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Un visiteur
5,0
Publiée le 28 janvier 2008
Je croyais m'être habitué à l'effarement tant la qualité est constante dans l'oeuvre de Téchiné, mais finalement, c'est à chaque fois une immense claque devant un nouveau film de ce grand réalisateur. Oublions les fautes historiques car elles n'ont aucune importance un film comme celui-ci, oublions les lèvres silliconnées d'Emmanuelle Béart car elle joue à la perfaction, concentrons-nous sur la force et la beauté de ce "témoignage" de quelques années de joie et de tourments de personnages très élaborés et magnifiquement interprétés.
Un casting prestigieux pour une évocation douloureuse de l'arrivée de ce fléau qu'est le SIDA.Sans tomber dans le larmoyant,le film décrit bien les doutes et les peurs devant l'inconnu qu'était (est?) cette maladie.Les acteurs,sensibles et sinceres,sont dans le vrai et on subit avec eux les coups portés par l'existence.Malgré un sujet for peu joyeux,le film se veut optimiste et porteur d'espoir.
Une fois de plus je suis surpris par le cinéma français: le scénario est prennant, les acteurs sont plutot justes, et l'émotion est au rendez-vous.Le sujet était a mon avis difficile a traiter et la performance est ici honorable.
Le synospis dit : "Chacun va devenir acteur et témoin d'un drame contemporain, où ceux qui ne mourront pas ressortiront peut-être plus forts, mais en tout cas pas indemnes."
Oui sauf que le film ne retranscrit en rien cette atmosphère, le jeu des acteurs est froid et surjoué, Béart est carrément mauvaise, Julie Depardieu insignifiante, les 2 qui s'en sortent le mieux c'est et Le jeune Libé pourtant un tel sujet aurait mérité plus de passion, plus d'émotion. Téchiné nous plante le décor en 1984, oui, sauf que là aussi rien dans le film ne fait revivre cette époque, une casserole début 70, un rideau de douche aux motifs années 2000 et carrément une twingo stationnant dans la rue ! Dans les années 80, ce n'était pas à la mode de se raser le crâne, aurait pu faire l'effort de se laisser pousser les cheveux....Mise en scène déplorable, On vous dirait 1998, vous le croiriez....
Un beau film très classique et très bien construit, très émouvant, porté par les jeux lumineux d'Emmanuelle Béart et de Sami Bouajila. La caméra très légère de Téchiné s'attaque avec son sens du romanesque à un sujet grave, et le porte très loin, nous le confie. C'est comme un secret qu'on nous chuchote à l'oreille, presque en sifflant. Ca passe très vite, mais ça reste longtemps en nous.
Je viens de voir "Les Témoins" à la télévision !!!! Que dire ? Simplement merci Mr. Téchiné ! Film très réaliste et magnifique ! J'ai beaucoup aimé le rôle tenu par Sami (Mehdi), i faut OSER pour interprété un tel rôle et avoir ses propres convictions dans la vie puisque je suppose que cet acteur est musulman !!!! Merci Sami ! Merci Mr. Téchiné ! Et chapeau bas à tous les acteurs !!!
Pas d'émotion, pas de scénario : pas grand-chose à en tirer. Téchiné a visiblement voulu éviter les discours convenus et/ou moralisateurs sur le SIDA. Résultat, il a oublié tout discours. Ses personnages s'agitent dans leurs problèmes personnels, et il se contente de les regarder. Du coup, le spectateur est brinquebalé de drames en péripéties sans jamais pouvoir accompagner l'un d'entre eux. La seule impression de direction (d'histoire) est rendue par le chapitrage qui distingue trois parties. Et je n'ai pu réprimer un soupir d'ennui en voyant apparaître l'indication du troisième chapitre. Au final, on finit plus par s'attacher aux incohérences temporelles (une Vel Satis par ci, une Clio par là), qui donnent le seul semblant de ... cohérence à ce film (très) décevant.
Un des meilleurs films de Téchiné. La recréation des années 80 est remarquable (malgré la présence dans le champ d'automobiles anachroniques)grâce à une idée de mise en scène remarquable : les scènes de rue sont régulièrement habillées par des feuillages qui occupent un coin du champ et de l'écran, ce qui permait de dissimuler/révéler un décor intemporel. Julie Depardieu est décidement une actrice exceptionnelle.
