1716 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
362 critiques spectateurs
5
99 critiques
4
116 critiques
3
17 critiques
2
53 critiques
1
42 critiques
0
35 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Pierre Olivier D
12 abonnés
71 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 9 juillet 2014
Beaucoup considèrent Téchiné comme un réalisateur majeur. Personnellement, je n'y arrive pas, "les témoins" est le 3eme film que je vois avec le même ennui, c'est long, les thèmes abordés sont récurrents ET Emmanuelle Béart... c'est plus possible!!
Comme le dit un des personnages : « une histoire qui n’a pas de centre, ou plutôt où le centre est mouvant ». Téchiné retrouve l’audace narrative des « Voleurs » et nous livre un récit polyphonique admirablement conduit et construit, qui parle autant des années Sida (sujet rarement abordé aussi frontalement et sans pathos) que de la création qui vampirise, de l’obsession amoureuse qui transcende et isole à la fois, de l’amitié qui est comme une boussole dans nos existences chaloupées. Le tout dans un incroyable mouvement de vie - le film s’apparente à une valse permanente, de sentiments, d’échanges, de regards, d’époques… Le cinéaste réussit l’exploit de conjuguer chronique sociale et souffle romanesque dans un récit aux embrasements multiples, mais aussi à la mélancolie poignante. Il offre au trio de comédiens principaux parmi leurs plus beaux rôles et atteint un degré de plénitude absolue dans la mise en scène, à la fois virevoltante et attentive aux frémissements de chacun. Un film généreux qui nous empoigne et ne nous abandonne jamais, même après la fin de la projection.
Sur un sujet pas évident à traiter, le début des années sida, André Téchiné, Laurent Guyot et Viviane Zingg ont bâti un bon scénario choral, à la fois très romanesque et très ancré dans la société française du milieu des années 1980. Passant avec fluidité et précision d'un personnage à l'autre, rapprochant ou séparant les uns et les autres au gré des aléas de l'amitié, de l'amour et de la maladie, cette histoire est celle d'un changement brutal d'époque et de moeurs, une certaine forme de liberté et d'insouciance laissant place à l'inquiétude et à la gravité. Comme une variation moderne et sociétale sur le thème d'Éros et de Thanatos. Pour raconter tout cela sans sombrer dans le mélodrame, certains partis pris stylistiques paraissent judicieux : mise en scène alerte, narration rapide et sobre, montage nerveux. Tout en touchant juste le plus souvent, Téchiné ne s'appesantit pas sur le drame et trouve un heureux équilibre avec l'expression des pulsions de vie. L'ensemble demeure peut-être un poil trop classique et sage, mais l'intelligence du propos, la maîtrise dramatique, ainsi que l'interprétation de Michel Blanc, Johan Libéreau et Sami Bouajila convainquent largement.
Malgré une reconstitution des années 80 ratée car inéxistante, ce drame s'avère très bon. Il traite de la découverte du virus du Sida en France. Pour ce faire, le film plonge dans la vie (intime) d'un groupe d'amis. A travers la maladie, le film aborde les rapports humains sous differents angles et à differents points de vues le tout avec une mise en scène classique.
Encore novice pour Téchiné et son art, mais déjà impressionné par son verbe. C'est assez classieux, intelligent, où tu mets ta sensibilité en avant et tu laisses filer l'histoire. Retissant peut-être à des longs plans massacrés par un raccord trop imprécis. Je pense à la scène de la noyade. Niveau pro-gay masculin, je pense que, bien que de six ans son cadet, L'inconnu du lac devient une référence. Enfin, j'approuve le choix judicieux de faire finalement du sujet central, un sujet presque secondaire qui vient pimenter une histoire déjà riche.
La 1ère partie du film est très rythmée, la deuxième est très portée sur le sida, en même temps c'est le sujet du film mais continue de conter l'histoire commune des personnages. En fait le film serait excellent s'il s'arrêtait là car même si une troisième partie s'imposait pour ne pas sombrer dans le mélo-drame à la fin simpliste, là c'est nul. L'arrivée de l'américain est inutile est surtout le rythme du film et l'esprit général est trop cassé. Le casting est très bon, surtout Sami Bouajila, César mérité et il prouve un fois de plus qu'il est un acteur caméléon même si c'est la deuxième fois qu'il joue un homosexuel.
Le synospis dit : "Chacun va devenir acteur et témoin d'un drame contemporain, où ceux qui ne mourront pas ressortiront peut-être plus forts, mais en tout cas pas indemnes."
