Que ça fait du bien ! Cette adaptation d'un roman d'Anna Gavalda, qui est également le dernier film entièrement réalisé par Claude Berri (il mourut quatre jours après le début du tournage de Trésor), est vraiment rafraichissante à voir. C'est une histoire simple qui met en avant des bons sentiments sans être fleur bleue : elle nous montre que la vie de tous les jours peut amener de beaux moments même s'ils sont éphémères. De plus, cette belle histoire est superbement réalisé par un Claude Berri qui fait preuve de subtilité et qui, une fois encore, réussit à mettre en valeur son quatuor d'acteurs : Guillaume Canet, Laurent Stocker, Françoise Berlin et la toujours douce Audrey Tautou. Ce film, tout en simplicité, constitue donc une très bonne surprise et donne envie de voir le quotidien (avec ses bonheurs et ses malheurs) sous un jour optimiste.
"Ensemble c'est tout" c'est avant tout un casting magnifique avec Guillaume Canet et Audrey Tautou dont on ne dira jamais assez de bien mais aussi la découverte de l'excellent Laurent Stocker qui campe un irrésistible aristo sans le sou et Françoise Bertin adorable petite vieille (sans oublier Bernard Dheran dans un rôle trop court). Le film réserve quelques excellents moments (les hilarantes scènes de Philibert, les poignants faces à face entre Franck et sa grand-mère, la relation entre Camille et Franck...) mais il pêche parfois par une mise en scène un peu trop statique et surtout on ne ressent pas la force qui habite les 4 héros lorsqu'ils se retrouvent tous les 4 ensemble (ce qui était l'un des points forts du livre). Reste un bon film français pas trop austère et même très divertissant (malgré une fin un peu téléphonée)
J'étais resté sur ma faim avec le dernier film de Claude Berri « L'un Reste, L'autre Part ». « Ensemble, c'est tout » m'a réconcilié avec le réalisateur qui a su, pour une fois, laisser les castings de noms ronflants mais un peu « usés » pour un casting nouvelle génération (Audrey Tautou / Guillaume Canet) et rafraîchissant (Laurent Stocker / Françoise Bertin). Les personnages sont tellement bien croqués : complexes et entiers pour le duo principal, charmants et touchants pour les deux seconds rôles. L'histoire est à la fois simple et universelle. Les dialogues savent être tour à tour en phase avec la morosité de la vie quotidienne moderne puis avec un certain optimisme qui permet à l'être humain d'avancer envers et contre tout. Certaines scènes sont criantes de vérité. Le rythme est entraînant et la musique au diapason. On sort du film sous le charme.
Ce film tient à peu de choses il semble situé indéfiniment entre les années 1970 et 2007 ; un des tout dernier de son réalisateur qui y instille une forme de vue humaniste bien que toute l'apparence du film soit assez sombre et morose. Un peu un réquisitoire de la société sans l'être car l'humanité s'y développe malgré tout telle qu'elle est d'où l'aspect susurrant du titre, un vrai titre. Le tout est assez creux, on pourrait parfois facilement tomber dans du sordide mais comme maladroitement bienséant et bienveillant.
Comme tout best-seller, celui d'Anna Gavalda ne pouvait décemment rester longtemps éloigné des écrans. Et c'est Claude Berri qui se charge de l'adaptation. Carburant à loptimisme, il met aux prises quatre personnages esseulés, ecorchés par la vie, et exalte la force de la solidarite, lamour et lamitié. Faute doriginalité ou dune pointe dacidité, le charme de Ensemble cest tout nopère que par instants, en particulier lors des échanges entre Audrey Tautou et Guillaume Canet, jamais mièvres malgré la prévisibilité de leur histoire. Les deux comédiens, justes et attachants, concourent à rendre ce film plutôt plaisant, à défaut dêtre inoubliable. Un bon moment, cest tout.
