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al111
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4,0
Publiée le 28 avril 2007
Voici le film français le plus intéressant du moment, où l'on voit comment notre société n'en finit plus d'être contrôlée, au mépris des valeurs humaines. Le dérapage soudain de la vie du personnage principal, à partir d'un fait en apparence anodin, est révélateur de la sensation grandissante d'une certaine perte de liberté, d'une uniformisation rampante. Ce personnage un peu bougon, individualiste et ne s'étant probablement jamais posé de questions sur son statut de citoyen, est confronté à la bêtise, à la violence policière (même si elle n'est que morale), à la dérive d'un système qu'il n'avait jusqu'alors jamais remis en cause. C'est tout à fait passionnant, parce que cette histoire n'arrive pas dans un milieu marqué socialement, qu'aucun nom de ministres ou d'acteurs de la République n'est prononcé ni même évoqué, et pourtant il s'agit d'un film éminemment politique. Une sorte de pamphlet contre la société voulue par un certain Monsieur S. mais de façon extrêmement subtile. Beaucoup de scènes sont drôles, sur le ton de la comédie, avec deux acteurs (Gilbert Melki, puis Sandrine Kiberlain) sidérants, tellement proches de nous, et avec une multitude de nuances. Mais dans chaque scène, même au sommet de sa drôlerie, il y a une tension, une peur possible, comme si le film pouvait basculer à tout moment du côté du drame.
La très rare Emanuele Cuau nous livre, avec "Très bien, merci" un de ses films les plus abouti. Sa grande réussite est de suivre la progression schizophrène de son héros, suite à un simple accident de police, et de brouiller les marques entre le monde réel et celui fantasmé par le personnage de Gilbert Melki et celui de Sandrine Kiberlain, chacun projettant ses aspirations et ses frustrations sur la machine destructrice de toute individualité qu'est l'administration.
On sent bien que la réalisatrice essaye de ne pas tomber dans le panneau des clichés écculés, or elle en frôle souvent beaucoup. En filmant de manière décomplexée et jouissive ce qui devient finalement une grande tragédie, celle d'un être à la recherche de sa propre identité, elle impose un ton à son oeuvre. Mais c'est aussi la grande faiblesse du film : il arrive un moment où la réalisatrice elle-même semble perdue dans son jeu sur les registres, et c'est le film tout entier qui perd de sa saveur.
Hormis les qualités indéniables de mise en scène, c'est le rôle-clef de Gilbert Melki qui impressione : on ne l'a jamais vu aussi borderline et charismatique. Dans ce melange de fermeté et d'incompréhension, il nous rappelle le Dustin Hoffman du début de carrière, celui piégé de Marathon Man, acceptant à contre-coeur son statut de héros. A l'inverse, le personnage de Sandrine Kiberlain apparaît comme très plat, et en devient fade, soulignant de manière plus insistante la prestation de celui qui d'impose, depuis Anna M., comme l'acteur de l'année 2007.
Avec sa mécanique implacable, ses rouages grinçants, son rythme constant et ses acteurs au sommet (Melki et Kiberlain impériaux), le film effraie autant qu'il ravit. Surtout quand en plus il traite son sujet sans sombrer dans une escalade à la violence trop courante à notre époque : il opère avec un calme glaçant et sa volonté de frapper tous azimuts fait presque mouche à chaque fois. Une réussite.
