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Joe75
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2,5
Publiée le 16 mars 2007
Est-ce que jai aimé ce film ? Le simple fait de se poser la question présage de la réponse qui sera finalement : « MMouaihhh, ». Il y a du bon et du moins bon. Le positif dabord : les interprétations fraîche de Johan Libéreau et subtile de Julie Depardieu ; certains détails vestimentaires des années 80 fidèlement retranscrits (lomniprésente chemise jaune à carreaux, gloups javais la même en bleue !) ; le rappel de la genèse du fléau « sida » traité gravement mais sans pathos à une époque où lon en ignorait tout, ne serait-ce que le nom. Le négatif ensuite : Une image assez caricaturale du milieu gay des eighties : Les mecs qui déambulent de nuit dans les parcs et jardins aussi nombreux que les badauds dun samedi après-midi pluvieux dans les allées dIkéa ! ; Sami Bouajila qui semble visiblement mal à laise dans les scènes damour homo (les baisers échangés sont plus chastes que ceux des films muets en noir et blanc des années 20 !) ; la facilité peu crédible avec laquelle le quinquagénaire Michel Blanc arrive à concrétiser (platoniquement ou non) avec ses jeunes conquêtes, le choix dune pellicule granuleuse avec certains raccords de film qui laissent pour le moins à désirer, et les nombreux anachronismes maintes fois déjà cités par les autres internautes.
Trop bavard, trop mal foutu, et mal filmé. Le scénario quant à lui est maladroit et primitif. Seuls les acteurs sont restés dignes de leur renommée. Mais le film est long et ne présente aucune émotion et encore moins une nouveauté quelconque. Téchiné regresse ces dernières années, et c'est bien dommage!
Qu'il est beau de voir le cinéma français commencer si bien l'année 2007, après le novice Laurent Achard c'est au tour du maître André Téchiné de nous livrer ce qui est sûrement son oeuvre la plus libre et en même temps la plus aboutie. Qu'il est beau de voir que, dans la jungle mediatico-commerciale, un certain cinema français puisse tirer son épingle du jeu de par son ambition et sa portée épique.
Alors que Les temps qui changent nous avez convaincu, à l'instar d'un Ozon, de l'extrême sensibilité du grandiose Téchiné, Les témoins nous prouve qu'il aime la vie et nous la fait vivre pleinement, sans tomber dans un mélo pompeux.
Les témoins n'est ni plus ni moins qu'un souffle, un cri à la vie, et ce face au temps qui passe : le vent de liberté qui souffle sur le scénario (très fort) au service d'une mise en scène, caméra à l'épaule, toujours à l'affût du moindre signe de vie, n'a d'égal que le jeu lyrique d'une magnifique pléiade d'acteurs (mention spéciale à Michel Blanc et sami Bouajila). Ajoutez à celà la photographie très corporelle, au plus près de la chaleur humaine, de Julien Hirsch, vous obtenez une ode à la vie, celle de rescapés, de survivants, mais surtout de témoins.
Oui, Téchiné est un grand, moderne et émouvant cinéaste, un ilôt de sobriété et de vie dans une industrie cinématographique morose et en pleine régression.
Les Témoins (2007) parle des années sida à Paris, à l’été 1984 avec une désinvolture sidérante, fort heureusement plus pudique que ses contemporains. Manu (Johan Libéreau) débarque à Paris chez sa sœur Julie, fait la connaissance d'un médecin quinquagénaire Adrien (Michel Blanc). Ce dernier présente à Manu Sarah (Emmanuelle Béart) et Mehdi (Sami Bouajila), un couple de jeunes mariés (mais libre) qui vient d'avoir son premier enfant. On a l’impression que non seulement il n’y a que des homosexuels qui s’assument ou s’ignorent (l’aventure de Mehdi avec Manu) mais que leurs relations ne se résument qu’à forniquer. Le cinéaste préfère le psychodrame, rempli de poncifs : le bon homosexuel qui transforme un flic en bisexuel, le couple qui se trompe ouvertement pour le bien-être de leur relation (Sarah qui explique à Mehdi qu'elle le trompe car elle a « trop de respect pour lui »), le médecin acariâtre mais qui se révèle exemplaire, le flic qui assume son homosexualité sans problème (surtout d’origine magrébin). C'est l'inversion de la liberté de mœurs pour nous délivrer le sempiternel message sur la libération homosexuelle où aucune question critique n’est posée. On est dans du cinéma militant, bourré d’anachronismes, autofictionnel qui ne sort jamais du petit contexte pour l’envisager à plus grande échelle et qui se vérifie par le « roman » qu’écrit Sarah sur la relation entre Manu et Mehdi pour « témoigner ». Le psychologisme comme effacement de la réalité.