Attention, ma critique contient des spoilers. Je vous déconseille de la lire si vous n'avez pas vu le film. Bon, j'ai hésité à mettre trois étoiles mais je vais être un peu sévère finalement car y a des choses qui m'ont déplues. Je n'avais pas lu le bouquin donc je n'attendais rien de spécial de ce film. Et le début était plutôt efficace, je trouve que l'histoire d'amitié entre le personnage d'Audrey Tautou et celui de Laurent Stocker est plutôt sympa. Le problème c'est que ce dernier passe au second plan très rapidement au profit du personnage de Guillaume Canet, qui lui, se révèle être très peu intéressant. Et peu à peu on retombe alors sur des choses beaucoup plus classiques. Dommage.
C’est tout : rien d’autre que l’envie d’être ensemble, par amitié & plus si affinités, & vivre en conséquence. Pour un de ses derniers films, Berri s’excusait presque de ne pas essayer d’être à la hauteur de ses gloires passées, & d’aucuns lui reprocheront par ailleurs de ne pas s’éterniser dans les sentiments forts. Mais on peut prendre le problème à l’envers & l’admirer pour la facilité avec laquelle il fait vivre des gens sans la dichotomie du bonheur alors qu’ils sont littéralement écrasés par le quotidien & subsistent avec des émotions abordées presque craintivement. L’essence de la vie communautaire est happée par son filet à grosses mailles dans un inattendu sans sophistication.
En cinq décennies, Berri nous aura délivré son amour du cinéma sous toutes ses formes, & c’est d’une grâce sans pareille que de finir avec un film qu’on peut aisément considérer petit. Facile serait plus juste, car le réalisateur nous a peu habitué au cinéma de quartier, étant plus familier du spatial que du situationnel & n’ayant jamais réussi à convaincre tout le monde avec sa période parisienne – alors non, il ne se mouille pas et il en paye le prix avec le personnage de Laurent Stocker, Philibert Marquet de la Tubelière, noble sorti de nulle part dont c’est tout juste si les anachronismes et la vocation semi-avouée d’intermède comique constant ne le font pas tomber en panne.
Mais grâce & nostalgie se retrouveront dans le personnage parfait de Françoise Bertin, qui concentre tout le contraste d’avec Guillaume Canet, chez qui l’on recultive un peu du côté jeune star dans une personnalité décidément très très plastique mais tout de même calculée.
Et puis, c’est tout. 1h37 de sérénité de vivre (faute de joie ou de détresse) qui dote les écarts & les problèmes d’un discret halo d’empathie où l’on retrouve le tout-Berri. Un visionnage rassérénant & rassurant.
Après avoir rencontré l'échec et la dépression en adaptant un roman contemporain, "Une Femme de ménage" de Christian Oster, Claude Berri s'attaque donc à une nouvelle transposition à l'écran d'un roman récent. Certes, l'univers d'Anna Gavalda est davantage cinégénique que celui d'Oster, proche de Echenoz, qui joue beaucoup plus sur l'absurdité produite par la cohabitation de certains mots que sur le réalisme des situations. Certes, le succès du livre présage plutôt d'un bon résultat au box-office, comme le montrent les succés récents des adapations de best-sellers tels que "Ne le dis à personne", "Da Vinci Code" ou "Le Diable s'habille en Prada".
Mais comment réduire à 100 minutes un roman de 600 pages avec de nombreuses histoires imbriquées, portant notamment sur la découverte progressive du passé des quatre protagonistes ? Claude Berri y réussit plutôt, notamment en adoptant un montage assez proche de l'écriture d'Anna Gavalda, faite de très courtes scènes entecoupées de nombreuses ellipses. Il a surtout eu le talent de trouver les acteurs correspondant le mieux à des personnages imaginés depuis longtemps par 350 000 lecteurs. Si Guillaume Canet vient immédiatement à l'esprit pour incarner la brute au coeur tendre, il fallait de l'imagination et de l'audace pour demander au Comédien Français Laurent Stocker de jouer Philibert : coup de maître, puisqu'il est excellent, évitant la caricature pour un personnage aussi stéréotypé.