Comment Melki a pu tomber là dedans ! Que celui qui a pris une amende pour tabagisme passif dans le metro leve le doigt ! Pour signer une hospitalisation à la demande d'un tiers , il faut rediger soit meme le motif ! Il n'y a pas d arret de travail lors d'une hospitalisation , donc pas de motif à donner au patron ! Je rappel pour memoire que les lois encadrant les hospitalisations d'offices ont été modifiee en 1993,sous un gouvernement de gauche... Toute est faux, malhonnete dans ce film ! Mais passons ... cela ne serait pas grave si derriere tout cela, on ne sentait pas poindre le desir de la realisatrice, d'influer le vote : sortie du film entre les deux tours de la presidentielle 2007... Voila vos seuls arguments ? Je comprends mieux votre defaite
A certaines critiques: arrêtez avec vos références stupides à l'actualité, ce film vise beaucoup plus large. A travers l'histoire de gens assez banals, il dénonce l'absurdité de la "société de contrôle" qui vient, un système dans lequel chacun est continuellement mis sous contrôle/pression, inséré comme un pion, avec exigence de soumission esclavagiste. La sanction n'est plus réellement celle de l'enfermement (dix-neuvièmiste) mais celle de la transparence totalitaire à l'air libre, qui implique "soin" et stigmatisation/exclusion. Par le biais de l'argent et de la reconnaissance, la machine, terriblement froide, au désir de toute puissance, cherche à se rendre séduisante (l'honneur=s'y soumettre). En fait, la communication soi-disant libre qu'elle implique se réduit à des rapports d'intérêts. Cette société malade du Marché ne tolère pas l'échec, même petit, dans l'humain: celui-ci devant être comme machine, c'est une société inhumaine. Ou bien l'on "marche" et on finit donc machine, avec stress et pétage de plombs en arrière-plan, ou bien l'on se joue des règles du contrôle, en résistance, en se les réappropriant tout en s'en moquant. La seule solution pour ne pas se retrouver exclu du terrible système, c'est donc d'utiliser hypocritement ses méthodes, d'en contourner ironiquement les vices... au prix d'un retour à la normalité/banalité. Le film part d'une bonne idée mais son traitement manque cependant nettement de punch ainsi que d'une certaine crédibilité. Je n'ai pas trouvé très bon le jeu des deux principaux acteurs, peut-être à cause du scénario. Sandrine Kiberlain joue une taxiwoman plutôt tarte mais sa prise de distance sur cette société folle l'aide à tenir ; jeu plat. Gilbert Melki incarne un personnage assez pâlot. L'intérêt se passe pourtant davantage au niveau du regard porté. Reste que, en raison de sa lenteur, d'un aspect peu cinématographique, on patauge et on s'ennuie souvent. L'esprit critique et ironique est LE point intéressant, sinon niveau bof.
La rareté d’Emmanuelle Cuau au cinéma traduit la modestie de sa filmographie. «Très bien, merci» (France, 2007), le nouveau film de Cuau, apparaît dans le paysage cinématographique comme un reflet songé de l’actualité politique et sociale. Non pas qu’il s’agit d’une œuvre ponctuelle et vouée à l’oubli mais d’un pivot ancré faisant graviter les tenants des fonctionnements de la société occidentale. Alex, homme du commun et comptable lambda au caractère tenace, se trouve épris d’une crise de liberté. La contexture qui meut le film incline l’évolution sociale vers une mesure hors proportion avec une maîtrise logique telle que Cuau semble brider élégamment les codes de la rationalité au cinéma. Autant que l’abus de pouvoir de la police, l’entêtement de la raison médicale, les injustices du travail et le conditionnement à la déception, «Très bien, merci» distille dans chacune de ses scènes le totalitarisme larvé de notre société contemporaine occidentale. Gilbert Melki et Sandrine Kiberlain, aux interprétations réalistes et convaincantes par une vigueur de diction, sont le couple trivial qui se démène dans les aléas soucieux de la vie. Paris petite ville, Paris terrain des carrefours d’infimes conflits, Emmanuelle Cuau ose nous offrir la capitale sans la magnifier pour mieux en exploiter les histoires qui s’y déroule. De la critique de l’officiel au compte-rendu de notre société, la réalisatrice réussit à créer un lien étroit et infrangible qui garrote le film en un souffle naturel de véracité. Le réalisme disséminé en tout lieu et la logique d’harmonie confère à «Très bien, merci» une puissance de propos qui permet une abréaction efficace et relève l’imperfection assourdie de nos rapports à l’officiel.