André Téchiné offre une oeuvre profonde et complexe sur les sentiments humains, dévastatrice quant à la contamination du virus du sida (qui plus est apparaît lors de sa découverte au milieu des années 80 alors qu'il était totalement inconnu auparavant) avec un casting d'exception pour ne pas citer Emmannuelle Béart, à la fois légère et troublée, Michel Blanc en homosexuel frustré et incompris et Johan Libéreau talentueux. Même si le message est bouleversant l'ensemble n'invite pas suffisamment à l'émotion étant donné que les acteurs eux mêmes n'y sont pas toujours permis. Quoi qu'il en soit LES TEMOINS génère, avec réalisme et véracité d'une maladie toujours impitoyable, une réelle prise de conscience sur limpact et la cruauté du SIDA et une réfléxion ultérieure sur le sujet.
Malgré les qualités indéniables de réalisation et dinterprétation de l'ensemble des acteurs, j'ai été déçu par le peu d'originalité du scénario et la platitude de l'intrigue. On s'ennuie passablement par absence d'enjeu. De plus les personnages ont tous le même profil psychologique, ils sortent tous du même moule. Ce ne sont que différentes facettes du cerveau du réalisateur. Ce n'est pas la vrai vie cela. Dommage.
Un film boulerversant qui traite du sida et qui nous précipite dans le monde de Manu ( jeune homosexuel joué par Libéreau ). Celui ci va d'abord rencontrer Adrien ( autre homosexuel, mais plus agé ) qui va le présenter à ces amis. Là, un des amis d'Adrien se rend compte qu'il est attiré par ce jeune Manu. Ils vont entamer une relation alors que l'amant de Manu ( Sami Bouajila )est marié avec une femme et à un enfant. S'enchaine des crises, hurlements et passions qui vont se déchainer au fur et à mesure de l'avancée du film. A noter que maladie est vue de facon trés juste et que le film nous surprend au fur et à mesure. Bonne fin et BO super.
Un très beau film tout en surprises et en émotions sans violons. Une pléade de grands acteurs autour d'une histoire lumineuse... attention ax anachronismes monsieur Téchiné !
A.Téchiné nous gratifie dun film très dur sur lexplosion du sida en France dans les années 80 et ses conséquences dramatiques sur lexistence quotidienne de millions de gens en pleine période de libération des moeurs. Le sida sert de fil conducteur à un scénario qui nous entraîne dans lintimité dun groupe damis dont les relations vont être bouleversées par les pulsions sentimentales et sexuelles de certains dentre eux. La mise en scène nous immerge dans latmosphère de lépoque dabord marquée par lincrédulité et la méfiance des gens face à ce phénomène nouveau puis par le climat de terreur sourde et dangoisse qui sest emparé de la population lors de la prise de conscience de la gravité de la maladie. Les symptômes et les stigmates du sida dans sa cruelle et irréversible évolution sont bien rendus, le film revêtant sur ce plan un aspect documentaire. Par contre, même sil est indispensable de souligner la prépondérance des effets des relations homosexuelles masculines sur la naissance et la propagation du sida, je trouve choquant de montrer avec une telle insistance des rapports intimes entre deux hommes. Michel Blanc joue parfaitement son rôle de chef de service hospitalier témoin privilégié des ravages causés par la maladie ; il est touchant dans sa manière dassumer son homosexualité et sa déception amoureuse face au désintérêt que lui manifeste le jeune élu de son cur. Johan Libéreau réalise une prestation remarquable et très convaincante en amoureux passionné, innocente victime de ce nouveau fléau. Sami Bouajila est à distinguer dans son rôle dhétérosexuel convaincu qui se laisse progressivement troubler puis séduire par le charme physique dun adolescent. En revanche, Emmanuelle Béart, qui hérite dun rôle insipide, est bien loin de son niveau habituel, et Julie Depardieu, totalement transparente, frôle le ridicule.« Les témoins » est une uvre forte par la gravité du sujet abordé et le message quelle délivre mais décevante dans sa réalisation.