Claude Berri avait voulu Tsilla Chelton, mais les assurances toujours aussi élégantes ont refusé en considération de l'âge de l'actrice fétiche de Ionesco. Françoise Bertin s'acquitte avec bonheur de se remplacement en donnant corps à cette mamie entêtée et finalement assez injuste. Audrey Tautou est elle aussi une remplaçante de luxe, puisqu'elle a succédé à Charlotte Gainsbourg immobilisée à la suite d'un accident. Elle impose son mélange de fragilité diaphane et de gouaille, et confirme qu'elle est aujourd'hui une des actrices française qui comptent. "Ensemble, c'est tout" présente des similitudes avec "Le grand appartement", de Pascal Thomas : une communauté improbable cohabite dans un immense appartement menacé par la rapacité des propriétaires. Mais là où Laetitia Casta réagissait en menant la lutte, les habitants du phalanstère de Philibert encaissent les coups et se laissent ballotter sans combattre, habitués qu'ils sont à la précarité.
La principale faiblesse du film réside sans doute dans l'incapacité à introduire de vraies ruptures dans le récit. Les rebondissements sont réduits à des péripéties prévisibles, et l'émotion ne nait que furtivement, plus au détour de quelques plans presques subliminaux (un traveling sur les employées de Touclean fêtant Noël, l'arrivée d'une vieille dame cabossée aux obsèques), que quand la musique un peu datée de Frédéric Botton vient nous souligner que c'est là qu'il est bon de s'humecter les yeux.
En condensant par obligation les détails qui inséraient le destin des personnages d'Anna Gavalda dans une âpre contemporanéité, Claude Berri et François Dupeyron qui l'a secondé édulcorent forcément cette dimension, et rendent encore plus pesants les bons sentiments déjà présents dans le livre. "Ensemble, c'est tout" réussit à dépasser le statut de super-téléfilm format "Louis Page" ou "Louis la Brocante" essentiellement grâce à la subtilité du jeu des acteurs ; on n'est certes pas chez Capra, mais Audrey Tautou et Laurent Stocker réussisent à nous entraîner dans leur histoire, et c'est déjà pas mal.
La comédie de Claude berri est une chronique des gens simples, ordinaires. Elle poursuit le but de réunir en une petite communauté solidaire quatre personnages confrontés aux difficultés de la vie, à l'isolement et à l'absence de perspectives. L'appartement de l'un d'eux sera comme une attachante pension de famille. Le film, adapté d'un roman d'anna Gavalda, démontre de façon optimiste non pas que l'union fait la force mais qu'au moins elle amène chacun à vivre mieux, voire à se réaliser enfin; C'est une comédie mi-figue, mi-raisin que Berri met en scène avec modestie et simplicité, épousant la nature des personnages. Le sujet n'est pas fait pour surprendre ou pour inventer, à l'instar de l'histoire amoureuse qu'on voit se profiler entre Audrey Tautou et Guillaume Canet, mais il sait nous amuser par petites touches et, incidemment, nous charmer grâce au sourire désarmant d'Audrey Tautou.
Un très beau film, simple et généreux, vraiment très bien interprêté. Dommage que la toute fin soit un peu expédiée et classique car le reste du film change vraiment des mélos amoureux classiques. Une bonne surprise.
La bienveillance semble être le mot clé du film, tant il en émane de tous les personnages. Mais ça ne suffit pas. Il aurait fallu un peu plus d'épaisseur psychologique et des situations moins convenues pour qu'on y croit davantage, à cette petite musique Gavalda. Autre problème, à la fin du premier tiers, Claude Berri choisit de sacrifié Philibert, qui est pour moi LE personnage du film (Excellent Laurent Stocker), on ne le voit plus alors que par bribes, chez l'orthophoniste ou au théâtre, le récit faisant également l'impasse totale sur sa rencontre amoureuse... Reste Audrey Tautou et Guillaume Canet, qui, sans être mémorables, jouent plutôt bien leur partition jusqu'au happy end... Mais "Ensemble, c'est tout" reste quand même décevant parce qu'il ne dépasse pas le stade des bonnes intentions. Hélas.
Gentil petit film français qui nous raconte l'amitié et l'amour au travers de quelques personnages. L'ensemble n'est pas très neuf mais la progression du scénario, toute en nuance, apporte son lot de petits plaisirs simples.