L'histoire d'un mec qui n'a pas tout compris à la politique de droite, et qui va le payer chèrement. Plusieurs administrations, ne devrait-on pas dire plusieurs fonctionnaires de quelques administrations, vont faire vivre à un rebelle du dimanche un véritable cauchemar. Melki puis son épouse vont côtoyer un univers kafkaïen pour réussir à sortir d'un engrenage infernal. Tout ce que l'on voit dans ce film, deux faits divers le montrent rien que cette semaine, notamment la mise en garde à vue pour reconduite à la frontière d'une médecin de stature internationale qui avait le défaut d'être un peu trop africaine aux yeux de certains policiers de Roissy. Ce qui est très grave, c'est qu'il ne s'agit pas uniquement d'un fantasme de bobo socialo démago. A force d'engager des jeunes de la cité et autres bac rien dans la police, les hôpitaux et autres administrations, à force de faire des procédures de plus en plus complexes et déshumanisées au possible, les faits divers commencent à regorger de ce type d'hallucinations administratives à la française. C'est grave aussi parce que Sarkozy étant désormais au pouvoir, les incompétents de chaque administrations vont se sentir couverts pour restaurer un état de droit, bavures et corruption comprise. Effectivement, Melki joue un rôle dangereux, l'homme désabusé qui trouve que ses libertés sont bafouées l'une après l'autre au nom de son bien-être. Sauf que pour lui, fumer ou penser qu'on a pas le droit de licencier sans raisons plus cohérente qu'un petit dépassement de notes de frais sont des éléments de sa liberté. Il n'a pas envie de l'abandonner sous prétexte que les temps sont durs ou que l'ordre établi est de plus en plus brutal et liberticide. On arrive donc à une confrontation entre une personne dégoûtée de voir une France américanisée jusqu'au politiquement correct, et des fonctionnaires qui commencent à croire vue leur grande largeur d'esprit que tout leur est permis, notamment le droit de ne pas remettre en cause leurs méthodes et leur sûreté de pensée. On peut crier à la caricature, notamment dans le cas de l'hôpital psychiatrique, mais hélas, des expériences proches me laissent penser que la limite entre le délire et le hors norme est très mince, et les petits d'esprit auront vite fait de ne pas vouloir s'encombrer de scrupules ou de réflexions. Le film est un chef d'oeuvre du genre puisqu'il part de situations « calmes », tout se passe dans la tranquilité. C'est bien plus réaliste que les scènes d'urgences des documentaires sur la police ou la santé. Les protagonistes, en plus de bien jouer, montrent le poids des frustrations quotidiennes, de la force qu'il faut pour se sentir humain et respecté en tant que tel, et d'avoir finalement le courage parfois, dangereux, d'exprimer cette humanité face à des corps de métiers qui, faute de niveau intellectuel suffisant ou faute de moyens ou d'effectifs vont tout bâcler pour en arriver à une catastrophe. C'est un film qui fait froid dans le dos, car on est en plein dedans. Il suffit souvent qu'un peu de mauvaise foi du côté de la victime fasse que tout se passe mal, mais entre la mauvaise foi et l'accident ou la fatigue, la frontière peut être très floue. Gaffe dehors ! La force du script réside dans la fin, et comme tous les critiques avant moi, j'aurais l'élégance de ne pas la dévoiler. Car elle résume assez bien la société dans laquelle on vit depuis une dizaine d'année. Sachez seulement qu'après avoir cassé du sucre sur nos administrations les plus importantes, la réalisatrice a décidé de régler son compte à cette incroyable hypocrisie qu'est le marché du travail. Ce n'est pas le sujet principal comme dans « Le couperet », mais ça vaut son pesant d'or quand même. Au niveau des problèmes, on a une vision très aléatoire de Paris, puisque lorsque l'on sort de la station « Porte des Lilas », on se retrouve devant le MK2 Bibliothèque avenue de France, chacun sait qu'il s'agit de la station Chevaleret. Comme c'est un film qui ne fera pas long feu en province, c'est un peu dommage que le manque de budget fasse des situations aussi invraisemblables, les autres scènes n'ayant d'ailleurs aucune cohérence géographiques (le bar à Bel Air, et autres bistrot manifestement dans le 18 ou le 14ème) et un peu de banlieue pour couronner le tout. Je me demande même si l'appart du couple n'est pas celui dans le film « Le pressentiment » de Darroussin. Un film d'actualité comme « Le candidat », mais qui critique ouvertement le système visible et non les hommes de l'ombre. Allez, tout n'est pas perdu, dans chaque administration, il y a des fonctionnaires formidables, des bacs 3 qui savent ce que la souplesse et l'intelligence veut dire, et ce film montre en fait les extrêmes qui arrivent quand plusieurs paramètres se mettent en place en même temps.
Mais qu'est ce que c'est que ce navet?? Comment peut on écrire des personnages aussi unilatérals? Oulàlà, qu'est ce qu'ils sont méchants les vilains flics! Oulàlà qu'est ce qu'elle comprend rien la psychiatre! Par pitié faites nous des films un peu moins manichéen, avec des personnages qui soient humains, réellement, avec toutes la dimension et la contradiction que celà suppose.