C'est l'histoire de Manu, petit provincial débarqué à Paris qui va semer le trouble dans l'esprit d'un paisible docteur homosexuel et dans l'équilibre inexistant d'un couple incompréhensible. Il plane au dessus de lui le virus du sida, qui laissera les années 80 exhsangues d'une maladie incurable et inconnue. Téchiné avait déjà prouvé qu'il était un formidable conteur des moeurs dans ses précédents films. Dans les Témoins, il surpasse sa maîtrise d'un scénario à la mécanique implacable grâce à une direction d'acteur sans faute. Le jeune Johan Libéreau incarnant Manu est confondant de talent, et s'avère être la véritable révélation de ce film. Michel Blanc joue son rôle de pygmalion à la perfection, tout en finesse, sans tomber dans l'émotion inutile. Quant à Sami Bouajilah, il transcende son personnage d'homme frustré et se surpasse en homme poussé dans ses retranchements d'un désir coupable. vraiment, une très belle oeuvre, du beau cinéma français, et une belle étude de caractères comme il y en a trop peu en ce moment.
Profondément marqué par l'épidémie du Sida qui apparut dans les années 80 et fit des ravages en particulier dans la communauté homosexuelle, André Téchiné réalise un très beau film qui, à travers l'histoire de Manu, jeune gay plein de vie emporté par la maladie, rend un hommage simple et touchant à tous ceux qui, comme lui, sont morts avant l'heure. Une œuvre de qualité, très émouvante sans jamais sombrer dans le pathos, très joliment portée par sa brochette d'acteurs.
C'est un film qui restera longtemps. Un des plus beaux films de Téchiné. Les acteurs sont tous très justes sur un sujet très fort, traité sans emphase mais pourtant de façon très percutante.
Un film très particulier. Un peu lent, il est vrai. Mais il ouvre sur une réflexion, presque une prise de position. Il traite d'un sujet grave, donc ce n'est pas du divertissement pur, mais malgré tout un très beau long-métrage.
André Téchiné aborde un sujet peu traité au cinéma, l'arrivée du SIDA en France. Cette maladie indicible à l'époque, est bien retranscrise ici. Julie Depardieu, Emmanuelle Béart et Michel Blanc tous trois épatants apparaissent comme les témoins d'un phénomène qui a du briser de nombreuses familles dans les années 80. Merci pour cet hommage qui leur est rendu et qui nous permet non pas de témoigner mais d'en parler.
Le titre porte bien l'idée génératrice, et la qualité première du film : Téchiné n'a pas voulu faire un mélodrame pour faire pleurer les chaumières, mais rendre compte d'une période précise, celle de l'apparition du Sida. Pour ce faire il traite de façon inhabituellement courte, comme des raccourcis, les scènes qui auraient été délayées par d'autres : magnifique litote de l'apparition des symptômes du Sida, que cette découverte de simples pelures de soleil sur la peau. Téchiné ne s'étend pas : dès la scène suivante, on est dans la relation psychologique d'un grand malade avec les personnages qui l'entourent, son isolement voulu, son rapprochement de la seule personne qui, sans doute, l'aime vraiment. Que les personnages soient convainquants ou nom dans leur représentation des années 80, que les acteurs soient bon ou non pour les incarner, on s'en fout : comment juger de ce que doit être une personnage dans un témoignage ? Quand à la mises en scène de Téchine, elle est toujours aussi limpide. Une grande réussite.