J'ai rarement autant ri que devant un film supposé être un drame. Tout est pathétique. C'est mal filmé, mal monté, la voix off est ridicule, les acteurs ont les mêmes vêtements sur toutes leurs scènes (Libéreau et sa chemise jaune à carreau, Béart, sa robe jaune bouffante). Aucune émotion ne transparaît. Du vide, tout simplement. Si au moins le jeu des comédiens relevait le niveau... Hélas, mille fois hélas: Béart mange les mots entre ses lèvres de plus en plus volumineuses, Bouajila habituellement très bien, lit son texte, Blanc sauve les meubles comme il peut, Libéreau parle comme dans une cité du 93. Reste Julie Depardieu qui étrenne son nouveau nez avec sobriété. Et Marion Cotillard dans le rôle de la mère de Béart (ah, on me dit à l'oreillette qu'il ne s'agit pas d'une scène coupée au montage de "La Môme", mais d'une vraie actrice). Plus sérieusement, ni fait, ni à faire, surtout sur un tel sujet.
Après mure réflexion, je crois que c'est mon préféré de Téchiné. Il aborde un problème de santé publique avec une justesse incroyable sans tomber dans le "pathos". Je pense que tous les jeunes d'aujourd'hui devrait regarder ce film car, à mon avis, le sida est devenu une maladie "banalisée", certes grave, chronique mais aujourd'hui non mortelle à court terme. Les acteurs sont touchants de vérité... Alors jeunesse bon visionnage!
Téchiné évite certains écueils et parviens à traiter efficacement le thème du sida, en impulsant une dynamique particulière au récit - qui tient beaucoup au jeu des acteurs. L’aspect binaire de la trame narrative (avant et après que la maladie ne devienne criante) est tout aussi astucieuse, dilatant prodigieusement la dramaturgie d’abord larvée. La qualification de « film solaire » est toutefois contestable, tant la noirceur guette d’un bout à l’autre de l’intrigue. Soulignons la scène très intense de la représentation de L'ho perduta (des Noces de Figaro de Mozart) par Julie Depardieu, littéralement mystifiante étant donné le contexte. S’agissant de Johan Libéreau, il ne faudrait pas être injuste : c’est sans conteste l’un des meilleurs espoirs du cinéma français de ces dernières années, déjà vu dans « Douches froides ». Son appréhension résolument décomplexée de la nudité est gage d’une plus grande fusion entre la symbolique et le personnage : ce dernier devient une véritable allégorie d’un phénomène contradictoire, à savoir l’impuissance en même temps que la vulnérabilité devant la maladie, l’incapacité à renverser le cour des choses malgré son énergie. Petit bémol cependant sur le cadre, qui contraint le spectateur à s’incliner devant des prises de vue assez rigides (on regrette certains mouvements de caméra qui avaient su donner un aspect aérien à quelques succès antérieurs de Téchiné, notamment Les roseaux sauvages). Une oeuvre néanmoins convaincante, démontrant la capacité de Téchiné à décliner des thématiques déjà bien rodées tout en se renouvelant.
Je ne sais pas quoi penser de ce film, pourquoi ce jeu d'acteurs ? pourquoi ces plans super cheap ? Ca a le merite de sortir des sentiers battus, a tous les niveaux.
Des le début, grace au générique en grosse lettre rouge tres marqué debut années 80, Téchiné réussit en nous placer dans un film historique. C'était hier, il y a 23 ans et pourtant c'est déjà de l'histoire. Et l'on suit avec beaucoup d'interet les petites histoires de ces personnages confrontés à l'apparition de ce fléau qu'est le sida. Ce grand garçon qui vit "pour deux", cette mère qui n'aime pas son enfant, ce flic marié qui s'éprend du jeune homme, ce médecin qui semble passer à coté de la vie et qui va se battre pour que les gens ne la perde pas. Une mise en scène discrète au service de la description des sentiments, des images simples...Un film touchant par sa modestie sur un si grand sujet.