Par le plus grand des hasards,je découvre de bons acteurs.Un Gilbert Melki qui joue vraiment bien et il en est de même pour Sandrine Kiberlain qui est pas mal non plus. Le film est très lent et quelques passages notamment ceux se déroulant dans le taxi pourront rebutés les plus impatients mais ce nest pas ça qui gène justement. Je pense au contraire que cette lenteur nous imprègne totalement dans ce que peut vivre ce couple. De cette manière, on pèse complètement la lourdeur de leur situation plus que difficile. Certains passages sont sombres mais en même temps comiques, lhumour noir est présent jusquau bout mais il arrive quon ne rigole pas, tellement il arrive des misères à Alex. Il est victime d'un excès de pouvoir de la police qui lempêche de regarder la demande de papier quils font à un passant juste parce qu'il gène.De cette façon, Emmanuelle Cuau dénonce les accusations policières qui ne reposent sur rien de juste et la maltraitance de quelquun qui est pourtant dans son droit le plus légitime. Le film est une critique de ce système stricte où il existe des règles quil faut impérativement respecter même si ce que lon fait ne porte préjudice à personne et que notre comportement est tout à fait moral. De plus, la réalisatrice pose la question de : quest ce que la normalité ? On voit bien quil est difficile détablir des frontières entre le normal et lanormal car les délimitations entre ces deux états sont trop flous. Dune autre façon, il est évoqué la problématique actuelle qui touche surtout les emplois dans le domaine du tertiaire, cest le licenciement abusif pour encore des raisons de respect trop excessif des règles. On le voit bien ces lois en tout genre amènent plus à de linhumain quà de la justice sociale. Dans le même sens, jai trouvé ce film plus politique quil nen a lair ! Cette façon de critiquer ce respect trop abusif des codes est en quelque sorte une façon de dénoncer un système qui ressemble de plus en plus à une dictature.
film tragi-comique sur l'absurdité du système administratif. un peu comme Brazil,le film montre comment un simple détail peut faire perdre pied à un monsieur toutlemonde. Et comment celui-ci tente de refaire surface dans notre société (lecon d'anglais, tentative de sauver les apparances), le film fait autant rire que réfléchir. les acteurs sont excellents
Les institutions ont bon dos... La police et la psychiatrie ont toujours tord. Un peu facile et surtout malhonnête par rapport à la réalité du terrain. Un film propagandiste qui dénonce une fois de plus de mauvaises cibles à dessein. Mention spéciale cependant aux acteurs.
L'idée de départ est astucieuse et foncièrement comique. Le tout sonne tellement vrai que l'on pas de mal à s'imaginer dans la même situation. Melki, en emmerdeur gentil, est jouissif. Kiberlain est touchante. Le propos politique est réaliste et la critique de notre société se révèle d'une justesse qui fait froid dans le dos... Mais le tout manque cruellement de rythme et peut, parfois, vraiment ennuyé.
Il était frappant de ressentir dans la salle qu'une même scène pouvait déclencher des rires chez les uns et le malaise chez d'autres ; et c'est vrai que le rire sucité par l'absurdité de la situation se coince plus d'une fois, quand on se dit que cette situation peut arriver à n'importe lequel d'entre nous. A l'heure où il y a de plus en plus de police et de moins en moins de justice, ce "petit' film (limité à 60 salles, ce qui est peu pour un film avec des acteurs bankables) nous dit des choses bien salutaires.
tres bonne surprise que ce film de la trop rare Emmanuelle Cuau (1er film : "Circuit Carole" il y a plus de 10 ans). La réussite du film tient au refus du canevas classique de la "fiction de gauche" avec son pathos hystérique et sa dénonciation outragée, que l'on aurait pu craindre pour un tel sujet. Pas de vision clinique froide ou d'enthomologiste cynique non plus mais une caméra qui enregistre des scenes ou la confiance dans la capacité du Cinéma à montrer les choses plutot qu'a les interpréter à priori. Le constat n'en est pas moins terrible à la vision d'une société de plus en plus policiére ou l'abus de pouvoir se substitut à l' état de droit donnant à une armée de minables soutiers le frisson d'une toute puissance temporaire. la deuxieme bonne idée est de ne pas avoir crée un personnage "exemplaire", facilité courante pour mieux faire ressortir l'injustice qui lui est faite mais une véritable individalité avec ses zones d'ombre et ses partis pris: oui le personnage de G.Melki provoque les flics en restant à observer leur interrogatoire agressif! Et alors ? semble demander le film, ou est le probleme ? En quoi est ce illégal qu'un citoyen observe le travail des fonctionnaires qu'ils paie ? "Tres bien merci" est un film d'une grande acuité dans le regard implacable mais non paranoiaque qu'il porte sur notre société; sur cette société prétenduement démocratique mais ou sous le controle d'un Etat régalien et du monde de l'Entreprise triomphe en réalié le regne de l'Arbitraire.