Oui sauf que le film ne retranscrit en rien cette atmosphère, le jeu des acteurs est froid et surjoué, Béart est carrément mauvaise, Julie Depardieu insignifiante, les 2 qui s'en sortent le mieux c'est et Le jeune Libé pourtant un tel sujet aurait mérité plus de passion, plus d'émotion. Téchiné nous plante le décor en 1984, oui, sauf que là aussi rien dans le film ne fait revivre cette époque, une casserole début 70, un rideau de douche aux motifs années 2000 et carrément une twingo stationnant dans la rue ! Dans les années 80, ce n'était pas à la mode de se raser le crâne, aurait pu faire l'effort de se laisser pousser les cheveux....Mise en scène déplorable, On vous dirait 1998, vous le croiriez....
Sous ces images colorées et dynamisées par une musique eighties, le film d’André Téchiné n’en reste pas moins âpre et déchirant… L’apparition du Sida dans les années 80 ne laissera personne indemne… et surtout pas les spectateurs… Une merveille !
Les Témoins c'est une histoire très forte qui ne laisse pas indemne servie par des acteurs hors pair. Les ravages du Sida, qui s'immisce lentement mais surement au sein de cette génération qui précède celle dont je fais partie. La fin d'une époque, le début de la nôtre, quelle horreur.
André Téchiné a découpé son film en deux parties égales : "Les beaux jours" et "La Guerre", suivi d'une courte postface, "Le retour de l'été", car pour citer avec lui Fritz Lang "La mort n'est pas une conclusion". Le choix du titre de la deuxième partie explique cette construction, qui est celle de beaucoup de films de guerre, de "Voyage au bout de l'Enfer" à "Flandres", en passant par "Jarhead" ; d'ailleurs, André Téchiné ne se définit-il pas comme un survivant, et il a présenté "Les Témoins" au dernier Festival de Berlin comme "un devoir de mémoire envers des amis disparus".
Et quand on lui demande pourquoi il a choisi de faire un film historique sur le sida, il répond que le thème a été peu traité en France ("Les Nuits Fauves", "J'ai horreur de l'amour" ou les films d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau) et même aux Etats-Unis, à la différence des "Vietnam-films". Car quand le sida débarque au début des années 80, c'est bien d'un état de guerre qu'il s'agit dans la communauté homosexuelle, mais aussi dans celle de la recherche médicale, toutes deux représentées ici par Adrien, médécin et militant.
Mais réduire "Les Témoins" à un film à thème ne serait pas rendre hommage à sa richesse narrative et à la complexité des caractères. Téchiné déclare à propos de ses personnages, et particulièrement au sujet de la sexualité de Mehdi : "Je ne crois pas à la transparence des relations humaines et je ne crois pas non plus à la transparence du cinéaste par rapport aux personnages qu’il présente. Je les montre à un certain moment de leur vie et ça révèle certains aspects, mais la face cachée de l’iceberg, même si on la devine, elle est laissée à la liberté de chaque lecture et de chaque spectateur". Cela est particulièrement vrai pour le personnage de Mehdi, qui peut apparaître insensible et arriviste, à la fois comme amant et comme policier, mais qui offre à son fils l'amour que Sarah est incapable de donner. Cette ambiguité est particulièrement bien rendue par le jeu de Sami Bouajila, une nouvelle fois excellent.
Plus laborieux est le personnage d'Adrien, parfois caricatural et mélodramatique, et on se demande si Téchiné a voulu ou non cette opposition entre un Michel Blanc engoncé et dérisoire et Johan Libéreau qui joue un Manu aérien et désinvolte. Mais cette gêne fugace devant certaines répliques vaudevilesques ne dure pas, emportée par le rythme impétueux que Téchiné justifie : "Mon propre coeur bat trop vite, c’est organique, cela correspond à un rythme intime. Je voulais que le récit file comme une décharge de vie mais que l’on n’oublie pas, à certains moments, de s’attarder sur la beauté du monde".
Cette beauté, il la capte dans certains plans subtils, comme ce champ-contrechamp sur les visages à demi immergés de Manu et de sa soeur (impeccable Julie Depardieu), ou ce traveling sur Manu montant dans un arbre qui donne l'impression d'avoir été volé, ou encore grâce à une science du cadrage qui lui permet d'isoler les deux visages d'Adrien et de Manu dans une foule.
Film virtuose et foisonnant, "Les Témoins" surprend et émeut ; car Téchiné ne renonce pas à l'émotion. Non pas celle du pathos, la maladie étant traitée quasi cliniquement, sans effets qu'il considérerait comme une prise en otage du spectateur. Mais simplement celle de l'opposition entre la vie dont Manu déborde et dont nous avons été les témoins aux beaux jours, et l'injustice de la mort à laquelle il se sait condamné.
L'apparition du sida modifie la destiné de gens que nous suivons avec pudeur dans ce film à la fois âpre et sensible. Téchiné signe un nouveau bel ouvrage.
Sous ces images colorées et dynamisées par une musique eighties, le film d’André Téchiné n’en reste pas moins âpre et déchirant… L’apparition du Sida dans les années 80 ne laissera personne indemne… et surtout pas les spectateurs… Une merveille !