure de ce film sur Berlusconi. Derrière le sujet proprement politique, nous assistons aux problématiques dun divorce, celui de Bonomo avec sa femme, et aussi à un rappel à lomo-parentalité de la jeune cinéaste et de son amie, tellement bref qui nous peut surprendre pour la normalité qui confère à un sujet aujourdhui si souvent débattu et controversé. Moretti fait rire, fait réfléchir, il nous rappelle le danger du laisser-aller politique, de la dégénération qui peut causer le mauvais homme au mauvais endroit. Moretti nest jamais explicite dans sa représentation du désastre berlusconien, mais il est de même très féroce dans sa subtilité. Nous avons ici une uvre politique dune originalité sans précédents.
Ce film est exceptionnel. Comme toujours avec Moretti, c'est un film à tiroirs, d'une humanité rare. Derrière une dénonciation, politique, c'est surtout un regard à l'intérieur de la complexe histoire italienne, incarnée ici par ses histoires à l'échelle humaine. Une ironie tendre qui conduit l'auteur à jouer lui-même, à la fin, le propre rôle de Berlusconi ! Je n'ai pu retenir mes larmes devant la scène qui suit le divorce, où l'ex couple se suit sans le vouloir, pris dans le rythme de la circulation et des feux rouges. Un grand moment cinéma, qui reste accroché dans la tête et donne un autre sens aux idées préconçues.
Peut-être pas le meilleur film de Nanni Moretti (cinéaste que je connais assez peu), mais le Caïman a le mérite d'attaquer frontalement Silvio Berlusconi et surtout plus précisément de s'attaquer aux pudeurs de la société italienne incapable d'oser émettre un avis critique vis-à-vis de cet homme qui a profondément bouleversé le paysage médiatico-politique italien. Le réalisateur fait le choix d'orienter l'histoire autour d'une société de production cinématographique qui se lance dans le projet d'un film sur le Cavaliere. Choix pas toujours payant : si la vie privée du producteur (personnage central du film) n'est pas dénuée d'intérêt, elle éloigne du sujet et atténue le côté coup de poing que pourrait avoir le film. J'ai beaucoup plus adhéré au film lorsqu'il abordait explicitement la politique de celui qui a gouverné le pays durant près de 10 ans. Ca se regarde tout de même plutôt bien.